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Kubrock68
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3,0
Publiée le 8 mai 2015
La terrible histoire vraie d'un massacre qui a eu lieu à l'école polytechnique au Canada. Le film est quasi chirurgical, très dépouillé, sans musique. Très peu de psychologie ou d'explications ou encore de leçons de morale. On se souvient de l'acteur impénétrable, probablement comme le vrai tueur, qui agit comme un robot auto-programmé. Le réalisateur fera après "prisoners" et "enemy" plus réussis selon moi.
toujours difficile mais nécessaire d'évoquer ces drames terribles et inacceptables. encore faut-il de la rigueur dans la réalisation et son contenue. le portrait du tueur est superficiel, sa folie mal expliquée. comme celui des victimes survivants, la dernière partie est bien trop courte. cet hommage était indispensable, mais méritait plus de consistance.
Très beau long-métrage de Denis Villeneuve, qui s'empare avec toute la pudeur nécessaire d'un sordide fait divers pour en tirer un hommage qui adopte parfaitement le mélange de traumatisme et de fantomatique espoir qu'on peut imaginer émerger des ruines, après le passage d'un tel choc et d'un tel bouleversement de tout ce en quoi tout être humain ordinaire veut croire. La caméra de Villeneuve est géniale, régal de subtilité. On verrait presque une sorte de gêne dans ses flottements gracieux, comme ceux d'un fantôme, un entité plus tout à fait à sa place dans ce lieu aujourd'hui submergé par le drame. La seule parcelle de vie qui s'y meuve vraiment, en fait, et quoi de plus significatif que ces cadres spectraux, pour matérialiser un peu plus l'envie de rejoindre ceux qui n'ont pas eu la chance absurde de passer entre les mailles. Dans de telles circonstances, quelque chose vous est forcément arraché... Polytechnique est ainsi : gracieux, aérien, constamment dans une retenue respectueuse. Sans pour autant juger et condamner par contumace, puisqu'il prend le temps de décrire quelque peu le vide abyssal qui enveloppe le tueur. D'ailleurs, c'est vraiment le mot qui devrait primer, ce mot vide. Un vide qui contamine tout, de l'esprit d'un seul homme à un lieu de vie devenu théâtre d'horreur, puis à des existences toutes entières. D'ailleurs, les plans de la première partie sont très bien pensés, filmant la vie du campus sans s'y attarder trop nettement, se posant aux côtés du tueur perdu, complètement piégé en lui-même, étranger à sa propre vie. J'ai aussi réellement aimé les choix de narration, qui voguent d'un personnage à l'autre pour éviter une démarche trop mécanique qui aurait paralysé le drame par son côté lieu commun, trop sensibilisateur. En plus, le montage amène plusieurs fois des effets de surprise qui rétro-activement traduisent bien l'effet de choc dans lequel tout le film est pris, en perte totale de lucidité, oubliant que tout n'est pas fini, qu'il reste encore des choses à vivre, ou des gens à sauver. Techniquement, c'est parfait, artistique au possible. Et le final ne s'englue pas dans une plongée dépressive, mais s'ouvre au contraire pour distiller une petite note d'espoir, comme pour prendre par la main cette société québécoise si marquée par le drame. En général, j'adore la noirceur, mais avec de tels faits réels, elle n'aurait pas été appropriée, d'autant qu'elle parait ici superflue. D'ailleurs, Polytechnique est également l'un des rares films que j'applaudis pour son édulcoration graphique, évitant par son noir et blanc - en plus si poétique - de faire dans le voyeurisme. Un long-métrage qui aura dompté mon cynisme, et c'est assez rare pour être souligné. Vraiment, un beau moment de recueillement, humble et respectueux.
J'aimais déjà beaucoup Denis Villeneuve et je l'aime encore plus maintenant. Il s'agit d'un mec qui a sacrément du courage pour faire un film aussi réaliste et dur pour que les générations futures se rappellent de ce qui s'est passé en 1989, à l'école Polytechnique de Montréal. Plus qu'un devoir de mémoire, Villeneuve a transformé cet hommage en une véritable œuvre d'art cinématographique. Les prises de vue sont dingues, les angles justement calibrées, et on a cette impression que la caméra a été envoyée dans le passé pour virevolter sur les scènes du crime. D'ailleurs, le noir et blanc est d'autant plus justifié car il permet de montrer plus, tout en choquant moins que si cela était en couleur. Attention cependant, il s'agit d'un film très dur, et très réaliste, et dont certaines images font vraiment froid dans le dos. Une sacrée expérience.
Hormis le monologue du tueur, les trente premières minutes sont totalement inutiles. Pour ce qui est de la tuerie, c'est tout autre chose. Vraiment prenant et le noir et blanc donne toute la froideur nécessaire à l'évènement. Dommage que nous ayons un résultat déséquilibré plutôt que linéaire. Intéressant !
Un peu comme Gus Van Sant et son "Elephant", Denis Villeneuve retrace le massacre perpétré dans une école à Montréal. Optant pour le noir et blanc afin de filtrer quelque peu la violence, le réalisateur nous met dans la peau du tueur de façon réaliste et stylée. Néanmoins la courte durée du film empêche l'attachement aux personnages, ainsi que des va et viens dans le temps qui cassent le rythme du film. Des lacunes que Denis Villeneuve saura corriger dans ses derniers films.
