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soulman
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5,0
Publiée le 17 février 2013
Un des films qui comptent le plus pour moi : bouleversant de bout en bout, déchirant, magistralement vécu (et non pas interprété) par ses comédiens. Une œuvre d'écorché vif qui ose parler, sans fard, d'amour, de sexe, de la fidélité et du mensonge.
Dire qu'Eustache ne réalisera plus jamais le moindre long métrage en dit long sur les ambitions du cinéma français de cette époque...
De jouissives situations textuelles mêlant désillusions d’après mai 68, (dé)libérations de mœurs, et désoeuvrement littéraire entre cafés, appartements et lits défaits, c’est tout cela, « La maman et la putain » de Jean Eustache…. C’est tout cela et un petit peu plus avec Jean Pierre Léaud, Françoise Lebrun et Bernadette Lafond, tous les trois excellents… Souvent cru mais jamais con, voire assez long, voici le vrai dernier film de la Nouvelle Vague (1973), une ultime vague bien amère…
Un chef-d'œuvre, écrit comme un livre, avec de superbe dialogue, magnifiquement bien interpréter, le monologue de Jean-Pierre Léaud où il fini les larme aux yeux, derrière des lunette noir, transparaît d'une sensibilité époustouflante. Sublime et passionnant, le film raconte les déchirement amoureux d'un jeunes intellectuel désœuvré, qui promène les idées qu'il ce fait sur la vie, à travers un saint-germain-des-près qui n'existe plus, l'amour jusqu'à en crever. Un film unique dont on ne sort pas indifférent.
Alors 220 minutes tournées en noir et blanc et en 16 mm avec que des scènes de dialogues et inévitablement sur un rythme étiré, autant dire qu'il y a plus facile à aborder comme oeuvre que "La Maman et la Putain". Donc ne pas avouer que l'on s'ennuie ne serait-ce qu'un peu en le visionnant relèverait de l'hypocrisie, enfin pour ma part... Pourtant si on fait abstraction des pointes d'ennui et aussi du jeu atrocement faux d'Isabelle Weingarten, qui heureusement n'apparaît qu'au début, il n'est pas interdit de se laisser porter. Les dialogues sont très littéraires mais sont loin de manquer de beauté, Jean-Pierre Léaud parvient à être beaucoup moins insupportable qu'à l'accoutumé et les deux portraits de femme qui donnent le titre du film sont réussis. Un autre grand mérite de Jean Eustache à travers cette oeuvre très autobiographique est d'avoir su restituer l'atmosphère du Paris post-soixante-huitard avec son lot de désillusions. Un film pas du tout facile mais qui mérite d'être vu une fois.
Le statut de mythe de ce film de Jean Eustache reste un mystère partiel pour le mauvais cinéphile que je suis. Il s'agit d'une chronique d'un étudiant post-soixante-huitard sur près de quatre heures. Jean Eustache, dans la verve de la Nouvelle vague, tourne sans recherche de sophistication artificielle de l'image, en pleine rue, dans un appartement ou un café. Eustache a détruit la spontanéité du jeu qu'adoptait le jeune Jean-Pierre Léaud chez Truffaut, il crée un film qui repose quasiment exclusivement sur ses dialogues intellectuels et obscènes (dont il faut reconnaître la force), et sur le jeu des acteurs qui peuvent être confrontés au regard de la caméra plusieurs minutes durant. Pour résumer La Maman et la putain, il me vient une célèbre phrase du philosophe ultra-pessimiste Arthur Schopenhauer : "La vie oscille, comme un pendule, de droite à gauche, de la souffrance à l'ennui". Jean Eustache, un grand cinéaste de l'ennui et de la désillusion, se suicidera en 1981.
Un film très nouvelle vague et très en retard, mais ça n'en fait pas moins un bon film. Alors le défaut du film c'est qu'il dure 3heures 30 et que 3 h 30 c'est très très long. C'est un bon film, quelques très beaux moments de grâces, des scènes longues et belles qui s'étirent. Des acteurs sublimes, Léaud n'a jamais été aussi beau et je pense que Louis Garrel en est le digne héritier. Lebrun est magnifique, une femme belle, très belle, et sous la caméra d'Eustache elle s'en trouve sublimée. Dommage qu'il y ait des longueurs. ça reste un film très intéressant.
