Poetry
Note moyenne
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175 critiques spectateurs

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Caroline C
Caroline C

33 abonnés 386 critiques Suivre son activité

3,0
Publiée le 12 octobre 2010
L'histoire est à la fois belle et cruelle. Comme notre société, finalement, où se côtoient le bien et le mal, la pureté et la fange, la douceur et la douleur. On y suit le parcours d'une vieille dame, un peu fragile, plutôt coquette, assez têtue, dont le petit-fils ingrat est impliqué dans une histoire sordide ayant conduit au suicide d'une jeune fille. C'est pas grave, lui dit-on, il suffit de dédommager la famille, et on n'en parle plus ! L'argent résoudrait-il tout ? Notre grand-mère a le cœur bien lourd et la tête en pagaille, que doit-elle faire ? Pour éclairer sa vie bien terne, elle se met en quête de beauté, en suivant des cours de poésie. On la voit alors s'ouvrir au monde, sentir le souffle du vent, entendre le chant des oiseaux, s'émerveiller devant un abricot. Ils ne faut pas les chercher bien loin, ces moments de grâce, mais tout retombe vite dans la grisaille quotidienne, l'indifférence, le cynisme d'un monde qu'elle ne supporte pas. Ce film étonne par la multitude de petites touches posées doucement sur la toile, jusqu'à composer un tableau humain finalement très complexe et qui sonne juste. On se dit aussi que l'on vive en Corée ou en Savoie, nous sommes animés par les mêmes questions, par la même quête de beauté et de douceur, mais confrontés à de nombreuses agressions extérieures. Film très intéressant donc, à voir, mais dont on peut cependant regretter la lenteur et certains passages un peu superflus.
alexandre75
alexandre75

14 abonnés 122 critiques Suivre son activité

2,5
Publiée le 18 septembre 2010
La critique du film, assez dithyrambique m'a incitée à aller le voir.... Pas mal déçue quand même : c'est bien trop long et l'émotion n'est pas vraiment au rendez-vous (dommage !). Quant à l'actrice, son jeu m'agaçait passablement au début, mais je dois reconnaître qu'au fur et à mesure il devient plus sobre et gagne en émotion... Malgré tout, je suis ressortie passablement déçue car peu touchée.
Charles R
Charles R

59 abonnés 424 critiques Suivre son activité

4,0
Publiée le 10 septembre 2010
Elle a bien de l'humanité, cette grand-mère incarnée par la star coréenne Yoon Jung-hee. Plongeant du jour au lendemain dans l'horreur du quotidien, elle se trouve dès lors confrontée à un environnement masculin qui, du plus jeune (son petit-fils et ses copains) au plus âgé (le vieil homme chez qui elle exerce les fonctions d'aide-ménagère) en passant par l'âge mûr des pères de famille qu'elle va rencontrer bien malgré elle, témoigne d'une mentalité sordide, faite de lâchetés, de mensonges et de corruptions. Ajoutons à cela les débuts d'une maladie d'Alzheimer qui vient d'être détectée. Seul réconfort : la poésie qui permet à cette femme éprouvée par le malheur de voir et de sentir les choses autrement. Mais n'est-ce pas là un leurre magistral? Un film superbe où le sublime le dispute à l'infâme.
anonyme
Un visiteur
3,5
Publiée le 6 décembre 2011
Le spectateur, à l'image de l’héroïne, est spectateur de l'histoire sans jamais y prendre part ni même agir dessus. C'est surprenant. C'est très bien montré lors de la récitation des poésies ou des histoires: aucun plan n'est fait sur l’héroïne, le spectateur voit et perçoit ce qu'elle perçoit. C'est une belle immersion.
Lapin-54
Lapin-54

15 abonnés 151 critiques Suivre son activité

5,0
Publiée le 26 août 2010
Extra-ordinaire film au sens propre, POETRY est à la fois magnifique de lyrisme et de sensibilité et dérangeant dans sa vision crue du monde, et de son humanité. Yun Junghee, sublime dans ce rôle est elle même partagée entre les horreurs du quotidien et ses aspirations profondes. Par sa propre faiblesse elle nous porte au fond de ce paradoxe et nous en libère par son oeuvre finale, belle comme son personnage. La poèsie devient alors le trait d'union entre la douleur profonde et la beauté de la vie.
Dodeo
Dodeo

124 abonnés 237 critiques Suivre son activité

3,5
Publiée le 26 janvier 2011
La démarche de Lee chang-dong est intrigante et les intentions du réalisateur surtout sur la première heure sont assez flous et c'est en étant au départ assez dubitatif qu'on assiste à un spectacle pas dénué d'intérêt mais que l'on ne peut juger par manque d'informations.

