Mon compte
    Polytechnique
    note moyenne
    3,8
    373 notes En savoir plus sur les notes spectateurs d'AlloCiné
    Votre avis sur Polytechnique ?

    38 critiques spectateurs

    5
    4 critiques
    4
    14 critiques
    3
    16 critiques
    2
    2 critiques
    1
    1 critique
    0
    1 critique
    Redzing
    Redzing

    Suivre son activité 617 abonnés Lire ses 3 865 critiques

    3,5
    Publiée le 23 avril 2021
    10 ans avant la tuerie de Columbine aux USA, un individu pénétrait armé dans l’Ecole Polytechnique de Montréal, pour y cibler des femmes. Une tuerie de masse qui a beaucoup marqué le Canada, à tel point que l’on sent encore le sujet très sensible, lorsque Denis Villeneuve le traite 20 ans plus tard dans son film. « Polytechnique » évoque ce massacre avec sobriété, s’attachant à suivre la journée du tueur, et celle de deux personnages fictifs. Le réalisateur s’est semble-t-il beaucoup documenté sur les événements, mais a préféré ne pas mettre en scène de victimes réelles par respect pour les familles. L’approche est ainsi différente de « Elephant » de Gus Van Sant, d’autant que l’on est somme tout assez loin du style documentaire. En effet, le noir et blanc peut être perçu comme un procédé visuel avec un aspect « historique », mais il permet ici de marquer la distance avec l’événement, notamment en atténuant considérablement l’impact visuel du sang. Cela n’enlève rien à la puissance des scènes de fusillades, qui jouent sur un montage sonore percutant (le bruit de la carabine du tueur détonne complètement dans le brouhaha universitaire), et un mélange de temporalités et de points de vue. On notera aussi plusieurs effets de style (qui parfois semblent toutefois un peu surfaits) tels que des plans à l’envers, évoquant les repères bouleversés des protagonistes. Le scénario en profite pour aborder les questions de la discrimination sexuelle et de la féminité, qui étaient visiblement au cœur des motivations du tueur. Plusieurs réflexions pertinentes sont ainsi amenées, et complètent ce drame poignant.
    🎬 RENGER 📼
    🎬 RENGER 📼

    Suivre son activité 3 863 abonnés Lire ses 6 786 critiques

    3,0
    Publiée le 28 janvier 2021
    Polytechnique (2009) est le quatrième long-métrage de Denis Villeneuve. Avec ce drame, le cinéaste québécois retrace le massacre sanglant perpétré au sein de l’École polytechnique de Montréal le 6 décembre 1989, en se basant sur les témoignages des survivants du drame, ainsi que de l’équipe enseignante et des secours.

    Cette tuerie de masse a été perpétrée par Marc Lépine, alors étudiant à l’École polytechnique (il avait 25ans). Ce misogyne instable et aux motivations antiféministes, avait pour but de tuer le plus de femmes possibles. Pendant les 20 longues minutes interminables que durera son assaut, il tuera 14 femmes et en blessera 13 autres (9 femmes & 4 hommes), avant de lâchement retourner l’arme contre lui.

    Denis Villeneuve avait 22ans au moment des faits, sans doute est-ce la raison pour laquelle il se sentait légitime de raconter cette histoire et de rendre ainsi hommage aux victimes 20ans après. Avec ce film, il prenait des risques et jouait avec le feu, tant ce massacre reste encore aujourd’hui un sujet tabou et auquel personne ne souhaite raviver les braises de ce « premier féminicide contemporain de masse revendiqué » (dixit Mélissa Blais, sociologue & historienne québécoise).

    Une œuvre âpre à travers laquelle le réalisateur nous invite à la revivre de l’intérieur, en choisissant le noir & blanc, comme pour mieux y laisser une certaine distance entre la tragédie et les spectateurs. Une immersion glaçante et dont les dialogues se font rare. La mise en scène quant à elle utilise quelques figures de style (l’absence de chronologie et des plans aériens inversés) qui n’apportent pas réellement matière au film.

    Il en résulte un film nécessaire, comme un devoir de mémoire envers les victimes. Très loin d’une mise en scène tape à l’œil telle que l’on avait pu l’avoir dans Elephant (2003) de Gus Van Sant.

