Sa faisait bien longtemps que je n'avais pas vu un aussi bon film français. 3 destins se croisent tout cela à cause d'un simple accident, je n'en dit pas plus. Pascal Elbé, l'un de ses premier film en tant que réalisateur, bon résultat. Roschdy Zem toujours très bon. A voir.
Une histoire prenante et très bien orchestrée par Pascal Elbé pour cette première réalisation. Un polar très noir, avec tout de même beaucoup d'humanité dans tout ça. Les acteurs sont tous excellents, incarnant des personnages très travaillés, avec leurs qualités et leurs défauts, leurs forces et leurs faiblesses. Dans ce film, chaque personnage a du bon et du mauvais, on a le point de vue de chacun, sans dire que l'un est meilleur que l'autre. En cela, c'est très bien vu. Malheureusement, le film est trop court pour approfondir tous les thèmes et toutes les petites intrigues qu'il survole. C'en est bien dommage. Côté technique, c'est là la grosse faille du film. L'image est terne, c'est fait pour, bien entendu, ça ne gêne pas. La caméra bouge beaucoup trop, ce qui est normal dans les scènes de violence, mais qui est vraiment de trop dans les séquences plus calmes. Le son est de même : parfois trop fort, d'autres fois trop faible, extrêmement mal mixé. Quant au montage, outre les scènes qui ont vraisemblablement été élaguées pour réduire la durée du film, les enchaînements entre les scènes ne sont pas toujours judicieux, un effet est d'ailleurs utilisé souvent, comme par paresse, pour passer d'une séquence à l'autre. Malgré ces quelques maladresses, Pascal Elbé signe ici un premier film prometteur, avec un peu de violence, mais surtout beaucoup de relations humaines, de non-dits, d'incompréhensions, de sensibilité, et un tout petit peu d'humour pour éclaircir le tout. Un bon film, dans l'ensemble. Mais rien d'extraordinaire non plus.
La banlieue, encore et toujours. Que ce soit sous l'angle de la comédie (Tout ce qui brille) ou du thriller (Tête de turc), on ne va quand même pas se plaindre que le cinéma français s'y intéresse, il y a tant à dire et à montrer, quitte à se faire taxer de démagogue ou d'opportuniste. Tête de turc n'est pas destiné à faire la morale ou à montrer du doigt des coupables éventuels, son propos est de construire une intrigue à lectures multiples où la réalité sociale conditionne les actes de chacun, le hasard et l'enchaînement des situations faisant le reste. Pour son coup d'essai à la réalisation, Pascal Elbé n'a pas manqué d'ambition : un vrai film kaléidoscopique avec pratiquement dix personnages principaux et presque autant d'histoires qui s'enchevêtrent au fil d'un scénario excellemment écrit (un seul récit, celui de l'homme accablé par la mort de sa femme, est hors sujet). Le rythme est tendu, l'image métallique et le casting parfait (Zem, Elbé, les ados, Ronit Elkabetz, sublime comme d'habitude etc.). Peu ou pas de faute de goût, deux ou trois invraisemblances mineures, pas davantage, Tête de turc est une franche réussite.
De plus en plus d'acteurs s'exercent à la réalisation... Pascal Elbé n'en devient pas ridicule en proposant un film simple mais honnête. "Tête de turc" se laisse regarder ; sans en faire trop, le réalisateur arrive à captiver notre attention dans cette histoire adaptée d'un fait divers. Les acteurs sont bons dans l'ensemble, le rythme est présent. Un film sans plus qui ne servira qu'à tuer le temps.
Dans une banlieue française, des jeunes gens caillassent une bagnole d’urgentiste et l’envoie à l’hôpital. Son agresseur est aussi son sauveur : un jeune turc tiraillé entre son acte répréhensible et son acte de bravoure. Une film social très réaliste sur les banlieues et la réalité de terrain, la complexité des situations est bien retranscrite. Par contre Pascal Elbé décide de s’attaquer à tous les registres et bourre son film de tous les messages dont il est désireux de parler jusqu’à l’overdose. Son film aurait mérité un traitement plus épuré. Rivalité entre frères, amour maternelle, violence envers les femmes, histoire de rédemption, violence des banlieues, … les intrigues et sous intrigues sont trop nombreuses. A part le suspens final : le jeune va-t-il finir en tôle ou mourir ? Rien de terrible, film trop fouilli où les messages tuent les personnages… Tant pis, le propos est pourtant juste…
Un premier film de Pascal Elbé qui sonne juste et en permanence a fleure de peau. La vengeance, le pardon, la haine, l'amour, le désespoir... autant de thèmes qui se mélange et s'entrechoquent pour au final nous laisser nous faire notre propre avis. Les acteurs sont irréprochables Rochdy Zem en tète. A voir assurément.
Le film ne m'a pas beaucoup plus. Il ne se passe pas grand chose, d'ailleurs le synopsis n'apporte rien. L'histoire est dévoilée rapidement puis le scénario s'essouffle, jonglant entre des histoires secondaires peu intéressante. La fin est ratée ! Plus d'infos sur : http://kilitchikou.blogs.allocine.fr/
Un film sobrement mis en scène , une bonne interprétation dans l'ensemble. Il est vrai que cela manque parfois un peu de rythme et que certaines intrigues ont moins de force que d'autres. Mais cela reste un film intéréssant qui repose en partie sur certains personnages attachants.
Pascal Elbé signe un sacré premier film, aux mille ramifications toutes maîtrisées. Ici, on comprend les conséquences que peuvent avoir un geste, un seul. Embarqué par ses copains, dans la folie du moment, Bora jette un molotov sur une voiture. Ce geste fou, irréfléchi, et dangereux, Bora ne l'assume pas, ne le comprend même pas, mais qu'est-ce qu'il lui a pris ? Autour de lui, des gens se retrouvent dans la souffrance par sa faute : la victime à l'hopital avec sa famille à son chevet, son copain pincé à sa place qui croupit en prison et la mère de ce dernier qui sombre dans la déprime, sa propre famille qui subit les assauts de vengeances des caïds du quartier... Tout s'entremêle, mais jamais ne s'emmêle, c'est avec un brio incroyable que le récit s'enchaine, sans temps mort, plein de justesse. Elbé parvient en 1h30 à parler des banlieues, de la police, des communautés turques, arméniennes, et algériennes, de l'aspect sacré de la famille, de la culpabilité, du remords, et de l'amour. Un sacré film, vous dis-je !