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Ricco92
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3,5
Publiée le 23 mai 2018
S’il existait une arlésienne dans le cinéma de ces 30 dernières années, c’est bien L’Homme qui tua Don Quichotte réalisé par Terry Gilliam. Le réalisateur se battait pour réaliser ce film depuis près de 30 ans (le projet remontant à 1990) : après un premier tournage catastrophique mettant en scène Jean Rochefort et Johnny Depp en 2000 (qui donna un excellent making-of sorti au cinéma sous le titre Lost in La Mancha en 2002), il tenta à quatre reprises de monter ce projet (avec Robert Duvall et Ewan McGregor puis avec Robert Duvall et Owen Wilson puis avec John Hurt et Jack O’Connell puis avec Michael Palin et Adam Driver) avant de réussir à le tourner entièrement avec Jonathan Pryce et Adam Driver. Même une fois terminé, sa sortie en salles n’était pas assurée à cause de problèmes juridiques avec un de ses anciens producteurs. Malgré toutes ces embûches qui en auraient découragé plus d’un, Terry Gilliam arrive enfin à projeter le film en clôture du Festival de Cannes (après un AVC survenu 15 jours avant) et en salles le 19 mai 2018 mettant fin à cette malédiction. Le projet ayant énormément évolué au long de toutes ces années, le résultat final fait énormément référence à toutes les difficultés que le projet a rencontré au point d’avoir fait de son personnage principal un réalisateur voulant tourner un film sur Don Quichotte et qui rencontre pleins de problèmes. Il ne faut donc pas s’attendre à une adaptation fidèle du roman de Miguel de Cerventes au risque d’être complètement décontenancé (ce qui peut expliquer en partie les nombreux départs ayant eu lieu dans la salle où j’ai été voir le film). En effet, L’Homme qui tua Don Quichotte est un pur film de Terry Gilliam, c’est-à-dire un film loufoque, un peu fourre-tout avec une narration tortueuse voire embrouilléespoiler: (certaines séquences sont oniriques, ce qui fait qu’on ne sait jamais si ce à quoi on assiste est un rêve ou pas) et une histoire totalement non-crédible. Il faut donc être plus ou moins sensible à l’univers du cinéaste, visuellement toujours aussi inventif, pour accepter de rentrer dans le long-métrage (surtout que celui-ci aurait peut-être bénéficié d’une réduction d’une bonne vingtaine de minutes). L’Homme qui tua Don Quichotte est donc un film mythique par les difficultés qu’e rencontrées son réalisateur pour le tourner mais est également une œuvre pouvant fortement diviser le public entre d’un côté les amateurs du monde si particulier du cinéaste et les partisans d'un récit plus classique même si le résultat est plus accessible pour ces derniers que son film précédent Zero Theorem.
Ce film est avant tout un mélange entre réalité et fantastique qui s'enchaîne tout au long du récit sans que l'on sache toujours dans quel monde nous nous trouvons et qui finit parfois par surprendre et parfois par lasser . On retrouve quand même dans l'ensemble l'univers de Gilliam avec une intrigue bien alambiquée et des personnages haut en couleur.
Ce n'est pas le film que l'on attendait, mais qu'est-ce que c'est jouissif ! Du cinéma pétri d'amour tout simplement, et la patte d'un cinéaste hors norme.
Un grand film comme on en fait plus. Un début un peu poussif mais le scénario est solide, les acteurs sont excellents et la fantaisie de Terry Gillian est bien la.