La maman et la putain est un film qui intrigue, non seulement par son titre mais également par les nombreux thèmes abordés qui s'inscrivent directement dans le contexte post-mai 68. Mais contrairement à ce que l'on pourrait d'abord penser, au lieu de faire l'apologie des acquis de cette période, à savoir l'évolution des rapports hommes/femmes, une redéfinition des relations amoureuses, une libération des moeurs, le réalisateur s'attache à montrer l'écœurement provoqué par cette vie de jouissance et semble privilégier une vision traditionnelle de la vie de couple symbolisée à la fin par la demande en mariage d'Alexandre à Veronika. La Maman et la Putain est un œuvre sublime portée par un trio d'acteurs étonnant qui nous immerge pendant près de trois heures trente dans un magnifique Paris en noir et blanc. Une œuvre majeure du cinéma français.
Alexandre dit avoir oublié la notion de "poser un lapin", et remercie Veronika de la lui avoir rappelé. Et bien, en tant que spectateur lambda, j'aimerais dire que j'avais oublié ce qu'était un bon film, un vrai, un absolument authentique, un que l'on a du mal à quitter (3h30, ça passe si vite!), un qui ne vous quitte pas, un si complet, si probant, qu'il est un peu dur d'admettre qu'une toile vous empêche de le vivre entièrement. Certes, il met mal à l'aise. Mais la douce mélancolie, l'amertume légère d'Alexandre (Léaud ! Quel acteur...) dissipent le malaise. L'immoralité semble la devise des personnages, et ils n'en sont que plus sympathiques. LA MAMAN ET LA PUTAIN sonne comme l'oeuvre de toute une vie, une recherche finale de l'art parfait. Encore une fois, on peut s'exclamer avec dépits "Dommage que Jean Eustache soit parti si vite avec une filmographie si mince."
C'est d'une exigence artistique rare, surtout dans la manière du réalisateur d'oser aller jusqu'au bout de la contemplation. Par exemple une scène bâtie autour d'une chanson enregistrée dure tout le temps du morceau, pas d'effets de montage pour abréger. Eustache a un art élaboré du contraste et de la distanciation. Les dialogues peuvent être très crus tout en étant très écrits. Les amants ne cessent de se vouvoyer jusque bout de l‘intimité. Il est mis en scène un petit monde plein de vacuité mais animé d'un humour désinvolte irrésistible. On rit beaucoup avant que la douleur n’affleure puis le terrible dégoût de la fin et on est pris à la gorge par la masse de désespoir qu’ils traduisent. Le terme "crépusculaire" n’est pas galvaudé pour qualifier ce film. Je n'ai pas le souvenir d’avoir vu Jean-Pierre Léaud donner à ce point la mesure de son génie de comédien.
J'ai découvert ce film grâce à une chanson de Diabologum, qui met en musique le monologue principal. Et là...la joie de découvrir un film qui vient directement se placer sur le podium de mes films favoris, avec une liberté de ton qui m'a surpris et ravi, avec des réflexions sur la vie, le monde, un style, etc, etc... 4 étoiles parce qu'on ne peut pas mettre plus, hors catégorie pour moi.
La découverte de Truffaut et de son Jean Pierre Léaud ( qui lui était si cher ) m'a donné l'occasion de glisser vers cet exceptionnel film de la fin de la nouvelle vague.
Des dialogues délicieux, dans un film que je reverrais à plusieurs reprises, c'est sûr. Des scènes et des répliques qui sont pour moi devenues cultes, depuis que j'ai vu ce chef d'œuvre de 3 heures.
Dommage que Jean Eustache n'ai pas fait davantage de films, cela donne cependant encore plus de charme à son œuvre.
Ce film très osé et avant gardiste est vraiment drôle et intelligent, je le conseille à tous.
