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Un visiteur
0,5
Publiée le 1 mai 2010
Film assez décevant malgré trois excellents acteurs. Les sans-papiers sont utilisés pour révéler les insatisfactions des membres d'une famille de petits-bourgeois éduqués dans la pensée correcte. L'analyse psychologique est sans nuances ni subtilité. La jeune femme moldave est un personnage tout à fait arrogant et antipathique et ce sans raison. Beaucoup de clichés finalement.
Après une première partie assez caustique mais somme toute relativement clichée, nous pénétrons dans un univers familial qui se délite et révèle des comportements protecteurs qui laissent à réfléchir. Le sujet est évidemment scabreux mais le film met les pieds dans le plat malgré la fin un peu décevante.
Pour les excellents Karin Viard et Fabrice Luchini que j'adore. Un petit film français sans prétention, intéressant, mordant par moments, vite oublié certes, mais son authenticité fait plaisir en le voyant.
C'est difficile de dire si cette famille est raciste. Quelque part, elle l'est. Mais sans réellement le vouloir. Sans s'en rendre compte. Peut-être même qu'au fond d'eux, ils pensent ne pas l'être. Mais quand on touche à leurs privilèges, à leur train-train quotidien parfaitement huilé, l'autre, l'étranger, représente une menace. Un danger. A la limite, ce serait plutôt de l'égoïsme. Cette Moldave, (loin d'être irréprochable non plus, de toute façon, on est toujours l'étranger d'un autre) et sa fille vont dynamiter cette famille et faire ressortir leurs défauts, leurs vices, leurs frustrations parfois légitimes comme le fait de ne pas avoir été compris par leur père. C'est vrai que c'est difficile de le comprendre comme c'est souvent le cas avec les personnes âgées. On peut le trouver déconnecté de la réalité. Et lui aussi n'est pas sans reproche. C'est aussi un vieux monsieur cherchant faire jusqu'à la fin ce dont il a envie et peu importe l'avis des autres en particulier ses enfants. C'est finement écrit et j'en ai appris beaucoup sur ces petits bourgeois parisiens ne cherchant à protéger que leurs petits intérêts avant tout.
Film sur la vieillesse et la solitude . Réalisation soignée avec des dialogues à la hauteur . Pour une fois Luchini ne surjoue pas , bravo à la réalisatrice de l'avoir bien cadré. Je conseille.
Selon un point de vue différent et moins grave que celui de Philippe Lioret avec "Welcome", Anne Le Ny, elle, joue la carte "tragi-comédie" pour évoquer le douloureux sujet des sans-papiers, avec une histoire plutôt bien écrite et surtout des personnages ambivalents, ni bons ni mauvais, et sans cesse ballottés entre leur éducation et la réalité de leur situation familiale, car contraints de choisir entre respecter l’éducation que leur pèreleur a donné ou le sauver du naufrage affectif dans lequel il n’est perdu.
¨Une bonne comédie française, c’est assez rare pour être signalé. Alors oui, pas de surprise au niveau de l’interprétation. Luchini a un rôle taillé sur mesure ainsi que Aumont et Viard. Par contre, le sujet est traîté de manière assez habile pour ne pas tomber dans la caricature à propos des clandestins. Le personnage Tatiana est assez extraordinaire. En revanche, au niveau des aventures sentimentales, c’est pas terrible. Mais cette famille de bobos est toutefois suffisamment dépeinte en nuances pour qu’on s’y attache.
Beau film ! La présence de Fabrice Luchini dans ce film est irremplaçable, très agréablement surprises de la performance de Karin Viard qui n'est pourtant pas une de mes actrices préférée. Une belle histoire, très touchante, de très bons acteurs !
Dans les films d'Anne Le Ny, il est toujours question de famille. Ici, le problème posé est de savoir si les personnes âgées ont droit de sortir des sentiers battus et de faire des choses hors normes. Et comment les enfants doivent réagir. Grâce au duo Viard - Luchini, Les Invités De Mon Père s'en sort plutôt bien, sans verser dans un pathos.
Un médecin retraité et veuf recueille chez lui une famille d'immigrés sans papier. Après les avoir présentés à ses enfants, l'entente se corse et les imbroglios fusent. Surtout lorsqu'il leur annonce avoir fait un mariage blanc afin d'éviter l'expulsion de la mère et de sa fille. La mère, une jeune Moldave d'une trentaine d'années, commence à semer le trouble au sein de la famille, surtout lorsqu'ils apprennent que leur père noue une relation avec cette dernière. Une relation imposée, un héritage en jeu, des suspicions, tant de questions qui se bousculent dans la tête du frère (Fabrice Luchini) et de la soeur (Karin Viard). Scénario original, répliques et situations mordantes, Fabrice Luchini vole la vedette haut la main au reste de la distribution. Anne Le Ny réalise quant à elle, une chronique politico/familiale hilarante et plaisante, à découvrir surtout pour sa riche distribution.
