Quelle horreur. C’est la première fois que je me lançais dans un film de Jean Eustache mais vu le calvaire que j ai enduré je ne suis pas près de retenter l’expérience. Ce film est une caricature (dans le très mauvais sens du terme) de ce qu a été la nouvelle vague. Les dialogues sont sur écrits, parfaitement ridicules et surtout d’un vide incommensurable. Pas aidés par ces derniers les acteurs jouent faux (même si Bernadette Lafont s en sort un peu mieux que les autres). C’est un film fade et statique, le noir et blanc est quelconque, la caméra est quasiment morte. Ni cinéma vérité, ni cinéma poétique, c’est d’une prétention incroyable alors que cela ne raconte rien et mince ça dure trois heures trente alors que dix minutes auraient suffit, générique compris.
Faut-il en rire ou en pleurer ? Les 15 premières minutes, j'ai ri, ri de la stupidité et de la platitude des dialogues débités par J.P. Léaud qui joue comme un pied, tel un mauvais théâtreux débutant qui lit son prompteur. Pas mieux pour son ancienne chérie qui joue tout aussi mal. Bon, allons plus loin me suis-je dit, puisque c'est aux dires de certains un chef-d’œuvre ! J'ai tenue ¾ d'heure, car le reste est du même tabac. Dialogues oiseux, creux, inutiles, voire ridicules. Comment tenir 3 heures 30 devant un tel navet ?
Un film qui vieillit de plus en plus mal . Indéniablement le film d'une époque, qui se regarde avec de plus en plus de difficultés, mais qui peut encore s'écouter pour certains.
Même en saisissant l'intention (tout de même estampillée onanisme intellectuel de bobo parisien^^) quel ennui! L'on ne peut compatir aux déboires sentimentaux de ce jeune intellectuel hautain quand dialogues trop écrits et interprétations si désincarnées conduisent à l'artificialité de l'ensemble. Bien qu'un étudiant de cinéma puisse trouver de l'intérêt à analyser mise en scène et maîtrise technique, trois heures trente n'étaient pas nécessaires! L'écueil de la Nouvelle vague...
Alexandre vit avec Marie mais tombé amoureux de Véronica. Ménage à trois à l'esthétique Nouvelle Vague, avec des dialogues denses et savoureux, perdant en intensité au fur et à mesure des 220 minutes du film ! 3,25
Alexandre (Jean-Pierre Léaud) est un dandy parisien. Il vit aux crochets de Marie (Bernadette Laffont) qui l’héberge et l’entretient. Tandis qu’il essaie sans succès de reconquérir Gilberte (Nathalie Weingarten), une jeune enseignante qui l’a quitté pour se marier, il fait la rencontre de Veronika (Françoise Lebrun), une infirmière qui ne se cache pas de mener une vie sexuelle libérée. S’ébauche entre Alexandre, Marie et Veronika un ménage à trois.
"La Maman et la Putain" est sans doute possible un film-culte qui a marqué l’histoire du cinéma. Sa projection à Cannes en 1973 fit scandale. Le suicide de son réalisateur, Jean Eustache, en 1981, renforça la sombre aura de « diamant noir » (l’expression est de Mathieu Macheret). Aujourd’hui, "La Maman et la Putain" figure dans nombre d’anthologies et est régulièrement cité parmi les meilleurs films du cinéma français.
"La Maman et la Putain" utilise les recettes de la Nouvelle vague. C’est un film tourné en noir et blanc et en son direct – si bien que les conversations y sont parfois coupées par le tohu-bohu de la circulation automobile et que le son diégétique des disques qu’on y entend est si mauvais. Il lui emprunte aussi son acteur fétiche : Jean-Pierre Léaud.
Dans l’histoire du cinéma français, "La Maman et la Putain" est souvent présenté comme un film de l’Après-68. Ses personnages sont désenchantés. La révolution prolétarienne a échoué et ne les intéresse plus. Alexandre se moque de Sartre. Surtout, la révolution sexuelle s’est avérée un leurre. Le long monologue de Veronika qui clôt le film en fait l’aveu émouvant : « baiser » est « merdique » et rien n’est plus beau que « faire ‘amour » avec l’homme qu’on aime et porter son enfant. Une morale terriblement rétrograde d’un film pourtant volontiers libertaire….
