Joli film sur une mère et son fils qui quittent la Palestine pour les Etats-Unis avec tous les problèmes que ça peut comporter. Nisreen Faour apporte à son personnage toute l'émotion qu'il faut pour une histoire qui se veut avant tout optimiste. Le scénario en lui-même n'est pas si original qu'il aurait pu l'être mais l'émotion gagne nos faveurs même si l'humour est un peu trop absent. Le manichéisme reste le vrai problème du film où les vrais gentils restent toujours les "minorités" (noir, gay, arabe,...), trop facile ! Hiam Abbas apporte son nom, ce qui n'est pas rien pour un film qui n'a pas le nombre de copie dont il aurait besoin.
Quelques jours après avoir vu Les citronniers qui traite des problème d'une palestinienne en Israël, je viens de voir ce très beau film où cette fois une mère palestinienne et son fils adolescent émigrent aux USA. Cherien Dabis (aussi scénariste) nous offre un premier film très réussi et très touchant. Elle met le doigt sur un problème malheureusement récurant quelque soit le pays et l'origine des gens : le racisme ordinaire et l'intégration. Son scénario est puissant. Sa mise en scène est aussi réussie, simple, fluide. Les personnages sont mis en avant de façon constante et avec un très beau regard. Dès les premières images on aime Muna et son fils Fadi. La vie est compliquée dans les territoires palestiniens et l'arrivée d'une nouvelle vie qui ne sera peut être pas meilleure bien qu'elle semble remplie d'espoir. Ils retrouveront une partie de leur famille avec plaisir mais aussi cette nouvelle vie très différente de ce qu'ils avaient imaginé. Commence alors ce long travail d'adaptation à ce nouveau pays qui ne les désire pas vraiment. Outre le scénario et la mise en scène, l'interprétation est aussi un des gros atouts du film. Nisreen Faour est absolument formidable dans le rôle titre, elle est crédible et tout simplement touchante. Elle est au moins tout aussi convaincante que celle qui joue sa sœur, la grande Hiam Abbass vedette des Citronniers. Une fois encore elle fait preuve de son grand talent. Le jeune garçon, interprété par Melkar Muallem est aussi très bien, parfait pour son premier rôle. Un film on ne peut plus touchant, sensible, parfaitement maîtrisé pour un premier long métrage. On tremble et vie avec toute cette petite famille pendant 1h32 et il est bien difficile de se séparer d'eux à la fin de la projection. Une réalisatrice et des acteurs à suivre. Un sujet fort fait avec tact et sensibilité. Un film magnifique à voir absolument. Coup de cœur.
Une comédie dramatique plutôt de bon aloi. Oeuvre sociale sur les expatriés (ici des palestiniens aux États-Unis), le racisme ambiant et les difficultés d'intégration mais tout cela s'en jamais être lourd. Des interprètes de qualités.
Sur le papier, l'histoire de cette femme et son fils me plaisait mais j'ai trouvé le résultat un peu décevant. Tout n'est pas mauvais, il y a de bonnes idées et l'interprétation n'est pas mauvaise. Malheureusement, toutes les situations sont beaucoup trop clichées ce qui décrédibilise l'ensemble du film dont les personnages qu'on peine à trouver attachants. Mises à part quelques scènes marquantes, le film manque d'intensité, d'émotion... Ca se suit malgré tout mais ne restera sans doute pas dans les mémoires. Pas la mienne en tout cas...
Belle histoire et très bonne intention de montrer la condition des arabes depuis tous ces soucis au Moyen-Orient. Sans tomber dans le pathos, Chirien Dabis a vraiment su pointer avec beaucoup de justesse les difficultés que va rencontrer cette famille palestinienne pour s'intégrer en occident. Et bien que l'on ait droit aux habituelles séquences de xénophobie qui font mal au coeur, je trouve que ça a été judicieux de maintenir un climat plutôt joyeux afin que le monde entier puisse se rendre compte de la gaîté d'une grande partie de cette population si discréditée dans les médias...
J'ai passé un formidable moment devant ce film qui, pourtant, n'est en rien un monument d'originalité. En effet, l'histoire en elle-même (une famille décide d'émigrer à l'étranger, faute de réussir à vivre dans son propre pays) et les multiples "clichés" qui en découlent (le jeune garçon maltraité par ses copains d'école, la femme qui bosse dans un resto rapide) ne sont guère particuliers en soi mais, personnellement, cela ne m'a pas du tout gênée. J'ai trouvé "Amerrika" fort bien réalisé. Les personnages sont très touchants (je l'ai vu en VOST), je me suis d'ailleurs prise à vouloir à tout prix qu'ils s'en sortent à la fin. L'intrigue en elle-même est tour à tour amusante et profondément émouvante (le discours de la mère à son fils sur la fierté), bref je n'aurais qu'un seul défaut à trouver à ce film: trop court. Je me suis tellement laissée emporter par l'histoire et les tribulations de tous les protagonistes qui la composent que la fin m'a laissée comme un goût d'inachevé.
