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Galactus
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2,5
Publiée le 8 juin 2018
Au départ c'est vraiment prenant et intéressant, et très drôle mais au bout d'un moment ça part vers du rocambolesque un peu trop dingue et pas forcément compréhensible. Donc un peu déçu, mais n'empêche il laisse une trace bien après l'avoir vu. Un signe qu'il faut le revoir pour mieux apprécier ?
Même si je suis depuis toujours un grand fan du travail de Terry Gilliam bizarrement je suis plus allé voir son dernier film par soutien que par réelle envie peut-être à cause de toute cette difficulté depuis de nombreuses années à monter ce film sur le roman de Cervantes toutefois L'homme qui tua Don Quichotte m'a plu. Cependant le film de Gilliam a des défauts qui l'empêchent d'être la grande œuvre qu'aurait sans doute souhaité son auteur malgré tout dès les premières minutes je suis rapidement rentré dedans, le style change de ce que l'on voit habituellement au cinéma et sans être le film le plus fou du cinéaste c'est tout de même suffisamment différent pour trouver son compte si vous aimez le cinéma quelque peu décalé. Le scénario est parfois touffu par contre c'est vif dans son rythme, les situations s'enchaînent sans baisse de régime et la part de rêve est bien présente, niveau casting Adam Driver s'en sort très bien en réalisateur issu de la pub doutant soudain de lui quant à Jonathan Pryce si ce n'est pas un acteur ayant une présence à l'écran très marquante (je crois que Rochefort aurait été un Don Quichotte plus pittoresque ou John Hurt plus sombre et tourmenté dans le rôle ; ce sont 2 acteurs qui étaient tour à tour engagé par Gilliam dans les précédentes montures) il s'en sort très bien dans la peau d'un personnage devenu mythique (même si on n'a jamais lu le roman) et il est remarquable dans la dernière partie. D'ailleurs dans le final Gilliam retrouve sa maestria et nous emporte dans son délire avec grand plaisir.
Le Don Quichotte de Terry Gilliam est loin d'être un film parfait ou d'une grande originalité sur le plan esthétique, mais c'est justement sa retenue visuelle qui le sauve et rend faisable ce scénario que l'on croyait impossible et maudit. Un peu comme le "Poesia sin Fin" de Jodorowsky (autre grand nom des projets impossibles) l'année dernière, on assiste à un vocabulaire filmique très simple qui alterne des plans d'ensemble et des plans rapprochés d'une façon presque académique. En fait tout le génie est dans le montage. Très vite, l'intersection entre les souvenirs, les hallucinations, les rêves et la réalité rend le déroulement aussi confus qu'envoûtant et nous entraîne dans un récit informe, monstrueux, mais pourtant coulant organiquement comme une vague d'un plan à un autre grâce à des raccords d'une grande fluidité. Et c'est toujours sa simplicité qui le rend vraisemblable, qui nous embarque. L'incohérence apparente avec laquelle se suivent les événements devient lisse, plausible, et nous embarque dans une errance qui rend vraiment justice à la nature originelle du picaresque. Comparé au reste de la filmographie de Gilliam il faut souligner l'économie dont il fait preuve en terme d'effets visuels. Tout le malaise, le farcesque, l'inquiétante étrangeté repose ailleurs que sur les mouvements de caméra: dès le départ le personnage principal joué par Adam Driver est lâche, avide, stupide, profondément antipathique. Il y a un cynisme extrêmement sombre qui se diffuse dans ce film: producteurs corrompus, milliardaires graveleux, réalisateur lâche et vieil homme devenu fou par sa faute, immigrés généreux pourchassés par la police, jeune demoiselle humiliée et livrée à la prostitution. Et c'est par cette amertume, grâce à elle que tout l'idéalisme de l'histoire de Cervantés prend lieu, éclot et flamboie à merveille. C'est parce que le Don Quichotte n'est qu'un fou qui se prend pour Don Quichotte exploité par une petite vieille pour un carnaval miteux que l'aventure prend sens. Ce film est une ode à l'idéalisme dans un monde dévasté, corrompu par l'argent, où plus personne n'a le courage et la folie qu'il faut pour être quelqu'un de bien. Mais plein d'espoir Gilliam patiente vingt ans remonte la pente comme il peut pour dresser un pont vers l'imaginaire et nous inviter, en réalisant un projet impossible, à quitter la lâcheté, et à devenir aussi fou que son Quichotte, aussi fou que lui pour continuer à faire vivre un peu d'humanité dans ce monde de vautours.
