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Nelly M.
114 abonnés
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4,5
Publiée le 5 janvier 2012
Déjà dans le train à compartiments du bon vieux temps, le trio est incroyablement relâché. Ils filent vers Paris, la ville de toutes les permissivités vue de l'étranger en 1932... La somnolence sans chichis, la prise de vue sur les pieds et une main, les dessins de la demoiselle, tout cela frôle l'alcôve et, comme d'habitude, la finesse du cinéaste amène la diversion indispensable. Après le mot d'ordre incroyable "no sex" entre les trois amis, se succèdent dans la gestuelle accompagnée d'ellipses attirances et remises en cause. Le tout agrémenté d'un ton léger, bien que s'y mêle la pauvreté des artistes, ces funambules que l'aristocratie rend vite corsetés. La muse passe de bras en bras, incapable de choisir et pourrait sembler délivrée par cet officiel mari la rendant à une vie convenable si le trio n'était aussi fidèle à lui-même... Et toujours l'éternel défilé de grandes portes quel que soit le milieu où la caméra balaie. Peut-être pas transcendant sur le fond. Très plaisant avec son sous-titrage bien lisible et aucune faiblesse sonore. A l'image, un beau noir et blanc restauré. Si le dialogue commence en français sur le mode léger, le french kiss de l'issue vaudra à ce film d'être censuré quelque temps par le code Hays en 1934.
Essayez donc d'imaginer aujourd'hui un réalisateur qui proposerait le script de "Sérénade à trois" à un producteur hollywoodien ! Une femme aimée de trois hommes, qui en épouse un et s'envoie en l'air avec ses deux amants, le tout traité avec légèreté, esprit, humour, insouciance, folie et talent ! Que demander de plus ? "Sérénade à trois" est l'exemple même du cinéma de Lubitsch, une comédie légère, moderne et complètement déjantée comme on n'en fait plus aujourd'hui ! Un pur bijou à voir et à revoir. Génial !
La Lubitsch’ touch dans toute sa splendeur et sa finesse. Audacieux pour l’époque, bien que le pudibond Code Hays n’était pas encore appliqué, le scénario de Ben Hecht est un véritable enchantement. Gary Cooper se révélait bon acteur de comédie et il faut redécouvrir le talent de la pétulante Miriam Hopkins.
Dans la courte comédie Sérénade à trois (Design for Living, 1933, 80 minutes), Lubitsch s'autorise des scènes en français, plusieurs scènes muettes où les personnages n'interagissent que par le regard (dont la première), de longs silence, d'autant plus impressionnants qu'il n'y a pas de musique d'accompagnement. Le scénario brillant ne peut pas être raconté mais il est poilant, comme toujours avec Lubitsch and co. Il est plus que ça car il aborde la question suivante : comment s'en sortir quand une jeune femme aime deux hommes et est aimée par trois hommes. spoiler: Solution : épouser le troisième, cependant si les deux autres reviennent elle pourrait par exemple partir avec eux deux. Mais ça il ne faut pas le raconter et surtout ce ne serait pas convenable.
Pour réaliser une fantaisie de ce niveau il faut de grands équilibristes parfaitement dirigés : l'acrobatie est commune à Myriam Hopkins dont l'impertinence, l'excentricité et l'humour léger sont des secondes natures. Habitué des seconds rôles farfelus du gars-à-l'apparence sérieux-qui-n-est-pas-dans-les-clous, Edward Everett Horton n'a pas beaucoup d'efforts à faire non plus pour toucher l'absurde. Mais il fallait quand même brutaliser sérieusement Gary Cooper et Frederic March en leur enlevant leur vernis de beaux gosses pour les transformer en artistes bohèmes amoureux de la même femme et circulant à trois dans le même taxi. Lubitsch n'était pas à cette difficulté prêt et il gère évidemment le tout magistralement sans le moindre appesantissement et avec de constants sauts périlleux narratifs. Un joyau de comédie : on a bien envie de revenir à Hollywood 1933.
Une bonne comédie dans l'ensemble, assez originale. Cependant j'ai trouvé qu'il y avait quelques longueurs et que la fin était moins bonne que le reste. J'ai pas passé un mauvais moment mais je n'en retiendrai pas grand chose. Lubitsch a dû faire mieux...
Quelques dialogues et situations savoureux, une réelle performance de faire un film avec un scénario aussi mince mais parfois il tourne un peu en rond et devient ennuyeux; sûrement un bon quart d'heure de trop. Les trois protagonistes n'en restent pas moins très sympathiques.
C'est sympa vite fait et ça fait sourire, on passe un bon moment comme on est en droit de s'y attendre avec un film d'Ernst Lubitsch mais là je ne sais pas pourquoi je n'ai pas non plus trouvé cela génialissime même si beaucoup de paramètres sont maîtrisés comme la réalisation et le jeu des acteurs. Le scénario est sympa mais peut-être pas assez poussé. On a une comédie des années 30 et c'est tout. Dommage.
Après avoir lu les critiques, je suis très étonné. Certains pensent que c'est un grand film et d'autres pensent que c'est moyen, voire ennuyeux. Je dois dire que pour ma part je trouve ce film grandiose. C'est simplement mon film favori que je peux voir et revoir. Les répliques sont fantastiques, les 4 acteurs magnifiques. Et je dois dire, bien qu'elle soit déjà morte la première fois que j'ai vu ce film, j'étais quasiment amoureux de Miriam Hopkins. Quelle légèreté! La première scène avec Napoléon. La scène où Fredric March trouve la réplique principale des sa pièce de théâtre. Et quand son faire valoir rit, quand il assiste à une séance, de ce qu'il a lui-même dit. Et celle des 2 tulipes... Il y a des dizaines de scènes mémorables avec ou sans dialogues. Et Miriam Hopkins qui compare ses amoureux avec 2 chapeaux ! Je sais pas comment on peut s'ennuyer avec ce film. Peut-être en le voyant en français. Je conseille de le voir en Anglais avec sous-titres. Mon film favori!
Le film est un marivaudage très subversif pour l'Amérique de l'époque. Parce qu'elle ne sait pas choisir entre George et Tom, deux artistes bohèmes dont elle est à la fois la muse et la maitresse (son désir est plus fort que ses voeux pieux d'abstinence...), Gilda fait figure d'héroïne scandaleuse. Même, au terme de la comédie, elle aura non seulement couché avec ses deux prétendants amoureux spoiler: mais aussi avec un troisième (mais que fait la censure?!), un pénible bourgeois qu'elle épouse pour ne pas à avoir à choisir entre George et Tom . Il est même prononcé le mot "sex", c'est dire l'audace de Lubitsch. Au-delà de ces considérations morales, l'existence de ce ménage à trois est bien amusante. Tout l'art de Lubitsch est d'évoquer avec subtilité une situation triviale. Les personnages sont drôles et leurs vains efforts pour surmonter leurs sentiments, pour feindre l'indifférence ou, concernant George et Tom, pour masquer leur jalousie constituent les moments les plus savoureux de la comédie. La connivence entre les interprètes est évidente et on ressent, comme Gary Cooper et Fredric March sans doute, le charme de Miriam Hopkins. Au final, la morale pourrait être qu'il vaut mieux deux artiste encombrants qu'un commerçant ennuyeux.