Dans un futur proche, le monde a subi son apocalypse. Les Etats-Unis sont en ruines, en proie à des malfrats en tous genres. Les Judges, sans pitié, sont là pour faire régner la loi au cœur de la métropole ténébreuse de Mega City One. L’un d’entre eux, Dredd, va être envoyé dans une tour située au cœur du plus misérable des districts, afin d’y arrêter Ma-Ma, grande figure du crime. Celle-ci, accusée de multiples méfaits, ferait circuler une nouvelle drogue qui permettrait de percevoir la réalité au ralenti… Nouvel épisode du comic déjà adapté au cinéma avec Sylvester Stallone dans le rôle-titre.
Le film. Lorsqu’un long-métrage arrive chez nous en direct-to-video, on peut réagir de deux manières différentes : trouver injuste de n’avoir pu le découvrir sur grand écran ou bien en apprécier davantage la saveur si peu commune… En effet, les DTV ont souvent cette particularité qui fait que les découvrir dans une salle obscure pourrait ne pas apporter le même effet lors du visionnage. Dredd ne déroge pas à la règle et nous apparait comme un film de SF unique en son genre, à l’identité forte. Peut-être serait-ce dû au comic originel – que je n’ai pas encore lu –, peut-être est-ce grâce à une réalisation particulièrement appliquée… Tout d’abord, l’extrême minutie dont a fait preuve Pete Travis pour restituer l’univers dystopique de Mega City One a de quoi interloquer. Plus qu’une simple ville décimée comme on en découvre souvent chaque année au cinéma, celle-ci s’avère véritablement réaliste. On peut ressentir que le budget non-dépensé pour le casting a bien été investi, dans les décors comme dans les effets spéciaux, de toute beauté. Aussi, l’atmosphère qui y règne a de quoi absorber le spectateur, vite fasciné par la tournure des évènements – aboutissant finalement à un huis-clos hautement divertissant. Le principe même de la nouvelle drogue s’avère particulièrement intrigante, à l’origine de plans ralentis qui parviennent à rendre magnifiques les effusions de sang et toute autre chose initialement banale dans un film d’action. Toutefois, si l’on prend en considération les nombreuses faiblesses de ce nouveau Dredd, c’est avec un certaine déception que l’on pourrait accueillir un scénario très passe-partout, qui ne demeure pas moins chanceux d’avoir eu droit à une mise en scène audacieuse pour le mettre en valeur. Comme il nous est expliqué dans les (courts) bonus, Dredd a une vision manichéenne de la vie. De fait, consciemment ou non, ce manichéisme demeure, tant dans la figure cynique et peu bavarde du protagoniste que dans les méchants fichtrement stéréotypés. Certains acteurs tiennent la route (Karl Urban, en dépit de la non-présence de dialogues chez son personnage de Judge, n’a pas à parler des masses pour disposer d’une certaine présence à l’écran) tandis que d’autres moins (Domhnall Gleeson, peu convainquant en geek au regard de caméléon). Les bonus. Rien de bien extraordinaire ne vous attendra sur ce DVD. Les quelques bonus qui vous sont proposés exploitent parfois les mêmes interviews – que l’on retrouve ainsi à plusieurs reprises – et le making-of n’est pas au rendez-vous, les seules explications étant consacrées à l’arme de Dredd et aux plans ralentis. On aurait souhaité en savoir bien davantage, après que le long-métrage ait suscité l’intérêt. Toutefois, les néophytes pourront obtenir quelques informations sur les origines du héros et quelques intentions du réalisateur… En conclusion, Dredd s’avère une intéressante découverte, sophistiquée tant par son style visuel très singulier que par une bande-originale électrisante. L’univers est immergeant et ne laisse ainsi aucune place à l’ennui. On aurait tort de se priver d’un bon divertissement.