Suspiria
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Adelme D.Otrante
Adelme D.Otrante

228 abonnés 1 484 critiques Suivre son activité

3,5
Publiée le 16 mai 2021
Luca Guadagnino adapte l'œuvre maîtresse de Dario Argento en la détournant de son but initial pour l'amener sur des territoires inconnus presque "pasoliniens", et l'on ne peut que saluer cette volonté de transcender l'originale pour ne pas offrir un simple remake mais bien un véritable remix. Dans le Berlin de la période de la Bande à Baader idéalement reconstitué, entre pluie, fumée et onirisme nous naviguons dans une école de danse, prétexte à une sororité malfaisante où les corps souffrent autant que les esprits, où certaines femmes naissent et d'autres meurent. Bien qu'un peu trop long et n'évitant pas l'emphase et le maniérisme ce film est suffisamment possédé et troublant pour nous amener sans peine jusqu'à à la superbe scène de Sabbat final. Et la musique et la voix fantômatique de Thom Yorke qui compose la BO ajoutent son lot de maléfices.
labadens
labadens

27 abonnés 253 critiques Suivre son activité

1,5
Publiée le 11 février 2021
Dans la famille des entreprises périlleuses, le remake du cultissime Suspiria de Dario Argento peut faire office de mètre-étalon. Pierre angulaire du cinéma d’horreur italien, jouissant d’une réputation loin d’être usurpée, le film du Maestro n’avait pas trop de raison d’être refait, marquant encore aujourd’hui, plus de 40 ans après sa sortie, les spectateurs au fer rouge avec ses allures de cauchemar éveillé.
C’est sans compter sur le péché d’orgueil d’un autre réalisateur transalpin, Luca Guadagnino, tout juste auréolé d’un succès international avec Call Me By Your Name. Celui qui nous avait conté la romance entre deux éphèbes passant leur temps au bord de la piscine dans leur petit milieu bourgeois se voit avec entre les mains une histoire d’école de danse où l’on s’adonne au culte d’une terrifiante sorcière. Difficile de s’imaginer donc Luca Guadagnino, exemple typique du réalisateur de l’intelligentsia mondaine, aux manettes d’un film d’horreur.

En fin de compte, il est impossible de comparer cette mouture 2018 de Suspiria avec le film originel. Guadagnino ayant l’intelligence de ne pas bêtement recopier le film d’Argento , ne gardant finalement que les grosses lignes du scénario, à savoir le personnage de Susie, l’école de danse et la Mater Suspiriorum.
Le film interroge alors immédiatement la question du remake, genre à part entière qui a aujourd’hui colonisé Hollywood.
En optant pour cette approche diamétralement opposée, Guadagnino donne presque l’impression de créer une œuvre originale. Si le film offre donc une vision complètement différente, il fait poindre également une sorte d’arrogance de la part de son créateur. Le réalisateur, qui s’affirme fan du film de Dario Argento, témoigne d’une certaine prétention en voulant refaire un film qu’il adore à sa sauce. On dit alors au revoir au technicolor chatoyant de la version de Dario Argento pour plonger dans des couleurs ternes et grisâtres puisant plus dans le cinéma britannique ou allemand des années 70.

L’action est d’ailleurs déplacée de Fribourg à Berlin afin de profiter du contexte politique particulier de la capitale allemande alors à l’époque encore divisée en 2 par le mur et en proie aux attentats de la fameuse bande à Baader. C’est donc dans ce climat politique instable que la jeune américaine Susie Bannion rejoint l’académie de danse Helena Markos, où un affrontement interne a lui-même lieu entre deux factions sur la direction de l’école. Un maigre rapprochement avec la situation géopolitique de la ville de Berlin, mais qui suffira à David Kajganich pour pondre son script et permettre à Guadagnino de se justifier de s’attarder aussi longtemps sur ce point.

Il faut préciser que cette version de Suspiria a la particularité de durer près de 1h de plus que son aînée. Alors qu’Argento nous assénait un simili-climax dès les premières minutes de son film, Guadagnino prend le contre-pied total, préférant prendre son temps et diffuser une horreur latente, voire même quasi-invisible pendant la totalité du long-métrage et qui surviendra par petites bribes, notamment au cours de séquences de danse. Contrairement à Argento qui utilisait l’école de danse comme un simple contexte, Guadagnino y voit un potentiel afin d’y explorer une certaine horreur corporelle renvoyant au body horror. La séquence la plus réussie du film est d’ailleurs un parallèle entre une chorégraphie endiablée délivrée par Susie Bannion/Dakota Johnson et le châtiment réservé à une écolière dissidente voyant ses membres se contorsionner à la limite de l’humain dans des hurlements de douleur ; cette séquence a le mérite d’impressionner surtout qu’on commençait un peu à s’ennuyer poliment.