La surprise est présente sur plusieurs points à commencer par la mise en scène très très épuré, se délaissant de tout effet de style, de toute musique et de tout pathos. Et il en ressort une pureté certaine, qui émerveille autant qu'elle déconcerte.

La deuxième surprise vient du scénario qui ont le rappel a été primé au festival de Cannes. Alors que l'on s'attends à un drame puissant et poétique doublé d'une intrigue bien ficelé, l'on se retrouve avec un film qui se détache à grand pas de tout conventionnalisme tant il n'hésite pas à explorer tout ce qui s'offre à lui.

Mais la puissance de ce film réside peut-être en ce traitement des personnages aussi fin que le scénario lui même, Lee Chang-dong nous montre des choses, des personnalités, des âmes, des faits sans jamais condamner ses personnages, laissant la libre interprétation au spectateur de ce qui est moral ou non. Le réalisateur coréen présente les choses, à nous de les juger.

A cela se rajoute cette dualité constante auquel se retrouve confronté le personnage de Mija, mettant en face à face la poésie et la barbarie quotidienne. Classique me direz vous ? Et non absolument pas car le film tire de nouveau sa force de son traitement original et totalement accompli. La poésie est opposé à la barbarie et pourtant Chang-dong ne fait aucun effort pour les différencier, n'utilise aucun artifice pour sublimer l'un ou condamner l'autre.

Et au fur et à mesure que le long-métrage se dévoile, les intentions paraissent moins flou, quelques zones d'ombres se révèlent et c'est en cet instant que le travail sur ce scénario si bien construit porte ses fruits. Tout y était parcimonieusement distillé et l'on finit par se laisser porter avec douceur dans le quotidien de cette femme d'âge mur.

Et il est temps de parler de cette femme ou plutôt de son interprète Yoon Jung-hee, la superstar coréenne qui a déjà joué dans plus de 300 films, été récompensé par pas moins de 24 prix d’interprétation. Cette actrice si courageuse et emblématique revient sur nos écrans après plus de 15 ans de pause artistique et il est peu de dire qu'elle ne revient pas pour rien tant elle nous éblouit par son talent et rythme le film par sa démarche. Et si il y a bien une chose que personne ne pourra contester sur ce Poetry, c'est bel et bien ses talents d'actrice.

A coup d'ellipses narrative et non dits salvateur, Lee Chang-dong réalise une oeuvre opaque et sobre. Les thèmes se multiplient et le réalisateur réussit à transposer sur écran une beauté de tout instant, dépourvu d'artifices. Poetry est une oeuvre fine, complète et accomplie, une belle réussite !
Rik13
Rik13

23 abonnés 648 critiques Suivre son activité

4,0
Publiée le 18 mars 2012
Il est des œuvres cinématographiques qui par leur thème et par leur traitement plein d’humanité marquent durablement le spectateur. Impossible de rester indifférent devant ce très beau film coréen qu’est « Poetry », une œuvre attachante pleine de sensibilité développant avec finesse un récit par moments très dur. Le film est construit autour du personnage de Mija, femme de 65 ans qui vit avec son petit fils qu’elle élève seule dans un petit appartement. Entre ces deux individus, les relations sont peu évidentes et la communication quasi-inexistante. Mija est pourtant une femme singulière et alerte qui aime la vie et qui prend soin de son apparence. A l’occasion d’une visite médicale, elle apprend qu’elle est atteinte de la maladie d’Alzheimer. Désirant enrichir ses connaissances, elle découvre alors le monde de la poésie, s’inscrit à un cours et dans un club de lecture. Mais une affaire sordide dans laquelle son petit fils est impliqué va venir bouleverser son existence et les valeurs qui sont les siennes. La mise en scène de ce film réalisé par Lee Chang-Dong est sobre et dépourvue de tout artifice tapageur qui caractérise nombre de productions d’aujourd’hui. Le rythme est plutôt lent mais jamais ennuyeux tant le récit distille une émotion empreinte de lyrisme dans la première partie, avant de basculer dans un ton beaucoup plus dramatique par la suite. Cette seconde partie de « Poetry » montre avec tact et discernement le cas de conscience qui se pose à Mija face au drame dans lequel son petit fils est concerné. Il y est question de deuil, d’honneur et de sentiment de culpabilité. Paradoxalement, c’est dans cette période de trouble et de profond désarroi que Mija va trouver l’inspiration pour écrire un poème en faisant parler à travers quelques vers une personne tragiquement disparue. La fin est à ce titre bouleversante, d’autant plus que le réalisateur la met en scène comme le reste de son récit, avec pudeur et retenue. L’actrice principale Yoon Jung-hee est formidable, interprétant avec naturel et austérité le rôle de Mija. « Poetry » est un long métrage émouvant mis en scène avec beaucoup de délicatesse et de sincérité, un film à découvrir.
islander29