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3,5
Publiée le 26 juillet 2019
"The Man Who Killed Don Quixote" n'a failli jamais voir le jour. Terry Gilliam a porté ce projet pendant de nombreuses années et a tout fait pour qu'il voie enfin le jour. Une sorte de délivrance que l'on ressent dès le début du visionnage avec le message suivant : "Et maintenant, après 25 ans de besogne et de foire d'empoigne." Il faut dire que durant toutes ces années, les galères se sont succédé entre les problèmes de tournage ou les faux-bonds des acteurs. Le réalisateur américain nous propose en quelque sorte un film d'aventure sur un réalisateur qui est embarqué dans une aventure folle durant laquelle il ne parvient plus à dissocier ce qui est vrai et ce qui ne l'est pas. Une histoire un peu autocentrée avec de nombreuses références et surtout ce questionnement sur la responsabilité d'un créateur face à sa création. Toby est confronté à cela pendant tout son film avec les acteurs de son premier film qui ont vu leur vie complètement basculer après la fin du tournage. C'est le cas de l'acteur qui jouait Don Quichotte et qui est encore dans son monde ou de Angelica à qui Toby avait promis la gloire. Le réalisateur est donc confronté à ce qu'il a créé. On peut voir "The Man Who..." comme un film sur l'histoire d'un film, ce qui en fait un film très riche qui raconte énormément de choses. C'est parfois brouillon et peut-être un peu long, mais je suis resté accroché devant cette aventure bien particulière. C'est divertissant, amusant, mais aussi touchant. Le duo formé par Adam Driver et Jonathan Pryce finit par être vraiment attachant. Les acteurs sont très bons et les personnages bien développés. C'est étrange et parfois perturbant, mais si on accroche, on ne peut que passer un bon moment et ce fut le cas pour moi. En tout cas, l'exercice de style est réussi, car c'est un film très original. Du Terry Gilliam quoi !
En projet depuis 1990, après un alléchant début de tournage au début des années 2000, et après plusieurs autres versions avortées, Terry Gilliam réalise enfin son rêve et sort son film maudit. Le très intéressant casting d’origine (Jean Rochefort, à qui le film est dédié -avec Johnt Hurt, autre pressenti pour le rôle-, Johnny Depp, Vanessa Paradis) est remplacé aujourd'hui par le trio Jonathan Pryce, Adam Driver et Joana Ribeiro. S’ils sont très biens, on regrette malgré tout que le film avec les trois premiers nommés n’ai pas vu le jour. A leur côté, une belle distribution internationale, de l’ukrainienne Olga Kurylenko au suédois Stellan Skarsgard, en passant par les toujours impeccables acteurs espagnols Rossy De Palma, Sergi Lopez et Jordi Molla. On passe un bon moment ici. Sans plus. On a connu Gilliam plus inspiré dans sa mise en scène, et dans sa «folie», déjà peu convaincu par Docteur Parnassius et Zero Theorem. Un peu long au début, l'histoire devient un plus prenante en avançant mais rien de bien excitant non plus. Tout de même quelques jolis moments, quelques scènes hautes en couleur, une image pas toujours très belle mais une belle énergie se dégage par moment de l’ensemble qui reste malgré tout un peu foutraque et donc inégal. Présenté hors compétition et en clôture du récent festival de Cannes, L’homme qui tua Don Quichotte restera surtout dans les mémoires pour la ténacité dont a fait preuve son réalisateur pour mener son entreprise à bien. Même si le résultat n’est pas à la hauteur de la (très) longue attente, rien que pour cela, il mérite tout notre respect.
