Pesons le pour et le contre: D'un coté la photographie et, à travers elle, l'image qui nous ait donné des années 50, est splendide mais le rythme bien trop lent de la narration fait que, dès qu'on a fini de s'émerveiller devant ces belles images, on commence à s'ennuyer. D'un autre coté, l'histoire est très émouvante et les interprétations de Firth et Moore sont d'excellente qualité mais la fin galvaudée est décevante, une fin tragique aurait été plus bouleversante que ce happy end conventionnel.
Depuis sa sortie, j'ai voulu voir ce film dont on m'avait vanté la puissance esthétique et émotionnelle. D'autant plus que ma curiosité avait été piqué au vif quand j'avais su bien avant sa sortie, que Tom Ford, très célèbre styliste de grandes maisons de coutures, mettait en scène un film. J'ai donc attendu tout ce temps, faute de l'avoir vu sur grand écran. Et je ne suis absolument pas déçu. Pour son premier film, Tom Ford se révèle un (très) grand metteur en scène. Le travail sur le cadre, les mouvements de caméras et la lumière sont superbes. Rien à dire, la beauté est au rendez-vous. L’œil avisé de Tom Ford exploite à merveille toute la technique cinématographique pour nous livrer une œuvre qui de bout en bout est esthétiquement abouti. Chaque plans laisse le spectateur le temps de découvrir les nombreux détails du décor et des costumes, ce qui donne une grande sensation de réalisme. Nous sommes totalement plongés à l'orée des années 60. Reconstitution réussie. Le choix des morceaux de la bande originale n'y sont également pas étrangers (à noter un morceau méconnu de Serge Gainsbourg). Mais, à contrario des détracteurs du film, je pense que ce film n'est pas qu'un magnifique écrin vide. De nombreux sentiments m'ont traversés au gré des états d'âmes de Colin Firth (George). Ce dernier réussit, sur un script minimaliste mais subtile et maîtrisé, à nous livrer une interprétation hypersensible qui fait que l'on s'identifie facilement au personnage et que l'on partage sa peine et son profond désarroi, dès la première scène d'ouverture...La force du jeu de Colin Firth et les émotions qu'il transmet ne peuvent que passer parce que derrière la caméra se trouve un réalisateur qui sait saisir les émotions les plus subtiles, celles qui se cache dans les longs silences, dans l'intensité des regards ou dans des sourires esquissés... La beauté naît aussi de ces moments là et de dialogues et monologues en voix off diablement profonds sur l'absence de celui qu'il a aimé et qui n'est plus là... Tom Ford sait aussi magnifier les corps (ce qui serait un comble si ce n'était pas le cas). Puis de cette indicible sensation de lenteur, qui traduit le temps qui peine à s'écouler dans ce vide qu'est devenu l'existence de George sans son amour perdu à jamais, naît des moments très sensuels. Des plans magnifiques: l’œil de Julianne Moore, entrain de sa maquiller, dans le reflet du miroir; le dos de Potter (l'étudiant) sur la plage, le corps de Colin Firth entrain de "couler" ou encore le travelling remontant doucement des pieds à sa tête, lors de la dernière scène du film... Ces moments de beauté, et il y en a de nombreux autres, font aussi ressentir cruellement l'absence et le vide laissé par l'amour disparu, tout comme ils font aussi renaître l'espoir d'un autre demain et peut-être d'un autre amour... Car c'est avant tout un déchirant film d'amour, même si cet amour n'existe plus que dans la mémoire de George. Comme le dit Potter à George: "Vous êtes romantique!". J'en conclu donc que Tom Ford est un grand romantique et un grand nostalgique, et que la mélancolie de George, formidablement jouée par Colin Firth, est peut-être un peu la sienne...
Le deuil, la solitude par Tom Ford qui au passage aborde l'homosexualité dans l'Amérique puritaine des années 60. Les acteurs sont trés justes, les dialogues sont trés profonds. Un trés beau film.