Un film a découvrir absolument. Pour moi le meilleur film intimiste jamais réalisé qui réunit la prouesse d'exprimer avec un réalisme cru l'état d'une société parisienne et déboussolée au lendemain de mai 68, tout en cultivant superbement le culte du faux. Tout est dans cette rencontre "miraculeuse" d'un projet né dans l'urgence, celui de fixer par le moyen d'un film un fragment de vie à la fois dérisoire et universel. La référence à Proust n'est pas anodine. Ce film au somptueux noir et blanc est hors du temps, déjà nostalgique lors de sa sortie et pourtant encore aujourd'hui si résolument moderne. Le jeu singulier de Jean-Pierre Léaud si souvent incompris s'impose ici comme une évidence. À la mesure des plus grands chefs-d'oeuvre du cinéma comme l'Aurore de Murnau ou la nuit du chasseur de Laughton, il ne s'inscrit pas dans la volonté de "montrer" un réalité artificielle mais de donner à voir au-delà: une vérité plus profonde encore, plus crue et plus sincère que seul le génie permet.
Ce film de 3H35 lors de sa sélection au Festival de Cannes 1973 aux côté de La grande bouffe de Marco Ferreri fit scandale à cause de son ton provocateur et de ses dialogues crus. Avec pour toile de fond l’émancipation féminine et la libération sexuelle, le film dresse un état des mœurs affectif et sexuelle à l’époque d’après 1968 à Paris en racontant les rapports d’un jeune homme et de 2 femmes. Ce film culte de la nouvelle vague est constitué de longues scènes de discussions ou plutôt de discours qui captent l’air du temps en faisant allusion à la politique, la littérature, le cinéma de l’époque. Les discours qui ne sont pas forcément inintéressant mais pour ma part, rentrent par une oreille et passent par une autre sont finalement à l’image d’un des principaux messages du film. La vérité ne s'apprend pas par les lectures philosophiques ou les discussions amicales mais elle s’impose par les signes que nous pouvons percevoir dans la douleur de la passion. La libération sexuelle a réinventé le couple et les rapports amoureux mais la souffrance amoureuse reste éternelle et elle génère d’avantage de vérité humaine que tout discours idéologiques. Finalement le film est un plaidoyer pour l’amour alors qu’on pourrait croire au début qu’il fait l’éloge du plaisir de la liberté sexuelle. A voir aussi pour le monologue émouvant de Françoise Lebrun sur l’amour, le sexe et les putes.
Difficile de rendre compte d'un film si long et si direct. On sent dès le départ la volonté "nouvelle vague" donnant une liberté au récit, faisant encore une fois de Léaud (signes NV: "cravate"..., lunettes -masque du doute-) l'interprète (philosophe) miroir des Truffaut ou Godard. Difficile aussi, en comparaison, entre autres, de Masculin-Féminin d'y voir la génération "meurtrie" post-68 comme elle pouvait être si gaie pré-68. Les transports de café à (la) chambre sont le témoin d'un repli sur soi, où les seules sorties sont nocturnes, qui plus est en boîte de nuit. Mais pour une fois, Léaud n'est plus le personnage principal, les introspections sont discrètes et distantes, sa réflexion n'est jamais suivie par ses opposant(e)s. L'attention se porte à défaut sur Françoise Lebrun, tout droit sortie de L'Aurore oscillant entre le bien et la timdité intellectuelle, et le mal symbolisé par le côté fille facile. Le fabuleux moment de cinéma qu'est sa complainte devient la clé du problème, là où la femme n'arrive plus assumer son attitude, le philosophe Léaud s'émeut à contre-coup (et encore) de l'instabilité de cet être débarquant comme Damia des années 20/30. Cela donne à l'amour une vision que la passion domine, qui fait de Léaud le personnage qu'il n'avait jamais été pré-68. Ce film est en effet le dernier de la nouvelle vague, annonçant sa mort où les idéaux changent, où la lutte intellectuelle laisse place à une pitoyable (discutable... poliment) demande en mariage. De très beaux dialogues cependant entre la première et la deuxième heure.