Jeannot Clémentine face à Captain Marvel (2019)
Jeannot Clémentine, c’est un homme du noir et blanc. Un homme qui aime quand John Wayne avance droit devant, quand les avions de guerre traversent un ciel filmé avec gravité, quand l’ennemi est identifiable et l’honneur limpide. Alors forcément… Captain Marvel.
Il ajuste ses lunettes. Il soupire. Il tente. « Bon… alors si j’ai bien compris… enfin non, justement, je n’ai pas bien compris. »
Pour lui, le cinéma, c’est une ligne claire : un héros, une mission, un conflit. Mais là ? Des extraterrestres verts qui changent de visage. Des guerriers bleus qui mentent. Une héroïne qui ne sait plus qui elle est. Une intelligence artificielle qui prend la forme d’une personne différente pour chacun.
Jeannot se gratte la tête. « Dans mes westerns, quand un type est méchant, il porte un chapeau noir. Ici, ils changent tous de tête ! Comment voulez-vous suivre ? » Il reconnaît pourtant une chose :
Brie Larson a du charisme. Et il aime bien ce côté années 90, les vidéoclubs, les bornes RadioShack, la musique grunge. Mais l’intrigue intergalactique ? Les Kree ? Les Skrulls ? Les souvenirs implantés ? Les manipulations mémorielles ? « Moi, déjà quand dans un film de guerre il y a trois généraux, je prends des notes… alors là, avec des planètes entières, c’est perdu d’avance. »
Et pourtant, car Jeannot a de l’humour, il conclut en riant :
« Je n’ai rien compris… mais au moins, ça change des batailles de Normandie. Et puis cette dame qui envoie valser des vaisseaux spatiaux comme Gary Cooper dégaine un revolver, ça a quand même de l’allure. »
Il retourne alors à ses classiques en noir et blanc mais pas fâché. Simplement un peu dépassé par cette galaxie trop vaste pour ses repères d’antan. Et il l’avoue avec élégance : « Ce n’est peut-être pas le film qui est compliqué… c’est moi qui suis resté en 1953. »