Terry Gilliam nous montre une fois encore qu'il est certainement plus doué pour filmer que pour mettre ses idées dans le bon ordre. La maitrise du réalisateur caméra au poing est bluffante, à l'image d'une photographie merveilleuse. Pour le reste, l'exercice de style serait très intéressant s'il n'était pas aussi perturbant. En effet Gilliam casse les codes de la narration et du récit, au détriment hélas du plaisir du spectateur qui ne sait plus vraiment ce qu'il regarde. La fable tantôt satirique, tantôt baroque, vire parfois à l'absurde, avec un fil conducteur de plus en plus mince qu'il est très difficile de tenir jusqu'au bout. Peut être qu'à force de se battre avec son projet, Gilliam a fini lui aussi par perdre le fil... Reste une interprétation très sérieuse, qui semble un peu perdue elle aussi par moments et en vient à flirter avec l'exagération
Il est peu dire que c'est un projet qui remonte à longtemps que cette (libre) adaptation de l'immense classique de Cervantès par Terry Gilliam, constamment mis à mal par de nombreux problèmes qui aurait fait renoncé tout cinéaste raisonnable : pas lui. Nous voici donc une quinzaine d'années après le tournage initial (pour en savoir plus, regardez l'excellent documentaire « Lost in La Mancha »), et je vous avoue qu'en sortant du cinéma, j'étais partagé. D'un côté, que l'œuvre puisse exister est une belle victoire en soi, d'autant que le réalisateur y a intégré certaines de ses péripéties personnelles dans le récit, lui donnant presque un côté parfois autobiographique rafraîchissant. De l'autre, on se dit qu'imaginer ce titre qui n'aurait jamais vu le jour aurait permis d'entretenir la « légende » autour de ce dernier : ça aurait aussi pu avoir de la gueule. Cela écrit, « L'Homme qui tua Don Quichotte » est plutôt pas mal, sans être réellement abouti. J'ai été séduit dans un premier temps, la modernisation et la mise en abyme du récit originel fonctionnant bien, l'excellente prestation d'Adam Driver donnant une réelle allure à ce film d'aventures pas comme les autres. Et puis, en plus d'avoir quelques vrais bons moments, la volonté rafraîchissante de Gilliam de bannir quasiment tout effet numérique fait du bien, tout comme certaines réflexions faisant assez justement écho à l'actualité (sur les migrants, notamment) ou encore une réflexion plutôt subtile sur l'imaginaire et la réalité, sans trop tomber dans la facilité de critiquer l'un au profit de l'autre. Mais j'avoue avoir trouvé le temps parfois long, le scénario donnant parfois l'impression de ne pas trop savoir où il va ou veut aller, plusieurs scènes tombant à l'eau ou ne provoquant rien de très stimulant. J'en avais même presque un peu marre sur la fin, même si une phrase, un moment viennent de temps à autre légèrement nous remobiliser, la curieuse histoire d'amour entre Driver et la charmante Joana Ribeiro donnant une tournure quasiment tragique asses inattendue. Clairement, cette version finale n'est pas le chef-d'œuvre dont on pouvait rêver lorsque le film a été mis en chantier pour la première fois. Mais il existe, ressemble à son auteur, avec ses qualités et ses défauts (surtout ces dernières années), explore des pistes intéressantes : même un peu bancal voire frustrant, « L'Homme qui tua Don Quichotte » mériterait sans doute un second visionnage d'ici quelques années, afin de voir avec le recul nécessaire sa véritable place dans la filmographie de Terry Gilliam : en tout cas, une abnégation qui ne peut que forcer le respect.
Il est enfin là, sur l'écran, le fameux film maudit de Terry Gilliam et qu'importe s'il laisse plus que dubitatif, l'important est ailleurs dans les multiples péripéties de la vie d'une oeuvre sans cesse menacée de ne jamais pouvoir aboutir. L'homme qui tua Don Quichotte est un film foisonnant et épicé qui prend le prétexte du roman de Cervantes pour élargir son propos aux affres de la création. Il y a du spectacle avec ce Don qui ergote. Et du sang chaud et des idées folles. Des fulgurances qui émerveillent parfois mais aucune continuité dans une narration bancale où Gilliam convoque aussi bien l'Espagne du grand siècle que les exactions d'un oligarque russe caricatural et que le portrait d'un génie de la mise en scène dépassé par les événements et en plein doute créatif. L'homme qui tua Don Quichotte a des allures de fête foraine où l'on passe d'une attraction à une autre, au gré de digressions plus ou moins oniriques, fantaisistes ou sentimentales. Le plus ennuyeux est qu'on ne trouve pas beaucoup de poésie dans ce fatras débridé et hélas encore moins d'humour. Jonathan Pryce et Adam Driver livrent des performances très physiques mais leur jeu est limité par l'emphase et les boursouflures du récit. On souhaite à Terry Gilliam de tourner bien d'autres films, malgré l'âge qui avance, mais ce film ressemble à une sorte de testament, bourré d'énergie et de vitalité, sans doute, mais tellement éparpillés dans le vent que les moulins de son imagination semblent tourner à une allure effrénée sans moudre quoi que ce soit de substantiel.