"La Maman et la Putain" a une particularité qui le distingue des autres films de la Nouvelle Vague, autrement concis : sa durée obèse. "La Maman et la Putain" dure trois heures et quarante minutes, ce qui fait de son visionnage une épreuve. Une épreuve d’autant plus pénible que le film ne brille pas par ses rebondissements mélodramatiques mais se veut au contraire un film de dialogues. Son héros, volontiers ridicule, use le langage jusqu’à la trame.
Dès les premières images du film, son artificialité m’a déplu. Ce reproche-là, qu’on a souvent fait à "La Maman et la Putain", le personnage joué par Jean-Pierre Léaud s’en défend par une formule tarabiscotée que je ne comprends pas : « Plus on paraît faux, plus on va loin. Le faux, c’est l’au-delà ». Ca sonne bien… mais ça veut dire quoi ? Dès les premières scènes, je n’ai pas accroché à ce personnage insupportable d’égocentrisme et de maladresse et aux longues logorrhées, souvent répétitives, qu’il nous inflige.
Je suis trop jeune pour avoir connu Mai-68. Et je le suis presque trop pour avoir connu le désenchantement de cette génération-là. Aussi la douleur de Veronika, déchirée entre une liberté sexuelle vide de sens et une quête amoureuse vaine, ne m’a-t-elle pas touché.
"La Maman et la Putain" est un film clivant. Il a ses adorateurs. J’aurais aimé en être. Hélas je n’en suis pas….
Film culte longtemps invisible, La maman et la putain fut l’un des grands scandales du Festival de Cannes en 1973, avant d’en remporter le Grand Prix. Ce (très) long-métrage de 3h40 nous plonge dans les tourments d’un trio amoureux dans le Saint-Germain-des-Prés post soixante-huitard, aux côtés des charismatiques Jean-Pierre Léaud, Françoise Lebrun et Bernadette Lafont. Adoptant des dialogues au ton très crus, notamment en matière de sexualité, le film n’est pourtant pas l’ode à l’amour libre à laquelle on pourrait s’attendre. Bien plus complexe, le film met davantage en lumière à travers des dialogues et des monologues denses, grinçants, et parfois contradictoires, la difficulté d’engager la relation amoureuse à l’aune de la libération sexuelle, dans une logique bien plus proche du vague à l’âme célinien que de l’enthousiasme libertaire. Cet autoportrait romancé de Jean Eustache lui-même reste un monument du cinéma français des années 70.
Un chef d'oeuvre de parole, où le temps passe comme les jours. On a envie de vivre aux côtés des personnages, de rire et de pleurer, de chanter dans l'attente d'une chanson qui ne finit pas. La Maman et la putain nous marquera encore sur des générations.
C'est un tableau générationnel, celui d'une certaine jeunesse parisienne dans les années 1970, un peu désenchantée, perdue entre aspirations libertaires et tendances réactionnaires, critiquant autant Mai 68 et Sartre que la France de Chaban. Tableau documentaire, en prise directe avec une réalité quotidienne. C'est aussi une autofiction, nourrie de la vie et des amours du cinéaste, Jean Eustache. Le regard, qu'il soit tourné vers la société ou vers l'intimité, est toujours acéré, traduit par une verve incroyable. Ce film est un vrai tour de force verbal. Dans un dispositif formel austère (noir et blanc, beaucoup de plans fixes, peu de variété dans les décors), c'est le verbe qui brûle la pellicule. Un verbe haut en couleurs, d'une densité folle, d'une grande liberté de ton, tour à tour grandiloquent, cynique, drôle, charmant, littéraire, cru, dramatique, pathétique... Il faut un petit temps au début du film pour s'habituer à ce style très écrit. Les premières minutes, entre Jean-Pierre Léaud et Isabelle Weingarten, sont terriblement artificielles. La suite gagne heureusement en spontanéité et on peut se laisser emporter par un flux singulier qui, durant 3 h 40, captive, étonne ou sidère (le monologue de Françoise Lebrun, vers la fin). Si le film, à bien des égards, fait écho à la Nouvelle Vague, il s'en distingue cependant par ce travail d'écriture extrêmement précis, loin de toute improvisation. En résultent des portraits fouillés et complexes. Le personnage de Jean-Pierre Léaud : séducteur disert et pédant, intarissable raconteur d'histoires, intello revendiquant des goûts populaires, narcisse odieux et attachant, irresponsable angoissé. Le personnage de Françoise Lebrun, dont la désinvolture révèle une profonde désespérance, une profond dégoût de tout. Le personnage de Bernadette Lafont, entre contestation et acceptation. Trio bancal qui dit la difficulté de vivre, d'aimer, d'éprouver sereinement la liberté, trio qui expérimente l'amour libre et ses limites, frontières cruelles, noirceur finale.
