Autant la première partie avait réussi à retenir mon attention avec sa construction en flashbacks, autant ce deuxième volet beaucoup plus linéaire s'avère du même coup moins captivant. Soderbergh a adopté le parti pris d'une caméra presque documentaire, évitant les grands élans dramatiques. Parti pris qui, de fait, accroît le sentiment de longueur tout au long du film. Peu d'action ou de grands enjeux évoqués, le contexte international est quasi absent, et l'ensemble du film ne donne lieu à aucune scène mémorable. En somme, beaucoup moins convaincant que le premier, à croire que l'exercice avait fatigué réalisateur, scénariste et acteurs.
Suite et fin du diptyque de Steven Soderbergh sur Che Guevara... Et on est bien dans le même esprit, le même style que le premier : C'est mou, descriptif et sans vie. Les dialogues ne sont pas très bons, la mise en scène trop classique, l'histoire racontée on ne peux plus banalement... "Guerilla" est tout de même un poiluchet meilleur que "l'Argentin", mais les deux se valent quand même a peu près... C'est décevant de la part de Steven Soderbergh, qui a deja montré qu'il été capable de faire mieux, et même beaucoup mieux.
Suite et fin de l'histoire par Soderbergh. Après ses mouvements politiques publiques, le Che est montré cette fois sous la forme d'un fantôme proche de la mort. Malade et souffrant d'un asthme douloureux qui l'empêche de respirer alors que les conditions en Bolivie, en pleine forêt, sont hostiles, hanté par l'idée de la mort, là encore le cinéaste choisit ce qu'il veut filmer. La mort de la mère du Che un an auparavant n'est même pas esquissée, et c'est au spectateur de comprendre que cette disparition tragique est au centre de ses douleurs intérieures. Physiquement, le personnage semble délabré, fatigué, exténué par la marche, mais battant jusqu'au bout, pour ses idéaux et l'honneur, ainsi que les promesses qu'il a tenues politiquement. Son engagement humain se soldera par un échec et une éxecution par balles dans une minuscule école d'une province bolivienne qui, paradoxalement, fait ressortir la réussite de son engagement humain, celui d'un homme qui a donné sa vie pour le peuple. Cette deuxième partie, moins sensationnelle (si l'on peut considérer la première comme sensationnelle!), plus crue, établit directement le changement de direction dans la mise en scène ; le conduit sera plus simple déjà, filmé sur un ton naturaliste plutôt déplaisant, et le film laissera divaguer un personnage au bord de la mort et de l'espoir, et pourtant, sans qu'aucune originalité ou aucune maîtrise ne vienne rythmer le tout. Car c'est d'abord un ennui édifiant qui trône sur cette reconstitution de sa fin de vie ; les images en forêt se répètent indéfiniment durant deux interminables heures. Se voulant métaphysique mais n'étant que prétentieux et poseur dans sa manière de vouloir jouer à la caméra sensitive, Soderbergh perd toute l'essence de sa première partie. Ce n'est pas le fait d'avoir totalement changé de film, de manière et d'approche qui est regrettable, au contraire, la démarche est intéressante, seulement elle n'est jamais soutenue par une seule qualité, quelle qu'elle soit
Deuxième partie qui déçoit encore plus que la première. Soderbergh nous s'embarque dans la monotonie d'une camp de guérilleros, sans parvenir pour autant à répondre à toutes les questions sur la vie d'un révolutionnaire : comment se finance-t-il? Comment compte-t-il prendre le pouvoir? Qu'est ce qui motive tant si peu d'hommes? Autant de questions auxquelles le réalisateur répond de façon succincte. Ainsi, c'est ennuyeux sans être pédagogique, et les scènes d'actions sont également décevantes.
Un bel hommage à la figure mythique de Che Guevara, dont les idéaux de lutte contre toutes les injustices sont un vrai repère dans ce monde de plus en plus libéral et individualiste qu'on nous impose. Ce film retranscrit assez fidèlement la difficulté d'imposer la révolution en Bolivie, la rébellion ayant été mal préparée et ses acteurs trahis et abandonnés très rapidement par les Boliviens eux-mêmes et Cuba, et on a là les images qui manquent à la lecture de son journal. Le film montre également le charisme du Che sur sa troupe et sa mort, à la fois pathétique et héroïque, qui a concrétisé sa légende. Del Toro mérite un Oscar pour son interprétation. Dans sa réalisation, il est cependant dommage que le rythme soit trop lent et souvent ennuyeux, on ne montre là qu'un aperçu de la vie quotidienne des guerilleros, mais le but recherché est semble-t-il de faire ressortir l'icône sans véritable recul ni analyse.