Tous ces éléments, le développement du contexte, le rythme très lent, l’utilisation de l’horreur soulèvent ce qui est certainement le plus gros point noir du film et qui le rend presque détestable. Avec ce film, Luca Guadagnino s’inscrit à la perfection dans la vague du cinéma d’auteur s’essayant au genre avec une certaine suffisance. La prétention les accompagnant témoigne alors d’un certain mépris pour ce pan du 7ème art en voulant y insuffler ce qui est un côté bourgeois contraire à ce que le cinéma bis était à ses origines, à savoir un cinéma populaire maltraité par la critique qui n’y voyait souvent que des films d’exploitation racoleurs visant à appâter le chaland.

Avec cette vague de cinéastes adoubés par les grands festivals prônant l’élite cinématographique, le cinéma de genre prend des airs pédants, bavards et développe un intellect hautain (alors que des œuvres bis ont délivré des messages politiques bien plus forts que certains drames d’auteurs).
Ce Suspiria en est un exemple frappant !
Alors qu’Argento axait son film sur les sensations au détriment de l’histoire, opposant une histoire simpliste à un travail colossal sur l’ambiance au travers de sa palette chromatique et de son atmosphère sonore, Guadagnino délivre une trame qui s’avère aussi balourde que vaine. En résulte alors un salmigondis boursouflé, chassant plusieurs lièvres à la fois de façon bien trop artificielle. On pense notamment à l’utilisation du seul perso masculin (par ailleurs incarné par Tilda Swinton dans ce qui semble être la plus grosse fausse bonne idée du film au contraire de sa performance magnétique de Mme Blanc).
La dimension fantastique de l’œuvre émane de façon insidieuse tout au long du film. Guadagnino préférant là aussi inclure son histoire de sorcière dans ce réalisme politique. Susie Bannion n’est d’ailleurs plus la Blanche-Neige innocente face à la méchante sorcière du film d’Argento, elle devient un moyen d’expression d’une féminité qui cherche à s’émanciper. À ce niveau, Dakota Johnson fait un travail plutôt convaincant, notamment dans ces séquences de danse.
Cette approche de l’horreur démontre encore une fois un côté arty de la part de Guadagnino illustré à merveille par cette performance de danse digne de l’art contemporain le plus abscons. . S’il est plutôt avare en effets horrifiques pendant près de 2h, Guadagnino se rattrape cependant dans un final repoussant les limites du grotesque et cherchant par tous les moyens à choquer, au travers de maquillages peu ragoutants et plutôt approximatifs : complètement risible !
Pour quelqu’un qui voulait reproduire les sensations que lui avait procurées le film original, le transalpin se trompe sur toute la ligne. Difficile de voir la puissance évocatrice de l’œuvre d’Argento, tout semblant de sensation étant noyé sous des couches superflues de délires artistiques inefficaces et ce n’est pas cette surenchère grand-guignolesque finale qui va arranger les choses.

Lors du climax, Helena Markos crie : « Ce n’est pas de la vanité, c’est de l’art ». C’est un peu ce que Guadagnino nous hurle à la figure pendant près de 2h30, montrant un auteur sûr de ces effets pompiers et ne se remettant à aucun moment en question, maltraitant les codes du genre dans l’unique but de déranger une certaine caste élitiste. Une œuvre tellement maniérée qu’on n’arrive plus à en distinguer la moindre once d’honnêteté, et ce n’est pas les arrangements pompeux de Thom Yorke pour la partition qui vont changer quelque chose. À défaut de nous faire frissonner, Guadagnino aura pris le titre au pied de la lettre et nous aura tiré de nombreux soupirs.
Ghighi19
Ghighi19

98 abonnés 2 064 critiques Suivre son activité

3,5
Publiée le 29 avril 2019
Alors je peux comprendre qu' on reste hermétique à ce film et j avoue avoir eu très peur en le visionnant .
C est pour moi une autre vision du scénario original de Dario Argento et il est donc inutile de les comparer . La mise en scène est assez forte pour sublimer l angoisse que nous ressentons . Après l idée d avoir inclus plusieurs sous histoires n était pas obligatoire et apporte peu de choses . Je reste pas très convaincu par le final trop grand guignol pour moi . Après ça reste une oeuvre intéressante.
OMTR
OMTR

36 abonnés 288 critiques Suivre son activité

3,5
Publiée le 29 décembre 2022
L'avenir sera un cauchemar si nous ne pouvons pas assumer la responsabilité du passé

Conçue comme un hommage à l'original plutôt qu'un remake en soi, cette version 2018 de "Suspiria" est riche de thèmes tels que la maternité, l'abus de pouvoir et la culpabilité nationale, ainsi que la sorcellerie.