    ► http://bit.ly/CinephileNostalGeek ★ http://twitter.com/B_Renger ◄
    Melody M
    Melody M

    Suivre son activité 1 abonné Lire ses 17 critiques

    4,0
    Publiée le 23 octobre 2020
    Avant ce film, je n'avais vu que Sicario de Denis Villeneuve. Et là, c'est une claque. Un très bel hommage aux victimes et à leurs familles. Une réalisation parfaite avec des mouvements de caméra assez inhabituels et qui donnent au récit un réalisme brutal. Le massacre est vécu du point de vue du tueur et des deux personnages principaux, ce qui évite des longueurs. La tension est efficace et le film, sans tomber dans l'ultra-violence, nous montre des séquences sanglantes et chocs de meurtres qui ne nous laissent pas indifférents. Et la fin, surprenante, donne une note d'espoir plutôt que de sombrer dans la dépression, ce qui est encore un point positif. En conclusion, un film brut, réaliste et violent, très réussi, et qui ne nous laisse pas indifférents.
    Remi S.
    Remi S.

    Suivre son activité 8 abonnés Lire ses 135 critiques

    4,5
    Publiée le 1 décembre 2019
    La neige recouvre Montréal en ce mois de décembre. Les examens approche dans les grandes écoles supérieurs. Celle de Polytechnique, sera marqué par horrible drame qui va lui être indélébile.

    Sorti en 2009, Denis Villeneuve retrace avec Polytechnique la tuerie de L'Ecole polytechnique de Montréal, à travers le prisme de deux étudiants, Valérie ( Karine Vanasse ) et Jean-François ( Sébastien Huberdeau ).

    Le cinéaste Canadien n'est plus à présenté aujourd'hui, s'étant vraiment fais un nom parmi les meilleurs réalisateurs nord-américains. Polytechnique s'avoue véritablement comme fondateur, en prenant un parti pris qui va l'inspirer pour ses prochaines œuvres : l'humain, ses rapports et sa complexité, en plein cœur du chaos.
    C'est comme cela qui l'aborde cette histoire tragique, à travers se qu'on pourrait qualifier de trois partis : l'avant, le pendant et l’après tuerie. Et c'est dans cela que le film se démarque d'une autre œuvres traitant du même propos : Elephant de Gus Van Sant.

    La premières partie se distingue par son traitement de l’ébullition au sein de cette université. La période des examens approche, énormément d'étudiants sont présent sur place, les entretiens pour des stages s’enchaînent ... et de là s'extrais à la caméra ce sentiment de stress ambiant qui touche les personnages. Mais l'énervement et le dégoût d'une facette réaliste de la société entre vite en scène. Le personnage de Valérie, participant à un entretien d'embauche pour un stage dans le but de devenir ingénieurs dans l’aéronautique, se voit subir des réflexions sexistes de la part du recruteur. La surprise de celui-ci face à la volonté d'une femme voulant travailler dans ce milieu; des questions privé concernant sa volonté d'avoir un enfant et son aptitude à être tous le temps présente ... Valérie se voit dans l'obligation de mentir concernant ses projets maternels pour obtenir le poste, et une rage intérieur voit le jour face à ce mécanisme sexiste généralisé dans le monde professionnel.
    Loin de cette ''agitation'' étudiante, il y'a le personnage de Marc Lépine ( Maxim Gaudette ), ou le tueur. Son monologue de début sur son dégoût des femmes, et de son acte qu'il qualifie de purement politique nous amènent à cerner les motivations du personnage. On suit ses errances dans le campus et chez-soi. Mais aussi ses questionnements dans la voiture, amplifié par les gros plans de Denis Villeneuve.
    L’addition de tous ces sentiments avec la connaissance de la tuerie à venir dégage une certaine tension dans le long-métrage. Le temps est comme figer lorsque Jean-François tombe face à Guernica de Picasso. Les cris et la peur qui se dégage de cette toile, ne peuvent qu'annoncer la tempête à venir.

    Le tueur, fusil à la main, est en face d'une porte de classe. En arrière fond, une pub représentant le pont de Montréal. Marc Lépine n'a plus qu'a le traversé pour arriver vers un acte irréversible. Le cours qui y est donné porte sur la transformation d'un système lorsque la pression extérieur est beaucoup trop forte. Une référence assez facile je vous l'accorde.
    De là l'horreur et l'irréparable se produit. On le comprend , les femmes sont les principales prisent pour compte par la folie meurtrière de Marc Lépine. Les errances des personnages continuent, surtout celles de Jean-François et du tueur. Mais là, il n'y a plus personnes, si ce n'est des blessés et des corps sans vies. Les exécutions sommaires continuent, dans ce triste noir et blanc.

