Ce film réalisé par Michelangelo Antonioni et sorti en 1970 n'est pas mal mais je m'attendais à mieux. Comme d'habitude, face à une œuvre de ce réalisateur, je me demande toujours à la fin si j'ai adoré ou détesté et j'y ai cette fois trouvé un juste milieu car je ne le trouve finalement pas si mal mais sans plus. Un garçon contestataire et rebelle face à la société raciste et capitaliste qui l'entoure est accusé d'un crime qu'il n'a pas commis, pour fuir la police, il vole un avion et se rend dans le désert où il y rencontre une jeune fille. Bon, le film ne traite pas uniquement d'une vulgaire histoire d'amour, comme le synopsis pourrait le laisser penser et ce serais d'ailleurs très étonnant de la part du réalisateur italien qui aime bien piquer ses spectateurs mais plus d'une époque, d'une société et d'une manière de penser. Cette force de se révolter contre la société, contre une idéologie assez ancrée dans les mœurs, surtout en ce qui concerne le racisme à cette époque et surtout, les années 70, c'est la libération sexuelle, les manifestations étudiants et une liberté de penser encore et toujours plus libre et le film nous fait en très gros un condensé de tout cela. Dès le début, nous sommes confronté à un débat étudiant houleux puis plus tard à l'horreur du racisme et puis jusqu'au moment où le film contraste totalement avec le début, deux jeunes personnes dans un désert vide en train de s'amuser, tout simplement. Ce contraste est intéressant mais je trouve qu'il manque malgré tout un petit quelque chose qui rendrait le film bien mieux, peut-être que le sujet n'est pas assez poussé ou alors mieux amené car jusqu'à environ quarante minutes, on se demande où le film veut nous emmener et on n'arrive donc pas vraiment à rentrer dedans, ce qui est très dommage. Pour ce qui est de la réalisation, elle est très bonne et les derniers plans du film sont tout simplement magnifiques et sortent complètement de la réalité. Du côté des acteurs, nous avons Daria Halprin qui joue bien et Mark Frechette au destin tragique qui, lui aussi, joue bien. "Zabriskie Point" est donc un film auquel il manque pour moi quelque chose mais qui ne reste malgré tout pas mal.
Après avoir délaissé les productions purement transalpines pour aller faire un petit tour outre-Manche et réaliser "Blow Up", Michelangelo Antonioni traversait carrément les Océans en 1970 lorsqu'il nous livra "Zabriskie Point", étrange long-métrage où des approches radicalement différentes du cinéma se confrontent pour le meilleur et pour le pire. Déséquilibré et donc forcément inégal, le film peut toutefois se découper en deux parties distinctes (y compris en terme de qualité). La première, surprenante (pas dans le bon sens du terme) offre un condensé des pahmplets d'extrême-gauche très à la mode à l'époque, narrant une révolte estudiantine ayant mal tourné. La mise en scène se rapproche du reportage, le cadre étant constamment instable, le montage parfois à la limite de l'hystérie. Les discours sont formatés, l'esthétique sent le conformisme à plein nez : bref, on s'ennuie ferme. Et puis, lorsque Antonioni se lance dans une déconstruction de son récit, qu'il envoie bouler l'intrigue de base pour isoler deux personnages dans un espace vide devenant leur monde, tout prend sens. Reprenant le procédé de "l'Avventura" en lui donnant un côté plus anarchique, M.A. mène de main de maître un essai planant jusqu'à sa transition vers le final un brin hésitante. La rencontre, la séduction, le tout sans donner de repères précis au spectateur font partie des choses que le maestro savait faire passer à l'écran. La preuve une fois de plus dans cette production un peu barrée touchant occasionnellement (précisément lors de deux séquences) au sublime. Le final, d'une grande puissance (tant psychologique que visuelle) n'est pas sans rappeler dans ce qu'il entreprend celui de "L'Eclisse" : même culot et même mépris des conventions pour quelques minutes jouissives. Ce qui ressort donc de "Zabriskie Point", c'est la faculté d'adaptation d'Antonioni (et de son style) à un univers complètement différent de celui qu'il étudie habituellement. En cela, cette tentative est passionnante.
Pas un grand film. Néanmoins ce film hippie par excellence a le mérite d'aborder des thèmes très intéressants : anti-capitalisme, anti-société de consommation, forces de l'ordre corrompus et libération sexuelle dans l'Amérique post-68. La mise en scène est assez contemplatif tout en étant érotico-poétique, et c'est assez bien filmé comme souvent chez ce technicien Antonioni.
