Romain Gavras, fils de Costa Gavras (et co-créateur du collectif Kourtrajmé), réalise ici son premier long-métrage (on lui doit les clips "Stress" de Justice & "Born Free" de M.I.A). Avec Notre jour viendra (2010), il raconte par le biais d'un road-movie, le périple borderline de deux rouquins partis en guerre contre la société, car d'après eux, elle serait hostile aux roux ! Un thème déjà utilisé dans le clip de M.I.A et qui cette fois-ci, prend des proportions gigantesques. Oeuvre violente et underground à la fois, Romain Gavras reste fidèle à lui-même et ne s'en prive pas. Les deux anti-héros tirent sur tout ce qui bougent (Arabes, Juifs, homosexuels, femmes, etc), la provocation est une fois de plus sur le devant de la scène (comme cela arrive à chaque fois dans ses clips). Vincent Cassel égale à lui-même en impose face à Olivier Barthelemy, son acolyte dans Kourtrajmé. Ce qui est sûr, c'est que le film va en déconcerter plus d'un, entre le rire et la honte, on est souvent partagé.
C'est vrai qu'il a de la personnalité Romain Gavras, une « patte » qui permet à ce « Notre jour viendra » de ne pas ressembler au tout-venant. Le souci, c'est que lorsque le propos est aussi scandaleux qu'ici, je préfère encore le tout-venant. Quelle honte en effet de développer un propos aussi violent, aussi haineux. Alors que Gavras fils prétend partir en guerre contre le racisme et la haine en nous sortant la bonne grosse métaphore du roux (quelle idée de m..., franchement), ce qu'il défend ici est en réalité beaucoup plus immonde, comme si être isolé (d'ailleurs, bonjour la démonstration ici et les caricatures accompagnant les uns et les autres) justifiait tous les méfaits possibles et inimaginables. Si bien qu'au final c'est un profond mépris que nous finissons par développer vis-à-vis des deux héros, très loin de l'empathie qu'ils étaient censés (du moins j'imagine) provoquer au départ. Avoir du talent, c'est bien, mais le mettre au service d'un tel film (surtout lorsque l'on connait un peu la carrière du paternel) et d'une telle idéologie, j'appelle cela une hérésie.
Un peu à l'image de ses deux héros, ce "Notre jour viendra" est un de ces films entiers dont on pourrait autant dire du bien que du mal. Alors oui, c’est sûr, le dernier né de Romain Gavras est inégal comme jamais, et si le premier quart d'heure s'avère des plus médiocres, le suivant surprend par son intensité et par son décalage. Or, à ce jeu, il faut bien avouer que le fils du grand « Costa » sait vite toucher à quelque chose de lunaire, de totalement pur dans la démarche, si bien que, à défaut d'avoir un chemin tout tracé, on peut prendre plaisir à se perdre dans cette folie décalée. Bien sûr, tout n'est pas parfait : une audace peut se transformer en dérapage peu contrôlé, les libéralités que prend le réalisateur peuvent paraître comme relevant d'un caractère décousu, mais c'est aussi cela l'audace : risquer de déplaire. Alors, certes, le paradoxe voudra que j'aurais sûrement plein de reproche à lui faire, mais il n'en reste pas moins que je suis sorti séduit d’un film qui aura su se faire bref, vif, brut, m'offrant ainsi un condensé de scènes - parfois magnifiquement filmées et interprétées (Cassel, quel acteur !) - qui m'ont presque littéralement transporté ailleurs, autrement... En somme, et pour moi cela fait aucun doute, voilà un véritable travail d’artiste...