    Mais Polytechnique continuent son récit avec l’après tuerie et le post-traumatisme des personnages. Que cela soit quelques minutes, ou des années après. Jean-François rentre de l'université avec le bus, du sang dans les mains. Il retrouve sa mère, on imagine des mois ou des années plus tard. Il retourne comme en enfance, coupe du bois et profite de se contact maternel rassurant, avant de repartir. L'horrible choc revient, il s’arrête prés d'un arbre à la vue panoramique magnifique, et se suicide.
    Quant à Valérie, elle se réveille en pleine nuit des suites d'un cauchemar. Le choc est toujours là, mais l'amour et ses perspectives d'avenir réussies dans l’ingénieure, lui ont permis de continuer à vivre malgré les difficultés.

    La mise en scène de Denis Villeneuve très appréciés pour son calme et son esthétisme, ne peut rester éternellement posé face au chaos ambiant. Il propose aussi à travers Polytechnique des plans assez originaux, comme celui de fin qui nous fais bien comprendre que le monde continue d'avancer, mais à l'envers. Le sexisme ambiant et la non-prise en charge des personnes en détresse psychologique, ne peut pas nous emmener vers un monde meilleur.

    A travers deux personnages qui ne se connaissent pratiquement pas, si ce n'est quelques paroles échangées concernant la simple photocopie d'une feuille, Denis Villeneuve reconstitue la tuerie de l'Ecole polytechnique de Montréal. Malgré quelques signes symboliques peut-être trop appuyés, Polytechnique se démarque par son étude ne va pas se porter particulièrement sur l'ensemble d'une école et d'une ville meurtrie, mais sur ces deux personnages. Leurs vies avant, pendant et après les balles tirés. Ici il n'y a que peu de paroles, que des visages a jamais traumatisés.
    Eowyn Cwper
    Eowyn Cwper

    Suivre son activité 58 abonnés Lire ses 1 993 critiques

    3,5
    Publiée le 18 août 2019
    Je remonte toujours dans la chronologie de Villeneuve. Un choix discutable mais révélateur notamment quant aux liens qu’entretient le réalisateur avec Maxim Gaudette, déjà maître de l’interprétation noire avant Incendies dans Polytechnique, où il interprète le tueur dans l’histoire vraie du massacre montréalais de 1989.

    Tourné en noir et blanc pour ne pas avoir à montrer de rouge, le film trouve tout seul sa métaphore, la mort qui rampe sous l’épaisse neige canadienne. La photographie rend, comme toujours chez lui, hommage aux expressions comme aux objets, peut-être même plus que dans ses productions subséquentes parce qu’elle se concentre ici sur le huis-clos et l’astuce. Vous savez, celle qui consiste à passer par une porte qui n’existe pas, et qu’on voit bien fermée quand la caméra se retourne.

    Ce genre de trucages bénin établit une complicité monstrueuse entre nous et l’équipe, et par conséquent un lien fort entre le spectateur et le drame. Sous la coupe du criminel sombre de Maxim Gaudette, un héros blanc se lève sans faste en la personne de Sébastien Huberdeau ; deux hommes qui se font némésis et walkyries sur le champ de bataille doublement inégal d’un attentat fomenté par antiféminisme, nous mettant grotesquement devant le ridicule des coups de feu hollywoodiens salvés par des pros, quand la poigne tremblante et amateure de Gaudette est si glacement précise. Quand je parle de grotesque, ce n’est pas péjoratif : c’est d’un réalisme froid (ça m’arrange parce que la notion est réchauffée) et c’est ce qui est parlant.