Du grand, très grand , cinema suréaliste. Tout y est , la folie, la démesure, l'intrigue, les acteurs au fond de leur rôle... C'est tellement évident que c'est un chef d'oeuvre que je ne trouve pas l'envie de donner des arguments... Allez y !!!
Enfin ! Plus de 25 ans après avoir eu l’idée de cette adaptation, Terry Gilliam concrétise son rêve fou de mettre à l’écran les aventures du fameux Don Quichotte. Et c’est donc peu dire que ce film, présenté au dernier festival de Cannes, était attendu par les cinéphiles. L’affiche, sublime, et l’excellente bande-annonce étaient des signaux très positifs pour le long-métrage. Et les premières séquences ne déçoivent pas car le film de Terry Gilliam démarre fort, dans une sorte de faux tournage publicitaire navrant et voué à l’échec, qui n’est pas sans faire un parallèle avec les mésaventures connues par le réalisateur anglais. Adam Driver est d’emblée parfaitement raccord avec le personnage un peu bohème qu’il interprète. Et que dire de Jonathan Pryce ? Une prestation vraiment exceptionnelle, délicieuse, dans le rôle ardu de Don Quichotte dévolu à l’origine à notre regretté Jean Rochefort. La première heure du film est vraiment passionnante, avec un scénario aux détours inattendus et souvent assez drôle. Cela fourmille de beaux décors, de personnages originaux et d’aventures plus ou moins loufoques. Alors certes, au bout d’un moment cela devient un peu foutraque au risque de nous faire perdre le fil. Mais cette folie douce est dans l’ADN de son réalisateur, et on peut donc facilement pardonner quelques errements scénaristiques. Ceci d’autant plus facilement que la conclusion de son film est brillante.
Après 25 années de galère marquées par un tournage catastrophique, des problèmes de production, des déboires judiciaires, des changements d'acteur et récemment un AVC, Terry Gilliam nous présente enfin le projet de sa vie pour mon plus grand bonheur. J'avais vraiment peur que le film soit moyen mais j'ai finalement pris un pied incroyable devant "L'homme qui tua Don Quichotte". Gilliam n'a rien perdu de son humour Monty Pythonesque qu'il dose parfaitement à travers des séquences totalement absurdes qui ont déclenché chez moi plus d'un fou rire. Il se dégage de ce long-métrage une énergie particulière qui le rend particulièrement jouissif et attachant. Gilliam s'en donne à cœur joie derrière la caméra en prenant un malin plaisir à maintenir le spectateur dans une zone de flou entre le réel et l'imaginaire. Le cinéaste américain assume pleinement le côté baroque et surréaliste de l'oeuvre en imprimant de manière indélébile sa patte sur l'ouvrage culte de Cervantès. Jonathan Pryce se montre à la hauteur dans le rôle titre, bien que l'ombre du regretté Jean Rochefort plane sur sa performance, mais c'est surtout le fabuleux Adam Driver que l'on retient tant sa prestation illumine le long-métrage. Le film n'est certes pas exempt de défauts, je trouve qu'il souffre de quelques longueurs et a tendance à être un peu trop fouillis, mais ces derniers comptent peu à côté de l'immense plaisir que m'a procuré le visionnage de ce film.
