Un casting de haut vol pour un film visionnaire pour l'époque, avec un scénario et des images toujours aussi magnifiques qui rappellent assez " Blade Runner " !
J'irais pas jusqu'à dire que c'est un chef d'œuvre mais pour l'époque, la mise en scène et surtout les plans sont assez révolutionnaires. J'ai bien aimé le personnage principal qui est le typique anti-héros attachant. Le scenario n'est pas spécialement incroyable mais il y a deux ou trois petites choses sympas. BO aussi efficace et en accord total avec les diverses scènes. Cependant, j'ai trouvé "Strange Days" beaucoup trop long et assez répétitif. Il y a aussi pas mal de caricatures et le reste du casting n'est pas foudroyant. Je me suis pas mal ennuyé sur la deuxième partie du film et la fin est un peu décevante. Dans l'ensemble, ça reste correct et je dirais que c'est tout juste dans la moyenne. À vous de juger maintenant. 10/20.
Nous immergeant dans un monde dystopique aux errements contemporains, l'intrigue suit avec dynamisme l'enquête personnelle menée par un anti-héros usitant les failles du système, tant politique que mental. Rendant clairement compte de l'atmosphère néfaste de cette quête virtuelle palliant les manquements d'une réalité morne, le récit pâtit de quelques facilités ou attendus scénaristiques mais atteint ses objectifs de mise en scène nerveuse. Un film SF réussi.
Quelques longueurs avec spécialement un début qui peine et des acteurs assez classiques. Beaucoup de personnages sont présentés avec chacun leur histoire et des pistes possibles. On s'y perd un peu. Ensuite l'oeuvre gagne en intérêt avec un bon rebondissement même si l'histoire est parfois un peu facile. Le film s'avère posséder une bonne mise en scène et des décors réussies donnant un bel effet punk. Le temps a fait vieillir l'ensemble malgré des élans visionnaires.
La Saint Sylvestre à Los Angeles sur fond d’émeutes et de répressions raciales violentes (directement inspirées de celles qui ont eu lieu suite à l’affaire Rodney King). Cette mégalopole post industrielle atteint le paroxysme hystérique de notre civilisation de consommation avec comme seuls moteurs le fric, le sexe, la drogue et toutes les violences qui vont de pair. Cette plongée apocalyptique très physique tourne autour du regard de l’autre à travers la réalité procurée, vendue comme une marchandise, permettant une participation passive appelée « play back » dans le film. Au milieu de ce deal de voyeurisme sexe et meurtre, trois personnages nouent des relations égarées du théâtre antique : Angela Bassett protège et aime le dealer (Ralph Fiennes) qui aime la chanteuse (Juliet Lewis) qui en aime… Qui au fait, à part elle-même ? De ce scénario foisonnant et brillant, signé James Cameron, Katheryn Bigelow tire un film enlevé, soutenu par un choix musical pertinent, une photographie (de Matthew F. Leonetti) très brillante et toujours lisible, malgré le rendu très étouffant du désordre permanent. Mais pas que. Derrière la réflexion politique et la violence des images, se trouve par moment des respirations sensibles et touchantes, comme lorsque Mace (Angela Bassett) exprime tendresse et sensualité à l’égard de Lenny (Ralph Fiennes), ou lorsqu’elle reproche à Lenny de perdre la raison par amour pour Faith, alors qu’elle fait de même par amour pour lui, mais surtout lorsque Faith, la rock star, chante du P.J. Harvey… en play back bien sur. Curieusement snobé des deux côtés de l’Atlantique (160 000 entrées un France), STRANGE DAYS est le premier grand film de Katheryn Bigelow ou elle fait preuve d’une direction d’acteur de haut niveau, jusque dans les petits rôles, et une aptitude évidente à faire du cinéma physique et charnel, éprouvant pour le spectateur. A voir pour toutes ses qualités, mais aussi pour mieux comprendre pourquoi la cinéaste s’est « engagée » dans DETROIT 22 ans plus tard.