Quelques longueurs, mais ce film retrace néanmoins avec une grande force des faits terribles ainsi que les ravages engendrés chez les survivants directs et indirects du drame. Le parti pris du noir et blanc colle parfaitement à l'ambiance glaciale de l'hiver canadien et à la détermination froide et méthodique du tueur. 4/5
je me suis attaqué à ce film après avoir découvert "Incendies" et "Prisoners" ensuite. J'étais donc impatient de voir ce qu'il avait pu déjà faire et ce "Polytechnique" confirme que Villeneuve a du talent et pas qu'un peu! Des films traités de façon différentes mais avec autant d'intensité. L'utilisation du noir et blanc est drôlement bien vu, et installe un climat bien spécial , "froid", adéquate au récit de l' évé film relate parfaitement les faits et faid froid dans le dos. J'ai beaucoup aimé le fait de revenir sur certains moments sous différents angles de vue, ca prolonge et donne encore plus d'impact à la tuerie qui ne dure que quelques minutes. Un film terrible qui fait prendre conscience qu'il y a franchement un souci dans nos sociétés où des personnes sont amenées à ce genre de faits divers qui ont la fâcheuse tendance à se répéter....
Après mon coup de cœur de l'année 2013, Prisoners, et l'excellent Incendies, je m'intéresse logiquement au long métrage qui a précédé ces deux films de Dennis Villeneuve. Polytechnique, retraçant une fusillade dans une école de Montréal, se révèle être une franche réussite également. Il est avant tout captivant de par les visions qu'il propose. En effet, nous suivons tour à tour trois protagonistes différents : le tueur et deux élèves embarqués dans ce cauchemar. Le réalisateur essaye d'expliquer le geste du tireur, sans pour autant le justifier, et de montrer les répercussions sur les multiples victimes de ce massacre. De plus, visuellement, Polytechnique offre un rendu très esthétique, notamment à travers des plans superbes. Le noir et blanc s'adapte et contribue parfaitement à l'ambiance froide et tendue se développant dans le film. On peut rajouter à cela d'excellentes performances d'acteurs et une musique judicieusement choisie. En définitive, on obtient un film brutal et choc, qui nous expose à l'imprévisibilité et la cruauté du monde extérieur. À travers cette œuvre, Dennis Villeneuvre montrait déjà l'étendue de son talent et cela confirme son statut de réalisateur à suivre de très près dans les années à venir. On pourra néanmoins regretter que le film soit aussi court.
Un film dramatique et malheureusement très réaliste qui traite de la tuerie de l'école polytechnique de Montréal en 1989. La réalisation est soignée, les acteurs très justes et ce Noir et Blanc renforce le côté cru et glacial. Un film superbe, à découvrir et qui fait froid dans le dos!
Décidément les tueries universitaires n'ont rien pour elles au cinéma. Je pense évidemment à "Elephant" qui m'avait plus horripilée qu'autre chose. "Polytechnique" se défend mieux mais sans grande conviction, avec cette même allure lente et muette. À croire qu'il n'y a rien à dire sur ces massacres, alors que Michael Moore avait fait l'exploit de nous toucher à nous en traumatiser.
Un ton largement au-dessus quoique difficile de faire pire "qu'’Éléphant" (Vraiment nul). Ici on trouve une certaine "motivation" ou un certain décryptage du pourquoi ! A la différence du très mauvais "Éléphant", "Polytechnique" choque dès le générique, donne une dramaturgie terrifiante avec déjà le noir & blanc mais surtout avec la bande son, les silences alliés avec le désastre. Tout est en retenue, comme gêné de montrer, de témoigner et en même temps en voyeurisme, en brut. Chacun verra soit quelque chose de néfaste, de malsain ou d'obsédant ou de reconnaissance, de réponses. Quoiqu’il en soit, un film original par son traitement doté d'une mise en scène basé sur les faits et d'une photographie discutable (le noir &blanc). L'ensemble aurait revêtu une autre dimension si, à la manière de "La liste de Schindler", le sang aurait été colorisé en gardant l'ensemble en bichromie. Un film témoignage de la folie humaine, 4/5 à découvrir !!!
Je suis devenue fan de Denis Villeneuve depuis "Incendies".. et du cinéma canadien en général. Contrairement à beaucoup, l'accent canadien ne me gêne pas pour comprendre, et au contraire je le trouve tout aussi amusant que profond. Polytechnique est dans la lignée d'Elephant, sauf que là, le tueur est plus âgé et plus "engagé" dans son acte. C'est en noir et blanc, ce qui renforce la froideur et la neutralité du récit. Il n'y a en effet pas de parti pris non plus dans ce film, ce qui nous ramène à l'état brut de l'horreur des événements dont le traumatisme restera à jamais. Déjà plus de 20 ans que les faits sont arrivés et toujours ce mystère éternel de cette violence à la fois compulsive et réfléchie. Film court mais percutant . A voir.