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    Demain est un autre jour
    note moyenne
    3,6
    26 notes dont 8 critiques
    répartition des 8 critiques par note
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    8 critiques spectateurs

    gimliamideselfes
    gimliamideselfes

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    3,0
    Publiée le 1 mai 2018
    De Douglas Sirk je n'ai vu que le Mirage de la vie que j'avais profondément détesté tant tout le côté tire-larme m'avait dégoûté. Je n'avais jamais retenté l'expérience Sirk depuis, mais là vu que Mubi en propose plein j'en ai choisi un pas trop long pour voir... et c'est mieux. Avec son titre français repris d'Autant emporte le vent, Demain est un autre jour est assez classique dans ce qu'il raconte, mais il le raconte bien. On a donc une histoire, somme toute assez banale d'un type qui retrouve une amie de jeunesse et qui forcément va développer des sentiments pour elle. Ce que j'ai aimé c'est le fait que ces personnages sont déjà âgés, on voit dans le visage de Barbara Stanwyck, qui joue l'amante, toute la beauté des derniers rayons de lumière d'un soleil couchant. Cette femme qui vieillit, qui s'est mariée par ennui et qui retrouve l'homme qu'elle aimait, c'est assez fort et ça l'est d'autant plus qu'elle joue vraiment bien. Elle a ce petit quelque chose qui fait qu'on comprend que le héros tombe amoureux d'elle. Je n'en dirais pas autant du premier rôle masculin qui m'a laissé un peu de marbre. Mais disons que tout ceci est bien amené, on voit donc le héros, chef d'entreprise qui rentre chez et qui est un peu ignoré par toute sa famille, sa femme qui refuse même d'aller au théâtre avec lui, qui refuse de l'accompagner dans un voyage prévu de longue date pour un motif bidon, etc. Ce n'est pas manichéen, elle n'est pas mauvaise, elle ne le fait pas non plus exprès, c'est juste que plaire à son mari, faire des choses avec lui n'est plus sa priorité et donc forcément cet homme lorsqu'il rencontre une femme avec d'aussi beaux yeux qui s'intéressent à lui, il succombe. Cependant j'ai trouvé tout l'arc narratif avec le fils qui se doute de quelque chose sur la véritable nature de la relation entre son père et Barbara Stanwyck un peu lourd, même s'il mène à une belle discussion sur la fin. Une discussion à fleur de peau qui se révèle être le seul moment un peu touchant du film. Après tout ça reste assez convenu dans le déroulé et je n'ai pas été profondément transporté non plus, donc j'ai juste trouvé ça sympathique, mais au moins j'ai appris que je n'étais pas totalement allergique à Douglas Sirk.
    soniadidierkmurgia
    soniadidierkmurgia