Strange Days fait impression quinze minutes avec son univers visuel et sonore cyberpunk plutôt attrayant, entre Matrix et le Cinquième élément. Néanmoins, une fois ses quelques gimmicks évacués (les séquences à la première personne étant les plus voyants), Strange Days s'englue dans un scénario sans queue ni tête que les personnages, de façon significative, doivent constamment expliquer dans de pénibles dialogues. L'écriture est bâclée, comme en témoigne le sous-texte politique -- ancré dans les émeutes de Los Angeles de 1992 -- employé à des fins purement décoratives pour une histoire d'amour à laquelle on ne croit pas une seconde. Ce qui finit de plonger Strange Days dans le caniveau, enfin, c'est son absence totale de questionnement sur l'hyper-violence qu'il représente. Quel navet-- et interminable, en plus !
Maladroit et bordélique ce thriller d’anticipation écrit par James Cameron et réalisé par Kathryn Bigelow brasse des thèmes très variés passant à une technologie permettant de vivre des souvenirs par procuration à des émeutes raciales sur fond de nébuleuse et poussive enquête policière. Un long-métrage sous courant alternatif où les bonnes séquences se heurtent à de trop nombreuses maladresses pour convaincre et ce malgré les idées pertinentes émaillant le récit.
grand amateur de réalité virtuelle et détenteur d'un casque, ce film datant pourtant de 1995 offre un aspect précurseur d'un voyage à 360°, même si ici la technologie est davantage évoluée. Le trio d'acteurs Fiennes, Basset et Lewis s'en sort très bien et le film n'a pas pris une ride. Un suspense haletant, des moyens avec des scènes de figurants impressionnantes et une maîtrise de la caméra impressionnante. Content de ma séance de rattrapage...
Un assez bon film de science-fiction et d'action, assez original, qui s'est sans doute un peu inspiré de Total Recall. Pas grave, on ne lui en veut pas, car il a sa propre histoire.
Mêlant thriller classique et film d'anticipation, "Strange Days" se déroule dans un futur proche baigné dans la violence et le chaos comme dans "Blade Runner" et "Robocop". Le scénario en lui même n'a rien d'extraordinaire, on devine assez vite la fin de l’enquête, mais c'est surtout le contexte fortement inspiré de l’affaire Rodney King et des émeutes qui suivirent en 1992, ainsi que le propos déjà très en avance sur son temps (on sent la patte de James Cameron) qui évoque à la fois le rôle des médias, de la police et de nos propres rapports avec la technologie qui font que ce film vaut le détour. (Bien)
La nuit, la crasse omniprésente, la foule, les coups qui pleuvent et marquent. Un film coup de poing, long, baignant dans la douleur à ne pas mettre entre toutes les mains .......
Les portes. Ambiance de fin de siècle, ambiance de fin du monde. Strange Days est typique de son époque. En très gros, nous sommes le 31 décembre 1999, donc dans un futur proche. Un petit magouilleur traficote des enregistrements clandestins. Que sont donc ces enregistrements ? Ce qu’a vu, entendu et ressenti celui qui a enregistré. Un genre de vidéos ultra-immersives qui place le spectateur littéralement dans la peau du personnage/acteur/réalisateur. On peut s’en douter, la dérive est vite arrivée et tout et n’importe quoi circule sur le marché. Du snuff d’un nouveau genre en somme. Notre petite frappe va tomber sur l’enregistrement compromettant qui a un fort potentiel explosif. La première séquence du film donne le ton. Filmée en caméra subjective, elle nous place au cœur d’un braquage. On y est, tout le film reposera sur l’immersion du spectateur et il questionnera les moyens dont dispose le cinéma pour placer le spectateur au centre de l’action. Il interrogera aussi les limites de ce qu’on peut montrer et la question morale de la dichotomie fiction/réalité. En gros, pourquoi accepte-t-on un récit d’atrocités dès lors qu’il est estampillé « fictionnel ». Ou encore la bonne vieille question qui taraude le créateur et la censure depuis la nuit du cinéma (et pas que) : le cinéma est-il l’exutoire des pervers ? En toile de fond, et on reconnaît bien là le travail de Bigelow, les conflits raciaux aux Etats-Unis. Cette nuit américaine d’anticipation semble être la réalité de 2020, notamment concernant le sujet des violences policières. Pour ce qui concerne le récit, tout fonctionne très bien. Le rythme est haletant et l’intrigue réserve son lot de surprises jusqu’à la fin. L’interprétation est plutôt bonne, en particulier une incendiaire Juliette Lewis. L’accompagnement musical est d’époque et envoie du bois. En bref, tout ceci est fort recommandable à celui qui saura faire abstraction d’une image peut-être un peu vieillotte.
