Drôlement culotté de nous montrer quelque chose d'aussi politiquement incorrect. De nous montrer un de ces collèges dans une banlieue pourrie, où tout le monde a démissionné, à commencer par le Principal, par lâcheté, par peur d'être mal noté, et aussi grâce au laisser-faire de la hiérarchie. Jusqu'aux professeurs, qui se réfugient dans la démagogie, inénarrable celui qui pour tenter de persuader ses élèves, en grande majorité musulmans, de lui obéir, a toujours un Coran dans sa poche -dans un collège de la République! et tente de trouver le passage adéquat. C'est caricatural -mais c'est la caricature de quelque chose qui existe, et en particulier de cette honteuse démission devant le pseudo islam de petites brutes. Ce qui est terrible c'est qu'en agissant ainsi, on annihile toute chance, pour ces enfants, d'accéder un jour à une vie professionnelle, puisqu'ils n'ont pas les codes de la vie en société. Une prof de français qui essaye désespérément -mais sans aucune autorité- de faire son métier se retrouve avec dans les mains, une arme tombée du sac d'un élève et perd les pédales. Elle croit à la culture, elle croit surtout à la laïcité et aux droits des femmes de montrer leurs mollets (!!) sous une chaste jupe droite sans être traitées de putes. On comprendra à la fin que ce droit d’être laïque et de porter une jupe, elle l'a chèrement payé dans sa vie personnelle, et ce n'est pas un hasard si c'est Isabelle Adjani, dont le père on le sait est algérien, qui interprète -très bien- ce personnage.
Bravo, merci, Jean-Paul Lilienfeld, merci, l'ennui, c'est que votre film n'est pas terrible. Vous avez oublié la première règle du bon scénariste: "dans un film jamais ne t'embarqueras, sans savoir comment tu le finiras". D'où, des rebondissements inutiles et une fin mélodramatique -nulle. Dommage. Mais j'espère que ce film va être vraiment un vecteur de réflexions et de discussions.