Une comédie qui sort des sentiers battus des films politiquement correctes des bobos parisiens... Car des clandestins il en est en fait nullement question ici, ce sujet ne sert que de prétexte à un film qui est d'abord et surtout sur la famille, ses relations pas toujours facile et sur la solidarité et l'amour entre ses membres. Et pour mieux décrire ses probèmes il fallait une famille bourgeoise. Un patriarche s'ennuie et se lance dans une association d'aide aux sans papiers. Il héberge donc une femme de l'Europe de l'est avec sa fille, fait un mariage blanc pour qu'elle ait ses papiers plus vite. Au début tous les enfants le soutiennent jusqu'à accepter d'être déshériter !... Le ton change lorsque les enfant s'aperçoivent que la santé de leur père est en danger et que leur nouvelle belle-maman est plus coriace qu'elle le laissait paraitre. Cette dernière est d'ailleurs le déclencheur de souvenirs et du réveil des caractères profonds. On a droit alors à une magnifique relation frère-soeur (Luchni et Viard extraodinaires), un patriarche plus mesquin et vicieux que sa réputation laissait croire, une belle-fille d'origine modeste qui est la lseule intégre, fidèle à elle-même et la seule capable d'oser agir poursauver sa famille. Des acteurs vraiment exceptionnels servis par des dialogues plutôt savoureux et un scénario bien construit... Voilà une comédie dramatique qui met en valeur la solidarité familiale de belle façon avec le cynisme que la grande majorité des gens aurait dans de telles circonstances.
Après un excellent premier film, Ceux qui restent, Anne Le Ny nous revient avec quelque chose de bien plus léger. Quoi que. Le film démarre en mode comédie légère pour passer sur un ton beaucoup plus grave. Beaucoup de thèmes sont abordés sans qu'aucun ne soit vraiment traité à fond. Mais on pardonnera presque cela au vue de dialogues assez savoureux et d'une distribution qui l'est tout autant, et pour tout dire au final, reste le principal intérêt du film. Fabrice Luchini et Karin Viard sont très bien dans le rôle du frère et de la sœur, lui sobre comme on l'aimerait le voir plus souvent, et elle toujours aussi juste et drôle. Michel Aumont dans le rôle du père est assez attendrissant et Valérie Benguigui pièce rapportée de la famille, assure bien dans cette famille où tout part en vrille. On passe un bon moment entre rire et gravité, mais cela aurait gagner à être plus acide, plus corrosif. Un peu moins bien donc, pour Anne Le Ny et ce deuxième film, elle semble être à mon goût plus à l'aise dans le drame pur que dans la comédie. Attendons le troisième pour voir si la tendance s'affirme.
On savait depuis longtemps qu'Anne Le Ny était une des meilleures comédiennes de l'hexagone. Après "Ceux qui restent", il y a 3 ans, et, aujourd'hui, "les invités de mon père", on peut être sûr qu'elle fait d'ores et déjà partie des meilleurs réalisateurs du cinéma français. En effet, ce film réunit tous les ingrédients qui font les très, très bons films. Tout d'abord, un scénario écrit avec Luc Béraud et qui décrit avec finesse, avec un mélange sucré-salé de tendresse et de cruauté, une famille parisienne qui, petit à petit, perd les pédales, lorsque le patriarche, ancien résistant, ancien médecin qui s'est battu pour la légalisation de l'avortement et, tout naturellement, ardent défenseur des sans-papier, fait un mariage blanc pour aider une réfugiée moldave et sa fille. Ce scénario n'épargne personne et, en même temps, nous met dans la peau de chacun des personnages et nous fait comprendre leurs motivations quasiment de l'intérieur. Beau tour de force ! La mise en scène est fluide et ne demande guère d'autre commentaire. On pourra juste trouver que les transitions d'une scène à l'autre sont parfois un peu abruptes mais ce n'est jamais vraiment gênant. Quant à la direction d'acteur, elle est au top niveau, ce qui nous donne un Michel Aumont égal à lui-même, c'est-à-dire excellentissime, un Fabrice Luchini revenu à son meilleur niveau, une Valérie Benguigui excellente et même une Karin Viard bien meilleure que d'habitude et même excellente dans certaines scènes. On notera que, dans ce film qui n'est pas censé être une comédie, j'ai dû rire 10 fois plus que dans "l'arnacoeur" qui est censée en être une (10 fois 1, ça fait 10 !). Et on ne manquera pas de clamer que la musique de Béatrice Thiriet est à la fois très discrète et inoubliable par sa qualité. Un très, très bon film, je vous disais !