Les mouvements du bassin est un film aussi bancal, mal filmé, carrément moche, voire abscons à de nombreux moments, qu'il est "aimable". C'est-à-dire que HPG filme son histoire carrément glauque à base de transsexuels prostitués, de types perdus ultra violents, d'une femme désespérée cherchant à avoir un gosse et qu'il le filme comme il filmerait l'un de ses pornos. Son film, sorti au cinéma, c'est un gonzo, il ne s'emmerde pas avec l'éclairage, ni même le jeu d'acteur et encore moins avec la mise en scène. Ce qui donne lieu à des scènes où la caméra a une liberté de mouvement folle, avec un montage qui ne respecte aucune grammaire cinématographique, ni même aucun bon sens et qui ose tout dans le mauvais goût certain.
Sauf que ce film a une candeur une candeur totalement sordide et malsaine, mais une candeur quand même. On sent que c'est un film fait avec le coeur, que c'est un film personnel sur un malêtre certain et il arrive très bien à le retranscrire.
Je n'irai pas jusqu'à dire que c'est bien ou recommandable, mais j'ai aimé. Surtout qu'après les premières minutes on commence à comprendre le délire sans queue ni tête et puis les dialogues qui doivent être improvisés sur le tournage semblent parfois tout à coup résonner de manières assez particulières. On a surtout un Eric Cantona en roue libre, qui se fout limite à poil derrière une serviette et qui semble commencer à se branler en disant "je suis le boss, B. O. S. S." et rien que pour ça, quelque part ça vaut le coup de voir le film. Le charme du film réside dans ça, les petites idées, pas très bien amenées, parfois totalement flippantes, qui donnent au film un cachet derrière sa laideur.
D'ailleurs le film est tellement laid qu'on se serait cru dans une réalisation de Pallardy façon Kill for Love.
Dans sa détresse, dans son tragique qui prêt parfois à sourire sans qu'on sache si c'est du lard ou du cochon, le film parvient malgré tout à toucher des choses vraies, les craintes de l'homme moderne.