Anne Fontaine fait partie de ces réalisatrices à la filmographie éclectique. Du thriller « Nettoyage à sec » aux drames psychologiques « Nathalie... » et « Entre ses mains », en passant par le biopic « Coco avant Chanel » ou la comédie « Mon pire cauchemar », voire la comédie dramatique « La Fille de Monaco », le cinéma d'Anne Fontaine n'est pourtant jamais insondable, toujours plus ou moins focalisé sur l'exploration des mystères du désir.
Aujourd'hui, on la retrouve derrière la caméra de « Perfect Mothers », adaptation cinématographique d'une nouvelle de Doris Lessing intitulée « Les grand-mères », co-écrite avec le britannique Christopher Hampton à qui l'on doit les scénarii des « Liaisons dangereuses », de « Mary Reilly » ou de « Reviens-moi », rien que ça !
N'est pas François Ozon, Atom Egoyan ou Anthony Minghella qui veut !
« Perfect Mothers » est un film au sujet certes scabreux et délicat, donc généralement susceptible d'intéresser le public, avide de thématiques vicelardes, mais qui pâtit d'une ambiance sea, sex and sun faussement transgressive et malsaine, où le spectateur ne goûte qu'à une sexualité déconcertante mais beaucoup trop consensuelle pour convaincre, assaisonnée d'une subversion lisse quasi inexistante, et d'une mise en scène trop peu radicale.
Bien sûr, le film pose des questions moralisatrices sauvages telles que la place d'une relation crypto-incestueuse de cette ampleur dans la durée, son rejet social ou les conséquences sur les intéressés, mais « Perfect Mothers », dans sa mollesse, ne pousse jamais l'analyse œdipienne à son paroxysme et ne dépeint aucunement une atmosphère ambiguë, pourtant escomptée. En voulant en montrer tantôt trop, tantôt pas assez, « Perfect Mothers » ne trouve jamais son rythme et sa vérité.
Anne Fontaine réussit malgré tout quelques exercices de style comme filmer en contre plongée et de manière statique des corps dénudés sur leur radeau gisant au soleil afin d'accentuer une certaine suavité, ou l'utilisation d'acteurs au physique d'Apollon et d'actrices solaires (Naomi Watts, Robin Wright) pour accréditer esthétiquement le sujet. Mais c'est un leurre !
Les actrices Naomi Watts et Robin Wright, parlons-en ! Elles incarnent toutes deux avec justesse des cougars, simulacre de plénitude bourgeoise. Leur fils respectif, Xavier Samuel et James Frecheville, jouent, quant à eux, à la perfection la tentation et le vice.
Bilan : Une semi-réussite pour le dernier film de Anne Fontaine, égérie française du « désir », qui franchit les continents pour mettre en scène une adaptation internationale tiédasse d'une nouvelle corrosive.