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vincinqneuf
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5,0
Publiée le 27 novembre 2009
L'acharnement d'une femme pour retrouver l'amour et la reconnaissance de son fils dans l'Italie de Mussolini qui va tout faire pour l'écarter de sa carrière politique.L'actrice est exceptionnelle.
Un grand moment de cinéma! Cette histoire nous énerve et suscite en nous de la haine pour celui qui a fait tant de mal à cette femme.. Un film touchant, et terriblement dérangeant
Vincere nous emmène voir du côté de la face obscure du pouvoir mussolinien. Son film fait habilement écho à l’actualité brûlante de l’Italie en proie aux frasques sexuelles de son leader charismatique, Silvio Berlusconi. Autre temps, autres mœurs les médias n’avaient pas encore l’emprise atteinte en 2009 qui ferait qu’il serait difficile même pour un dictateur de murer au silence une maîtresse répudiée. Le combat d'Isa Dalser est vain et souvent incompréhensible mais ses motivations nous apparaissent clairement comme guidées par la même soif de reconnaissance et de pouvoir que celui qu’elle prétend aimer. Plutôt mourir que de renoncer au statut qu’elle pense être le sien en qualité de mère du premier fils du Duce. L’enfant lui-même n’a que peu d’importance et il sera sacrifié à la quête du Graal d’Isa n’ arrivant jamais à se situer entre une mère enfermée dans un hôpital psychiatrique et un père dont il admire les discours ampoulés aux actualités cinématographiques. Réduit à faire de grotesques imitations du grand homme devant ses camarades de lycée, il mourra victime du manque d’amour de sa mère. A travers le destin de cette femme, première à être tombée sous le charme vénéneux de Benito on comprend mieux la folie qui a pu s’emparer de tout un peuple. Pourtant quand Bellochio nous jette à la face les grimaces de contentement du dictateur perché sur son balcon de la place Veneziana lors de ses discours romains on se dit que la mégalomanie sans limite du bonhomme aurait dû alerter l’opinion internationale bien avant qu’il ne devienne le modèle de Hitler. Les images d’archives désormais à la disposition de chacun n’ont pas empêché nos amis transalpins de s’amouracher d’un autre bouffon sans doute encore plus vulgaire. Filmé souvent dans l’obscurité et en plan serré Vincere se veut inquiétant comme un cauchemar que l’Italie aurait enduré près de vingt ans et dont elle est ressortie exangue.
Les meilleurs cinéastes italiens, de Rossellini à Scola, ont toujours su relier la Grande Histoire à des récits intimes d'individus anonymes dont le destin en a été bouleversé. Avec Vincere, Marco Bellochio trace le portrait d'une femme au courage inaltérable, meurtrie, bafouée, toujours combattante, même internée, elle, la femme ignorée de Mussolini. Dans un style puissant et ample, le réalisateur décrit l'Italie fasciste avec brio, passant à une manière lyrique quand il évoque la destinée de cette femme (et de son fils Benito) hors du commun. D'une beauté sombre (quelle image somptueuse !), le film intègre des archives extraordinaires du Duce en "représentation" et des bandes d'actualité. Elles sont subtilement utilisées dans cette oeuvre qui est sublimée par la performance héroïque de Giovanna Mezzogiorno. L'un des plus beaux films de Bellochio (70 ans) qui a trouvé là un sujet à sa (dé)mesure.
Le film occulte complètement l'aspect historique pour se cantonner sur la femme cachée de Mussolini. Dommage car l'intérêt devient limité, cette femme qui répète toujours la même chose devient fatiguante.
Considéré comme l'un des plus grands films de Marco Bellocchio, Vincere dresse un portrait touchant et puissant d'une conjointe de Benito Mussolini victime de son amour, et du patriarcat plus globalement. A ce titre, le récit reste incroyablement d'actualité et garde une certaine force. Malheureusement, la construction du récit et le manque de contexte rendent l'histoire très confuses, voire incompréhensible. Sans une connaissance préalable des personnages ou des faits, il faut accepter de ne pas comprendre tous les dialogues, ni les enjeux qui s'y jouent. Une expérience frustrante donc
Dans un style un peu daté, Vincere retrace la vie de la première compagne de Mussolini et son combat lorsque celui-ci décidera de l'oublier. La présence continue et massive de la musique, la présence d'image d'archives, la lenteur assumée en font un film surprenant. Les acteurs rendent vie à ces personnages de façon magistrale.
