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3,5
Publiée le 6 juillet 2026
Nosferatu de Werner Herzog est avant tout une réinterprétation du film de 1922 davantage qu'une adaptation directe du roman. Herzog fait néanmoins le choix de reprendre les noms des personnages du livre tout en réintégrant ceux que Murnau avait écartés. Une décision intéressante sur le papier, mais qui se révèle finalement peu pertinente, certains personnages supplémentaires n'apportant rien à un récit qui fonctionne parfaitement sans eux.
La véritable force du film réside dans sa mise en scène. Herzog compose des images d'une grande beauté, où chaque plan participe à installer une atmosphère mélancolique, funèbre et presque hypnotique. Le rythme contemplatif, les décors, la photographie et l'utilisation de la musique se conjuguent pour créer une ambiance singulière qui imprègne durablement le spectateur et fait de cette relecture une œuvre à la personnalité marquée.
En revanche, le jeu des acteurs constitue le principal point faible. Les interprètes oscillent constamment entre une retenue très marquée, en accord avec l'atmosphère du film, et une volonté de retrouver les expressions exagérées propres au cinéma muet. Ce mélange de styles fonctionne difficilement et donne souvent lieu à des prestations peu naturelles, qui nuisent à la crédibilité des personnages.
Enfin, le générique d'ouverture laisse perplexe. spoiler: Déconnecté du reste du film, il n'apporte aucun véritable élément à l'œuvre et son utilisation d'images de corps momifiés soulève en outre une question éthique qui paraît difficile à justifier. Malgré ces réserves, Nosferatu reste une relecture visuellement remarquable, portée par une mise en scène inspirée qui compense en grande partie ses faiblesses.
Je viens de revoir le ''Nosferatu'' de Eggers, je regarde maintenant pour la énième fois le Herzog: j'adore le ''Dracula'' de Coppola, ''la dernière traversée du Demeter'', mais celui-ci, malgré quelques minuscules erreurs de script, tient toujours la plus haute marche du podium, pas d'effets spéciaux, pas d'image de synthèse, pur chef-d'oeuvre de l'expressionnisme allemand, du très très grand cinéma... à noter, la bande son de Popol Vuh, dont un extrait a été repris par Kate Bush dans son immense album '' running up that hill''...
Réédition en salle de ce remake du film célébrissime de Murnau ( 1922 ) . Je ne l'avais pas revu depuis sa sortie en 1979 et j' ai été époustouflé par la qualité de ce titre, une des collaborations entre Kinski et Werner Herzog ( une des figures majeures du renouveau du cinéma allemand pendant les années 1970 )
Adjani a rarement été aussi belle que dans ce titre, dont les images sont magnifiées par la musique de Popol Vuh.
On retrouve la patte de Herzog, son style hypnotique inimitable qui avait fait le succès de " Aguirre la colère de Dieu " ( sans doute, à mes yeux du moins, son chef d'oeuvre ).
Voilà un opus de Herzog qui a particulièrement bien vieilli. C'est formidable !
Le roman « Dracula » (1897) de l’Irlandais Bram Stoker (1847-1912) a fait l’objet de nombreuses adaptations cinématographiques, tantôt sous le nom de Dracula (une quinzaine, plus ou moins fidèles, sans compter les suites de la Hammer (9) et d’Universal (7), tantôt sous le nom de Nosferatu (car sans l’accord des ayant-droit). C’est le choix de Werner Herzog avec son remake du film muet de son compatriote Friedrich Murnau, « Nosferatu le vampire » (1922), probablement en guise d’hommage, considérant Murnau comme l’un des grands-pères du cinéma allemand, la génération de Herzog n’ayant pas de pères cinématographiques, la 2nde guerre mondiale ayant brisé toute continuité (cité par REGE, 1987, in Klaus Kinski, chez Pierre-Marcel Favre). Malheureusement, malgré la présence de Klaus Kinski (53 ans, 104e film, 2e collaboration sur 5) qui interprète Dracula, de façon minimaliste, contrairement à son habitude, d’Isabelle Adjani (24 ans, dont c’est le 10e long métrage), femme du clerc de notaire, Jonathan Harker, joué par Bruno Ganz (38 ans), le réalisateur n’a pas de point de vue sur les personnages, se contentant de filmer façon « Sélection du Reader’s Digest », transformant l’histoire en un téléfilm sans âme, ni gothique, ni érotique, ni flamboyant, vaguement fantastique, où le Mal et le sang sont quasi-absents. Seule originalité, Nosferatu suce le sang de ses victimes à l’aide de ses incisives supérieures et non de ses canines, ce qui est plus efficace !
