Variation gore autour du Brigadoon (1954) de Vicente Minelli, dans lequel un village reprenait déjà vie au contact de voyageurs égarés, Two Thousand Maniacs remplace les chorégraphies dansées par des séquestrations foraines, inverse ainsi la logique du freak show puisque les touristes spoiler: deviennent les attractions de locaux qui épanchent leur soif de sang à date fixe . Nous retrouvons la tension entre ville et campagne, entre Nord et Sud des États-Unis, où l’exotisme des uns construit la sauvagerie des autres, avec laquelle le film s’amuse en lui donnant libre cours ; la contrepartie évidente réside dans la juxtaposition d’exécutions gratuites qui remplace toute progression rigoureuse du scénario, réduit au strict minimum. Est appréciable l’exploration de la topographie de la small town avec son seul motel, son unique cabine téléphonique extérieure, son café qu’incarne une série de grotesques, archétypes de ces braves gens débordant de fausse cordialité derrière laquelle se tient une monstruosité grandissante.
Un groupe de touristes est redirigé vers Pleasant Valley, un petit village qui fête son anniversaire... Le cadeau ? Cette bande de jeunes que la populace s'amuse à torturer. 2000 Maniacs (1964) est le "deuxième film gore de l'Histoire du cinéma" après Blood Feast (1963), du même réalisateur Herschell Gordon Lewis (Blood Feast étant généralement considéré comme le premier film splatter du cinéma), qui est donc tout aussi mal réalisé mais sincère. Ce 2000 Maniacs (à ne pas confondre avec les remakes 2001 Maniacs plus récents) de 1964 aime à relier (on paraphrase) "l'oisiveté des ploucs de la campagne, qui s'occupent comme ils peuvent" et grandes démonstrations de gore. Enfin, "grandes démonstrations"...pas vraiment. On ne voit rien. C'est le point noir de ce film, les ellipses gâchent le concept "malsain", faisant résumer chaque mise à mort en une présentation du sévice (par exemple, on nous montre les clous plantés dans un tonneau, où les ploucs mettent un touriste, face à une pente raide...) puis directement le résultat (ils arrêtent la descente du tonneau, d'où tombe le touriste barbouillé de peinture rouge... Bof), mais pas un plan ne vient picoter les yeux "pendant" le sévice. Aussi, on ne se sent pas plus impliqué dans le côté malaisant du film car les "cadavres" n'ont pas une égratignure, les techniciens maquilleurs se contentent de tartiner de la peinture rouge partout, et demandent aux acteurs de retenir leur respiration 30 secondes, le temps du plan "choc" (où ils ne sont même pas décoiffés...vraiment, l'effet spectaculaire ne prend pas). 2000 Maniacs est donc un film "gore" à voir par curiosité, pour voir combien le genre a évolué depuis (cette mouture ultra-prude de 1964 ne choque que par les idées, pas vraiment par l'image, tandis qu'aujourd'hui les films ont tendance à inverser les intérêts), et combien Herschell Gordon Lewis, en deux ans, a posé de bases pour un courant majeur (le splatter) du cinéma d'épouvante. Contrairement aux "ploucs", il ne s'ennuie pas, lui.
Pour l époque (1964) ce bijou est un vraie réussite de par son histoire, la fin est superbe d originalité sur un fond de banjo et de musique entrenante alors qu il se passe des choses effroyables.
Du début à la fin ce film est ingénieux.
Les scènes d horreur sont bien pensées, originales, et le fait qu elle se passent dans les années 60 est un plus vintage qui s ajoute à notre plaisir.
