Enorme claque que ce film! Les acteurs sont excellents, l'ambiance familiale écrasante bien retranscrit sans en faire des tonnes, l'ensemble de la mise en scène est vraiment bien faite. A voir.
Si on veut déprimer ce film est parfait. En effet, nous voilà dans la vie d'un adolescent entraîné passivement dans un milieu pourri où tout est instable. La mise en scène minimaliste renforce l'aspect très froid du film qui se veut antipathique. Ici, on voit dériver la vie de notre protagoniste passant de l'enfant couver à un animal essayant de survivre comme il peut dans une jungle remplie de prédateurs. Quoiqu'il en soit le pari est réussi pour le réalisateur.
Très bon film, noir, violent, terrifiant de part certains protagonistes (Jacki Weaver majestueuse en mante religieuse familiale), scénario et mise en scène brillante, acteurs justes. À voir absolument.
Josh est un lycéen de Melbourne qui perd subitement sa mère. Il est alors pris en charge par le reste de sa famille, dont il va devoir intégrer les activités exclusivement criminelles... Pour son premier long-métrage, David Michôd livre un mélange original et de polar et de drame familial. En effet, l'aspect criminel de l'intrigue passe très souvent en second plan (voire est totalement éludé), servant davantage de chape qui pèse sur cette famille pas comme les autres, dirigée par une matrone hypocrite et suivie de près par la police. Cela permet de se centrer sur l'aspect dramatique, et de s'attacher aux personnages sans voir directement leurs basses besognes. On y verra ainsi des profils complexes, dont les interactions sont rarement saines : un jeune homme paumé qui veut être loyal à sa famille mais demeure conscient de son instabilité, un oncle en apparence amorti mais en réalité psychopathe violent, un oncle excité qui carbure à la drogue, ou un ami de la famille beaucoup plus posé qui commet des erreurs de jugement. Tous très bien interprété, notamment par Joel Edgerton et Ben Mendelsohn (ce dernier percera d'ailleurs aux USA avec ce rôle). A noter également, la présence de Guy Pearce, très convaincant en policier honnête. Ce cocktail toxique sera décrit à travers un scénario bien construit, et une mise en scène froide mais habile, pour ce drame familial pas comme les autres.
Sombre, froid, parfaitement maitrisé, ce polar atypique décrit parfaitement les liens toxiques de cette famille de criminels. La violence est filmée avec distance pour céder sa place à la violence psychologique. Le peu d'action occasionne quelques longueurs mais les dialogues sont passionnants.
Drame familial sobre, sans artifice, sans empathie et sans émotion aucune, comme si le réalisateur ne souhaitait pas que l'on attache aux personnages. Sur le papier le synopsis était en béton, sauf que le film manque vraiment de rythme et ne me laissera pas un souvenir impérissable.
Récit initiatique âpre, ce drame familial sis dans un monde de malfrats condense les différentes étapes de l'apprentissage ou du dégoût de la vie criminelle dans une narration efficace, sachant placer ellipses ou enchainements causals implicites. Doté d'une mise en scène dynamique transmettant la nervosité ambiante, le récit laisse percevoir les motivations individuelles sans surcharge de dialogues ou d'explications mais échoue à attiser de l'émotion malgré les prestations justes du casting. Tout en usant des thématiques traditionnelles du genre (loyauté, importance clanique, honneur, violence...), le scénario adopte une approche réaliste sans manichéisme ni idéalisation - jusqu'à cette fin frappante! Une itération de qualité!
Un drame sobre et pesant qui manque malheureusement de rythme. La performance de l’acteur principal n’aidant pas non plus. En effet, ce dernier est aussi expressif qu’une brique durant près de deux heures. Un film assez quelconque finalement, je n’ai pas du tout compris pourquoi il a suscité autant d’engouement.
Un polar australien, rugueux et solide d’où ressort une violence latente, avec des personnages baignant dans une tension psychologique constante, filmé avec une grande maitrise, refusant une violence grandiloquente pour préférer un traitement d’une âpreté feutrée qui rend cette histoire encore plus oppressante et lourde de sens.