Ce film faisait partie des incontournables à voir au moins une fois dans une vie. Dont acte. Je me demande encore ce que j'ai vu. Une parodie du thème des goules ? La première partie jusqu'au château se laisse voir. Il y a parfois une esthétique Wagnérienne très plaisante. La musique y participe également. Puis c'est la rencontre avec ... une créature issue du croisement d'un rongeur avec un humain. C'est à ce moment que le récit s'effondre littéralement. J'en retiens les armées de rats propagateurs de la peste et surtout une magnifique Isabelle Adjani qui tente de sauver à la fois son rôle de Lucy et le film tout entier. Donc très déçu, surtout venant du couple infernal Herzog /Kinski et après le magistral "Aguirre, la colère de Dieu". L'adaptation de Robert Eggers, "Nosferatu", sortie en décembre dernier m'avait par contre fait passer un excellent moment de cinéma.
Le duo formé par Werner Herzog à la réalisation et Klaus Kinski devant la caméra n’est pas à une folie prêt. Et s’attaquer au monument de Murnau en était une. Herzog en signe une version singulière lorsqu’elle s’attache à inverser les rôles par rapport au récit de Bram Stoker.
Offre une relecture naturaliste intéressante. Herzog confronte le mythe, la croyance, au cartésianisme scientifique. L’ambiance est parfois glauque, mais quand le film s’essaie à l’expressionnisme allemand, cela ne colle pas avec le côté naturaliste.
J’ai récemment vu Nosferatu, fantôme de la nuit, la réinterprétation du classique de F.W. Murnau, signée Werner Herzog. Le film, qui navigue entre hommage et réinvention, parvient à capturer la beauté macabre de l'original tout en y insufflant une atmosphère propre, à la fois unique et légèrement décalée. Herzog, fidèle à sa vision artistique singulière, transpose le mythe de Dracula dans un contexte plus humain, tout en respectant l’essence du chef-d'œuvre muet. Cependant, bien que le film soit captivant, je pense que certaines longueurs et un rythme parfois lent l'empêchent d'atteindre la perfection.
Le travail sur l'image est l’un des éléments les plus saisissants du film. Herzog et son directeur de la photographie, Thomas Mauch, créent une ambiance visuelle envoûtante, presque onirique, où chaque plan semble être une peinture vivante. Les décors austères, notamment l’utilisation de paysages désolés et d’intérieurs sombres, amplifient le sentiment de solitude et de terreur. Le personnage du Nosferatu incarné par Klaus Kinski est également d'une puissance inouïe, une véritable incarnation de l'horreur, à la fois humaine et monstrueuse. La transformation du personnage dans sa quête de l’immortalité devient ici le noyau dramatique autour duquel tout gravite.
Cependant, l'un des aspects qui m'a dérangé est le rythme. Par moments, Nosferatu, fantôme de la nuit prend son temps, ce qui peut en rendre la vision un peu laborieuse, notamment pour ceux qui ne sont pas familiers avec les œuvres lentes de Herzog. Ce choix esthétique n’est pas dénué de sens, mais il peut parfois nuire à l'intensité du film. Certaines scènes, bien que belles sur le plan visuel, semblent se prolonger inutilement, ce qui nuit à l’immersion et à l’élan du récit.
En fin de compte, Nosferatu, fantôme de la nuit reste un film fascinant, riche en textures et en symbolisme. Il est un hommage respectueux à l'original tout en proposant une vision personnelle du mythe. Klaus Kinski, avec sa performance inoubliable, et l'ambiance lourde et pesante du film en font une œuvre marquante du cinéma fantastique. Néanmoins, son rythme trop contemplatif et ses longueurs me poussent à lui attribuer une note de 3,5/5. Cela n'enlève rien à sa valeur, mais j’aurais aimé qu’il réussisse à maintenir la tension de manière plus fluide. Pour les amateurs de cinéma expérimental et de réinterprétations de classiques, ce film reste néanmoins un incontournable.
Werner Herzog s'attaque à un mythe du cinéma en revisitant le chef-d'œuvre expressionniste de Murnau. Son Nosferatu, fantôme de la nuit est une relecture contemplative et hypnotique du mythe vampirique, où l'horreur laisse place à une profonde mélancolie. Klaus Kinski incarne un comte Dracula pathétique et tragique, loin de l'image du prédateur charismatique. Son jeu, à la fois habité et douloureux, donne au personnage une dimension presque humaine, victime de sa propre malédiction.