L'actrice principale irradie complètement. Ronde comme une balle mousse, une belle tête charnue, avec ça bonne comme le pain, elle crève l'écran et on n'a qu'une envie en sortant : la revoir bientôt. Cela fait du bien aussi de garder en tête que ces Palestiniens des "territoires occupés depuis 40 ans" ne sont chez eux nulle part (au même titre que le Juif errant !). D'aucuns y verront du misérabilisme, l'étalage facile de persécutés, de l'ombre à Israël... Je trouve que c'est avant tout un beau film sur le refus des amalgames, cette rapidité à épingler musulman tout Arabe sans savoir, par exemple. Plus, bien entendu, la tendance à mélanger islamisme et terrorisme, à déceler vite les symptômes des rivalités d'adultes, déjà en germe dans la jeunesse, alors qu'il s'agit de bagarres de récréation. Une scène au poste de police édifiante à ce sujet... Les exilés d'origines différentes peuvent s'épauler hors de chez eux, ils souffrent d'avoir à faire leur place... Privilège des communautés traquées depuis si longtemps, le lien familial resserré ! A la moindre défaillance, branle bas de combat ! Jolie musique, une mise en scène du quotidien assez minimaliste mais beaucoup d'énergie à communiquer au spectateur !
Un film de qualité, humain, profond, prenant. A voir pour l'ambiance et la bonne humeur qu'il dégage. Et tous ceux qui ont déjà immigré retrouveront le souvenir de leurs premiers jours.
Amreeka suit les traces d'une Palestinienne et de son fils qui espèrent tout deux une nouvelle vie aux Etats-Unis. Déracinement, intégration, force, bêtise humaine, désillusion et espoir. Voilà les thèmes que la réalisatrice Chrerien Dabis aborde dans son film. Simple et sans artifices, elle y décrit la réalité du choc des cultures à travers un ensemble de personnages aussi travaillés que touchants magnifiquement interprétés par des acteurs débordants de sincérité. Si c'est un premier rôle pour Nisreen Faour qui débarque ici avec tout ces rêves dans l'Illinois profond en pleine guerre d'Irak, elle n'a rien à envier à Hiam Abbass et leur prestation sont à saluer. Qu'elles rient, s'insurgent ou pleurent, les deux femmes sont captivantes à mesure que le récit les ballote. Mais malgré un ton parfois léger et comique, la bêtise et les à priori ne sont pas en reste. Et c'est finalement ce que l'on retiendra de ce film, sa capacité à pointer du doigt certains malaises sans s'enfoncer dans une espèce de détresse perpétuelle grâce à cette volonté de dépeindre une réalité. Une comédie dramatique à la stupidité parfois brutale qui n'oublie pas de rester optimiste.
On adhère un gros quart d’heure à l’aventure que nous propose cet "Amerrika". C’est le temps que l’on met pour se rendre compte qu’au final, ce film se résumera en tout et pour tout qu’à un grossier plaidoyer contre les préjugés. Sûrement Cherien Dabis a fait ce film avec le cœur, et n’en doutons pas que chacun y a mis du sien, mais l’ensemble est tellement circonscrit dans sa logique d’exposition de multiples poncifs sur le sujet que finalement rien d’autre n’a l’occasion de prendre le dessus. Qu’on ne se méprenne pas : on ne reproche pas à cet "Amerrika" une caricature des faits, mais bien l’ennui que procure sa démarche tellement elle est banale. Tel est l’écueil de faire reposer un film sur son seul sujet, en éludant la question de la mise en valeur formelle : il banalise plus ce qu’il ne met en lumière la cause qu’il cherchait à défendre.
Bien joué et attachant, le film se laisse voir sans ennui mais n'échappe pas à certains clichés du genre : manichéisme, sentimentalisme, simplisme des caractères. Honorable toutefois.
J'ai adoré le sujet du film, et la façon réaliste dont il est exploité. C'est un film simple sans rebondissements mais ça n'enlève en rien son intêret, d'autant que le casting est excellent. A voir !
Enfin un film qui a quelque chose à dire, et encore mieux : qui le dit bien! Cet "Amerrika" sait en effet très rapidement trouver un ton juste et cohérent, oscillant avec intelligence entre le comédie et le drame, sans jamais que l'un prenne le pas sur l'autre. Nous voila ainsi naviguant entre scènes cocasses et moments poignants, les personnages s'avérant eux touchants au possible. Mais le film va bien au-delà de cela : car en plus d'une mise en scène très pertinente car souvent proche du documentaire, il sait aussi livrer un constat douloureux et fort brillant sur les immigrés, finalement autant en difficulté dans leur nation que dans leur pays "d'accueil". Dommage alors que le film ait un peu de mal à démarrer et n'évite pas quelques caricatures, mais on le lui pardonnera très aisément tant son oeuvre reste une bouffée d'air frais dans le paysage cinématographique actuelle, à la fois généreux et poignant, chaleureux et réaliste, en un mot : une réussite.