Un film superbe de Michelangelo Antonioni... Un film puissant parlant entre-autres de la société de consommation avec une maturité et une pertinence exceptionnelles, et au rythme d'une narration extraordinaire (Antonioni oblige...), très originale, et d'une grande force, racontant une histoire simple, comparable a un simple poème, avec une telle splendeur, avec tant de grandeur... Et tout cela est renforcé par une bande originale géniale, notamment composée par Pink Floyd. "Zabriskie Point" est un hymne a l'antimatérialisme d'une intensité inouïe.
Antonioni nous avait déjà habitué à des films à l'esthétique superbe et glacée, et c'est le cas ici. Il capte à merveille ce que ces décors de déserts infinis ont à offrir. Par contre, il nous avait également habitué à des films riches et pertinents, voire passionnants, et là rien de cela. L'intérêt étant absent, le film devient très vite ennuyeux. Dommage.
Pour sûr c'est un film culte. Mieux vaut fumer un pétard en le regardant et surtout ne pas chercher à savoir d'où vient la peinture ou l'essence pour repartir avec l'avion. C'est ça la magie du cinéma !
Ha voilà un Antonioni qui est un bon et beau film et surtout qui se regarde sans s'ennuyer. On a beau avoir un Italien à la mise en scène et une oeuvre très contestataire Zabriskie Point a une ambiance 100% américaine très ancrée dans la vague de la fin des années 60 et laissant deviner le cinéma pessimiste de la prochaine décade. C'est bizarre que Zabriskie Point m'ait plu alors que la plupart des autres oeuvres de ce réalisateur ne m'ont guère passionné ; là je me suis laissé emporté par Zabriskie Point. Une des forces du film ce sont les scènes dans la désert, la dernière séquence aussi est puissante. Zabriskie Point possède aussi une excellente B.O..
Je n’avais jamais vu un film d’Antonioni. Je n’ai peut-être pas choisi le bon pour commencer. Je me suis ennuyé tout le long. Le tout m’a paru terriblement daté. Je ne me suis pas attaché aux personnages et j’ai décroché assez vite du récit. Le tout m’a laissé de marbre, aucune émotion ne se dégage de ce film pour moi. Et puis c’est long et lent. Grosse déception, cela ne me donne pas envie de voir d’autres films du réalisateur.
Un film mal-aimé à sa sortie, mais qui deviendra culte par la suite, pour toute une génération post hippy. Revu en 2025, il faut admettre qu’il a plutôt mal vieillit. Quelques morceaux d’anthologie, mais beaucoup de longueurs aussi, de séquences peu intéressantes, très longues, pour permettre la mise en place de la 2eme partie qui décollera . On n’est pas au niveau des grands marqueurs intemporels de cette époque, comme « Easy Rider» , « More » ou « la Vallée ». Le must est la réalisation magistrale de Antonioni, les prises de vus à couper le souffle, en Panavision de la fameuse « Death Valley ». C’est éblouissant. Bien sûr la scène, dans le sable des mini dunes ,dans le désert, de communion, de sexe libéré, de néo-partouzes, même si avec du recul cela reste très pudique, ce qui scandalisa à l’époque est aujourd’hui bien léger, mais c’est très réussi comme une rêverie brumeuse et fantasmée, de ces multiples couples faisant l’amour dans cette plaine vallonée . Et puis bien sûr le « génie » de cette double scène final tout d’abord de l’explosion de cette magnifique villa, symbole summum du monde moderne , allégorie du libéralisme conquérant, avec une dizaine de caméras prenant le feu sous tous les angles qui sera suivi par une sorte de kaléidoscope à la Kubrick, de tous les objets représentant de la mass-consommation s’envolant dans les airs . Le tout sur la musique de Pink Floyd planante et tellement symptomatique de l’époque
Alors là, ça envoie du pâté en croûte les mecs ! Quel superbe film de gauchiste que nous avons là ! Et ben quoi, "Punishment park" (que j'avais adoré) en était un aussi, c'est quoi le lézard ? La différence, c'est que Watkins, que ses idées furent bonnes ou mauvaises, assumait sa façon de penser, ne surfait sur aucune vague et aller au bout de ses idées ne lui faisait pas faire dans ses brailles. Alors que dans le cas de "Zabriskie point", Antonioni nous sort tout le catalogue du petit bourgeois révolté en mettant en scène des personnages principaux médiocres, révolutionnaires de palais, enfants de, qui rêvaient de changer le monde mais qui se dégonflaient dès qu'il fallait vraiment aller à la castagne. S'envoyer en l'air dans le désert (même si je ne renie pas le côté amusant de l'expérience), voler tout et n'importe quoi, flinguer du flic ou être à ça d'avoir une demie molle en rêvant qu'un hôtel explose, c'étaient donc ça les méthodes pour lutter contre la société de consommation, la Droite et le capitalisme ? Il y a bien qu'à la toute fin des années 60 et au tout début des années 70 que l'on pouvait croire à des trucs pareils. Ajoutez à cela un incroyable auteurisme boursouflé tout partout confinant à ennui du tonnerre et la boucle est bouclée. Seule la bande son justifie l'étoile donnée.
