La notion de fierté a quelque chose d'égoiste. Pourtant j'avouerai ma
fierté à avoir regardé Wrong turn troisième du nom jusqu'à sa fin.
Le défi s'annonçait rude, parce que deux suites à un premier opus
réussi, dans le genre horreur ou gore, cela rime davantage avec
exploitation commerciale qu'avec oeuvre d'honnêteté intellectuelle...
Cette honnêteté, c'est le spectateur qui subira le supplice jusqu'à
la dernière minute qui pourra s'en réclamer, comme une véritable
épreuve journalistique. En effet, même si l'on pense invariablement
qu'en 2008, le plus petit budget peut au moins ne pas donner un navet,
un nanar, on reste parfois bouche bet devant des films d'une
crétinerie insoupçonnée, toujours sidérante, jamais tarie. Wrong
turn réussit au moins ça: être un film incroyablement
inintéressant, ne titillant à aucun moment l'oeil, si ce n'est dix
secondes des trois premières minutes, avec une "mort sympathique".
L'heure trente qui suit en dure trois. Mettons une demie étoile pour
le mélange entre rire et cri du "monstre" dont le ridicule fait
sourire. Mais sinon, rares sont les nanars sans intérêt: ici, même
pas de second degré involontaire ou non! Parce que le pis, c'est que
la production bénéficiait de moyens financiers réels... Allez,
résumons, pour le sport et pour le fun: scénario des années 80
jamais surprenant aucunement, action de la même époque, charisme des
personnages et des acteurs et des décors gratuits du calibre d'un cure-
dent, ridicule du monstre mi-homme mi-habitant de Chernobyl, effets
spéciaux de synthèse Amiga, tout est plat... Mais pis! Tout est dans
le rouge, tout est en-dessous du degré zéro de l'incompétence. C'est
fou.