Elle est portée par les performances remarquables de Chloë Grace Moretz dans le rôle de Patricia et de Tilda Swinton, qui démultiplie son talent en interprétant trois rôles, spoiler: ceux du Dr Klemperer, de Madame Blanc et d'Helena Markos (en tant que Lutz Ebersdorf)
.

Néanmoins, ce film d'horreur psychologique matriarcal gore manque de cohésion, car il est construit sur spoiler: une accumulation de plans et de sons qui ne se fondent jamais vraiment dans un montage cohérent
.

Le titre original était "Suspiria: Première partie", car il était censé être une introduction à "Suspiria: Deuxième partie". Mais sa sous-performance au box-office a brisé cette idée, qui aurait vu le développement de nombreux personnages clés, narrant leurs origines et leurs liens avec le passé, le présent et le futur.

3.3/5
Mysterfool
Mysterfool

15 abonnés 252 critiques Suivre son activité

2,0
Publiée le 16 mai 2020
Pas terrible le remake. Ou alors c'est l'ambiance glauque qui m'a rebuté. Ou alors je n'ai rien compris au concept ma chère.
Fabien Sorrant
Fabien Sorrant

82 abonnés 2 041 critiques Suivre son activité

4,0
Publiée le 11 novembre 2024
Luca Guadagnino rend hommage à Dario Argento à travers cette nouvelle version de Suspiria angoissante.
anonyme
Un visiteur
3,5
Publiée le 11 avril 2019
Long-métrage horrifique dès le début via son ambiance étrange !!
Les effets spéciaux ne sont pas extraordinaires mais restent convenables tout de même !
Actrices et acteurs restent favorablement appréciables dans leurs rôles respectifs !
Un film visuellement attractif mais pas mémorable pour autant !
𝓂𝒶𝓉 𓆈 𝒽𝒾𝓈
𝓂𝒶𝓉 𓆈 𝒽𝒾𝓈

170 abonnés 1 143 critiques Suivre son activité

1,5
Publiée le 13 avril 2019
Heuuuu...Que dire sur ce film....
Film très particulier, très glauque, parfois dégoûtant.
Je me demande comment le réalisateur (scénariste) trouve des idées pareils pour réaliser un tel film. Dakota Jonhson est assez impressionnante dans certains passages ! notament pour les chorégraphies.
Le scénario BIZARRE, le tout est bizarre enfaite ?! Dommage le début était plutôt intéressant, et je préfère pas vous donner mon point de vue sur le dénouement car sinon je risque de m'enevrer !!
À éviter.
KaizokuGari
KaizokuGari

7 abonnés 46 critiques Suivre son activité

0,5
Publiée le 12 novembre 2020
Le pire film que j'ai vu de toute ma vie, et je suis très sérieux, je n'exagère rien. J'ai été le voir en salle, et c'est la première fois que j'ai vu des gens quitter le cinéma avant la moitié du film. La première heure est absolument ignoble, vide, et vous donne vite envie d'aller dormir si vous comptiez le regarder le soir. Lorsque le film démarre enfin, on comprend vite qu'il ne s'agit pas d'un film d'horreur, mais d'un film gênant, oppressant, dégoûtant. J'aurais dû demander le remboursement de mon ticket, à fuir.
Mia Wallace
Mia Wallace

18 abonnés 507 critiques Suivre son activité

3,5
Publiée le 3 mars 2020
Un film efficace, bien que très différent du "Suspiria" original, les actrices jouent très bien, on y retrouve l'ambiance glauque et oppressante, la fin est bien intéressante. Les scènes sont prenantes voire choquantes, un bon remake !
L'esprit de clocher
L'esprit de clocher

