The Irishman
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anonyme
Un visiteur
5,0
Publiée le 4 décembre 2019
Un grand beau film de Scorsese, pour un final en feu d'artifice avec ses acteurs tant adorés.
Un chef-d'œuvre
RedArrow

1 898 abonnés 1 697 critiques Suivre son activité

5,0
Publiée le 4 décembre 2019
Entre un vieillard dont les souvenirs trop longtemps restés captifs de son esprit se muent soudainement en paroles libératrices et une porte symboliquement laissée entrouverte, Martin Scorsese nous convie au point final du pan gangster de sa filmographie en invitant tous les plus grands noms à l'accompagner le temps de cette ultime virée de 3h30. Et, si l'odyssée de Frank Sheeran à l'intérieur de la mafia agissant dans l'ombre de la grande Histoire des États-Unis pendant près d'un demi-siècle méritait bien cette durée, c'est surtout le regard de l'homme arrivé au crépuscule de sa vie et laissé seul juge du poids de son passé qui va justifier le statut de cette immense fresque qu'est "The Irishman".

Dans le fond, en tant qu'épilogue d'une partie de sa carrière passée à scruter la pègre italo-américaine, ce chant du cygne de Scorsese passe forcément par une route que l'on a déjà empruntée avec le cinéaste, bon nombre de situations et de thématiques balayées par le parcours de Frank Sheeran nous sont familières (surtout dans la première moitié du film), mais il nous prouve clairement une nouvelle fois qu'il en resté le conteur le plus accompli, celui qui est le plus à même de nous y immerger par ses points de vue, sa mise en scène et sa maîtrise du langage du microcosme criminel de cette époque.

Pendant un temps, "The Irishman" peut donc laisser penser à un long-métrage qui ne serait qu'un pot-pourri ultime des obsessions du cinéaste en la matière mais ce serait le sous-estimer. L'ascension dans le milieu, les trahisons, les règlements de compte, une vie de famille sacrifiée incarnée par le mutisme d'une des filles de Frank à son égard... Tout cela nous renvoie à d'autres oeuvres scorsesiennes que l'on ne connaît que trop bien mais il s'y dessine déjà quelque chose de plus vaste, un regard plus mélancolique sur sa nébuleuse d'intervenants dont les noms seront inévitablement amenés à disparaître avec le temps (en ce sens, le gimmick de petits panneaux annonçant le décès de certains passent de la légèreté de leur découverte à une vraie gravité sur l'infimité que la mémoire collective retiendra d'eux).

Plus encore, l'évolution de Frank va connaître un tournant avec un choix crucial, un déchirement tragique autour des deux mentors ayant influencé son existence, et son issue inévitable poursuivra l'homme jusqu'à la fin de ses jours tel un boulet de regrets attaché en permanence à son pied. C'est dans cette deuxième partie que "The Irishman" prendra toute son ampleur avec la fin de carrière d'un gangster voyant disparaître l'univers qu'il pensait le définir pour ensuite le laisser à sa simple position d'homme face à la solitude dans laquelle il s'est lui-même emmuré au fil des années. Au-delà d'une dernière incursion dans la pègre brillamment menée, "The Irishman" nous aura en réalité raconter la destinée d'un des derniers gardiens de sa mémoire et qui, du fait de ses décisions, n'aura plus la chance de la partager ou, du moins, de l'expliquer en vue d'espérer la rédemption envers la seule personne dont le regard inquisiteur a toujours su transpercer sa carapace.

Le parallèle entre l'œuvre et son créateur est une évidence : la peur du temps qui passe, de l'oubli et d'erreurs impossibles à corriger sont logiquement devenus de vrais angles de questionnements pertinents pour un Scorsese à un âge avancé. Ce n'est d'ailleurs pas un hasard si des acteurs éternels à nos yeux tels que Robert De Niro, Al Pacino ou Joe Pesci viennent subir ici une cure de jouvence à l'écran pour incarner une dernière fois toute cette imagerie d'un cinéma qui a fait leur gloire et dont ils sont devenus les plus illustres visages. Le parti pris de ne pas choisir de jeunes acteurs pour les interpréter mais d'utiliser un rajeunissement via des CGI parfois plus ou moins heureux (on a un peu peur que le "jeune" De Niro se bloque le dos à chaque fois qu'il se bat) s'inscrit parfaitement dans la démarche et le propos de "The Irishman", montrer d'abord physiquement l'usure du temps sur les traits de ces personnages avant d'en dévoiler les doutes intérieurs qui vont de pair.