Vincere est un des tous meilleurs films de l'année. Un quasi chef d'oeuvre qui prend par surprise le spectateur d'entrée au moyen d'une scéne d'introduction qui donne tout le rythme au film comme une ouverture d'opéra, genre musical sur lequel le film entier est calqué. Le défi de Mussolini sur l'existence de Dieu est un grand morceau de cinéma. Toute la première partie jusqu'à ce que l'acteur qui joue le Duce s'efface devant le tyvran Mussolini est un chef d'oeuvre absolu, portée par un acteur sensationnel. Bellochio se refuse à une attaque directe de Mussolini mais questionne plutôt sur l'intrication entre politique et traitement de la folie et (intenses) rapports amoureux et familiaux. La deuxième partie suit la descente aux enfers de la femme cachée du dictateur avec une grande intelligence mâtinée d'humanité et parfois d'humour. Voir même de poésie lorsque la maîtresse de Benito, jouée avec un immense talent par Giovanna Mezzogiorno, grimpe les grilles de l'hôpital comme si elle cherchait à atteindre l'impossible étoile de la liberté avec la neige qui tombe. Bellochio évite tous les pièges à travers le réel du psychiatre, d'une immense subtilité Fillipo Timi, excellent et très proche des personnages de Chaplin revient à la fin pour jouer le fils de mussolini et fait un numéro pathétique de mime des tics de son père. Un morceau de bravoure teint de désespoir qui ne se laissera pas oublier. Le film mélange plusieurs styles narratifs, à la fois inspiré des films muets de Chaplin (Le kid), de l'opéra, du documentaire (brillantes insertions d'extraits de films d'actualité) le tout nimbé de la musique de Carlo Crivelli, qui ressemble à du Bernard Hermann (La mort aux trousses). C'est du cinéma expressionniste qui n'a pas peur d'assumer ses choix en exhibant certains sentiments primaires (l'absence de l'autre vécue comme un drame). Les deux heures et quelques passent très vite du fait d'un rythme trépidant. Un grand moment de cinéma.
Dans un style elliptique et nerveux qui n'est bien sûr pas sans rappeler le cinéma d'avant-guerre, 'Vincere' raconte l'histoire intime d'Ida et Benito Dalser pour évoquer en creux l'Histoire. Le fascisme apparaît ainsi comme une folie collective suscitée en Italie par un homme, Mussolini. Un film aussi convaincant que glaçant.
Le prototype même du film dont on ne ressort pas indemne... hanté plusieurs jours par ces Faits totalement bouleversants bientôt invraisemblables pour finir dans l'ignominie la plus totale.
Marco Bellocchio est un Grand Cinéaste totalement inconnu de types comme poutine - trump ou musk
Surpris de tant de succès... Une histoire très peu connue dans la grande Histoire. Quel destin en effet que cette femme et de son fils, rejeté par Mussolini... Mais aussi rappelons qu'il n'y aucune preuve de la véracité de ces faits. Cependant la magie du cinéma nous fait vivre une vie hors norme avec des acteurs tous magnifiques surtout la splendide et pasionnée Giovanna Mezzogiorno. Le film aurait mérité d'être un chef d'oeuvre mais la première partie est un vrai capharnaüm... incustation de divers slogans et propagandes de l'époque, accumulations abusives d'images d'archives, montage fouillis dans la chronologie, bref on a l'impression d'être un moyen-métrage qui résumerait l'époque 14-18 vu d'Italie ! L'histoire entre Ida Dalser et Mussolini passe en second plan et n'est que survolée ! C'est extrêment dommageable... Heureusement le film prend toute sa dimension tragique après la fin de la première guerre et le rejet par Mussolini, on entre enfin dans ce qui nous interesse... Emotion, drame, merveilleuse interprétation , un beau film d'amour et de drame... Mais trop tard le début gâche l'ensemble. Dommage...
