Quand j’ai regardé Angst, j’ai surtout ressenti une tension constante, presque physique. Ce n’est pas un film qui cherche à raconter une histoire de manière classique, mais plutôt à faire vivre un état, quelque chose de dérangeant qui s’installe progressivement.
Ce qui m’a frappée, c’est la manière dont tout est construit pour casser les repères. Il n’y a pas vraiment de moments de pause, ni de respiration. Le film avance de façon brutale, presque mécanique, comme si rien ne pouvait l’arrêter.
La caméra joue un rôle énorme. Elle n’est jamais neutre, elle suit, elle observe, parfois elle envahit. Ça crée une sensation d’intrusion permanente, comme si on était de trop, mais coincée quand même.
J’ai aussi trouvé que le film travaillait beaucoup sur le son et le silence. Il y a des moments où tout paraît amplifié, puis d’autres où ça devient presque vide, et ça renforce encore plus le malaise.
Ce qui m’a marquée, c’est que le film ne cherche jamais à rendre l’expérience “supportable”. Il reste froid, presque clinique, sans chercher à adoucir quoi que ce soit. Et du coup, ça devient difficile, mais aussi très marquant.
Au final, ce n’est pas un film que je regarderais une deuxième fois facilement. Mais c’est le genre d’œuvre qui reste en tête, pas parce qu’elle est agréable, mais parce qu’elle te met face à une sensation rare, presque inconfortable, que peu de films osent provoquer.