Antonioni filme avec tendresse et nostalgie l'insouciance dont le désert sableux se fait métaphore (notamment dans la très belle scène de sexe) pour dénoncer le cynisme avec lequel elle se heurte à la réalité d'une société violente, inique, amère. Captant parfaitement l'atmosphère bouillonnante des revendications étudiantes révoltées (que dynamise la musique de Pink Floyd!), la mise en scène réussit à alterner entre deux univers, deux tempos, pour opposer - certes naïvement - nature et urbanité, jeunesse et monde adulte. Bien que peu vraisemblable, l'intrigue inspirée d'un fait divers vise à l'impressionnisme en s'attardant sur les sensations, les émois, les déceptions d'un touchant duo. Désenchanté...
Film de Michelangelo Antonioni que j'ai là trouvé assez moyen , faute peut-être de l'avoir totalement compris , où il proposait une vision de l’Amérique de l'Epoque via une mise en scène originale et esthétique , notamment concernant deux scènes , l'une dans le Désert et l'autre via l'explosion finale , rêvée , filmée au ralenti ! Ceci dit , la bande originale est sympa avec notamment les Pink Floyd !
Les décors sont magnifiques, les couleurs somptueuses. C’est très joliment filmé. Mais quelle vacuité. Ça ne raconte absolument rien. On se fiche rapidement et royalement de ces deux jeunes gens.
Zabriskie Point reste avant toute chose un film sur les illusions révolutionnaires, que Michelangelo Antonioni place au contact d’autres illusions inhérentes au rêve américain ; en cela, son geste artistique et politique prolonge celui de Jean-Luc Godard qui, trois ans plus tôt, orchestrait la faillite d’un idéal et la séparation des étudiants qui le défendaient (La Chinoise, 1967). Aussi la quasi-totalité des images est-elle issue d’un point de vue explicitement référencé, en témoigne ce goût pour les zooms réalisés alors que la caméra est en mouvement, captant un visage de la même manière qu’un feu tricolore venant de passer au rougespoiler: , signe de l’interdit ouvert sur d’autres signes, la transgression et l’arrêt définitif : l’explosion réitérée de la villa, déclinaison politique de l’orgie accomplie auparavant, n’advient que par le truchement de Daria, tel le mirage désertique durant lequel des cops s’assemblent dans une poussière faisant disparaître leurs différences.
À l’instar du cinéma d’Antonioni dans son ensemble, le long métrage interroge la notion de représentation et articule les trajectoires individuelle et collective : son protagoniste masculin incarne la nécessité de « prendre de la hauteur », seule action pour spoiler: s’affranchir de la manipulation médiatique et publicitaire qui dégrade les idéaux en produits de consommation, convertit l’inhumanité d’un désert en paradis pour couples friqués – métaphore de la ville de Las Vegas, située non loin de là. Le cinéaste et son équipe ne cessent de subvertir des symboles, qu’ils appartiennent au camp de l’ordre ou au camp étudiant : le nom de Karl Marx est inscrit au registre lors d’une arrestation, mal orthographié= d’ailleurs (« Carl »), le vêtement rouge de la révolution ne sied pas à la jeune femme et devient un accessoire pour jouer au toréador avec un avion… L’ambiguïté règne et constitue l’audace suprême de ce chef-d’œuvre à ce point libertaire qu’il s’affranchit de toute idéologie véritable pour voler de ses propres ailes.