Visuellement, le film est une splendeur. Herzog compose des tableaux d'une beauté picturale, inspirés des paysages brumeux et des décors gothiques. La lenteur du récit et les silences pesants accentuent l'atmosphère funèbre, renforcée par la musique envoûtante de Popol Vuh. Cependant, cette approche contemplative est aussi un frein : étant plus habitué aux frissons classiques, j'ai été dérouté par le rythme lent et l'absence de réels sursauts horrifiques.
Là où le film brille, c'est dans sa manière d'explorer la solitude et la peur de la mort. Le comte Orlok de Kinski n'est pas un simple monstre, mais un être tragique, rongé par son existence éternelle. Isabelle Adjani, dans le rôle de Lucy, incarne avec une fragilité bouleversante une figure de pureté et de sacrifice, tandis que Bruno Ganz apporte une certaine retenue à son Jonathan Harker. Mais certains personnages secondaires manquent d'épaisseur, et l'histoire peine parfois à maintenir une tension dramatique forte.
Nosferatu, fantôme de la nuit est une œuvre fascinante mais exigeante. Herzog ne cherche pas à effrayer, mais plutôt à nous hanter avec une ambiance macabre et une réflexion sur la condition humaine. Si je regrette un certain manque de rythme, la poésie visuelle et l'interprétation magistrale de Kinski en font une version singulière et mémorable du mythe. Un film que je conseille, surtout aux amateurs de cinéma d’auteur gothique.
Sur les traces de Murnau, Werner Herzog revisite le mythe de Dracula. Il n'est plus question d'épouvante sanglante et spectaculaire, et Dracula, au même titre que les époux Harker, ses victimes, devient une figure mi-romantique, mi-expressionniste. C'est ce compromis artistique qui fait l'originalité du film d'Herzog. Celui-ci associe un récit taciturne et lent à des décors typés (la ville de Delft, les reliefs supposés de la Transylvanie) dont le dépouillement et le sobre esthétisme, sous la grisaille d'un ciel bas, conditionnent le caractère tragique. De façon éclectique, le cinéaste nous convie à un voyage au pays des romantiques et des expressionnistes allemands, des peintres flamands. Mais, brillant sur le forme, le film reste un peu obscur. La liaison entre l'amour et la mort, qui introduit couramment la thématique romantique, prend ici des proportions étranges en vertu du personnage même de Dracula, auquel Klaus Kinski confère une humanité et une souffrances inattendues, en vertu des hallucinations ou prémonitions de l'héroïne jouée par Isabelle Adjani.
Nosferatu, fantôme de la nuit est une œuvre pouvant déstabiliser. En effet, ce remake du Nosferatu le vampire de Friedrich Wilhelm Murnau possède un style très particulier. Celui-ci est basé sur un contraste total entre une forme de réalisme au niveau des superbes paysages naturels (bien mis en avant notamment lors du voyage de Jonathan Harker) associés à l’utilisation récurrente de la caméra portée et le surjeu total des acteurs notamment celui d’un Klaus Kinski halluciné (comme c’est généralement le cas) et d’Isabelle Adjani (dont les attitudes et le maquillage renvoient clairement au cinéma expressionniste muet) : on peut vraiment hésiter entre le film expérimental et le nanar. Bien qu’il choisisse de redonner aux personnages les noms du roman (même si ceux de Lucy et de Mina sont inversés, comme ce sera le cas quelques mois plus tard dans le Dracula de John Badham) et de conclure son film d’une manière plus pessimiste et très originale, Herzog rappelle donc régulièrement le film de Murnau (il reprend, par exemple, le fait que Jonathan et Lucy soient mariés dès le départ, ce qui n’est pas le cas dans le roman) et adopte pour cela un style assez lent qui risque de déstabiliser beaucoup de monde. Il faut, en tout cas, posséder une certaine culture artistique et peut-être même connaitre la première version pour pouvoir vraiment apprécier cette vision de l’œuvre de Bram Stoker.