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    5,0
    Publiée le 26 novembre 2013
    Douglas Sirk a eu la géniale idée de reconstituer douze ans après "Double Indemnity" (Billy Wilder,1944) le couple incendiaire, archétype du film noir, en unissant à nouveau à l’écran Barbara Stanwyck et Fred Mac Murray. Sirk vient d'inaugurer deux ans auparavant avec son acteur fétiche Rock Hudson son cycle de mélos dits flamboyants où le technicolor aux tons chauds et saturés confère une touche si particulière à la profusion de sentiments mêlés qui s'affrontent sur l'écran. Bizarrement, toujours assisté de Russell Metty, il revient au noir au blanc pour ce nouveau drame sentimental . On peut imaginer qu'il s'agit pour Sirk de rester fidèle à l'image indélébile laissée par le couple dans le chef d'œuvre noir de Wilder. Mais en réalité l'Universal n'avait pas voulu financer un nouveau film intimiste en technicolor réservant le procédé coûteux aux films épiques . Quoiqu'il en soit l'initiative est heureuse. L'idée suggérée par le titre, "Demain est un autre jour" est aussitôt reprise par Sirk après la fin du générique annonçant : "Il était une fois au soleil de la Californie" auquel succède la pluie battante qui accompagne la livreuse de fleurs qui pénètre dans la fabrique de jouets de Clifford Groves (Fred Mac Murray), un petit patron de PME dont Sirk en une courte scène magnifique de concision nous dépeint l'isolement au sein de sa propre famille, ne trouvant personne, de sa femme à ses enfants jusqu' à la gouvernante pour l'accompagner à une comédie musicale pour laquelle il a arraché deux billets en dernière minute. Dans les années cinquante, l'Amérique est prise d'une frénésie de consommation devenue désormais l’ingrédient essentiel de la croissance économique afin de ne pas risquer de retomber dans les affres de la crise de 1929. Au sein de ce nouveau paradigme qui fait de l'Amérique le modèle à suivre, la femme et l'homme ont des rôles bien distincts et souvent destructeurs pour la vie de couple. C'est le thème central du film de Sirk qu'il expose d'entrée, le reste à venir découlant de ce constat. La femme idéale du modèle consumériste représentée ici par Joan Bennett s'occupe de tenir la maison et d'élever les enfants pendant que Monsieur s'affaire durement à l'extérieur pour alimenter le budget selon un cercle vertueux ou infernal c'est selon qui fait le bonheur des trusts dont les usines et les profits tournent à plein régime. A ce jeu c'est bien sûr l'homme qui est souvent perdant, l'unité de la cellule familiale s'organisant en dehors de lui. Si le besoin s'en fait sentir, il doit se chercher discrètement des expédients gratifiants à l'extérieur . C'est ce rejet que ressent cruellement Clifford, abandonné à son triste sort une fois la maison désertée, le tablier autour de la taille quand sonne à sa porte Norma Miller (Barbara Stanwyck) un ancien amour de jeunesse de passage en Californie pour affaires. La rencontre entre Stanwyck et Mac Murray est bien sûr ici complètement différente de celle fameuse de "Double Indemnity" où Phyllis Dietrichson telle une déesse antique dans sa robe blanche toisait du haut de son escalier le petit agent d'assurance qui mettait un premier pas dans la toile d'araignée qui allait l'étouffer. Si Mac Murray est dans une drôle de position avec le port du tablier qui amoindrit sa virilité, Stanwyck frappant à sa porte rétablit un plus juste équilibtre sans doute voulu par Sirk . La suite découle d’un enchaînement somme tout assez logique si l'on songe à la beauté ravageuse de Stanwyck et à la frustration d'un Mac Murray encore dans la force de l'âge. Le plus intéressant est alors la mécanique qui se met en place à l’initiative des enfants adolescents de Clifford pour que les choses restent en ordre afin que rien ne vienne contrarier leur confort et leur propre épanouissement. Le père s'étant sacrifié jusque là, ce n'est pas arrivé à l'âge mûr que sa famille va tolérer qu'il s'émancipe. spoiler: C'est le fils aîné de Clifford (William Reynolds) qui va orchestrer la riposte en se muant d'abord en petit espion puis en juge de son père. Sirk s'y entend à merveille pour nous faire participer toujours avec un temps d'avance à cette reprise en main par les enfants de l'ordre moral pendant que leur mère semble feindre de ne s'apercevoir de rien tellement les choses lui semblent immuables. Les deux anciens amants qui vont croire un moment à "Un autre jour" vont assez rapidement devoir laisser leur chance passer. Et ce n'est pas un Clifford rompu qui se compare au petit robot Rex, dernière trouvaille de sa fabrique de jouet qui aura la force de prendre l'initiative, mais bien Norma Miller qui la première va comprendre que leur rêve est impossible. Clifford qui paraît ne plus avoir de vie sexuelle et qui n'a pas trouvé la force de s'en construire une à l'extérieur du cocon familial est un allié de bien trop faible poids, sans aucun doute incapable d’affronter la culpabilité qui l'attend s'il suit Norma à New York. Sirk dessine à travers les renoncements successifs de Clifford, la castration du mâle fomentée par la société matriarcale américaine des années cinquante. Tout le poids de la conclusion de cette relation mort-née porte désormais sur Norma, interprétée de manière magistrale par Barbara Stanwyck, grave et bouleversante dans le mélange indicible de sensualité retenue qu’elle déploie si harmonieusement sur l'écran. Comment l'académie des Oscars a-t-elle pu tout au long d'une carrière aussi riche et prolifique, laisser une de ses plus grandes actrices sans une seule statuette sur sa cheminée ? Incompréhensible ! Dans "Pandora" (Albert Lewin, 1951) un autre grand film romantique de cette décennie bénie pour le mélo, il est dit que "la force d'un amour se mesure aux sacrifices qu'on est prêt à lui accorder", Norma Miller illustre parfaitement cette assertion. Le film qui est sans aucun doute un des plus émouvants de Sirk pose bien des questions comme "Y-a-t-il des lendemains heureux pour les anciens amants ?", ou encore "Clifford est-il victime ou comme il le dit lui même a-t-il construit son tombeau de ses propres mains ? ". Après la fin du film, il demeure une énigme sur Marion Groves, l'épouse volontairement montrée par Sirk comme caricaturale et absente d'une intrigue qui la concerne pourtant au premier chef. Ce parti pris du réalisateur en fait certainement le personnage le plus intrigant et pose la question de savoir si celle-ci n'est pas à certains moments suffisamment cynique pour laisser ses enfants ramener au bercail un mari dont elle n'ignore rien du caractère velléitaire. "Demain est un autre jour" est assurément intemporel et garde toute sa force plus de cinquante ans après sa sortie, quant à Norma Miller elle demeure à jamais une des plus belles amoureuses de l'écran. Mais Dieu que Barbara Stanwyck était belle !
    Flavien Poncet
    Flavien Poncet