"Strange Days" reprend l'idée de base de "Brainstorm" : un appareil permettant d'enregistrer des situations pour les revivre a posteriori. Mais le scénario prolonge ce concept pour l'intégrer dans un polar sombre, au sein d'un LA ravagé par le chômage et la criminalité. Le film parvient ainsi à rendre une ambiance cyberpunk, malgré le fait qu'il n'y ait que des bribes de SF. L'ensemble bénéficie également d'une belle équipe d'acteurs : Juliette Lewis en chanteuse paumée, Tom Sizemore en privé détraqué, Vincent D'Onofrio en flic pourri, ou Ralph Fiennes en dealer débrouillard mais peu solide. En outre, la réalisation de Bigelow est maîtrisée. Les séquences à la première personne auraient pu être grotesques, mais elles sont ici prenantes et techniquement réussies (notamment le plan séquence du début). Et tout comme dans "Point Break", les quelques scènes d'action sont très efficaces. En somme, un film de SF méconnu mais réussi.
Depuis “Démineurs”, Kathryn Bigelow a atteint une notoriété qui n’était pas acquise si on en juge par sa carrière relativement limitée de réalisatrice (9 films en 30 ans). A l’aube du deuxième millénaire aidée de son ex-mari James Cameron, spécialiste du film musclé d’anticipation, elle se lance dans l’aventure de « Strange Days » qui au-delà de prévoir un futur proche assez apocalyptique, concentre son propos sur la faculté offerte grâce au procédé SQUID de faire revivre à n’importe quel quidam les sensations ressenties par un autre lors de la réalisation d’un exploit. Une idée assez géniale qui permettrait de pouvoir se mettre en lieu et place d’un marathonien en train de battre son record ou d’un alpiniste domptant l’Evesrest . Ainsi chacun pourrait au cours de son existence goûter à tous les plaisirs et toutes les émotions. Une bonne manière de pouvoir démocratiser certains loisirs inaccessibles. Mais comme toujours c’est le glauque qui fait immédiatement recette et Lenny Nero (Ralph Fiennes) ex-flic reconverti l’a bien compris qui propose à une riche clientèle déjà repue de sensations fortes de s’offrir de l’adrénaline et du sexe à bon compte à partir de clips montés de toute pièces. Partant de cette idée de base aux moult possibilités scénaristiques, Bigelow nous offre une course poursuite haletante dans un Los Angeles qui peut-être vu comme une préfiguration de celui décrit par Ridley Scott dans son fameux « Blade Runner ». « Strange Days » n’a pas la froide poésie de « Blade Runner » inspirée par la photographie bleu acier de Jordan Cronenweth et la bande son aérienne de Vangelis qui laisse deviner une société où l’humain n’a plus vraiment sa place. Chez Bigelow le système n’a pas encore été jusqu’au bout de sa décadence pour passer à l’étape suivante où les machines régiraient les comportements quotidiens. C’est donc une image syncopée sur les rythmes endiablés de Deep Forest et de Shunk Anansie qui nous emmène dans les tréfonds d’une mégapole en fusion où les repères disparus conduisent l’homme vers une destinée que l’on pressent sombre. Bigelow marie à merveille le film d’anticipation avec le thriller pour notre plus grand plaisir même si quelques fois Ralph Fiennes semble un peu en sur régime au contraire d’une Juliette Lewis ou d’une Angela Bassett tout à fait raccord avec l’esprit de la vision allumée d’un James Cameron décidement très à l’aise dans la restranscription cinématographique de la science fiction. Une très belle réussite qui montrait la capacité de Kathryn Bigelow à s’affronter à des projets ambitieux.
Un film qui n’a clairement pas eu le renommé qu’il méritait. Sûrement parce très sombre. Pour moi il est un exemple frappant (avec Seven dans un autre genre) d’un cinéma de fin de siècle, extrêmement pessimiste où les êtres humains ressemblent à des pantins qui collectivement courent à leur perte. Kathryn Bigelow prouve une nouvelle fois sa maestria à la mise en scène, et signe un excellent film d’anticipation en extrapolant des sujets brûlants de la société américaine et toujours d’actualité. Elle a d’ailleurs repris récemment le thème des tensions raciales dans l’excellent Détroit. Le casting a de la « gueule ». Dommage que le final ne traîne un peu en longueur inutilement sinon s’eût été parfait.