Terry Gilliam est un cinéaste fascinant. Comme dans beaucoup de ses œuvres, il prend un malin plaisir à faire gesticuler ses acteurs et à les mettre dans des situations incongrues. Cette adaptation de Don Quichotte est clairement un film personnel, empreint d'amour et de poésie. Le réalisateur halluciné livre ici une œuvre comme il est le seul à savoir le faire (et c'est pour cela qu'on l'aime). L'on sort de la séance empreints de nostalgie. C'est un rêve de gosse porté à l'écran, avec ses maladresses, mais terriblement touchant.
Il est des histoires qui racontent une plongée dans l'imaginaire de façon structurée, organisée. C'est à dire que l'on peut y interpréter assez précisément en tant que spectateur, où se situe le monde "réel" et le monde "onirique". Citons par exemple "Inception", "Matrix", "Hook", "Ready player one", ou encore "Big Fish" (que des bons films soit dit en passant). Aussi différents soient ces titres, chacun dépeint des univers où peut être définie une frontière en la réalité et le rêve (même si elle est parfois trouble).
Dans "L'homme qui tua Don Quichotte", à mesure que l'intrigue se déroule, on tombe dans l'onirisme et on ne sait plus du tout, au bout d'un moment, où se trouve la frontière entre la réalité du monde du personnage de Toby, et la folie de l'imaginaire du personnage de Don Quichotte. Cette perte de repère peut d'abord être déroutante, mais elle devient jubilatoire si l'on accepte de se laisser porter par la drôlerie des dialogues, la singularité des personnages, et l'inventivité de la mise en scène de Terry Gilliam
L'être humain a besoin de son imagination pour survivre, semble nous raconter le réalisateur. spoiler: Ainsi, le personnage de Jonathan Pryce meurt au moment où il ne se prend plus pour Don Quichotte.
Et la folie serait la sagesse. De fait, ce long-métrage est aussi une ode réussie à la création artistique; celle qui cultive les rêves et l'imaginaire.
Quelques mots enfin pour saluer l'impeccable casting et la beauté de la musique de Roque Baños.
Ma critique : L'impression est mitigée. Le scénario est absolument génial car, sous couvert d'un réalisateur cherchant à faire un film sur les aventures de Don Quichotte, c'est lui, Sancho Panza de circonstances, qui perd peu à peu le sens de la réalité et se transforme en Don Quichotte. Le problème du film tient à sa réalisation car, pour que le spectateur puisse traverser cette mise-en-abîme plus fine qu'une corde de funambule, Terry Gilliam tient son histoire par des fils trop visibles : heureux hasards, cris et mauvaises chutes donnent l'impression d'une farce jouée par des personnages à gros sabots. C'est dommage car cela reste un très bel hommage à l'oeuvre de Cervantes.
Enfin ! Nous avons enfin ce film ! A force de l’attendre, certains seront peut-être déçus, mais ce film est bon. C’est du Gilliam à tous les niveaux ! Comme Monty Python and the Holy Grail, Jabberwocky, Time Bandits, The Adventures of Baron Munchausen et The Fisher King, cette œuvre adapte les thèmes et techniques narratives des histoires d’aventure, de chevalerie et de fantaisie. L’ensemble de ces films sont des réadaptations de récits anciens et Gilliam nous prouve à chaque fois qu’ils sont intemporels (il réussit à préserver l’essence symbolique de ces récits, tout en les adaptant au monde moderne). The Man who KIlled Don Quixotte illustre parfaitement le renouvellement constant qui permet à ces histoires de persister à travers le temps ; en effet, ce film nous montre un réalisateur qui essaie d’adapter l’œuvre de Cervantes et se retrouve lui-même dans l’histoire qu’il essaie de filmer (c’est donc aussi une étude sur la création artistique). Une analyse plus approfondie pourrait évidemment être faite, notamment avec l’aide de Campbell, Jung et la source originale. L’humour et la folie de Gillam sont également présents, n’empêchant pas le film d’être dramatique quand il le faut.