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    4,0
    Publiée le 26 juillet 2009
    Réunir Fred MacMurray et Babara Stanwyck dans «There’s always tomorrow» (USA, 1955) permet à Douglas Sirk de ressusciter le couple qu’ils ont formé plus de dix ans plus tôt dans «Double Indemnity» de Billy Wilder. Après avoir interprété un couple pris dans une histoire de meurtre et d’usurpation, MacMurray et Stanwyck jouent deux anciens amants qui se retrouvent par hasard après plusieurs années d’absence. Les deux amants de Sirk, personnages bourgeois de quartier hupper class, portent en eux les réminiscences des protagonistes de Wilder. Sauf que Sirk n’est pas Wilder. Tous deux exilés européens, Sirk cultive un art bien plus porté vers le pathétique des sentiments que Wilder. L’analogie développée par le cinéaste entre ses personnages et les objets qu’ils promeuvent (les jouets pour MacMurray, patron d’une fabrique d’objets ludiques, et les vêtements pour Stanwyck, gérante d’une boutique d’accoutrements chics) aboutit à une objectivation des personnages. Au-delà de l’application toute sartro-existentialiste menée par Sirk, «There’s always tomorrow», selon le canevas typique aux plus élémentaires des mélodrames, construit l’image de l’homme comme celle d’un objet jeté dans les torrents du hasard. De qui pro quo en malentendus, les deux anciens amants, portés par le démon de midi et par les volitions inconscientes de la morale bourgeoise, souffrent et donnent à souffrir. Objets du monde et fruits du hasard, les hommes, tels qu’ils se donnent à voir sous le prisme de Sirk, sont affiliés par la mise en scène aux éléments qui composent leur environnement quotidien. Les barreaux d’un escalier deviennent les grilles d’une prison tandis que l’éclairage de la Lune projeté sur les visages se charge du courroux du destin. Enfant d’Europe, nostalgique du rousseauisme comme en témoigne «A time to love and a time to die», Sirk se dévoile animiste, aussi soucieux de donner une âme aux hommes qu’aux objets dont ils s’entourent.
    NicoMyers
    NicoMyers

