Critique du film 28 ans plus tard
En tant que fan de la première heure des films 28 jours plus tard et 28 semaines plus tard, j’attendais cette suite avec impatience depuis des années. La scène finale du second opus, se déroulant à Paris, laissait présager une pandémie mondiale incontrôlable… et pourtant, 28 ans plus tard prend une direction totalement différente — et franchement déroutante.
Plutôt que de suivre la logique d’une propagation globale, le film nous plonge sur une île isolée, présentée comme le seul endroit encore contaminé. Le reste du monde, lui, semble intact. Mais là où ça coince, c’est qu’on ne nous donne aucune explication claire : pourquoi l’infection ne s’est-elle pas propagée ? Comment a-t-elle été contenue ? Ce manque de contexte affaiblit la crédibilité de l’univers et laisse un goût d’inachevé.
Dès les premières scènes, les effets visuels déçoivent. Oui, il y a du sang, du gore, de l’action, mais rien de marquant. Certaines scènes sont même visuellement gênantes — pas à cause de l’horreur, mais à cause de la mauvaise qualité des CGI ou de la mise en scène. L’introduction donne l’impression d’un film bâclé, loin du réalisme brutal qui faisait la force des deux premiers.
Le scénario, quant à lui, est d’une faiblesse inquiétante. Il tient à peine debout, comme s’il avait été griffonné à la va-vite. Tout est prévisible : on devine dès le début comment l’histoire va évoluer, sans aucune vraie surprise ni tension dramatique. Cela empêche toute immersion et enlève tout l’impact émotionnel que le film aurait pu avoir.
Et pourtant, tout n’est pas à jeter. L’esthétique globale est réussie : certains plans sont superbes, l’ambiance post-apocalyptique reste soignée, et la photographie est parfois impressionnante. Les personnages, bien que peu développés, tiennent la route, et les acteurs livrent des performances honnêtes. Mais là encore, ce n’est pas suffisant pour sauver le film.
Un détail m’a particulièrement sorti du film : l’ajout d’un groupe de survivants aux capacités quasi surhumaines, façon Yamakasi. Des acrobaties à outrance, des sauts improbables… cela tranche complètement avec le ton réaliste et désespéré des précédents volets. Ce choix artistique casse l’immersion et fait presque tomber le film dans le ridicule par moments.
En conclusion
28 ans plus tard est une vraie déception. Loin de prolonger l’univers dense et oppressant des premiers films, il choisit une voie étrange et mal expliquée. Malgré une belle direction artistique et un casting solide, le film souffre d’un scénario faible, de scènes prévisibles, et d’un manque de respect pour la cohérence de la saga. Un retour raté, qui laisse un goût amer pour les fans de la première heure.