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Un visiteur
2,0
Publiée le 15 décembre 2011
Du balcon où j’étais, je n’ai pas vu grand-chose de palpitant. À part Marie-Josée Croze habituée à des rôles empreints de mystère comme dans « Ne le dis à personne », en femme fatale dans « Je l’aimais ». Elle en fait tourner des têtes celle-là. Nicole Garcia nous sert une petite intrigue au parfum de thriller hitchcockien qui s’avère vite superflue. Du balcon, tout est survolé, la relation de l’amant de Cathy et son père par exemple. À quoi sert Sandrine Kiberlain ? Pourquoi jouer un rôle qui aurait pu être tenu par une débutante ou une actrice habituée au troisième rôle ?! Copinage ? Sans doute. La marque de fabrique de la réalisatrice est de révéler la fragilité des hommes et Jean Dujardin n’y a pas échappé. Reste que je ne m’attarderais pas sur ce balcon plus longtemps.
Un très beau film sur les blessures de l'enfance. La trame immobilière est un prétexte, mais je suis convaincu encore ici que parfois le sujet prévaut sur le traitement. Dujardin est exceptionnel.
Même si certains aspects du thriller ne sont pas totalement résolus, ce film se révèle touchant grâce à une réflexion sensible sur les souvenirs et le poids de l'enfance ainsi qu'à une interprétation sobre et convaincante de ses comédiens. Très beau.
Si le film est nimbé d’une belle lumière propre aux bords de la Méditerranée, française comme algérienne, mettant en valeur les pierres séculaires aixoises et oranaises, on regrette cependant que la native d’Algérie n’offre pas une vision plus personnelle et moins convenue des événements, même perçus au travers du regard d’enfants. Là aussi le film bute sur des procédés scénaristiques (évocation des souvenirs et escapade rédemptrice) pour justifier du tournage maghrébin, qui, au final, joue trop avec les clichés, pour ne pas dire un certain folklore. Seconds rôles inexistants malgré le prestige du casting (Claudia Cardinale et Sandrine Kiberlain, presque en figuration), c’est donc surtout au niveau des deux interprétations protagonistes et des ficelles de l’écriture que le film révèle ses plus grandes faiblesses en ne prenant pas le parti d’un traitement plus cruel et plus vénéneux puisque le ressentiment et la rancœur imprègnent la trajectoire des personnages.
Rien ne me prédisposait à aimer ce film à priori : seulement voilà , la finesse de Nicole Garcia et l'excellence des interprétations de Marie Josée Croze et Jean Dujardin habitent ce film d'une grande sensibilité , au final bouleversant. C'est beau et j'ai adoré ce regard porté sur les sentiments enfouis que la providence d'une rencontre fait ressurgir des années plus tard. Bravo!
Nicole Garcia s'inspire de son propre vécu et surtout de son enfance à Oran pour réaliser ce drame touchant (mais bancal). Alors que la guerre d'indépendance éclate en Algérie, deux pré-ados se retrouvent séparés, l'un rentre en France, l'autre reste sur place. Une vingtaine d'années plus tard, Marc, père de famille et agent immobilier, croit reconnaître son amour d'enfance en la personne de Cathy. Ses souvenirs longtemps enfouis refont surface, Marc tombe sous son charme, alors que Cathy reste plus réservée et semble cacher sa véritable identité. Alternant sans cesse entre le présent et le passé, les flashs-backs sont d'une grande réussite, de la qualité photo à ses (jeunes) interprètes, il n'y a rien à redire. Quant à Jean Dujardin, il porte en lui le personnage tiraillé par ses souvenirs et cet amour d'enfance. Marie-Josée Croze de son côté, peine à nous convaincre à cause de son personnage trop ambigu et plombé par des éléments extérieurs inutiles (notamment l'arnaque immobilière). Une réalisation en dents de scie qui avait pourtant un fort potentiel.
Film d'auteur se voulant un minimum grand public, le dernier film de Nicole Garcia a le mérite de nous raconter une histoire plutôt correctement, Jean Dujardin s'avérant de son côté crédible dans le rôle principal. Cela dit, bien que je n'ai au fond rien de très précis à lui reprocher, ce « Balcon sur la mer » ne m'a jamais vraiment captivé, que ce soit quant au contexte historique ou à cette histoire d'amour sensible, mais que l'on suit en définitive d'assez loin, la faute peut-être à une identification difficile avec les différents personnages de l'oeuvre. Un film honnête donc, doté de réelles qualités, mais malheureusement trop froid pour convaincre totalement.
Très bel essai sur la nostalgie de l’enfance, l’histoire personnelle qui resurgit un jour, par hasard et vient bouleverser le quotidien. Seulement ici, l’histoire n’est pas tout à fait l’histoire, il y a un petit détail qui ne va pas, ce n’est pas tout à fait ça… Et ce décalage va entraîner les personnages dans une quête inattendue et les faire dériver vers une fin fulgurante. Nicole Garcia signe peut-être là son film le plus abouti. Sa réalisation est efficace, personnelle, et nous entraîne dans des méandres d’hypothèses et de suggestions. Jean Dujardin est prodigieux de force et de maîtrise dans son jeu d’acteur, Marie-José Croze est comme toujours lumineuse et simplement belle. Les anciens, Michel Aumont et Claudia Cardinale, renforcent tout naturellement la nostalgie. Quant aux scènes de l’Algérie, du présent ou du passé, elles font ressortir mieux que de longs discours tout ce que l’humain contient en lui de souvenirs qui sont autant d’images pour le construire.
Avec "Un Balcon sur la mer", Nicole Garcia renoue avec la justesse de ses oeuvres majeures "Place Vendôme" ou l'incontournable "Selon Charlie". Pour cela, elle s'appuie sur un scénario impeccablement écrit et sur une brochette d'acteurs appliqués et concernés. Mention spéciale à Marie-Josée Croze, excellente dans son rôle de femme mystérieuse. Pour le reste, on regrettera le manque de conviction de Jean Dujardin qui peine à s'imposer dans un rôle dramatique et le dépouillement psychologique de certains personnages.
Le cinéma de Nicole Garcia exploite souvent le thème de la complexité des rapports humains mêlé à une intrigue nébuleuse. Son sixième long-métrage, sorti en 2010, n’échappe pas à la règle. Si la rencontre fortuite entre deux individus (Marie-Josée Croze et Jean Dujardin) ayant été amoureux l’un de l’autre durant leur jeunesse permet de créer une aventure extra-conjugale dévorante, le récit autour d’une fraude immobilière venant compléter le tableau n’apporte rien de palpitant. Le caractère insouciant de ces enfants ayant vécu les soulèvements de la guerre d’indépendance d’Algérie (la réalisatrice étant née à Oran y a certainement puisé des souvenirs personnels) constitue le point saillant du propos. Pour le reste, on suit avec scepticisme cet imbroglio scénaristique. Bref, un sentiment mitigé pour ce film très confus.