Pendant des années, le "Don Quixote" de Terry Gilliam fut sans doute le projet inachevé et maudit le plus célèbre de l'histoire du cinéma, tant le réalisateur subit galères sur galères l'empêchant de boucler son œuvre. Après de multiples tentatives, l'une d'entre elle aboutit enfin, et ce malgré de nouveaux problèmes d'ordre légaux qui ont bloqué la sortie du film ! "The Man Who Killed Don Quixote" raconte ainsi l'histoire d'un jeune réalisateur arrogant, qui tourne un clip publicitaire en Espagne. En se promenant dans un village à proximité il fera la rencontre d'un vieil acteur avec qui il a travaillé dix ans plus tôt, et qui se prend pour Don Quichotte... Soyons francs, ce film ne révolutionnera ni la filmographie de Gilliam (dont il réintègre ici plusieurs éléments), ni le cinéma. Mais il demeure très appréciable, surtout par les temps qui courent, où le cinéma est de plus en plus formaté et consensuel. On y apprécie des personnages barrés (Adam Driver et Jonathan Pryce forment un tandem absurde et attachant), une réalisation baroque de bel effet assez poétique, un humour noir, et un fond engagé. Le scénario critique en effet le monde cynique du cinéma et de la publicité, où l'argent prime sur la vraie créativité, mais rappelle également l'ironie de la situation des migrants, l'Espagne ayant été en partie maure par le passé... Pas mal de bonnes idées donc, pour un film qui a parfois tendance à faire du surplace ou à s'éparpiller, mais qui demeure intéressant, et pas seulement en tant que symbole de réussite.
Les spectateurs de L'homme qui tua Don Quichotte peuvent se classer en deux catégories : les grincheux atrabilaires et les rêveurs indulgents.
Je fais clairement partie du deuxième groupe, tant le film m'a paru facétieux (bien qu'inégal), stimulant intellectuellement et, par moment, impressionnant visuellement.
Donc, pour résumer, ce n'est pas aussi brillant que La vie de Brian, pas aussi spectaculaire que L'imaginaire du docteur Parnassius, mais c'est diablement plaisant et rythmé.
Le film propose une réflexion sur le vrai et l'imaginaire, le rêve et la réalité, et nous entraîne dans l'imagination débridée de son auteur. Il a cela d'intéressant qu'on pourra à la fois lui reprocher sa spontanéité et sa complexité, ses approximations (entre autre narratives) et son apparente simplicité, son esthétique glacée et ses facilités comiques.
Mais au final, son aspect décidé et inabouti rend L'homme qui tua Don Quichotte profondément attachant.
On connait le goût de Terry Gilliam pour le cinéma décalé avec ses univers si particulier. "L'homme qui tua Don Quichotte" ne fait pas exception. Long à voir le jour, ce film sur la folie présente le mérite d'être atypique en plus d'être bien mis en scène et interprété.
Pourtant, je n'ai pas adhéré au délire du cinéaste. Tout au long du long métrage, j'ai eu l'impression d'une intrigue mal maitrisée, allant partout et nulle part à la fois. Cela en devient vite brouillon. A cela s'ajoute un problème de rythme et de longueurs.
Je ne sais pas si Gilliam avait à la base cette idée de placer une histoire dans une autre, car au début on croirait qu’il parle de son script d’antan et qu’il en fait autre chose, en tout cas je trouve ça pas mal, d’apporter le lyrisme et l’épopée chevaleresque au réel, d’être hors du temps et s’amuser des situations rocambolesques, bref j’ai beaucoup aimé la première partie. Après je trouve que le film s’épuise petit à petit pour ne plus surprendre, d’ailleurs Gilliam m’a semblé moins inspiré dans sa mise en scène, difficile de reconnaitre sa patte, sans doute ce qui m’a le plus déçu par rapport à l’ambition du projet et ses attentes pesantes, mais je ne suis pas non plus totalement surpris, après tout le train ne passe que rarement deux fois.