1 028 abonnés 2 663 critiques Suivre son activité

5,0
Publiée le 25 août 2010
Il me semble parfois que le cinéma coréen a condensé toute la sensibilité du monde...Il ose en permanence parler de sentiments, de liens sociaux, de pudeurs intransigeantes...Poetry ne déroge pas à la règle et la compagnie de cette grand mère pendant deux heures 20, qui assiste impuissante aux malheurs du monde, apporte une douceur et un réconfort, parfois de la tristesse qu'on ne peut plus guère trouver dans la vie réelle où tout est accéléré...Le temps lui est compté et elle décide d'écrire de la poésie...C'est une force du film de nous présenter la poésie avec recul, presque comme une convention sociale pour des ames esseulées, et avec parfois un humour subtil... Le film tient un discours poétique sur la poésie, sur l'inspiration qui pourra échapper à certains spectateurs...La poésie c'est un peu comme l'amour quand on la cherche on ne le trouve pas...Mais le film est un portrait aussi de la société coréenne, des pertes de repères de sa jeunessse.. C'est aussi quelques passages remplis de sensations, comme pour nous dire qu'être vivant c'est d'abord sentir avant de penser...Vos pensées finiront toujours assez par vous tourmenter...C'est du grand cinéma, des acteurs magnifiques, des dialogues généreux et humains et surtout une fin admirable qui remet chaque spectateur face à l'essentiel, un peu comme la poésie...
anonyme
Un visiteur
3,5
Publiée le 11 avril 2012
Poetry avance comme un atout son atmosphère feutrée où le non-dit entre les personnages est roi. Mais c’est dans ces interstices qui demeurent entre les mots qui ne sont pas dits, dans ces silences entre la grand-mère et son petit-fils que s’infiltrent habilement la gravité du film et aussi, toute sa poésie, déposée – le plus souvent – subtilement sur la pellicule, par petites touches, sans lourdeurs. Hélas, pas toujours sans longueurs. Ce qui malgré tout n’enlève rien à l’interprétation de Yoon Jung-Hee, qui a mérité un énième prix d’interprétation féminine.
Mephiless s.
Mephiless s.

72 abonnés 697 critiques Suivre son activité

4,0
Publiée le 7 septembre 2015
Lee Changdong signe un film intelligent, avec l'héroïne principale qui est superbement interprétée par Yun Junghee. Cette héroïne essaie de mettre de la poésie dans sa vie monotone, surtout quand la sienne est bouleversée par l'acte qu'a fait son petit-fils, un garçon qu'elle aime malgré ses nombreux défauts. La photographie est lumineuse et donne une certaine esthétique au film. Certains moments auraient pu être coupés et ne sont pas bien utiles mais la question de la poésie est abordée de manière parfois très subtile
QuelquesFilms.fr

