Presque trois décennies après le coup de génie 28 jours plus tard (2002) et sa suite honnête 28 semaines plus tard (2007), l’univers des infectés fait son retour. Mais cette fois, 28 ans plus tard ne ressuscite rien d’autre qu’un cadavre vidé de toute âme, de tout propos, et surtout de toute innovation.
On pouvait espérer une vision adulte et profonde, actualisée du chaos viral. Au lieu de cela, on assiste à une sorte de fan-fiction sous stéroïdes, qui recycle sans âme tout ce que la franchise avait déjà dit — mais en moins bien.
Le film commence sur des bases prometteuses : un monde encore hanté par le virus, une nouvelle génération confrontée aux erreurs du passé, et une société en ruines. Mais rapidement, le scénario se perd dans des clichés éculés : médecins fous, militaires sadiques, rebelles idéalistes — tout y est, sans la moindre nuance.
L’intrigue se contente d’accumuler les scènes de survie, les flashbacks mal intégrés, des vues 360, et les dialogues lourds de pathos creux. Il n’y a aucune tension durable, aucune montée dramatique, aucune réflexion sur la condition humaine ou la mémoire collective du traumatisme, pourtant au cœur du premier film.
Ni charismatiques ni crédibles, les nouveaux personnages peinent à exister à l’écran. Le protagoniste principal, censé représenter une nouvelle voix, est si plat qu’il semble lui-même contaminé par la torpeur du scénario. Les seconds rôles ? Des coquilles vides aux réactions incohérentes, servant uniquement à nourrir le compte de morts ou à délivrer des monologues pseudo-profonds sur la « résilience de l’humanité ».
Danny Boyle nous avait habitués à un style nerveux, presque documentaire, avec une caméra fiévreuse et une photographie crue. Ici, on sent la volonté de coller à l’esthétique d’origine, mais sans conviction. Tout semble artificiel, calculé, et surtout épuisé. Même la bande-son, autrefois si marquante, devient ici un bruit de fond générique.
Pourquoi ce film existe-t-il ? C’est la vraie question. 28 ans plus tard semble avoir été conçu uniquement pour exploiter une nostalgie facile, sans jamais se demander ce qu’il avait encore à dire. L’univers aurait pu évoluer, questionner notre monde actuel, explorer d’autres angles (la mémoire, la transmission, la mutation du virus), mais non : il préfère se vautrer dans la redite paresseuse.
28 ans plus tard n’est pas un désastre parce qu’il est mal réalisé (techniquement, il tient debout), mais parce qu’il est vide. Vide d’émotion, vide d’enjeu, vide d’intelligence. C’est un film qui ressemble à un zombie : il bouge, grogne, attaque, mais sans cerveau derrière.
À fuir, ou à regarder uniquement si vous avez 28 ans à perdre.