1 critique Suivre son activité

0,5
Publiée le 7 avril 2019
Ceci n'est pas un film mais un très vilain produit de l'industrie. Il commence par un spoiler qui ne donne pas envie de continuer. Il vaut mieux être bilingue pour le regarder, les passages en allemand n'étant pas sous-titrés. Ce film clairement germanophobe montre, comme s'il en était besoin avec tout le travail déjà fait dans ce sens, les allemands sous leur jour le plus sombre. Honnêtement, j'en ai abandonné le visionnage à vingt minutes, lorsqu'un personnage dit "Le troisième Reich voulait que les femmes ferment leur esprit et ouvrent leur utérus". Quand on connait les millions de viols qu'ont subi les allemandes à la libération, cela ressemble à une malicieuse inversion accusatoire. Bref, encore un film de propagande parmi tant d'autres. J'imagine que ce genre de scène garantit un minimum de soutien et de promotion à ce déchet cinématographique. Je retourne voir l'original du maître pour oublier à jamais cette nullité, cette incitation à la haine raciale contre un peuple vaincu.
anonyme
Un visiteur
0,5
Publiée le 16 novembre 2025
La seule chose réussie dans ce film est la chanson de Thom Yorke, Suspiria. Le reste est vain et ennuyeux.
Jerry La Malice
Jerry La Malice

8 abonnés 2 critiques Suivre son activité

1,0
Publiée le 7 août 2019
Avant de rédiger cela j'ai lu un peu ce que les gens en pensent, pour voir si je ne suis pas passé à côté de quelque chose d'important, et........ non. Ce film est un pur gâchis. Un gâchis, parce qu'il contenait quand même de bons éléments, alors commençons par là : les actrices sont bien choisies et interprètent parfaitement leur rôle. Car même si Dakota Johnson est quand même très photogénique, elle ne fait pas racoleuse pour adolescents et ses expressions de visage sont mises en avant. Tilda Swinton et le reste du casting est glacial à souhait. Deuxième bon point ; la musique minimaliste et l'ambiance sonore épurée. Troisième et dernier : quelques scènes subversives (même si ce ne sont pas celles qui ressortiront, à mon avis, dans les autres chroniques). spoiler: Quand les vieilles sorcières s'amusent avec le sexe des policiers envoûtés
. Là on approche de la touche féministe où l'auteur voulait nous emmener. spoiler: L'aspect sexuel est bien effleuré aussi quand Dakota compare sa danse à l'acte reproductif
. Ces quelques percées de lumière sont ensuite ridiculement gâchées.
Gros raté : le rythme. Très amateur, une scène gore repompée sur du Silent Hill au début du film, puis le film se perd trouver sa place, oscillant entre angoisse et zombie land.
Autre raté : l'ancrage historico-politique. J'ai cherché tout au long du film la signification de la trame "bande à Baader" sans y trouver aucun intérêt. Ça n'ajoute rien du tout, ça ne rend pas le film plus profond et n'explique en rien ce qui se passe dans l'école de danse ( spoiler: juste que la fille disparue était activiste... et alors ? pas besoin de nous bourrer le mou avec l'actu tout au long du film). Idem pour le passé du vieillard et de sa femme capturée par les nazis alors qu'elle partait en exode.
Tout ça pue la maladresse d'un réal qui tente de rendre son film sérieux et philosophique en appuyant un contexte qui - justement - n'a aucune incidence sur ce qui se passe dans le scénario.
La cerise sur le gâteau, qui transforme ce faux film d'auteur en blague galactique : la scène finale ! spoiler: Un ralenti saccadé sur des femmes qui se trémoussent (ah, elles dansaient ?) en imitant une transe ! Sur les plans larges on voit même les stroboscopes et les lasers rouges sur les côtés de la salle ! Pendant que des effets spéciaux numériques grotesques de têtes qui explosent nous font regretter les marionnettes gores des années 80's
. J'ai éclaté de rire à ce moment là... Mais c'était sans compter les minutes qu'il fallait encore tenir pour enfin toucher à la délivrance, qui se termine d'ailleurs sur un mémo d'une des nombreuses intrigues secondaires : celles du vieux. Pourquoi lui et pas Patricia ? allez savoir...
Hum, en fait je pense que le seul intérêt de ce film est la chorégraphie de la danse Volk, pour les fans de danse contemporaine. Ce qui n'est pas mon cas.
anonyme
Un visiteur
0,5
Publiée le 1 octobre 2019
Long et confus. Pénible. On reste jusqu'au bout pour voir comment ce fatras peut se terminer. La fin est fidèle au film, longue et confuse. Pénible.
Sosa
Sosa

11 abonnés 373 critiques Suivre son activité

3,5
Publiée le 16 juin 2022
L'ambiance est pesante, sombre, les personnages attachants, l'actrice principal est flamboyante, les 30 dernière minutes sont d'une absurdité déroutante et tache un film qui aurait du être un chef d'œuvre de l'épouvante, vraiment dommage....
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