Ce film qui montre la persécution de jeunes touristes se montre très excentrique et très dérangeant par son côté absurde et insensé. Film de l époque vietnam war qui montre comment le peuple américain a dégénéré en peu de temps. Je le déconseille aux moins de 13 ans. 3/5
Deuxième film d'horreur de Hershell Gordon Lewis, le "pape du gore" pour les intimes, et donc le deuxième film appartenant au sous-genre "gore" de l'histoire du cinéma. Un film qui a réussi à me surprendre, et en bien, ce qui a le mérite d'être souligné et de soulever la note. Avant de ne le regarder, je m'attendais à ce qu'il soit dans le domaine du rationnel mais burlesque. Or, je me suis complètement planté : la réalisation et l'interprétation sont très sérieuses (j'ai trouvé le jeu d'acteur similaire à celui des films d'Hitchcock), puis l'histoire, je dis cela sans trop vous spoiler, n'est pas si rationnelle que ça, mais tout en restant bien maîtrisée. Les scènes gores, malgré la qualité du faux sang qui peut être considérée comme mauvaise aujourd'hui, font presque froid dans le dos. Dommage qu'il y avait de la platitude dans les dialogues.
16 188 abonnés
13 142 critiques
Suivre son activité
2,0
Publiée le 24 juillet 2019
Des automobilistes, une dèviation douteuse, une règion perdue au fin fond de la Floride qui fête son centenaire...ça ne vous rappelle pas quelque chose ? Il n'est pas question de considèrer ce film gore comme un chef d'oeuvre! En fait "Two Thousand Maniacs!", rèalisè en deux semaines, fait plutôt l'objet d'un culte pour les aficionados de l'horreur sadique car c'est l'un des tout premiers films gore de l'histoire du cinèma! Inutile de chicaner sur les règles d'un genre, mieux vaut se lancer sur le terrain choisi de l'auteur! Rendons justice d'abord à Herschell Gordon Lewis qui fait preuve ici de crèativitè dans les meurtres (cf. la cèrèmonie du tonneau) parce que le film en lui-même a beaucoup vieilli en affichant fièrement ses 55 ans au compteur! Lorsque la comèdie rencontre le cinoche horrifique des sixties, ça donne une oeuvre kitsch dans ses situations et chaotique dans sa mise en scène sur fond de country et de boucherie dèjantèe! On est en droit de regretter que l'interprètation - avec une v.f qui n'aide pas vraiment - soit aussi mèdiocre! Y a pas à dire mais il n'y en a pas des masses qui savent prèparer le barbecue comme eux...
Il est étonnant qu'au-delà de son intérêt cinéphilique, le film fonctionne encore aujourd'hui. Bien sûr c'est loin d'être parfait, la réalisation est chaotique, la postsynchronisation est ratée et la distribution masculine est catastrophique à l'exception du maire complètement hystérique. En revanche nous avons une distribution féminine très sexy avec notamment Linda Cochran, la brune sadique, Shelby Livingston, la première victime, ou Connie Mason, playmate de juin 1960) Les scènes gores sont bien amenées, à l'exception de la seconde qui est raté. La dernière partie contient sa dose de suspense et de mystère. Finalement on passe un bon moment.
Une série B d'époque plutot divertissante. Un village sympathique en apparence, mais ou loge en réalité la fine fleur de dérangés, qui accueillent pour leur centenaire quelques nordistes avec entrain.
Un des tous premier films gore qui a ouvert la voie à tout un pan du cinéma de genre. À voir aujourd'hui 2000 maniaques est un film amusant qui cherchent des moyens originaux pour faire mourir dans d'atroces souffrances des américains lambdas dans les mains de villageois sudistes qui célèbrent ainsi un ancien massacre par l'armée Yankee. C'est amusant, l'hommage au théâtre du grand guignol est évident. Scenaristiquement parlant c'est très sommaire comme une fin qui est totalement bâclée mais pour peu qu'on aimé le cinéma de genre il faut absolument s'arrêter sur une des premières figure du genre.
Voilà un des premiers films gore de l'histoire du cinéma. Jugé très choquant à l'époque en raison de ses scènes de meurtres explicites, il paraît aujourd'hui bien moins impressionnant. On pourrait même le prendre pour une série Z tellement le film a vieilli. Malgré son âge, il a été un précurseur des films de genre, et à plus d'un titre. Tout d'abord les différentes mises à mort, imaginatives, sanglantes, et souvent sadiques. Ensuite le jeu des acteurs et l'esthétique, pourris. Cela ne peut être que fait exprès car tout est exagéré, rendu ridicule et risible. On pourrait même considérer "Deux mille maniaques" comme la première comédie horrifique Z de l'histoire, qu'importe il remplit son contrat et nous divertit pendant 80 minutes. Kitsch ? Série Z ? Et alors ? On s'en fout, ça reste vraiment divertissant.