Que dire après 2h20 d’une aventure foisonnante comme celle de « L’Homme qui tua Don Quichotte » ? Terry Gilliam a mis toute la folie visuelle dont il est capable dans son film et ce n’est rien de le dire. Le spectateur navigue en permanence entre le rêve et la réalité, entre l’illusion et le réel, entre le passé et le présent. Les flash back, nombreux au début du film, viennent rappeler le réalisateur que Toby était avant : passionné, inventif et résonne fortement avec ce qu’il est devenu. Cette oscillation permanente entre l’illusion et le réel ne sont pas de tout repos pour le spectateur qui doit accepter de se laisser porter par les effets de réalisations, les scènes oniriques, les décors improbables, les effets spéciaux sortis de nulle part. Tout cela concoure à l’impression de folie qui contamine lentement le film, au même rythme qu’il contamine lentement mais surement le personnage de Toby. Le film est relativement long et je dois avouer que les 20 dernières minutes tirent douloureusement en longueur. Il faut dire que tant de débauche visuelle finit par fatiguer un tout petit peu le spectateur. Néanmoins, je souligne que les décors, les costumes, la musique, tout est beau, soigné, magnifiquement mis en lumière et photographié. L’action est censé se déroulé dans la Mancha, région du centre sud de l’Espagne à la fois écrasée de soleil, désertique et relativement pauvre, et parsemée d’éoliennes, les nouveaux moulins à vents ! L’Espagne dans tout ce qu’elle a de typique est mise en scène : la semaine Sainte et ses extravagances, ses villages rocailleux perchés, les châteaux médiévaux en ruine, les anciens palais maures reconvertis en églises, « L’Homme qui tua Don Quichotte » est aussi un hommage à l’Espagne, preuve que Terry Gilliam n’est pas rancunier ! Il se permet même de s’auto référencer en évoquant les inondations qui ont eu la peau du premier tournage. Le côté « film dans le film » n’est pas inintéressante, c’est une petite mise en abîme qui en dit long, j’imagine, sur la vision que Terry Gilliam a de son travail. Fort de quelques seconds rôles hauts en couleurs, le film s’articule autour du duo Jonathan Pryce (formidable) et Adam Driver, qui trouve ici un rôle nettement plus riche et puissant que sa composition dans les deux derniers Star Wars. On se plait malgré tout à imaginer ce que Jean Rochefort et Johnny Depp aurait pu apporter à ce duo magique. Le scénario du film, quasi impossible à résumer, fait la part belle à la folie et à l’humanisme. C’est en acceptant la folie chevaleresque de Don Quichotte que Toby retrouve l’essentiel, l’amour, l’altruisme, l’humilité. Il y a un message assez fort dans son propos : c’est la folie qui permet au monde de rester debout, la normalité n’est que déception. C’était déjà peu ou prou le message de son précédent film « Zero Theorem », en plus lisible sans doute, en plus flamboyant surement, et en plus drôle aussi car l’humour de l’ex Monty-Python n’est jamais très loin. Parsemé d’incohérences, le scénario doit se déguster comme une aventure de Don Quichotte, tout ce qu’on voit à l’écran est soit improbable, soit une illusion, soit une exagération. Si l’on prend le film comme un conte moderne et un peu rock’n’roll, le film fonctionne, si on reste hermétique à cette folie douce, on doit trouver le temps sacrément long ! En résumé « L’Homme qui tua Don Quichotte » n’est assurément pas fait pour tout le monde mais si on se laisse emporter par les aventures de ce chevalier exalté, on peut y trouver une certaine profondeur et même, une vraie humanité.
30 ans qu'il en rèvait de le porter à l'écran, le cinéaste Terry Gilliam mène son savoir faire qu'il a depuis toujours a nous faire perdre dans les aventures compliquées a suivre de Don Quichotte et le réalisateur Toby !! Si je devais faire mon ronchon, je dirais que la première demi heure m"a fait un peu peur avec le tournage d'un metteur en scène qui vire un peu au fiasco, c'était peut ètre l'expérience qu'a vécu Terry Gilliam sur le film qu'il devait faire à l'époque avec Johnny Depp et Jean Rochefort mais la suite qui commence par la rencontre evec Javier l'acteur incarnant Don Quichotte se croire en son personnage qui attaque un moulin à vent qu'il prend pour un homme géant, on est pris ds un délire entre l'imaginaire avec le vieux chevalier qui fera aventure avec Toby qu'il prend pour son complice Senso et le réel ou ce dernier avec ses collègues de travail dans l'histoire qu'on ne sait ou on est, c'est du pur Terry Gilliam auquel on se perd mais on adore ça. La mise en scène est filmé avec une virtuosité ébouriffante. Le scénario qui nous joue des tours est superbement écrit. Quant aux acteurs, il y a Adam Driver qui est impeccable aux cotés du génial Jonathan Pryce, de la belle Olga Kurylenko et du reste du casting excellent. Du bon cinéma intéressant.