En compétition à Cannes cette année ce dernier film de Marco Bellochio est reparti bredouille, et on se demande bien pourquoi ! Alors que l'imbuvable Kinatay a été primé pour une mise en scène inexistante, celle grandiose de Vincere l'aurait mérité mille fois plus. Tout ici est dans la démesure mais dans le bon sens du terme. On est littéralement emporté par le souffle épique et grandiose de cette histoire d'amour étouffée pour le bien de la "grande Histoire" de l'Italie et de son fascisme. Bellochio réalise là sans doute son plus grand film, en tout cas l'un des plus beau de l'année, une fresque irréelle et pourtant vraie. Pour ma part je n'ai pas vu passé les deux heures de projection, la fin arrive bien vite alors que l'on est plongé dans un récit fort et touchant. Un exceptionnel portrait de femme qui s'est battu toute sa vie pour faire admettre sa vérité. Ida est merveilleusement interprétée et portée par la sensationnelle Giovanna Mezzogiorno (fille de Vittorio). Le prix d'interprétation cannois n'aurait pas été volé. Elle porte tout le film sur ces épaules et elle est presque de chaque plan. Une très belle performance. Techniquement le film est parfait. Musique (parfois légèrement envahissante), costumes, décors, montage (incluant de vraies archives de l'époque) et images magnifiques. L'ami qui était avec moi a qualifié le film "d'opéra" à la sortie. C'est une bonne comparaison. En tout cas, c'est grandiose. Une histoire forte, troublante et révoltante alliée à une mise en scène virtuose. Vincere restera certainement comme un chef d'oeuvre...
"Vincere" dispose d' un joli visuel, d'une trés bonne réalisation, d'acteurs de talent et d'une BO en béton mais il lui manque un scénario assez solide pour nous faire oublier les quelques longueurs ici et là et une histoire qui tourne un peu trop en rond.
« Vincere » où la petite histoire dans la grande histoire, ici italienne. Marco Bellocchio nous convie pendant deux heures à suivre le destin d’une des maîtresses de Benito Mussolini, Ida Dalser, maîtresse qui fut enfermée en institutions psychiatriques afin de la faire taire et d’empêcher que le Duce ne soit entraîné dans un scandale d’adultère (voire de bigamie) ainsi que de paternité hors mariage. Le sujet sans être indispensable pouvait sembler un éclairage intéressant sur la personnalité du dictateur fasciste, ainsi que sur les traitements inhumains qu’ont reçu certains de ces proches. Las le film est indigeste et ne propose qu’une vision poussive et hystérique d’une femme rejetée qui refusa de nier une relation et se retrouva privé de sa liberté et de son fil. Le scénario ne parvient jamais à nous faire sentir en empathie pour cette femme et ses malheurs, au contraire on la trouve rapidement plutôt antipathique comme le reste des personnages du reste. Le film n’est jamais autre chose qu’une suite de péripéties plus ou moins compréhensibles (selon sa connaissance de l’histoire de l’Italie de cette époque) où les émotions sont absentes et sont remplacées par une ambiance de froide folie qui met rapidement le spectateur mal à l’aise. L’image elle-même concourt à ce malaise avec son parti pris d’obscurité plus ou moins grande et cette couleur bleue sombre qui efface les couleurs pendant la plus grande partie du film et qui lui donne une ambiance crépusculaire des plus fatigante. Les personnages sont globalement soit irritants soit inconsistants et seule Ida, incarnée par une Giovanna Mezzogiorno fantastique notamment grâce à un regard presque hypnotique, semble pourvue d’une âme et d’une personnalité. Bref un film à l’intrigue poussive, à l’ambiance dépressive et aux personnages automates qui avec ces quasi deux heures plonge le spectateur dans un ennui assez profond pour un sujet au final assez anecdotique. Franchement à éviter sans regret.