L'histoire est à la fois belle et cruelle. Comme notre société, finalement, où se côtoient le bien et le mal, la pureté et la fange, la douceur et la douleur. On y suit le parcours d'une vieille dame, un peu fragile, plutôt coquette, assez têtue, dont le petit-fils ingrat est impliqué dans une histoire sordide ayant conduit au suicide d'une jeune fille. C'est pas grave, lui dit-on, il suffit de dédommager la famille, et on n'en parle plus ! L'argent résoudrait-il tout ? Notre grand-mère a le cœur bien lourd et la tête en pagaille, que doit-elle faire ? Pour éclairer sa vie bien terne, elle se met en quête de beauté, en suivant des cours de poésie. On la voit alors s'ouvrir au monde, sentir le souffle du vent, entendre le chant des oiseaux, s'émerveiller devant un abricot. Ils ne faut pas les chercher bien loin, ces moments de grâce, mais tout retombe vite dans la grisaille quotidienne, l'indifférence, le cynisme d'un monde qu'elle ne supporte pas. Ce film étonne par la multitude de petites touches posées doucement sur la toile, jusqu'à composer un tableau humain finalement très complexe et qui sonne juste. On se dit aussi que l'on vive en Corée ou en Savoie, nous sommes animés par les mêmes questions, par la même quête de beauté et de douceur, mais confrontés à de nombreuses agressions extérieures. Film très intéressant donc, à voir, mais dont on peut cependant regretter la lenteur et certains passages un peu superflus.