Il aurait pu paraître nauséeux ce « Harry Brown » : pourtant il ne l'est jamais. Comment l'expliquer ? Parce qu'il ne justifie jamais cette auto-défense à laquelle ce personnage magistralement interprété par Michael Caine décide de céder, d'autant que celui-ci ne sort aucunement grandi. Peut-être plus en paix avec lui-même. Mais pour combien de temps ? Reste qu'au-delà de ces considérations morales, « Harry Brown » n'en est pas moins un film d'une redoutable efficacité, brillamment mis en scène et nous offrant surtout un constat particulièrement grave et alarmant de certaines banlieues anglaises, où la moindre petite étincelle peut provoquer la plus violente des implosions. Cela est rendu de façon particulièrement évidente lors des impressionnantes et apocalyptiques scènes finales, impressionnant mélange d'action et de social comme nous avons rarement l'occasion d'en voir au cinéma. Bref, excessif peut-être, mais surtout diablement efficace et captivant, ce « Harry Brown ».
Un polar sec mais assez caricatural et manquant de rythme, porté par un Michael Caine en Papy badass qui fait de la résistance en apprenant le respect aux jeunes caïds de cité.
Porté par la vengeance, un octogénaire plonge dans les bas fonds d'un quartier, entre criminalité, trafic de drogue. M. Caine, par sa stature est crédible en justicier, la mise en scène est en revanche un peu faiblarde.
Si techniquement ce film est une réussite (rendu des banlieues sordides de Londres, bande sonore, prises de vues punchy), je ne dirai pas la même chose du fond et de la forme : le fond, d’abord, avec un papy vengeur, ancien marine, face à une jeunesse faite uniquement de racailles, ce qui est très réducteur: ce discours n’est pas de nature à apaiser les esprits. Ensuite la forme : une description de la violence gratuite rendue avec un réalisme effrayant. Du reste, on se demande ce que le grand Michaël Caine est venu faire ici (c’est sa présence qui m’a fait regarder le film) On sort secoués mais pas heureux d’avoir visionné ce truc.
Un très bon film sur la violence des quartiers que l'on retrouve un peu partout dans nos sociétés occidentales. Très sombre, violent et brutal. Le sang a enfin la bonne couleur et les acteurs sont excellents. Un film à voir.
"Gran Torino" rencontre "Un justicier dans la ville" avec une dimension politique assez claire (et risquée). Michael Caine est tout d'abord excellent avec une bonne partie où l'émotion est loin d'être négligeable. Question cité le réalisateur aurait pu s'attarder un peu plus sur une description du milieu plutôt que d'appuyer sur les malheur de Harry (la fille, la mère après le pote... pas beaucoup d'idées le scénariste). Un petit manque de suspense également qui est dommageable. Rien d'exceptionnel donc mais dans le genre ça reste efficace même si on peut être gêner par le message...
La voilà ! La première claque de l'année est là. Et c'est Harry Brown qui nous la donne. Ce film vient de sortir dans un parfait anonymat (pourtant c'est assez calme en ce moment). A la sortie on peut pourtant être titillé sur la moral de l'ensemble. A chacun de se faire son opinion mais cela peut gêner aux entournures. On pense un peu à Gran Torino. Même si sur le fond le thème est d'actualité, le traitement et la morale peuvent paraitre nauséabonds pour certains (comme chez Eastwood). A côté de cela d'un pur côté cinéma, on peut applaudir le beau travail de Daniel Barber pour son premier film. La mise en scène est sèche comme un coup de matraque de policier. Très maitrisée, sans baisse de rythme. Le scénario est noir et sombre, tirant sur le glauque quand même. Une ambiance plombante et lourde. Ça monte progressivement jusqu'au paroxysme d'une scène finale hallucinante. On est pris à la gorge dès le départ sans que jamais la pression ne retombe. Et on a besoin d'air frais en sortant. La violence de l'ensemble est souvent insoutenable. Moi qui suis pourtant blasé, j'ai même détourné les yeux une fois ou deux. Niveau interprétation c'est un sans faute. On sait déjà que Michael Caine est sans doute le meilleur acteur anglais de sa génération. Il le prouve une fois de plus. Il est juste parfait. A la fois dur et fragile, forcément touchant. Une interprétation qui s'impose déjà comme l'une des meilleures de l'année. A ses côtés on retrouve l'excellente Emily Mortimer (Match point, Shutter Island), parfaite, et David Bradley (le frère veuf de Another year) lui aussi très convaincant. Les jeunes acteurs non-professionnels castés directement dans les cités sont, quant à eux, impressionnants de vérité. Cette descente aux enfers dans les cités délaissées de Londres est sans doute proche de ce que l'on peut trouver dans les nôtres. Un film qui fait froid dans le dos et qui glace le sang. On en ressort pas indemne. Une bonne claque dans la gueule. A ne pas mettre devant tous les yeux quand même. L'interdiction au moins de 12 ans semble même un peu légère pour le coup. Dur, violent, sans concession. Alors après, morale puante ou drame social montrant la violence pour mieux la dénoncer ? A chacun de juger...Pour ma part j'opterai pour la seconde solution. Harry Brown est pour moi le premier coup de cœur de l'année...
