50/50, c'est un titre assez pratique. S'il désigne les chances du survie du personnage principal, c'est aussi l'exact dosage entre comédie et drame. Et malgré quelques fautes de goût, à vouloir trop en faire d'un côté comme de l'autre, c'est un sans-faute quand le film reste en équilibre. Désamorcer l'horreur de la maladie par l'humour et l'amour, c'est une excellente idée. Les petites productions indépendantes américaines en sont friandes. Musique pop. Beauté des paysages (bon, pas là, ça se passe en ville). Douce mélancolie. Vous voyez le tableau. Quand la maladie sonne à la porte, évidemment rien n'y prépare. On croit que ça n'arrive qu'aux autres. Jusqu'au jour où le couperet tombe. Les médecins, pour qui le patient n'est qu'un patient parmi tant d'autres (je ne suis pas assez cynique pour parler de client), manquent d'humanité, de pédagogie. Heureusement, il y a la famille et les amis. Du moins, l'ami. En l’occurrence, Seth Rogen qui, en bon copain obsédé sexuel, en fait justement des caisses. Ce qui le rend particulièrement agaçant. Mais aussi attachant quand il ferme sa bouche. C'est là où on se rend compte que les vrais amis se comptent sur les doigts de la main et que rien ne remplacera un bon pote qui s'inquiète pour vous, même au milieu de la nuit, avec ses qualités et ses défauts. La relation avec les parents est également très bien décrite entre une mère poule (et même si ça peut paraître lourd, je trouve qu'il vaut mieux ça qu'une mère absente) et un père victime de la maladie d'Alzheimer donc dans son propre monde. Il y a de l'espoir dans 50/50 grâce aux autres malades qui vont se soutenir, grâce aux visites rendues chez la thérapeute encore étudiante. Des moments de doute et d'angoisse car s'il y a cinquante pour cent de chances de s'en sortir, il y a aussi cinquante pour cent de chances d'y rester. Et quand on a la vie devant soi, c'est forcément injuste. Sans pathos excessif, j'ai suivi avec plaisir, bien que le terme soit mal choisi, le parcours du combattant de ce malade qui affronte les aléas de la vie non pas en se morfondant sur son sort (ce qu'on aurait tous tendance à faire) mais en s'appuyant sur ce qui fait la beauté d'être en vie.