Film très attendu avec des critiques dithyrambiques... En effet voilà un film de gangster innovant, solide et efficace. Vu par le regard d'un nouveau venu dans la famille l'histoire commence directement en nous mettant dans le bain puisque la première bonne idée est de commencer le film dans une période où la famille est déjà en difficulté. Outre le casting impressionnant de qualité il faut saluer Jacki Weaver la matriarche qui fait carrément froid dans le dos. On est pas loin du chef d'oeuvre mais la fin est un poil trop facile. Cependant la tension toujours contrôlée et la violence aussi froide que réaliste valent le détour. Inconstestablement le meilleur polar de ces derniers mois.
Rares sont les grands polars aux accents de tragédie grecque sur nos écrans en ce moment. Animal Kingdom en fait partie et c'est une excellente surprise. La première scène donne le ton d'entrée imposant une ambiance angoissante et fascinante nous prennant alors jusqu'à un dénouement inattendu et glaçant. Glaçant le film l'est d'ailleurs dans son ensemble. Sous des allures lambdas les Cody vont nous faire vivre les affres et douleurs d'une famille de gangsters déchirée à la fois par la trahison et la traque policière. Mise en scène brillante et scénario efficace nous offrent une histoire dure, sans jugement ni parti pris, d'une grande froideur malgré l'apparente unité des personnages. La violence des scènes de meurtres, sèche et à chaque fois inattendue, n'est rien comparée à la violence des sentiments exprimés ou non. Le tout est couronné par une interprétation hors paire. Les acteurs incarnant les trois frères sont très convaincants, tout comme Guy Pearce en flic. Le jeune James Frecheville dont c'est la première apparition à l'écran, est parfait pour le rôle. Une partition quasi muette mais qui exprime beaucoup et donne à l'ensemble un semblant d'humanité. Ce sentiment que l'on pensait trouver chez la mère, magnifiquement interprétée par Jacki Weaver (nommée aux Golden Globes et à l'Oscar du second rôle) mais qui s'avèrera bien vite être le personnage le plus terrifiant de toute la petite famille. On ressort de là un peu sonné voir perturbé par une histoire forte, à la fois belle et sordide, polar et drame familial. Un coup de maître pour un coup d'essai, David Michôd réalisant là son premier long métrage. Un film puissant et sans concession aussi réussi sur la forme que sur le fond.. Très efficace. A voir.
Chaque année, la période du Festival de Cannes permet de voir quelques films en provenance des Antipodes : Australie, Nouvelle Zélande. Chaque année, on constate que la plupart ne sortent jamais dans notre pays et on le regrette car la plupart sont excellents. Avec "Animal Kingdom", premier long métrage de David Michôd, pas de chance, c'est un des films australiens les plus médiocres qu'il m'ait été donné de voir que les distributeurs ont introduit dans nos salles : un film maniéré, des ralentis chichiteux, une "musique" d'une grande médiocrité, dire qu'on s'ennuie est un euphémisme ! Et pourtant, ce film a été couvert de lauriers dans un grand nombre de festivals, un peu partout dans le monde. Je ne l'ai pas aimé, je n'ai pas aimé "Drive" qui remporte un grand succès dans l'hexagone et cela m'amène à me poser quelques questions : je me demande si les séries américaines, que, pour diverses raisons, je ne regarde jamais, n'ont pas modelé petit à petit les goûts des jurys de festival, des critiques et du public vers une facture qui ne me convient pas. En effet, j'étais plutôt fan des thrillers américains dans le passé et il s'avère que les plus récents ont une fâcheuse à m'ennuyer profondément. "Animal Kingdom" n'est pas américain, mais australien, me direz vous. Certes, mais il me semble avoir une facture très américaine et je ne serais pas étonné de voir David Michôd s'exiler aux USA d'ici quelque temps.