Il ne faut pas avoir peur de la crudité d’un certain langage, d’une certaine perversion des sentiments (je t’aime, je te hais) mais on ressent une liberté sexuelle totale. Le film est assez surprenant quand même. Et je dirai que sa durée joue pour lui. Le temps avance et les incertitudes du début, la lassitude même, deviennent une façon d’appréhender le trio et de l’aimer. Au final, j’ai trouvé la philosophie des échanges passionnante. Leaud, souvent drôle et très pertinent dans ses remarques, est au centre d’un duo qui ne laisse pas indifférent. J’ai aimé cette façon qu’ils ont se se vouvoyer et de laisser l’amour et le sexe comme un moyen d’avancer dans la vie, une chose naturelle. Ça valait le coup d’attendre un paquet d’années pour le voir.
Un chef d'œuvre d'une modernité absolu. Il est savoureux de voir comment ce film, cinquante ans plus tard, est le plus beau plaidoyer qui existe pour la libération de la femme alors qu'il est ancré dans une époque où la société était encore extrêmement patriarcale. Sous ses airs parfois désuets, La maman et la putain est visionnaire et d'une grande beauté. Quatre heures qui paraissent une minute, ou l'éternité.
Franchement ce film pourrait être vraiment sympa mais c'est vraiment trop long. Ca manque de rythme. Le discours, la morale qui est portée, se retrouvent noyés dans l'ensemble. On s'y perd. Certaines répliques font bien rire mais ça ne décolle jamais c'est frustrant.
Mais comment peut-on encenser ce film ? Dès la première minute et les premiers échanges verbaux, j'ai pouffé de rire devant le manque de naturel des propos tenus et du ton employé de ce pauvre J.P. Léaud (qui est aussi bon acteur que moi cuisinière...) et une de ses (improbable tellement il est plat et sans charme) conquêtes. On aurait dit un enfant de 4 ans récitant une poésie qu'il ne comprend pas... Ensuite, ce ne sont que conversations pseudo intellectuelles et prétentieuses entre les divers personnages qui, en dehors de Bernadette Lafont, un vraie bonne actrice, elle (tellement qu'on se demande pourquoi elle est venue se commettre dans ce navet), sont plus mauvais les uns que les autres. Pour finir, le verbe "baiser" semble avoir été inventé pour ce film : s'il n'a pas été prononcé 500 fois dans ces interminables 3H40 d'ennui profond, il ne l'a pas été une... Je veux bien reconnaître que l'on aimait provoquer, dans les années 70, mais cette obsession du prononcé de ce mot est d'un ridicule consommé. En 40 ans, c'est la première fois que je réussis à me taper l'intégralité de ce film (je vous rassure, je l'ai fait en 2 fois : 2H30 hier et 1H20 aujourd'hui, trop indigeste pour un visionnage complet en une fois), film que j'ai plusieurs fois tenté de regarder mais dont je me lassais au bout de 15 minutes chrono. Je m'étais dit qu'il fallait que je m'accroche, qu'il semblait être un classique du cinéma français, peut-être un peu indigeste mais, finalement, qu'il manquait peut-être à ma culture cinématographique... Eh bien, je vous rassure, je ne vais pas me coucher plus intelligente ce soir. J'aurai simplement eu l'impression d'avoir gâché 3H40 de ma vie qui ne reviendront jamais...
Je craignais que les 3h40 de ce film se fassent sentir difficilement. II n'en est rien. Cinéma d'errance, La Maman et la Putain nous offre un grand moment de liberté, corrélé à sa structure narrative émancipée du carcan du récit traditionnel en trois actes distincts. L'écriture des dialogues est d'une immense beauté, à l'image de ces tirades interminables qui pourtant ne cessent une seule seconde de nous hypnotiser. Un Léaud superbe dans son rôle achève de sanctionner la magnificence de ce film.