Continuant mon pèlerinage des films de cette licence, je me suis lancé dans le visionnage du "Nosferatu Fantôme de la Nuit" de Werner Herzog. Et honnêtement, même si je ne suis pas le plus grand fan du film de 1922, il a été compliqué de visionner celui-ci après cette première adaptation. Pour être clair, je trouve que ce long-métrage est vraiment raté, et qu'il est loin d'être une adaptation de qualité. Son principal problème est pourtant assez simple, ce projet cherchant simplement à recopier le film original sur le bout des doigts. Que ce soit dans l'ambiance, dans le jeu des acteurs ou dans une grosse partie du scénario, le long-métrage n'est qu'une copie sans saveur du monument de 1922. L'une des premières scènes qui m'a crié cela aux yeux était celles de l'auberge, car le style est très proche de l'original. La phrase est la même, le jeu de l'acteur est le même et la réaction des figurants est également la même. Mais ici, tout sonne faux, car il y a une exagération assez énorme pour beaucoup de séquences. Cet abus était logique en 1922, car il n'y avait pas de son, donc il fallait en faire beaucoup plus pour faire passer les émotions. Mais maintenant, comme la musique n'accompagne plus autant l'action et que l'on entend clairement les acteurs, on voit que le tout est forcé. Le meilleur exemple est clairement le jeu de Klaus Kinski, qui ne réussit jamais à être un Nosferatu intéressant. Il passe le film à forcer un visage menaçant, mais il paraît vraiment ridicule et il n'est jamais angoissant. Ce personnage était l'une des grosses forces du film de l'époque, on perd donc énormément de ce qui était l'ambiance d'origine. Ici, aucune angoisse ne se fait ressentir et on ne fait que s'ennuyer, car si les acteurs jouent pareil, la mise en scène est également dans un style similaire. Werner Herzog a beau être un réalisateur réputé, il n'a clairement pas cherché à s'approprier ce projet. Sur certains passages, il apporte sa propre sauce, et ce sont même les meilleurs du film. Par exemple, on peut penser à cette introduction angoissante face à des gargouilles. Mais dans l'ensemble, il recopie uniquement ce qu'il y avait en 1922, sauf que cela ne peut pas marcher ! Dans le film de base, la musique accompagnait toujours ses longs plans angoissants qui servaient à faire monter la tension. Mais ici, pour tenter de reproduire cela, on a des longs plans censés être stressants, sans aucune musique et sans aucune identité. Le meilleur exemple est clairement l'arrivée du bateau au port, qui a énormément été allongé pour coller au style du film de 1922. Mais sans aucune musique et avec un seul bateau à regarder pendant 2 minutes, on n'a pas d'autres choix que de s'ennuyer ! Personnellement, j'ai trouvé le temps extrêmement long, car comme la mise en scène est bien trop fixe, au point que cela en soit de l'abus, et comme les acteurs en fond des caisses, aucune ambiance ne se dégage du film. Le final a bien essayé de changer certaines choses, mais c'est tellement minime que cela ne suffit pas. Donc si vous voulez regarder cette histoire de la bonne manière, regardez le long-métrage de 1922. Faire ce remake n'aura servi à rien, et il aurait mieux fallu ne pas le sortir. Pour conclure, une copie bien trop vide.
Werner Herzog revisite le Nosferatu de Murnau, tantôt en reproduisant des scènes à l'identique, tantôt en s'éloignant de son modèle. Ce faisant, il affirme une nouvelle fois son goût pour les personnages marginaux. Par ailleurs, comme dans Aguirre, il parvient à créer, par moments, une ambiance d'inquiétante et envoûtante étrangeté. Et ce, grâce à un générique-prologue saisissant (tourné au Musée des momies de Guanajuato au Mexique), une certaine esthétique de la déstabilisation (mouvement de caméra à l'épaule, ellipses...), une musique mystérieuse. Grâce aussi à des "visions" hallucinantes (l'arrivée du bateau fantôme à Wismar, la propagation des rats dans la ville, le dernier banquet de quelques habitants...). Grâce enfin à Klaus Kinski dont la performance vaut bien celle de Max Schreck dans le film de Murnau, soutenue par quelques fameux effets de mise en scène (Herzog fait parfois entrer Kinski dans le champ de la caméra par le côté – comme dans Aguirre). Malgré ses atouts, cette version du mythe de Dracula n'est qu'à moitié convaincante. La faute, essentiellement, à une certaine "théâtralité" dans la direction d'acteurs, un style d'interprétation qui a vieilli, avec quelques accents ridicules à la clé. La composition de Roland Topor (que fait-il dans ce film ?) en est une illustration. Quant à la postsynchronisation de voix, elle n'est pas très heureuse non plus. Autant d'éléments qui empêchent la poésie macabre de se diffuser parfaitement et le film de trouver sa pleine puissance évocatrice (à la différence du film de Murnau).
Werner Herzog s’attaque à un monument du cinéma en revisitant le chef-d’œuvre muet de F.W. Murnau. Réalisé en 1978, "Nosferatu Fantôme de la nuit" est trop baroque et semble s’égarer dans sa propre esthétique. Klaus Kinski, en Nosferatu, livre une performance fascinante mais étrangement distante, tandis qu’Isabelle Adjani peine à donner corps à un rôle souvent réduit à l’ornementation. Herzog échoue à insuffler une âme à son remake terriblement froid.