Voici un nouveau départ pour les mutants de X-Men, orchestré par le très créatif Matthew Vaughn. Nouveaux acteurs, nouvelle époque, le film s’inscrivant dans la catégorie des préquels, et remise à niveau des bases de la trilogie initiale. Le cinéaste britannique succède ainsi à la Brian Singer, papa de la franchise, et à Brett Ratner, pour offrir un réel second souffle à une saga qui n’avait semblait-il plus grand-chose à offrir. Le talent de metteur en scène de Vaughn, pour rappel auteur de Layer Cake ou encore Kick-Ass, et la prestance d’acteurs tels que Michael Fassbender, James McAvoy ou encore Jennifer Lawrence font incontestablement de First Class le film le plus abouti dans l’univers des célèbres mutants. Aussi kitsch que soigné, le film de Matthew Vaughn en impose, simplement du fait de son statut de Blockbuster intelligent, du moins respectueux de son public.
Le cinéaste, tout britannique qu’il est, de même qu’une bonne partie des comédiens engagés, donnent un air très fantasque à un film qui se veut orienter, historiquement, dans l’univers de la guerre froide, référence faite à la crise des missiles de Cuba. Décors sublimes librement inspirés des grands plateaux vintage des anciens James Bond, musique discrète mais diablement adaptée à l’époque, l’ensemble des inspirations du metteur en scène offre à son film un air efficacement rétrograde, belle reconstitution, certes burlesque, des années de terreur nucléaire. Pour autant, si le contexte historique du récit varie des œuvres initiales, il apparaît pourtant très vite que la clef de voute narrative est étroitement similaire à celles des films de Singer. Oui, il est toujours question ici de suprématie, d’évolution et de la peur que celle-ci inspire à l’homme. Je n’en dirais pas plus.
Comme mentionné plus haut, outre une excellente mise en scène, l’une des forces de X- Men First Class est bel et bien son casting de luxe. Outre l’apparition de Fassbender et McAvoy, respectivement Magneto et Professeur X en mode jeunes, tous deux excellents, l’on pourra notamment compter sur les charmes et le charisme de Jennifer Lawrence ou encore sur la présence de comédiens prometteurs tels que Nicholas Hoult, Zoé Kravitz oue encore January Jones. Mais il faillait aussi au film un méchant charismatique, rôle qui convient pour le coup très bien à l’excellent Kevin Bacon, acteur qui se fait discret mais toujours capable de coups d’éclats. Vous l’aurez compris, l’ensemble des personnages qui composent les divers intervenants sont excellents. Un réel point fort.
Pour autant, malgré les talents de Vaughn, First Class, ou le commencement, en français, ne réserve en somme que peu de surprises. S’il est bien un préquel à la trilogie orchestrée par Singer, pour information toujours quelque part derrière les productions X-Men, il apparaît dès lors très aisé d’en deviner les aboutissants, le final. Accessoirement, si la réalisation très léchée de Matthew Vaughn est un atout, elle devient parfois un handicap alors que la noirceur de certains esprits manque ici cruellement au concept. Tout est question, une nouvelle fois, de sauver le monde. Peu importe le résultat, voici que seule la manière compte réellement. Pas foncièrement gênant mais un peu facile tout de même. En gros, s’il n’est pas si original que ça, en aucun cas, X-Men First Class n’en reste pas moins un excellent divertissement, un très bel exemple à suivre pour celui qui entend relancer une franchise à la suite des échecs du troisième film et du Spin-off sur le légendaire Wolverine, ici absent des débats. 14/20