Thriller psychologique réalisé par David Fincher, Seven est un excellent film. L'histoire nous fait suivre William Somerset et David Mills, deux inspecteurs de police qui sont chargés d'une enquête criminelle concernant un tueur en série psychopathe qui planifie méthodiquement ses meurtres en fonction des sept péchés capitaux. Ce scénario s'avère particulièrement prenant à visionner pendant toute sa durée d'un peu plus de deux heures. On assiste pendant tout ce temps à une intrigue nous immergeant dès ses premiers instants dans son enquête se transformant au fil des minutes en traque afin d'arrêter ce meurtrier prenant un plaisir sadique à jouer avec les forces de l'ordre, le tout se déroulant sur une semaine. Plus le temps défile, et plus l'intensité et la dramaturgie augmente à la faveur d'un récit parfaitement ficelé, dont la thématique des sept péchés capitaux donne lieu à des scènes de crime insoutenables de par leur aspect lugubre et macabre. L'ambiance néo-noir qui se dégage lui confère en plus une atmosphère singulière à la fois pouilleuse, morbide et moite. L'ensemble est porté par des personnages intéressants. Des rôles interprétés par une distribution des plus convaincante comportant Morgan Freeman en inspecteur calme, mesuré, désabusé par son travail et la société au sein de laquelle il vit. Vieillissant, il n'est qu'à quelques jours de la retraite qu'il attend de pied ferme. Brad Pitt est lui son opposé. Jeune homme au caractère impétueux, il se laisse contrôler par ses émotions et est difficilement contrôlable. Le binôme fonctionne vraiment bien. Ils sont entourés par Gwyneth Paltrow qui joue la femme de Mills, alors que Kevin Spacey incarne un rôle glaçant. Ces quatre protagonistes, ainsi que ceux plus secondaires, entretiennent des rapports procurant de larges émotions. Des échanges soutenus par des dialogues très bien écrits. Sur la forme, la réalisation du cinéaste américain se veut extrêmement qualitative. Sa mise en scène est soignée et évolue dans une ville jouant un rôle important. La quasi totalité de l'action se déroule dans la pénombre et sous une pluie incessante, ce qui renforce encore plus l'atmosphère dépressive, alors que les intérieurs sont insalubres. Ce visuel cafardeux est accompagné par une bande originale de très bonne facture signée Howard Shore, dont les compositions inquiétantes ont un impact sur les situations et les images. Mais ses notes savent également laisser place aux bruits environnants qui sont tout aussi impactant, que ce soit les sirènes hurlantes, les vibrations du métro, ou encore le grondement du tonnerre. Cette traque intense s'achève sur un dernier acte empli de tension, avant de s'achever sur une fin aussi inattendue que dramatiquement mémorable, venant ainsi mettre un terme à Seven qui, en conclusion, est une grande œuvre cinématographique devant absolument être découverte tant c'est un modèle du genre.