Enfin, après des années de houle, d’une production sulfureuse et chaotique, le Don Quichotte tant rêvé de Terry Gilliam voit enfin le jour en salles. Maître de son cinéma, fantasque comme rêveur, le cinéaste a depuis des années laissé le spectateur un peu sur sa fin, en dénote ses derniers films Zero Theorem, Tideland, L’imaginarium du Docteur Parnassius (endeuillé de Heath Ledger)… Et dans cette enclave cinématographique L’Homme qui tua Don Quichotte prend des airs de petit plaisir affectif. En effet, difficile de reprocher à Gilliam sa sincérité, et au final son film a les défauts de ses qualités. Proposition de ce que peut-être le rêve et la création, lecture généreuse, libre mais ampoulée du travail de réalisateur, le film est « tout et trop » à la fois. Il en ressort cependant un charme fou, au montage étrange, boiteux, mais terriblement magnétique dans son ensemble quand Gilliam revêt son habit de metteur en scène pour filmer comme personne ses idées chaotiques, mettre en image le bordel incessant de son cerveau. Un condenser dans tous les sens, trop généreux et qui déborde constamment de l’ensemble de son cinéma sur le plan formel et une proposition maladroite et décousue dans le fond de ce que pourrait être la vie d’un cinéaste et son rôle dans le 7ème art. Peu évident mais terriblement attachant dans le fait que ce film ait enfin pu voir le jour, au dépend de toutes cohérences, du Gilliam pur jus, les années ayant un peu altérées sa condition de réalisateur. On aime ou on déteste. requiemovies.over-blog.com
J'ai vu un film... qui a démarré il y a des décennies (25 ans) et qui a été victime d'un nombre incalculable de "malédictions" avant de trouver une conclusion heureuse... Le film est à l'image de l'imaginaire de Terry Gilliam, complètement baroque et foutraque... On est soi-même, un peu perdu en tant que spectateur, et on se laisse prendre par la folie des personnages et des situations. Le casting est prestigieux, Mené par un Adam Driver et un Jonathan Pryce de très haut niveau. Le film est touchant, emporté, fougueux et absolument empreint d'amour pour le cinéma, le personnage de Don Quichotte et des comédiens. Les scènes s'enchevêtrent pour notre plus grand plaisir... et on savoure les époques qui se mêlent et s'emmêlent.. J'ai beaucoup aimé les intentions de ce réalisateur hors-norme... Rentrer dans son univers est un honneur...
J'AI A-DO-RÉ ! Et j'ai tout compris. Comme Mathieu Amalric et son "Barbara", le truc du film dans le film est dépassé par le réalisateur qui filme dans le film et qui filme ses obsessions et ses doutes. Et réciproquement. Le métacinéma est un genre peu utilisé pour exprimer au plus profond les fantasmes d'un réalisateur. Et là, Terry Gilliam se surpasse. Il évoque aussi toutes les difficultés à réaliser et à produire son Don Quichotte. A ce moment, la réalité rejoint le cinéma. Et là, j'ai le vertige ! Et Gilliam invoque le droit absolu de créer et d'exprimer ce qu'il veut. L'imagination doit être au pouvoir. Exactement comme dans les films d'animation de Bill Plympton. Toute l’œuvre de Terry Gilliam irrigue son dernier film : L'homme qui tua Don Quichotte me fait particulièrement penser à Tideland (2005), où le cauchemar se marie à l'imagination permanente d'une gamine, qui ne voit pas la réalité sordide autour d'elle et transforme tout en merveilleux grâce à son imagination. Après, on peut débattre du thème, de l'histoire, des réactions cannoises, des avis des uns et des autres. Un plaisir immense, à mille lieux de l'armée des douze singes.
Terry Gilliam est enfin parvenu a réaliser son vieux projet. Qui laisse perplexe. Il y a bout de temps que ses films sont devenus des délires oniriques sans queue ni tête. Son "Don Quichotte" est tout aussi délirant que franchement ennuyeux. Où veut-il en venir ? son intrigue n'a aucun sens, ses personnages ne sont que marionnettes agitées dans un univers poétique, fantasmé, cruel, tout ce que Gilliam veut. Deux heures d'interrogations, de lassitude. Ce n'est pas aussi pénible à regarder que "Zero theorem" qui allait loin dans le n'importe quoi, mais malheureusement Gilliam s'est radicalisé dans ses délires abscons qui laissent à la porte bon nombre de spectateurs, dont moi. Comme s'il refusait de raconter quelque chose, préférant partir dans tous les sens sans aucunes limites. Très bien, c'est un beau geste de revendication à la "je fais ce que je veux" qui ressemble beaucoup à un caprice arty.