354 abonnés 1 759 critiques Suivre son activité

4,0
Publiée le 14 septembre 2013
Sur le plan mélodramatique, la barque est bien chargée... Mais le traitement est d'une grande délicatesse, tout en finesse et profondeur psychologiques. Lee Chang-dong dresse le portrait d'une femme qui encaisse les coups de la vie avec une forme d'absence dépassée et une douleur retenue. Incapable d'exprimer ouvertement ses sentiments (peur, effroi, honte...), incapable d'écrire un poème. La poésie joue ici un rôle multiple : c'est l'occasion de retenir les mots avant qu'ils ne disparaissent de la mémoire, c'est la tentation de fuir loin des horreurs du monde, dans la contemplation et la beauté, ce sera finalement le vecteur d'une vraie libération, l'expression d'une compassion. Mais aussi l'aboutissement d'un parcours christique. Car il s'agit bien d'un chemin de croix pour Mija qui tente de racheter la faute de son petit-fils par tous les sacrifices. Une quête de rédemption. Les scènes finales sont un mélange de grâce, de souffrance et d'apaisement. Un monologue à deux voix, comme une communion par les mots, par-delà les mots. C'est poignant.
Outre sa dimension morale, le film comporte un aspect sociologique avec ce tableau d'une société coréenne déshumanisée, monstrueuse d'insensibilité. Entre les parents des ados violeurs qui évaluent froidement le prix de la vie de la victime pour "dédommager" la famille, en évitant de rendre le scandale public, et le comportement du petit-fils, insouciant, glouton et ingrat, le réalisateur n'épargne pas ses concitoyens. Cela dit, entre misanthropie et foi dans l'humanité, laideurs et beautés du monde, il trouve le juste équilibre, critique et poétique.
anonyme
Un visiteur
4,0
Publiée le 1 mars 2013
Quand j'ai vu que la durée de ce long-métrage était de 2h13 et qu'il parlait de la poésie (comme le sous-entend le titre), je me suis dit que j'allais littéralement :"Me faire chier". Mais pas du tout! Grâce à plusieurs histoires parallèles, qui sont toutes dramatiques et qui alourdissent encore plus la vieille femme de 65 ans. Pour se libérer, chaque qu'elle se sent oppresser, elle fait de la poésie. Ingénieux et empêche le spectateur de s'endormir. Et les petits plans malicieux qui montrent des personnages à priori sans importance, mais que l'on retrouve bien après. D'ailleurs, en le visionnant, on ne peut que penser au thriller sud-coréen "Mother" qui traite aussi d'une histoire similaire, avec aussi une quête de soi. Sauf qu'ici, l'ambiance est plutôt ensoleillé contrairement à l'oeuvre de Boon-jo Ho. Différents thèmes et musique discrète, c'est ce qui fait le charme du cinéma asiatique, beaucoup moins américanisée (excepté un certain Kim-Jee Won) et avec ses propres thématiques qui conquissent le monde entier.
Tumtumtree
Tumtumtree

202 abonnés 578 critiques Suivre son activité

5,0
Publiée le 1 septembre 2010
La bande-annonce ne m'incitait pas à aller voir ce film de 2h20 dont l'histoire semblait vague. J'imaginais un film plein d'une sentimentalité naïve. Je me trompais complètement. Le drame dépeint ici est d'une complexité et d'une intensité rares. Autour de cette femme gravitent plusieurs hommes qui sont tantôt coupables, tantôt faibles (adolescent irresponsable, pères prêts à tout pour sauver leur apparence de bonheur, vieillard malade recherchant sa virilité). La mise en scène est admirable et les comédiens parfaits.
rpcine
rpcine

22 abonnés 53 critiques Suivre son activité

3,5
Publiée le 10 septembre 2010
Très joli film. L'oeuvre est touchante et colorée. Elle repose essentiellement sur la performance de Yoon Jung-hee, qui campe là une petite dame pétulante et ouverte, qui confrontée à un dilemme, se réfugie dans la poésie et dans la contemplation de son monde. C'est également sur ce point que repose le scénario, étrangement primé à Cannes car ne présentant pas de spécificités et de particularités marquées. En effet, bien que s'appuyant sur une trame lourde et pesante, le film se révèle assez léger et même agréable à regarder. Il nous fait prendre conscience de la beauté du monde, bien qu'il ne le soit pas tant que ça...Au final un bon film, poétique (comme il se doit), occultant les difficultés et la dureté de notre monde actuel, porté par une actrice formidable, qui aurait pour sa performance mérité le prix d'interprétation féminine à Cannes!!
ptiverat
ptiverat

18 abonnés 80 critiques Suivre son activité

4,5
Publiée le 23 février 2014
Trouver la poésie quand on baigne dans un univers sordide de viol, quand on est femme de ménage pour un vieillard handicapé qui rêve de jouir, quand sa propre vie est en sursis à cause de l'Alzheimer, pas facile! Et pourtant à petites touches cette vieille dame, une espèce de Maude asiatique, trouve le chemin de son poème qu'elle nous livre à la fin en rédemption du suicide du viol de cette jeune fille douce. Ces viols et ce suicide, intimement lié à l'histoire de son petit-fils, ouvre la porte de la poésie . Il faut évidemment prendre un autre rythme que la dégustation Hollywoodienne du cinéma pour savourer chaque vers de ce long poème cinématographique . Et pour chaque moment glauque et sans espoir d'une société rustre et barbare s'inscrit un moment de poésie qui nous mène au poème final en évitant les écueils des longues tirades et des rimes faciles. Certains trouveront la finale facile, mièvre, mélodramatique c'est qu'ils n'ont pas compris que la finale n'a aucune importance au cinéma; c'est le chemin qui y mène qui a sa valeur! On pourrait presque dire la même chose pour la poésie si ce n'était que contrairement à une finale de cinéma la bonne poésie enserre à jamais dans notre âme un mystère . Vu ainsi la finale de ce film est très réussi et parfaitement en accord avec la poésie.
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