En tout cas, on peut tous les rassurer : au contraire de la vérité entourant les agissements de Frank, la filmographie de Scorsese parsemée des grands numéros de ces comédiens restera et le temps qui a déjà défilé pour certaines de ses oeuvres les plus anciennes n'a jamais réussi à entâcher leur impact ou l'envie de les découvrir à nouveau, preuve si besoin en était que Scorsese et sa troupe font partie de ceux qui ont compté, comptent et comptereront dans l'Histoire du cinéma.
Alors, bien sûr, le statut de "The Irishman" (et notre jugement sur lui) reste particulier vis-à-vis du fait qu'il vient parachever toute une ère "scorsesienne". Pris indépendamment, il n'a peut-être pas la même force de frappe que "Les Affranchis" ou "Casino" pour que l'on puisse crier au chef-d'oeuvre sans demi-mesure mais, replacé en tant que point culminant de tout ce que nous a livré son auteur en la matière, "The Irishman" prend l'éclat d'un grand film de clôture à cette trilogie que Scorsese nous laissera en héritage. Et un grand film tout court quand même.
mazou31
mazou31

138 abonnés 1 383 critiques Suivre son activité

5,0
Publiée le 4 décembre 2019
Encore un chef-d’œuvre de Martin Scorsese, peut-être son dernier, avec tous ses vieux compères, tous à la mesure de cette fantastique saga crépusculaire. Un film tellement époustouflant que ses 3h30 se passent hors du temps !
anonyme
Un visiteur
5,0
Publiée le 4 décembre 2019
Chef d'oeuvre absolu. Une fresque de 3h30 de délice cinématographique. Le meilleur des affranchis, casino, ragging bull regroupé en un film. Un jeu d'acteur absolument sublime. Que dire d'autre .. ? On a les larmes aux yeux au générique en pensant que ce sera surement son dernier Gangster, sa dernière collaboration avec Deniro, Joe Pesci... Et quelle dernière ! On comprend un peu mieux le temps que cela a pris. Scorsese a fait de ce film son testament cinématographique. Il a mis tout ce qu'il avait. Il peut tout arrêter maintenant. Merci Martin Scorsese. Je salue au passage la prestation sublime d'Al Pacino. On regrette qu'il n'ai pas souvent de jouer avec Scorsese par le passé.
anonyme
Un visiteur
1,0
Publiée le 3 décembre 2019
spoiler: Non, vraiment, je me suis ennuyé et les effets spéciaux gomment l'âme des acteurs (les yeux numérisés ne passent pas), les couleurs sont trop artificielles. Le scénario long et décousu n'a rien d'original, Deniro fait la même grimace triste du début à la fin. Beaucoup de bruit et d'argent pour un film insipide.
Philippe D
Philippe D

10 abonnés 23 critiques Suivre son activité

5,0
Publiée le 3 décembre 2019
Déjà culte et un trio d'acteurs à leur apogée, le septième art a ce niveau touche au sublime, merci Monsieur Scorsese.
anonyme
Un visiteur
4,0
Publiée le 3 décembre 2019
Très bon film, le maquillage des acteurs est époustouflant on pourrait même croire que les scènes ont étés tournées tout au long de leur vie tellement la ressemblance avec leurs physiques jeune est frappante.
L'importante durée du film n'est nullement ressenti ; le film reste dynamique et bien équilibrée tout du long.
Florian Malnoe
Florian Malnoe

