Vieux classique du film fantastique, datant des années 1950, « La mouche noire » à toujours un charme fou. La présence charismatique de Vincent Price à l'affiche n'y est pas pour rien. L'histoire, bien que simple est captivante et fonctionne parfaitement. Un savant se retrouve partiellement transformé en mouche après une expérience ratée... Replacé dans son contexte, le scénario exprime clairement une méfiance vis à vis de la science et des progrès technologiques incontrôlables. Le film ne repose pas entièrement sur les effets spéciaux qui sont relativement discrets et c'est tant mieux car ils ont plutôt mal vieillis. Par contre le suspense joue un grand rôle dans la réussite de l'ensemble. Il est parfaitement entretenu et maintient une tension efficace malgré le nombre des années. A noter que ce film sera revu et corrigé dans les années 1980 par David Cronenberg, avec beaucoup plus de moyens et un succès certain.
Avant le chef-d’œuvre bien dégoûtant de David Cronenberg, il y a eu ce film de série B dans lequel un scientifique en train de mettre au point un téléporteur de matière voit son corps fusionner avec celui d'une mouche. Ici, le scientifique écope d'une tête et d'un bras de mouche tandis que la mouche en question se voit affublée d'une tête humaine. Traitée avec un réalisme et une sobriété assez saisissantes pour un tel sujet, le film, loin d'être une réussite totale, n'en est pas moins intéressant. La transformation du savant est réussie et l'histoire plutôt bien amenée malgré une conclusion assez effrayante par la façon dont elle balaye assez vite les événements horribles pour mieux montrer une famille unie. Et surtout il y a Vincent Price, l'acteur justifiant à lui seul la vision des films dans lesquels il joue.
Le remake de David Cronenberg (La Mouche, 1986) a quelque peu éclipsé ce film. Inférieur sur les plans artistique et intellectuel, il n’en demeure pas moins un bon petit classique de la science-fiction et de l’épouvante des années 1950. C’est l’adaptation d’une nouvelle de George Langelaan, publiée dans le magazine Playboy en 1957. George Langelaan lui-même et James Clavell (futur scénariste de La Grande Évasion) en ont tiré un scénario original sur le thème classique des dangers liés aux expérimentations scientifiques. La narration est intelligemment élaborée, en posant d’emblée l’issue de l’histoire, un crime bizarre, puis en remontant dans le passé via un flash-back qui préserve longtemps le mystère. C’est d’ailleurs le suspense qui va primer, dans la réalisation, sur les trucages et autres effets spéciaux, donnant à ce film de genre une tonalité visuelle relativement sobre. Tant mieux. On pourra regretter, en revanche, que la mise en scène et l’interprétation ne soient pas à la hauteur. À la mise en scène : Kurt Neumann. L’homme n’était qu’un “faiseur” à Hollywood ; il a tourné à la chaîne de petits divertissements populaires (aventure, western, SF…) entre 1930 et 1958, dont quatre aventures de Tarzan. La Mouche noire est son plus grand succès, mais il est dû au scénario plus qu’à sa direction d’acteurs. Des acteurs qui forment ici un casting hétéroclite : Patricia Owens exaspère avec ses manières de femme au foyer directement sortie d’une pub TV ; David Hedison (crédité Al Hedison au générique) est un apprenti-sorcier assez fade ; Vincent Price semble déjà ringard à l’époque ; et Herbert Marshall, que l’on a connu subtil chez Lubitsch, semble peu concerné par son rôle. Si l’on en croit Patrick Brion (Le Cinéma fantastique), Vincent Price et Herbert Marshall ont eu du mal à conserver leur sérieux et à dire leur texte durant le film, par exemple lors de la scène où l’on retrouve la mouche prise dans une toile d’araignée. Une scène il est vrai kitschissime… Mais qu’importe, il y a là de l’audace et de l’imagination. Et même au second degré, ce n’est pas déplaisant.
Un savant teste un prototype de télé porteur, et fusionne avec une mouche. Ce "The Fly" de 1958 est surtout connu pour avoir servi de base à la superbe version de 1986 de Cronenberg. Néanmoins, il demeure une œuvre fantastique intéressante. Le film joue énormément sur le suggéré (les créatures hybrides n'apparaissent que quelques minutes), et conserve un charme particulier. Certes, certains aspects ont un peu vieilli, notamment le jeu caricatural de Patricia Owens. Mais le scénario est habile, en évoquant par exemple l'évolution de caractère du personnage principal, et Vincent Price est excellent dans le rôle du confident s'inquiétant pour la veuve choquée (pour une fois qu'il ne joue pas un assassin dans un film fantastique !). Au final, cette première version de "The Fly" est réussie, et plaisante à voir, même pour ceux qui connaissent déjà la version de Cronenberg.