    Dommage, parfois le contemporain d’Inception fait un peu passer ses amusements caméristiques pour du remplissage dans une œuvre courte (77 minutes) où il n’y a finalement pas grand chose. Le vide est criant dans les connexions que le scénario tente d’établir non-linéairement avec l’extérieur de sa trame claustrophile. On dirait qu’il manque de la matière, ce qui rend difficile d’imprimer le film dans nos mémoires, pourtant Villeneuve rend hommage à celle des victimes sans donner l’impression de se forcer ; le déroulé est agréable, juste peu dense.

    https://septiemeartetdemi.com/
    Bertie Quincampoix
    Bertie Quincampoix

    Suivre son activité 45 abonnés Lire ses 1 527 critiques

    3,5
    Publiée le 22 juin 2018
    Ce film court (1h15) revient sur la terrible tuerie de l'école Polytechnique de Montréal en 1989 au cours de laquelle un jeune homme "antiféministe" exécuta de sang-froid 14 femmes choisies au hasard. Efficace et percutant, ce long-métrage politique tourné en noir et blanc bénéficie d'une mise en scène solide signée Denis Villeneuve. Il est un témoignage précieux et intéressant sur le Québec de la fin des années 90.
    Ungeduld
    Ungeduld

    Suivre son activité 4 abonnés Lire ses 83 critiques

    1,0
    Publiée le 5 mars 2018
    Ce film est tout simplement emmerdant. Vous n'y apprendrez rien sur ce tueur, ce cinéaste qui se la joue cinéma d'auteur va simplement vous balader d'une scène insignifiante à l'autre, jusqu'au final filmé platement, si vous avez pu demeurer éveillé jusque là.

    Denis Villeneuve est un cinéaste largement surévalué.
    ronny1
    ronny1

    Suivre son activité 18 abonnés Lire ses 853 critiques

    3,0
    Publiée le 3 mars 2018
    En choisissant le noir et blanc pour ne pas voir la couleur du sang, Villeneuve apporte un côté documentaire à POLYTECHNIQUE, démarche respectueuse, à l’opposée des surenchères habituelles qu’un tel sujet peut faire craindre. Hommage à la mémoire des victimes, toutes féminines, le film présente les femmes et leur rabaissement dans la société actuelle (Valérie marchant mal su des talons aiguilles, son entretien, etc.). Le film suit un des étudiants, mais un flashback montre une visite à sa mère plutôt anecdotique et hors sujet. Comme l’origine des motivations du tueur n’est jamais abordée, donc la responsabilité collective du massacre même pas effleurée, le discours sur l’entropie suivi de l’apparition du tueur le ramène donc à une abstraction.
    Comme dans la plupart de ses films, Villeneuve questionne sur le mal inhérent à la nature humaine, avec la violence comme force tangible. Ce mal qu’a rencontré Valérie et qui la marque profondément et pour toujours, comme, sans doute, tous les autres survivants. Le travelling final, au cadrage inversé continue cette quête, sans qu’une réponse y soit apportée.
    Sildenafil
    Sildenafil

    Suivre son activité 53 abonnés Lire ses 1 028 critiques

    3,0
    Publiée le 28 septembre 2017
    Là où les scènes avec le tueur - Maxim Gaudette - sont excellentes (le malaise de l'avant passage à l'acte est viscéral), le reste des séquences concernant les autres personnages est un cran en dessous. Résultat à l'image du noir et blanc : contrasté.
    Fondation
    Fondation

    Suivre son activité 3 abonnés Lire ses 237 critiques

    3,5
    Publiée le 5 mars 2017
    Un film qui n'est surement pas supportable par tout le monde, il faut être prévenu.
    Le synopsis de l'histoire suffit certainement à refroidir les âmes sensibles.
    Pour les autres, ce film est une perle tant la tension est palpable.
    Le sujet est grave, et le traitement du réalisateur est de montrer les choses, sans détour, sans juger, juste montrer l'expression de la folie humaine dans ce qu'elle a de plus incompréhensible.
    Vinz1
    Vinz1

    Suivre son activité 73 abonnés Lire ses 1 942 critiques

    4,0
    Publiée le 3 janvier 2017
    6 ans après "Elephant" de Gus Van Sant, Denis Villeneuve s'empare d'un sujet similaire, à savoir un massacre dans une université d'Amérique du Nord perpétré par un étudiant. Mais le traitement, même si les meurtres sont tout aussi froids et filmés de façon clinique, est différent car le métrage parle aussi de "l'après", comment certains survivants gèrent le drame vécu et c'est en cela que le film brille car il parle d'un sujet fort délicat avec pudeur tout en étant sérieux. Très prenant.
    weihnachtsmann
    weihnachtsmann