Retour en force du vigilante movie ? En tout cas, ces temps troublés sont propices à un retour du film militant tel qu'il se faisait dans les 70's, la violence et l'injustice de notre société impliquant une radicalisation du cinéma et des thèmes qu'il aborde. Faisant suite aux émeutes de Londres et plus généralement dans le monde, le scénario nous plonge au cœur d'une banlieue londonienne bien typique, désormais aux mains d'une poignée de trafiquants et de petites frappes, aux valeurs en perdition dans un environnement qui ne les éduque plus. Là, un vieil homme, forcément un vétéran, va décider de nettoyer son quartier par la force, contraint aussi par une justice à la ramasse et des pouvoirs publics timorés et parfois incompétents. Ultra-violent mais avec un propos intelligent et construit (comme tous les grands films du genre), bénéficiant de la stature du grand M. Caine et de quelques scènes vraiment réussies, ce petit thriller se regarde sans déplaisir, avec tout de même un sale arrière goût dans la bouche, l'ambiance poisseuse, violente et instable étant parfaitement rendue par une mise en scène au cordeau, clinique et travaillée. Parfois trop facile et cliché mais une réflexion qui promet quelques débats houleux. D'autres critiques sur
Dans un quartier londonien gangrené par la violence, un ancien marine à la retraite va se la jouer Charles Bronson. Bien moins bourrin que les productions de la Cannon, ce premier long-métrage noir, froid et sans concession de Daniel Barber ne réinvente pas un sujet qui relance à chaque fois le débat. Dans le rôle-titre, Michael Caine est royal.
Harry Brown ou le retour du vigilante. Quarante ans après les mésaventures de Paul Kersey dans Un justicier dans la ville ou celles de Dirty Harry. Du reste, Harry Brown y fait référence de manière plus ou moins explicite (spoiler: le fameux "make my day" à la fin . Daniel Barber décrit les banlieues londoniennes gangrénées par la délinquance. Tout y est noir, sans concession. Une photographie grisâtre. Des jeunes agressant gratuitement une femme et son bébé, un vieillard et filme le tout avec leur téléphone portable. Des camés. Des parents alcooliques, incestueux. Et aucune issue ne semble possible tant la pourriture semble même provenir de l'intérieur avec un chef de la police à l'ouest complet. Caine, à 77 ans, au vu de l'inefficacité de la police fait donc le ménage dans le quartier et se croit revenu au temps où il évoluait dans les Marines en Irlande du Nord. Cette absence de rayon de soleil, d’humour (contrairement à Gran Torino ou à l'inspecteur Harry), d'optimisme, d'humanité et de foi en l'humanité fait froid dans le dos. A réserver aux spectateurs avertis tant cela fait longtemps que je ne n'avais pas vu un film aussi désespéré dans son message et désespérant quant à sa vision sur la jeunesse amenée à prendre le relais. Et pour nous français, presque un enseignement : nous ne sommes pas les seuls à avoir un problème avec nos banlieues.
Film classique de tournure vengeresse, portant Caine comme une icône des années 70 avec un hommage présent à chaque séquence. Echappant de loin à la case téléfilm, un savoir faire de mise en forme permet à ce métrage d’être relativement précieux pour qui aime voir jouer encore et toujours le trop rare Michael Caine. Il est à lui seul l’élément important du film, le réalisateur n’ayant pas oublié la définition de réalisation. On aurait en outre aimé, un scénario un peu plus consistant même si ce genre précis ne le permet pas forcément.
Voilà un thriller haletant et efficace où Michael Caine impérial nous rappelle la série des justiciers de Charles Bronson en son époque. La violence sociale, l'intolérance est marquée ici parfois à l'outrance mais offre une bonne dose de réflexion sur notre monde.
Cela faisait un bon moment que nous n’avions pas vu l’immense Michael Caine en tête d’affiche d’un film. Et pour cause, l’acteur nous était apparu que dans des seconds rôles depuis bon nombres d’années. Mais cela ne l’a pas empêché de participer à des projets d’envergure tels que Les Fils de l’Homme ou bien la saga The Dark Knight. C’est donc avec bonheur que nous le retrouvons dans un rôle principal, au service d’un film indépendant. Le résultat est-il pour autant de mise ?