Sans doute le film d'épouvante des années 50 le plus crédible et le moins ringard : l'angoisse est omniprésente lorsque le scientifique déformé retrouve sa femme : va t-elle découvrir son visage ? Et ce moment tant attendu est vraiment effrayant.
Un classique qui a inspiré "la Mouche" de Cronenberg. Le film a un peu vieilli la faute aux effets spéciaux mais le suspens est là. Vincent Price est excellent.
Le film commence de façon mystérieuse et finit de manière originale, mais entre les deux, la Mouche noire peine à décoller, le summum de l'action et du suspense voyant la femme du savant pourchasser une mouche dans son salon avec un filet à papillon. Il faut savoir que cette chasse à la mouche reste le seul enjeu dramatique du film, la femme du savant n'hésitant pas plus que ça lorsqu'il lui demande de l'aider à mourir. Reste la présence toujours appréciable de Vincent Price qui, pour une fois, ne joue pas le méchant.
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4,0
Publiée le 21 octobre 2010
Rèalisè par Kurt Neumann, ce classique du genre nous ramène au plan du drame individuel, ce qui semble moins prometteur d'angoisse pour le spectateur! Pourtant le sujet est kafkaïen avec ce savant (Al Hedison, inoubliable) qui n'a pas de chance! Ne voilà-t-il pas qu'au cours d'une expèrience, brusquement, sa tête et son buste se sont transformès en ceux d'une mouche! La mouche n'est pas plus heureuse, puisqu'elle se trouve pourvue d'une minuscule tête d'homme (dans l'univers science-fictionnel des mouches, ce doit être une mutilation particulièrement effroyable). Pareil mèsaventure ne saurait que mal finir... Neumann avait aussi imaginè une sèquence assez fantastique où les yeux à facettes de la mouche transformaient en mille petites images, la femme de cette histoire, Patricia Owens! Le reste de l'oeuvre garde un ton très sobre, ce qui renforce le caractère hallucinant de l'histoire avec dans le reste du casting un excellent Vincent Price! Enorme succès pour cette rèfèrence du film d'horreur par l'originalitè du scènario et surtout l'habiletè des trucages...
C'est un des tous premiers fantastiques que j'ai vu il y a maintenant plus de 20 ans et je me souviens encore parfaitement de l'impact que ce film avait eu sur moi. J'avais adoré. Et ce film m'a fait aimé le fantastique. Depuis, je n'ai pas eu l'occasion de le revoir mais j'attends sa ressortie avec impatience en tout cas. Allez le voir vous ne serez pas déçu.
Une série B, plutôt inspirée, mais mal exploitée... l'interet principal de ce film (qui a tout de même été un succes !) est qu'il a influencé David Cronenberg qui en fit un soit-disant "remake" (sa version est en réalité completement différente de celle-ci !). Il faut reconnaitre que l'idée est génialissime, bien qu'un peu tordue, mais c'est la qu'est tout son charme ! Mais l'ensemble est tout de même fort réussi, avec le grand Vincent Price dans les personnages principaux, quand aux autres acteurs ils y arrivent.. ni plus ni moins. Mais malgré ce manque de virtuosité constant, le film apporte quelque chose d'agréable, car il se laisse voir avec une facilité impressionnante, aucune longueur, certes ca ne fait pas peur (c'est même l'inverse, le costume de "l'humain-mouche" est hilarant, et la scene finale où on aperçoit -enfin- la "mouche humaine" est tordante !... par contre, comment ce petit insecte a appris a parler reste un immense mystere.) mais c'est un divertissement de tres haute qualité ! A voir par curiosité surtout, car il est plus difficile de trouver une raison de voir ca, si ce n'est pour pouvoir comparer le comparer au chef d'oeuvre de David Cronenberg.
Un excellent petit film fantastique, en tout point admirable. Ce n'est pas grâce aux maquillages et aux effets spéciaux que le film nous touche, mais plutôt pour l'aspect dramatique des personnages (la culpabilité de la femme d'avoir fait relâché la mouche blanche, le scientifique en proie à des pensées de meurtres dictés par son côté insecte). Un film sincèrement touchant, dont la conclusion nous laisse en pleine gravité. Un film sombre et intense, joyau du cinéma des années 50.