Dans la foulée de Happy few voilà déjà un autre coup de cœur français. Après le père Costa (et la carrière que l'on sait), la fille Julie (La faute à Fidel) voici le fils Romain. La famille Gavras ne produit que des metteurs en scène ! Pour son premier film Romain Gavras frappe donc fort. Très fort même. D'une puissance incroyable on est scotché au siège de la première à la dernière seconde. Sur fond de misère sociale dans le nord de la France, on assiste là à un magnifique road movie en forme de descente aux enfers. La rencontre de deux hommes qui apriori n'ont rien en commun sauf le fait d'être roux. Va s'en suivre une libération, une révolte, une prise de conscience ? Ou bien tout simplement le plus beau pétage de plombs de l'année ? Et comment vivre sa différence...D'abord plein d'un humour décalé, le récit glisse progressivement vers le sordide et vers le drame. La violence d'abord contenue surgit peu à peu et finit inexorablement par exploser. La quête des deux personnages sombrant dans une folie commune vers une fuite en avant toute aussi improbable que son dénouement. Des scènes magnifiques, d'autres surréalistes, des moments de grâce incertains, des accès de violence fulgurants, une ambiguïté permanente. Il y a tout ça dans Notre jour viendra et bien plus encore. Il a aussi et surtout deux acteurs formidables. Vincent Cassel (aussi producteur) est assez phénoménal. Il nous sort là une prestation grandiose. Son jeune partenaire Olivier Barthélemy tient tout à fait la distance face à lui. Un acteur à suivre, sans doute promis à un bel avenir. Tout comme le jeune metteur en scène. Pour une première, il fait preuve d'une belle maîtrise, d'un excellent sens de la dramaturgie, d'une direction d'acteurs hors paire. Son scénario est un matériau solide sur lequel il s'appuie pour nous donner quelque chose à la fois de drôle, de pathétique et de tragique. Techniquement le film est parfait aussi, les images sont magnifiques, la bande-son excellente. Un vrai choc dont on ressort chamboulé, la boule au ventre et à la gorge. Avec son copain Kim Chapiron (Dog pound), il nous prouve la bonne santé et la vitalité du jeune cinéma français. Ajoutés à cela Des hommes et des dieux, Le bruit des glaçons, Enter the void ou encore Happy few on a vraiment pas à se plaindre en ce moment... Les critiques très mitigées pour ce film-ci ne m'empêchent pas de le défendre et de vous conseiller d'aller le voir séance tenante... Puissant, fort, dérangeant. Une vrai grande claque dans la gueule.
J’ai trouvé que le film partait super bien avec cet histoire de conditionnement par un Vincent Cassel excellent d’un jeune homme roux comme lui à qui il veut faire perdre son statut de victime. Le discours sur l’embrigadement est excellent, malheureusement le film se perd vraiment en chemin pour devenir bancal et inintéressant. A se demander même si l’auteur maîtrise vraiment le sujet qu’il souhaite évoquer et dans lequel il se perd en voulant aller trop loin pour finalement n’arriver nul part. Mais il est porté par un Vincent Cassel tellement époustouflant qu’il mérite le détour.
Pour son premier long métrage, le moins qu'on puisse dire est que Romain Gavras est bien sorti des sentiers battus. Après de là à dire que Notre jour viendra met une claque on est loin du compte. Disons qu'il possède un certain charme dans sa singularité, tout en restant, et c'est là que c'est un peu flippant, plutôt réaliste. Le film n'aurait pas le même charme sans la prestance scénique de Vincent Cassel indiscutable, un de nos meilleurs acteurs nationaux, ainsi qu'un plus nouveau mais également très talentueux Olivier Barthélemy, à suivre. C'est leur relation qui deviendra le pilier du récit, chacun apportant à l'autre quelque chose qui déclenchera les événements de l'intrigue. Alors dans sa façon de dénoncer la violence, souvent gratuite, et puis généralement le racisme, je trouve ça un peu maladroit, le public réceptif à ce genre ne cours pas les rues. Certaines scènes, pourtant d'une banalité quand on y pense, devient dans les mains de dégénérés quelque chose de très dérangeant et difficilement regardable. Après je suis un peu déçue je m'attendais à un film poussant à fond sur le délire du communautaire "roux", quelque chose de décalé, mais pas du tout. En fait c'est même carrément possible, dommage, étrange... Enfin les fans du grand Cassel se doivent de voir ce film, c'est typiquement le rôle pour lui, il s'y donne avec splendeur, et ça suffit pour rendre le film accessible. Et puis la patte Gavras, c'est des plans enchainés très proprement avec des minis-thèmes musicaux qui rendent l'ensemble assez harmonieux. Si vous en avez marre du cinéma français Mainstream...
Le moins que l'on puisse dire c'est que ça sort de l'ordinaire! Peut être un peu trop pour moi d'ailleurs! Il m 'a laissé la même impression que"Hors Satan", c'est pour dire!!! Tout n'est pas mauvais mais c'est très difficile de rentrer dans cette histoire, de bien capter là où veut nous emmener Gavras Junior avec ce scénario sans queue ni tête.... Mais il y a une certaine ambiance froide, glauque qui fait son petit effet. On suit ce jeune homme blasé par la vie: conséquence de tout ce qu'il subit chaque jour que ce soit dans la société ou même dans la famille qui le méprise autant que les autres. Il trouve en Vincent Cassel (encore excellent dans ce rôle vraiement pas évident), un mentor qui le pousse à se révolter contre ces injustices. Il se met alors en tête de partir dans un endroit où il n'aurait plus à subir ces sarcasmes persuadé que c'est ce qu'attend de lui ce psy un peu spécial dirons nous, avant de s'apercevoir que celui-ci ne partage pas du tout son idéal.... Leur désaccord va t'elle interrompre la quête de Rémy ou vont ils continuer ensemble? Rien de bien folichon au niveau du scénario mais une ambiance qui devrait plaire à certains amateurs de films à l'ambiance froide et malsaine... Il ne peut en tout cas pas laisser indifférent et c'est certainement l'effet recherché par Gavras.