Ancien marine à la retraite, Harry Brown vit dans un quartier difficile de Londres. Témoin de la violence quotidienne engendrée par les trafics de toutes sortes, il évite soigneusement toute confrontation et invite son vieil ami Leonard à en faire de même. Le jour où l’inspectrice Frampton lui annonce le meurtre de Leonard, Harry, dévasté, ne peut que constater l’impuissance de la police. Un soir, en rentrant du pub, il se retrouve face à un junkie qui le menace d’un couteau. Malgré les effets de l’alcool, Harry retrouve d’anciens réflexes. Harry Brown n’est pas le premier film qui traite d’un personnage voulant faire justice lui-même. Quoiqu’un justicier vieillard, ça, c’est du nouveau ! Mais bon, le justicier en question est tout de même un ancien marine, donc le cliché est bien là. Et pourtant, Harry Brown sort tout de même du lot grâce à son parti pris de n’être que douloureux. Douloureux dans le sens où rien n’est gai dans le film. En effet, le héros est seul, devient veuf en un clin d’œil, son meilleur ami trouve la mort de manière atroce, la police ne sert à rien… Tout en peignant un tableau de la banlieue la plus immonde qu’il nous ait été de voir au cinéma question violence. Et le pire, c’est que des cités comme celle-là existent ! Il est d’ailleurs étonnant de voir avec quelle violence justement les scènes sont écrites, aussi bien physiquement que moralement. Il est tout de même dommage de voir à quel point les dernières minutes du film sombrent dans un enchaînement de scènes montées à la va-vite, mettant à l’image une simili guerre entre délinquants et policiers, et un happy end malvenus (30% de la criminalité qui a diminué, les flics sont décorés, Harry Brown, bien vivant, peux enfin réemprunter le tunnel pour traverser la route…) qui ne correspond aucunement au ton du film. Sans oublier une morale plus que douteuse sur le fait de faire justice soi-même, étant donné que le tout nous est montré avec autant de violence, sans tabou et avec enthousiasme (le flic lançant que de le laisser tuer une ordure ne peut faire de mal à la société). Bref, Harry Brown est un film sur le fond classique mais plutôt déroutant.
Cela, il le doit notamment grâce à sa mise en scène. Le réalisateur nous impose un rythme pesant et lent. Très, très lent, voulant privilégier la personnalité d’Harry Brown ainsi que de la violence des scènes afin de donner une sorte d’identité à son film. Et franchement, rarement j’ai été aussi perturbé depuis Seven ! Les séquences se déroulent dans le noir, brillamment mise en valeur par des jeux de lumière plutôt impressionnants (cette nuance jaunâtre !) et cette musique qui donne une incroyable ampleur à l’ensemble. Sans oublier la scène d’intro, filmée à partir d’un portable (ou bien d’une caméra numérique mais vu le contexte, c’est peu probable) qui offre à ces quelques minutes de violence un réalisme dérangeant ! C’est clair, « dérangeant » est sans conteste le terme qui définit le mieux ce film !
Une remarque à faire : c’est souvent dans les films indépendants que les grands acteurs se donnent à fond. Et Michael Caine y met tout son talent pour que nous ressentions avec émotions et puissance les sentiments, douleurs et doutes de son personnage. Jusqu’à être véritablement touché quand celui-ci ne peut retenir ses larmes. Le reste du casting ne lui arrive certes à la hauteur, mais n’en reste pas moins une valeur sûre de ce film (Emily Mortimer, David Bradley, Liam Cunningham, Ben Drew…). Mais il faut bien avouer que celui qui sort également du lot se nomme Sean Harris, son interprétation d’un dealer drogué étant tout simplement impressionnante et imprévisible.
Malgré quelques défauts scénaristiques, Harry Brown est un bon film, qui gêne avant tout ! Balayant en un clin d’œil les autres films du genre qui ne sont formatés que pour le cinéma grand spectacle et parfois (pour ne pas dire) débile (ah, Hollywood…). Il est vrai que la lenteur et la violence du film peuvent surprendre voir choquer. Mais ne pas voir ce film serait raté l’occasion de prouver que les films indépendants sont souvent meilleurs que les blockbusters attendus et qui rapportent des masses au box-office. Et puis, Harry Brown prouve également que Michael Caine sait choisir ces rôles !
Excellent Michael Caine dans un vigilante flick de papy vraiment fringant. Le réalisateur prend le contrepied total d'un Clint Eastwood avec son déjà excellent Gran Torino pour nous livrer un film nerveux, sec et passionnant. 3,5/5
Le vieux harry décide de faire vengeance lui-même du meurtre de son ami dans sa cité. Le film est pas trop mal, dur et violent par moment. C'est aussi l'occasion de comparer les quartiers populaires et le mode de vie de nos vieilles rakaïs françaises, à ceux de la grande-bretagne. Et bien les leurs sont bien pâles! A voir, 3 étoiles. ----Octobre 2015----