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Un visiteur
5,0
Publiée le 17 avril 2007
Une perle du septième art,je l'ai vu trois ce film en un mois.J'ai encore les dialogues qui me passent chaque fois que j'ai besoin...un film rare,comme toute la création de Eustache.La france doit être fière d'avoir eu un tel génie.Heureseument que des films du passé nous donnent de l'énérgie,car le monde est devenu trop spectaculaire.Une société dont Débord a tant parlé. A voir et à revoir chaque fois qu'on a envie.
Difficile de rendre compte d'un film si long et si direct. On sent dès le départ la volonté "nouvelle vague" donnant une liberté au récit, faisant encore une fois de Léaud (signes NV: "cravate"..., lunettes -masque du doute-) l'interprète (philosophe) miroir des Truffaut ou Godard. Difficile aussi, en comparaison, entre autres, de Masculin-Féminin d'y voir la génération "meurtrie" post-68 comme elle pouvait être si gaie pré-68. Les transports de café à (la) chambre sont le témoin d'un repli sur soi, où les seules sorties sont nocturnes, qui plus est en boîte de nuit. Mais pour une fois, Léaud n'est plus le personnage principal, les introspections sont discrètes et distantes, sa réflexion n'est jamais suivie par ses opposant(e)s. L'attention se porte à défaut sur Françoise Lebrun, tout droit sortie de L'Aurore oscillant entre le bien et la timdité intellectuelle, et le mal symbolisé par le côté fille facile. Le fabuleux moment de cinéma qu'est sa complainte devient la clé du problème, là où la femme n'arrive plus assumer son attitude, le philosophe Léaud s'émeut à contre-coup (et encore) de l'instabilité de cet être débarquant comme Damia des années 20/30. Cela donne à l'amour une vision que la passion domine, qui fait de Léaud le personnage qu'il n'avait jamais été pré-68. Ce film est en effet le dernier de la nouvelle vague, annonçant sa mort où les idéaux changent, où la lutte intellectuelle laisse place à une pitoyable (discutable... poliment) demande en mariage. De très beaux dialogues cependant entre la première et la deuxième heure.
Œuvre monumentale de 3h40, La maman et la putain se présente comme un film-bilan, tourné quelques années après Mai 68. Jean Eustache y dépeint une jeunesse désorientée, sans feu ni projet, qui erre entre vide existentiel, sexualité désincarnée et discours intellectuels désincarnés. La mise en scène, minimaliste jusqu’à l’ascèse, accentue la petitesse des personnages, tandis que les dialogues, débités en pilote automatique, s’ornent de références culturelles dont la suffisance finit par sonner creux.
Il y a pourtant une force indéniable : une sincérité autobiographique crue, qui rend l’ensemble à la fois agaçant et troublant. La fin, en particulier, marque durablement : après tant d’errances et de postures, ce qui reste, ce n’est pas la révolution ni le cynisme, mais le désir simple et tragique d’aimer et d’être aimé. Dans cette lucidité glaciale, le film résonne comme une réponse désabusée à la trilogie d’Antoine Doinel : même acteur, même parcours, mais où l’utopie s’est effondrée pour laisser place à une lucidité impitoyable.
Avant-gardiste dans son contenu plus que dans sa forme, La maman et la putain oscille entre manifeste post-nouvelle vague et confession d’un désenchantement. Expérience cinématographique singulière, importante à voir, mais dont le poids (et la durée) décourage toute envie d'y replonger.
Ce film est excellent car il a su me transmettre toute sa beauté et sa poésie, malgré mon ignorance de cette époque, de la Nouvelle Vague et de Jean Eustache. C'est vrai qu'il est long, mais tout ce temps passé prend du sens et semble court après les deux magnifiques tirades d'Alexandre et de Veronika. Voilà maintenant 50 ans qu'il a été réalisé, et pourtant je retrouve dans ce film mon environnement et mon entourage de jeune adulte actuel. Je suis surpise de la crudité avec laquelle ces jeunes, qui ont mainteant l'age de mes grands parents, parle de baiser, de seduction et de relations libres. Sinon, Alexandre incarne bien le Dom Juan qui n'a que pour seule volonté de conquérir les femmes sans même vouloir les posséder par la suite. Je plains Veronika qui, malgré ses efforts, n'arrive pas à se faire désirer plus d'une nuit, et Marie, tombée amoureuse du mauvais garçon. (même si je crois qu'elle l'aime justement pour sa toxicité). C'était vraiment super. Je le reverrai.