Prétentieux, persuadé de réaliser un film culte, Romain Gavras porte son regarde parisien privilégié sur "des choses qu'il ne comprend pas" à savoir: les gens du Nord forcément tarés et cons, les cadres de société perçue comme beaufs... Et les vannes cassantes fusent. Que c'est drôle de se moquer des jeunes qui ont un accent du Nord et qui font du rap; que les filles un peu bêtes et ploucs fascinés par les grosses voitures sont connes en province. Tant de mépris consterne. Finalement, les parisiens branchés et soit-disant cool sont sans doute plus beaufs que les personnages qui jalonnent le film. Et si Vincent Cassel arrêtait de se la péter ? C'est tout simplement détestable.
Quel plaisir de retrouvé le duo Barthelemy et Cassel. Toujours impeccable le duo reste passionnant à suivre durant tout le long métrage. Malheureusement le script de Gavras s'éssoufle au millieu du film nous faisant patienté pour la suite plus captivante. De plus, certaines scènes gratuite peuvent parraitre maladroite au vu du contexte. Donc malgré quelques maladresse oubliable, Notre jour viendra est un très bon début pour la carrière prometteuse de Romain Gavras...
Personne n est obligé de subir ça. Scénario vide ou malaisan vraiment . Peu de compréhension pour ces personnages immédiatement antipathique. Leur quête frôle la débilité profonde c est assez détestable. Décevant Romain Gavras a réalisé d autres films plus profond comme le toit récent et réussi Athena.
Ce film, avec Vincent Cassel et Olivier Barthelemy, parle de la difficulté d'être roux de nos jours. A leurs manières, les personnages de Patrick et de Rémy se révoltent et usent de violence verbale envers les autres pour les confronter aux mêmes problèmes qu'eux. Une violence d'ailleurs qui est croissante au fil du récit et qui deviendra vite visuelle. Le film est assez moyen, il n'a pas trop de d'objectif sinon que de dénoncer cette discrimination non reconnue. Vincent Cassel, par contre, est absolument IMMENSE, c'est l'un de ses meilleurs rôles, avec les Mesrine et Dobermann. Il fut absolument inspiré lors de ce film, je lai adoré.
Quoiqu'il se passe dans la tête de Romain Gavras, on est juste content de ne pas en faire partie. Car Notre jour viendra reste pour ma culture cinématographique un objet singulier que je ne pourrais pas comparer au cinéma de quelqu'un d'autre. Et l'oeil vierge que j'ai pu poser sur cet ovni à la fois brut, poétique, fier et désabusé n'a eut d'autre choix que de se laisser entrainer dans cette fuite de rouquins formidablement interprétés par Vincent Cassel longtemps si répétitif et Maurice Bartelemy l'autre frère Wanted du collectif Kourtrajmé qui nous délivre aussi une interprétation à des lieux de "La Barbichette". Les deux sont justes, à fleur de peau et font défiler une palette d'émotions au rythme des délires de leur course. Car Romain Gavras les encre dans un nord de la France encore une fois déprimant à l'image mais qui colle parfaitement à l'ensemble des épreuves loufoques qui jalonnent le film. Et à chacune d'elle, il semble mettre en avant une nouvelle question, un nouveau constat sur le monde dans lequel nous vivons. Et tout y passe avec en tête de liste la crise identitaire. Ingénieux choix que de surfer sur la vague de "l'anti-roux" en les faisant passer pour des victimes, chose qu'ils font d'ailleurs très bien eux même. Pourquoi? Parce que. Comme un constat qu'il fait sur l'ensemble d'une génération élevée à la différence, au sexe, à internet, à la bouffe, aux codes, à l'image de soi, il le dépeint et de part son traitement, semble s'en foutre complètement. Accompagné par la musique originale de Sebastian jusqu'à la sirène d'alarme, un seul regret à ne pas être dans la tête de Romain Gavras, le comprendre.
Ce film montre la haine et la folie humaine, Vincent Cassel joue le role de Patrick, Olivier Barthélémy joue le role de Rémi, ce duo va nous mettre une claque de violence gratuite dans la figure sous prétexte que eux en tant que "Roux" subissent au quotidien, jusqu'au ou ce duo est prêt a aller? 3,5 sur 5, la folie de Cassel est impressionnante !