    Suivre son activité 497 abonnés Lire ses 4 309 critiques

    3,5
    Publiée le 4 janvier 2017
    On peut être surpris par l'esthétisme choisi pour illustrer un fait divers aussi tragique. Comme s'il y avait besoin de créer de la beauté dans la brutalité. Néanmoins on ressent fortement l'hommage et la compassion pour ces femmes victimes innocentes. La douceur des images et la musique en rendent compte pour tirer de cela une leçon magistrale de vie, telles les lettres qu'écrivent les rescapées ou le message qu'elles veulent qu'on garde: sauver l'amour.
    I'm A Rocket Man
    I'm A Rocket Man

    Suivre son activité 137 abonnés Lire ses 2 334 critiques

    2,5
    Publiée le 29 septembre 2016
    Film très sombre sur une folie meurtrière comme il y en a beaucoup trop de nos jours !! Le début est prometteur avec la lettre du tueur qui explique ses motivations et on est saisi par un drôle de sentiment quand les fusillades commencent mais malheureusement ensuite, le film se perd dans une lenteur incroyable et c'est bien dommage !!! Plus rien n'est vraiment creusé et les scènes de canardage se répètent et on finit par s'ennuyer ! L'hommage était indispensable mais la réalisation est un peu décevante
    overlook2
    overlook2

    Suivre son activité 14 abonnés Lire ses 163 critiques

    0,5
    Publiée le 19 juin 2016
    Le film est absolument détestable dans son utilisation racoleuse d’un tragique fait divers - il fait « monter la sauce » comme n’importe quel film d’action hollywoodien et se vautre dans la complaisance esthétique (joli noir et blanc, compositions élégantes, montage à effets). Villeneuve a beau se défendre d’aborder le sujet avec le plus de tact possible (!) et de répondre aux besoins des victimes de s’exprimer, sa démarche qui ne repose sur aucun autre point de vue que l’effet facile (clouer le spectateur à son fauteuil) est totalement putassière.
    Scorcm83
    Scorcm83

    Suivre son activité 78 abonnés Lire ses 508 critiques

    4,5
    Publiée le 10 novembre 2015
    Je n'aurai jamais pu penser que les débuts de Denis Villeneuve soient aussi prometteurs. Ses quatre derniers films ont démontré toute sa maîtrise et son savoir faire dans la construction dramatique et la mise en scène, mais ce **Polytechnique** était déjà un fort grand indice des capacités du bonhomme. Le film est très court (1h15), pourtant, on a l'impression de sortir d'un film de 2h, pas parce que celui ci suscite l'ennui, mais parce qu'en un court laps de temps, Villeneuve construit un trio de personnages que l'on voit évoluer, au sein d'allers et retours dans le temps, tous réunis par un seul et même événement : la tuerie à l'arme à feu d'un étudiant à l'école Polytechnique de Montréal le 6 décembre 1989. Cependant, le film est une fiction, s'inspirant de faits réels certes, mais celui ci reste bel et bien une fiction.
    Polytechnique m'a beaucoup fait penser à Sicario par moments, notamment dans sa gestion de la violence et son jeu avec le champ / hors-champ; le bien et le mal, limite manichéen, Villeneuve se positionne en tant que scénariste mais également dramaturge du cinéma contemporain, comme nous le verrons également dans Incendies, Enemy, Prisoners ou encore Sicario. Ses films sont pétris d'une grande "fatalité", et ce film ne déroge pas à la règle. Certains trouveront l'effet facile, je considère personnellement qu'il contient le parfait dosage entre réalisme et fiction. Le noir est blanc est magnifique, crémeux, à mi chemin entre le surréalisme poétique de ses deux premiers films et le réalisme de ses quatre suivants, la photo en elle même est extraordinaire, proposant des cadrages extrêmement propres, des mouvements de caméra maîtrisés et plus que pertinents. Enfin, ce qui fait l'une des grandes forces du film, c'est l'interprétation de ses comédiens principaux, qui nous captivent à la seconde où ils apparaissent à l'écran.

    Un grand film, meilleur qu'Elephant selon moi (qui traitait du même thème) car en position de quasi antithèse, qui n'a pas eu le succès qui'il mérite.

    A voir de toute urgence !
    Les meilleurs films de tous les temps
    • Meilleurs films
    • Meilleurs films selon la presse
    Back to Top