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    4,0
    Publiée le 28 juillet 2009
    Toute l’ambiguïté et la complexité de Sirk apparaissent au grand jour dans son film de 1956, Demain est un autre jour. Tout comme dans Mirage de la vie ou encore Tout ce que le ciel permet, il est impossible de dire si le dénouement est un "happy end" ou non. Sarah Jane revenait, en effet, mais trop tard dans Mirage de la vie, tout comme Cary dans Tout ce que le ciel permet dans le cas où Rock Hudson mourrait de ses blessures – au spectateur d’imaginer sa propre suite… C’est le cas dans Demain est un autre jour. A mon avis, Sirk, homme de lettre très cultivé (selon Jon Halliday, auteur de « Conversations avec Douglas Sirk », il devait être "l’homme le plus cultivé d’Hollywood"), n’était pas dupe de son final, tout comme le spectateur d’aujourd’hui ne l’est plus : Cliff rentre au bercail, et sa famille semble être plus attentionnée grâce aux efforts de la maîtresse Norma Vail, néanmoins rien n’affirme un bonheur futur – en tout cas, pas la mine atterrée de Fred MacMurray. La phrase finale, de la bouche d’un des enfants, ne peut laisser crédule pour peu que l’on ait un peu d’ironie : "quel beau couple, tout de même !" Les enfants, la famille, la société américaine, sont parvenus à leur fin, qui était de faire revenir Cliff Groves, inquiétant "rebelle" à la recherche d’un amour véritable, dans la norme. Sirk réitère donc une fois de plus son pari, qui est d’intégré au mieux la forme hollywoodienne pour y glisser sa critique de la société américaine. Comme d’habitude, le tout s’accompagne des terribles déchirements internes inhérents à tout mélodrame, qui révèle la complexité de nos vies, dans lesquelles on ne choisit pas toujours entre le bien et le mal, mais parfois entre le bien et le bien. Le tout est d’une incroyable subtilité : tout est dit, et pourtant on n’y a vu que du feu. Jamais le trait n’est grossier ou souligné. Alors, Demain est un autre jour, chef d’œuvre ? Non, bien des éléments empêchent le film d’accéder à ce rang. (....)
    loulou451
    loulou451

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    2,5
    Publiée le 2 août 2007
    A voir pour la sublime Barbara Stanwick ! Elle illumine le film par sa classe et sa sublime beauté. Tout son visage capte la lumière quand Fred Mc Murray et Joan Bennet traînent leur misère dans l'ombre de la star. Douglas Sirk avait accepté le film pour le casting… Il aurait dû le remanier. Difficile de croire qu'un grand escogriffe comme Mc Murray put être l'amour secret d'une diva du cinéma pendant plus de 20 ans. Forcément, ce parti pris nuit gravement au reste d'une histoire somme toute banale et par trop moralisatrice (la belle finissant par s'en aller pour laisser son chevalier ennuyeux au bras de son enquiquineuse d'épouse fidèle et sottement aveugle)… Le contraste est si saisissant qu'on en vient à pousser un grand ouf de soulagement quand on voit l'avion de Barbara Stanwick s'envoler vers New York et une solitude qui sera certainement plus amusante qu'une nuit passée dans les bras de Mc Murray !
    Antoine Renaud
    Antoine Renaud

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    5,0
    Publiée le 11 juillet 2009
    C'était l'époque où il y'avait de vrais acteurs, de vraies histoires, de vrais mise en scène, de vrais musique... "Demain est un autre jour" de Douglas Sirk est un beau classique du 7e art avec, pour ce film, comme leitmotiv, la pluie reflétant les sentiments repsectifs des personnages. Superbe!
    Romain Z
    Romain Z

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    3,5
    Publiée le 19 juin 2020
    Pas le plus flamboyant des films de Sirk mais la précision et l'élégance de la mise en scène sont toujours au rendez-vous. Le film est aussi l'occasion des "retrouvailles" de Fred McMurray et Barbara Stanwyck , le couple mythique du non moins mythique "Assurance sur la Mort de Billy Wilder. A noter également la présence de Joan Bennett en épouse transie, bien loin de l'inoubliable femme fatale chez Lang et sa "Femme au portrait".
    turlupin
    turlupin

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    3,0
    Publiée le 15 mars 2016
    Usure du couple et crise de la quarantaine dans le milieu des années 50 ou tout semble figé, à priori voilà un synopsis pas très emballant. Mais la réalisation de Douglas Sirk en apparence simple est d'une grand efficacité et même si le scénario atteint vite ses limites on ne s'ennuie pas.
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