Un film visuellement parfait (enfin presque !). Le montage est efficace, la photographie est agréable, la b-o colle parfaitement aux images, le casting est irréprochable... Je regrette juste un scénario assez prévisible et lent, heureusement il ne manque pas de profondeur et d'intelligence. Une petite surprise.
Décidément ces temps-ci la romance "gay" se banalise sur grand écran : après "I love you Phillip Morris" voici "A single man". Mais alors que Glenn Ficara et John Requa la jouaient kitsch, midinette et carcérale, Tom Ford la joue intello-chic et nostalgique, et c'est beaucoup moins réussi. Tout est beau dans le monde du styliste qui voulait à l'origine être plutôt acteur ou architecte d'intérieur : beaux jeunes gens, magnifiques demeures, belles voitures etc, mais il s'agit plus d'esthétisme que d'esthétique (nombreux effets en forme de symboles, lourdement soulignés), et le primat donné à la forme nuit gravement au fond - l'impossibilité de faire son deuil social d'une passion interdite : l'homosexualité est encore universellement condamnée en 1962, même en Californie, et même dans un milieu favorisé et intello. Reste au crédit de cette première réalisation l'interprétation, digne d'éloges de façon générale, et spécialement celle de Colin Firth, sobre, digne, remarquable en tous points (et donc justement distinguée à la dernière Mostra).
j'ai trouvé ce film très élégant, raffiné, esthétique. Colin Firth y est pour beaucoup ...De beaux décors, une belle lumière. J'ai beaucoup aimé la réalisation et le montage, ces scènes "souvenir" sont parfaitement intégrées. Un très joli film tout en pudeur .. classieux
Réalisation soignée, sujet délicatement traité, film globalement très beau dans les images et dans la mise en scène, mais c'est excessivement ennuyeux.
Très spécial dans sa conception, le film porte un message maitrisé de bout en bout. En revanche certaines scènes sont caricaturales et le rythme est lent par moment.
Toute la beauté de ce film est dans sa photographie (vraiment extraordinaire). Le jeu de Colin Firth vaut le coup. Apres, il s'agit d'une histoire lente et mélancolique.
Long, lent, esthétique, trop esthétique. Tom Ford semble avoir séduit la presse, l'incompréhension me gagne, et, tandis que je traque les aspects positifs de ce film, seules les critiques surgissent. Tout a été fait pour impressionner nos petits yeux de spectateurs faciles à berner, d'effets stylistiques risibles (ovation aux changements de couleurs fades/fortes pseudo-métaphoriques), acteurs en vêtements haute-couture, propos se voulant profonds, mais qui ne nous offrent qu'une heure quarante de rien intersidéral aux relents de publicité pour parfum. Les flashbacks sont abominables de stupidité, chaque scène rend un peu plus incrédule, la drague entre le professeur et l'étudiant Apollon est tout simplement insoutenable de ridicule, les clichés se mêlent à un scénario vide à souhait, pour une "œuvre" finalement très académique, où l'émotion est incapable de poindre. Et alors, nous voici devant deux solutions : se faire avoir par l'emballage très prétentieux de "Grand Cinéma d'Auteur" et appuyer ce qu'on a trouvé chiant à mourir, ou avouer que, si on a pas retenu grand-chose de A Single Man, c'est parce qu'il n'y a finalement rien à comprendre. Tout est inutile, personnages et pseudo-réflexion, tout s'oublie très vite. D'ailleurs, je l'ai vu il y a deux jours, et je ne me souviens déjà plus de la fin.
Il y a du style et Colin firth assure une prestation solide ce qui rend le film agréable à suivre. Cependant le scénario parait un peu juste ce qui oblige le réalisateur à meubler ...
Suicide, n. m. : action de causer volontairement sa propre mort.
D'après Cioran, on ne peut apporter à l'encontre du suicide que ce type d'argument : celui de n'avoir pas tout lu, tout vu, tout compris ou tout explorer. Échéance à sans cesse repousser.