145 abonnés 557 critiques Suivre son activité

2,0
Publiée le 3 décembre 2019
Bon, Scorsese et les films de mafieux c'est juste plus possible. Dans les années 90 je trouvais deja Casino" de trop dans la filmographie du bonhomme mais là c'est le summum. Je n'ai jamais vu un Scorsese aussi insipide et sans relief. Aucune fulgurance de mise en scène ou d'écriture, des tonnes de scènes sans intérêt qui n'apportent rien et ne font pas avancer le récit. C'est du cinéma à bout de souffle et de saturation. On dirait regarder un film de vieux copains qui se retrouvent pour nous dire qu'ils sont encore là et qu'ils ont encore à donner. Sauf, que c'est pour une histoire vue et revue sur les règlements de compte de la pègre italo-américaine traitée et narrée une énième fois de la même façon. MS n'a plus rien de neuf à raconter et se recycle, si vous en avez votre claque de son cinoche sur le grand-banditisme passez votre chemin.
Julien Vasquez
Julien Vasquez

46 abonnés 1 143 critiques Suivre son activité

4,0
Publiée le 3 décembre 2019
The Irishman offre une vision un peu nostalgique du cinéma de Martin Scorsese mais reste tout de même un excellent film.
scrat28
scrat28

92 abonnés 292 critiques Suivre son activité

2,5
Publiée le 3 décembre 2019
Venant de Scorsese, on aurait pu croire que la distribution via Netflix ne changerait rien, et qu'on pourrait visionner du grand cinéma épique sur petit écran. Malheureusement ce n'est pas vraiment le cas, et ce film a selon moi toute sa place sur une plateforme. On dirait que Martin a réalisé ce film les yeux fermés tant c'est balisé, tant ça manque de punch, tant c'est simple visuellement. Et c'est ce dernier élément qui est le plus décevant: The Irishman a un vrai look de téléfilm. Visuellement, presque rien à l'écran ne rappelle le talent du grand Scorsese. L'histoire, sans vraiment surprendre, se laisse suivre, mais ne justifie en rien une telle longueur, qui semble plutôt provenir du fait que personne n'a interféré dans cette production et que Scorsese, sans contrainte aucune, a simplement sorti son premier cut. A l'image des visuels peu inspirés, le rythme est également assez poussif, pas aidé par une bande "originale" (compilation de morceaux pré-existants) passe-partout et sous-mixée. Quant au fameux procédé de "rajeunissement" qui a coûté affreusement cher, autant ça donne plutôt bien sur les visages, autant ça cloche sévèrement car les corps, eux, n'ont pas été rajeunis, et se meuvent lentement, avec difficulté - ça se voit en permanence, et ça ne fait que renforcer l'impression poussive générale. Cette critique peut sembler dure, mais je n'ai pas détesté pour autant. Un film appréciable une fois, que je ne reverrai sans doute jamais, et qui sera oublié face aux nombreux autres films cultes de Martin Scorsese. La seule chose que j'espère, c'est qu'il ne réalise plus jamais de téléfilm et se remettra à réaliser du grand cinéma très bientôt.
Mike M
Mike M

3 abonnés 148 critiques Suivre son activité

3,5
Publiée le 2 décembre 2019
Cette saga sur le crime organisé dans l'Amérique de l'après-guerre est racontée du point de vue de Frank Sheeran, un ancien soldat de la Seconde Guerre mondiale devenu escroc et tueur à gages ayant travaillé aux côtés de quelques-unes des plus grandes figures du 20e siècle. Couvrant plusieurs décennies, le film relate l'un des mystères insondables de l'histoire des États-Unis : la disparition du légendaire dirigeant syndicaliste Jimmy Hoffa. Il offre également une plongée monumentale dans les arcanes de la mafia en révélant ses rouages, ses luttes internes et ses liens avec le monde politique.
Johann W.
Johann W.

17 abonnés 36 critiques Suivre son activité

5,0
Publiée le 27 décembre 2019
L'un des meilleurs films de Martin Scorsese. Un trio d'acteurs formidables, au sommet de leur art. Mention spéciale à Al Pacino dont, à mon avis, c'est l'une des prestations les plus abouties de sa carrière.
Beaucoup de profondeur sur le plan humain et de nostalgie, comme toujours, avec peu de temps mort et de longueurs. En cela, le film surpasse Casino qui ne tenais pas aussi bien dans la longueur et était un peu prétentieux par moment.
Le meilleur film que j'ai vu depuis plus de 20 ans.
traversay1