Second film gore de l'histoire du cinéma après Blood feast (Orgie sanglante en France) du même réalisateur, 2000 maniaques est plus humoristique et mieux réalisé que son prédécesseur. Les acteurs surjoue toujours mais cela sert à souligner le second degré qui émaille le film. Ce dernier aspect fait que, bien que loin d'être un chef-d'oeuvre, le film est assez plaisant à regarder à condition d'aimer les séries B volontairement kitsch. De plus, les personnes qui ne sont pas obligatoirement fans du genre peuvent tout de même apprécier ce film car l'aspect gore est encore assez limité : nous sommes très loin de la surenchère qui marquera le genre dans les années 80. Bref, un petit film plaisant pour amateurs de séries B.
2000 maniacs aura tenté à son époque de surprendre en imposant un ton léger sur fond d'horreur. Les villageois de Pleasant Valley se livrent donc à de joyeux cabotinages tout en montrant leur sens de l’hospitalité à leurs invités un à un. Aujourd'hui le film semble plus lourd qu'autre chose avec cet humour subtil pour pas un sou des sudistes, on se demande comment les victimes peuvent ne se douter de rien face à tant de sous entendus maladroits. Le gore quant à lui est peut-être ce qui a le plus mal vieilli : du sang en centilitres et rouge vif comme du ketchup, des coups hors-champs et des membres en plastiques. A réserver aux cinéphiles adeptes du genre qui veulent parfaire leur culture.
Petit film devenu culte et ressorti en DVD suite à la sortie conjointe d’un remake avec Robert Englund. Datant de 1964 et visiblement fauché le film n’en est pas moins très intéressant et inquiétant malgré le jeu un peu ringard d’une bande d’acteurs qui n’ont pas fait carrière par la suite. Le thème de ce village fauché par les nordistes pendant la guerre de Sécession qui se réveille tous les dix ans pour assouvir sa soif de vengeance en détournant de leur trajet des touristes venus du Nord se prête parfaitement au genre du film d’horreur. Malgré tout on retrouve un humour potache qui fait ressembler le film à une production de feu Russ Meyer, les personnages sont aussi grossiers que chez ce bon vieux Russ et on s’attend à tout moment à voir apparaître une des fameuses poitrinaires qui ont fait la réputation du célèbre photographe. Pour un coup d’essai on ne peut pas nommer ce petit film un coup de maître mais à coup sûr une belle ébauche qui méritait bien un remake.
Film super décalé et gore. Des touristes massacrés par une bande de redneck tarés.
Un film visionnaire je dirais, qui a posé les bases du gore, la barre placée haute d'entrée. Les scènes de massacre bien qu'amenées de manière souvent simpliste choquent par leur aspect kermesse avec son public bon enfant, où passé l'extase du massacre les visages se figent en une tristesse mélancolique.
Les acteurs jouent à fond leurs rôlés de hillbillies, surtout "rufe", on a droit à toute une panoplie de ringards psychopathes. A regarder en v.o bien sur.
Cette série B, qui lorgne légèrement vers le Z, peut être regardée en tant que témoignage d'un cinéma d'une autre époque. Une époque où ce genre de film pouvait choquer. Aujourd'hui, l'effet est bien moindre. Et cette petite production fait bien souvent peine à voir. Le jeu d'acteur est d'une nullité affligeante, proche de l'amateurisme, sans exception, excepté le personnage interprété par Thomas Wood. Les scènes en-dehors des passages gore ne sont que remplissage, ce qui finit par agacer à la longue. Les gens du sud sont présentés comme des péquenauds d'une bêtise et d'un sadisme ahurissant. Les effets gore ne sont pas si ratés que ça, même si on a vu mieux à l'époque, mais cela est dû au budget dérisoire dévoyé au film. Deuxième film gore de l'histoire, "2000 maniacs" a été fort heureusement largement dépassé depuis.