Certains se sont ennuyés devant cette deuxième partie. Moins de grandes scènes de fusillades, moins de battage politique, un film volontairement lent pour montrer que Che Guevara était totalement dévoué à sa cause, sans véritable rêve de gloire, juste un rêve d'un monde meilleur, et prêt à attendre le temps qu'il faudrait pour y parvenir. Cette deuxième partie donne encore plus de force à l'aspect humain, à la psychologie d'un homme qui ne cesse de surprendre par sa détermination, toujours incarné par un Benicio del Toro vraiment impressionnant. Alors oui, le film est lent, mais pas long, il se passe dans sa majeure partie dans la jungle, et c'est ce qui m'a plu, cette volonté de montrer la patience d'un homme, sans chercher à l'héroiser, à l'idéaliser plus qu'il ne l'est déjà, juste l'humaniser. Et pour moi, toute la réussite du film réside dans cette capacité à redonner au Che son statut d'être humain, un humain exceptionnel certes, mais humain quand même.
Malgré l'affiche nous le présentant comme un personnage christique, le Che n'est pas le sujet du film mais plutôt un prétexte pour Soderbergh de monter un film sur la guérilla. Encore moins que dans la première partie, ni les personnages ni les événements ne semblent être liés à une réalité historique mais, au contraire, à une simple fiction totalement romancée se s’axant que sur ses scènes d’action sans s’attarder suffisamment sur leurs causes idéologiques ni leurs conséquences politiques. Le personnage central apparait évidemment comme un héros salvateur, alors que la tache d’exécuteur meurtrier que lui accordait Castro est évidemment totalement occultée. Cette fois-ci l’atout de ce film de guerre n’est plus le jeu de Del Toro, mais ses beaux paysages. Il est aussi important de noter que ce dyptique a été filmé en espagnol, et non en anglais, ce qui s’avère être sa meilleure source de crédibilité.
Comme suite du premier opus, "Che - 2ème partie : Guerilla" est d'une manière générale plus réussi. Effectivement, le rythme est plus captivant pour le spectateur et la réalisation aide dans la compréhension. Benicio Del Toro est une nouvelle fois convainquant mais certaines erreurs dans le premier sont reprises ici et rendent donc le long-métrage parfois assez ennuyeux. Au final, le film est divertissant sans pour autant être excellent.
Seconde partie bien meilleure que la première. Une grande claque dans le mythe idéaliste du Che. Une approche presque documentaire d'une guerilla, pauvre petite guerre perdue et miteuse, à laquelle les pauvres et opprimés n'adhèrent pas, qui se finit en eau de boudin, et la geste révolutionnaire en traque sanglante. Soderbergh y est à son meilleur dans une vision intimiste, bien plus que dans la fresque spectaculaire de la conquête de Cuba. B. Del Toro est remarquable. Quant au Che, au moins n'aura-t-il pas connu le destin de Cienfuegos, assassiné sous couvert d'accident d'avion, ou la lente agonie des Cubains sous la férule des Castro pendant les plus de 40 ans qui suivirent sa mort et se poursuivent encore ce jour d'hui...
Oui, Soderbergh ne fait que nous emmener dans la jungle, montrant la préparation de la guérilla, suggérant bien plus souvent ses actions. Mais on plonge directement dans les intrigues politiques du moment, suivant également le reste de la vie et la lente déchéance (jusqu'au résultat que l'on sait) de Che Guevara, magnifiquement campé par un très inspiré Benicio Del Toro.
Bref, à voir pour le personnage, comme la première partie.
Extraordinaire. Non pas 4 étoiles, mais 5. On a laissé dans le film précédent, Che et ses compagnons conquérants, pugnaces, vainqueurs ; ici on reprend la lutte : voyage, clandestinité, poignées de mains, accolades, entrainements en Bolivie. Puis la tension dramatique s'insinue, s'installe et grandira jusqu'à l'apothéose atroce. Que c'est beau une Révolution !! Que c'est dur aussi, révoltant, injuste de comprendre, sentir que cette fois, la lutte armée va échouer, être vaincue, dans l'isolement, la trahison. Benicio del Toro est un lion, une bête qui crève l'écran. Les scènes finales sont tout simplement intenses. Et le générique final, silencieux, nous arrache les larmes. Un silence qui donne à penser. Steven Soderbergh nous offre là une mise en scène inouïe, admirable, pour probablement un des meilleurs films de l'année. Il a fait des choix, et quel meilleur choix que celui de nous montrer un révolutionnaire en action et en parole ? "Aucun film n'est plus difficile que son époque"
Une seconde partie somme toute assez similaire à la première. Quelques longueurs viennent ternir le résultat mais cette biographie reste toujours très intéressante et l'interprétation de Del Toro reste sans faille.