4 524 abonnés 5 440 critiques Suivre son activité

4,5
Publiée le 2 décembre 2019
Quand Scorsese épingle le cinéma américain actuel, il est évident que les cinéphiles "à l'ancienne" ne peuvent qu'adhérer à ses propos, tout en trouvant assez paradoxal que The Irishman soit un produit Netflix, et donc interdit, sauf rares exceptions, de projection sur grand écran, là où tous les films du réalisateur de Raging Bull se devraient d'être goûtés. C'est triste mais c'est ainsi et il est vraisemblable que l'on s'habituera à l'avenir à ce que la distribution cinématographique passe de moins en moins par les salles de cinéma. Ce constat de fin d'une époque correspond assez bien au ton crépusculaire de The Irishman, lequel d'une certaine façon ressemble plus à Silence qu'aux Affranchis, malgré son thème central. C'est la fin de plusieurs histoires que conte Scorsese, celle des mafieux qui ont prospéré dans l'après-guerre et tout au long des années 60 et 70, celle d'une innocence aussi devant leurs méfaits qui ont longtemps été considérés comme "romantiques", celle des illusions de Scorsese lui-même qui s'est laissé aller à donner une telle image dans plusieurs de ses films les plus célèbres (et des plus réussis). Ces temps-là sont révolus et Scorsese, à l'âge qu'il a, est mûr pour l'adieu aux armes, dans beaucoup des sens du terme. Pour autant, The Irishman, n'est pas un renoncement de son auteur à son amour de la mise en scène, même si celle-ci a moins besoin d'explosions de violence pour exister. Après tout, Marty n'a plus rien à prouver et ce film-somme, s'il n'est pas testamentaire, du moins on l'espère, sonne comme un bilan revisité d'années passées à illustrer et à magnifier un genre classique du cinéma américain : le film de gangsters. Tout en pan de l'histoire américaine défile en filigrane dans The Irishman mais le film n'est pas une fresque historique, attaché qu'il est à un personnage relativement mystérieux, cet irlandais évoluant dans l'ombre du flamboyant Hoffa, individu finalement assez insipide et à la morale fluctuante, qui aura principalement sacrifié sa vie privée et familiale (petite frustration : on aurait aimé en voir davantage dans le rapport père/fille). Passons sur les procédés de rajeunissement qui ne sont finalement qu'anecdotiques et profitons plutôt des scènes entre de Niro et Pacino, grands moments de cinéma, où l'on a presque l'impression de pénétrer une zone intime des deux personnages (à moins qu'il ne s'agisse des acteurs). The Irishman est un grand film, cela deviendra une évidence dans quelques années, quand on disposera d'un panorama complet de la carrière de Martin Scorsese. Et c'est l'un de ses plus personnels avec cette réflexion sur le temps qui passe, sur les trahisons que l'on commet et sur le regard nécessaire et lucide sur ce que l'on a fondamentalement négligé et raté, hélas. Sic transit gloria mundi.
Arbannais
Arbannais

2 critiques Suivre son activité

5,0
Publiée le 2 décembre 2019
Quel beau clap de fin, bravo car sur les 3h30, je me suis régalé avec maximum 3 fois cinq minutes une peu longues. Ca a sublimé un dimanche pourri sous la pluie. Un vrai prisme des USA 1960-75
Charlotte28
Charlotte28

209 abonnés 2 947 critiques Suivre son activité

3,5
Publiée le 2 décembre 2019
Une œuvre fleuve, assurément, par sa durée et par sa volonté de saisir non seulement l'élévation mais aussi la déchéance d'une caste mafieuse et par extension de son traitement à l'écran. En cinéphile averti Scorsese égrène les références, jouant avec les codes du genre dans un rythme enfiévré. Son emblématique casting convainc sans faire néanmoins d'étincelles, notamment lors des scènes d'action pour lesquelles une citation d'un certain Roger Murtaugh semble tout à fait pertinente, et malgré le rajeunissement numérique qui ne saurait les ramener quarante ans en arrière... La biographie des héros souffre en outre de certaines redites qui alourdissent le propos. Ambitieux mais inabouti.
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