Air Doll
Note moyenne
3,6
364 notes En savoir plus sur les notes spectateurs d'AlloCiné

66 critiques spectateurs

5
13 critiques
4
16 critiques
3
17 critiques
2
13 critiques
1
4 critiques
0
3 critiques
Trier par :
Les plus utiles Les plus récentes Membres avec le plus de critiques Membres avec le plus d'abonnés
anonyme
Un visiteur
4,0
Publiée le 9 février 2014
Si les mots palissent devant tant de délicatesse, les phrases seront bien honteuses aux sommets de la poésie.
Certaines naissances sont bénies des dieux ; ici loin de mars guerroyant, plus près de la terre et entre ciel et vénus se déploie la poésie des images animées pour insuffler de cette véritable vie spirituelle.
Quels sont les secrets du creuset de cette alchimie cinématographique? Rien de plus que le vide et le tout, le souffle et l'air, le sexe et l'amour, la mort et la vie, le reflet angélique sur l'écran de la divine création.
L'invitation à ce fin banquet de la représentation lève à peine le voile sur le mystère de ces aliments : le sel d'un latex mielleux, le cœur et les variantes d'une sensation poétique, les émotions aériennes d'un souffle sucré ou l'aura cristalline d'une lumière musicale. Pour la séance d'un soir d'été sublimé, c'est bien là, l'art du plus beau dîner de la semaine, du mois, de l'année peut-être.
Une page se tourne sur l'ersatz d'une filmographie musclée de la sensation, de l'action tonitruante dans les déferlantes de pétarades et les routines morbides de l'excitation.
Ici l'esprit éveille un chef-d'œuvre et l'âme souffle vers le sublime. C'est le dos de l'œil, l'impermanence du spectateur dans la contemplation intérieure du visage originel de la création cinématographique.
David
anonyme
Un visiteur
4,5
Publiée le 17 juin 2010
Un film très fort alors que je m'attendais à un simple conte un peu merveilleux. Une belle surprise donc et une belle interrogation sur la vie et ses solitudes.
anonyme
Un visiteur
5,0
Publiée le 23 juin 2010
Sublime poème...
Ghislain LEFORT
Ghislain LEFORT

5 critiques Suivre son activité

4,0
Publiée le 28 août 2024
Très bon film de Kore-Eda, qui nous donne une fois de plus l'envie de regarder ses films emprunts de douceur et de poésie.
anonyme
Un visiteur
2,5
Publiée le 25 juin 2010
Appréciant ce réalisateur, surtout depuis Still Walking, j'ai eu le sentiment devant ce film d'être désorienté entre des points de vus peu assurés, des métaphores à rallonge et souvent largement annoncées ce qui fait que la trajectoire de la poupée devient une trajectoire de scénario et non la trajectoire d'un personnage qui prendrait vie devant nos yeux. Ceci dit, la poésie, la fraîcheur de l'image et de la musique sont à la hauteur des précédentes réalisations de Kore Eda. Les comédiens tiennent leur rôle et l'histoire "d'amour" très touchante. La fable a été choisie pour raconter cette histoire, avec ces défaults et ces qualités.
Cadreum
Cadreum

77 abonnés 829 critiques Suivre son activité

3,0
Publiée le 22 avril 2026
Avec Air Doll, Hirokazu Kore-eda adapte le manga de Yoshiie Gōda et imagine l’éveil à la conscience d’une poupée sexuelle appartenant à un homme solitaire. L’argument pourrait être son concept mais le conte fantastique annoncé devient surtout l'objet d'une reconquête identitaire. Ainsi, dans un Tokyo saturé d’objets et de relations de substitution, le miracle porte notre regard sur ce qui fait qu’un être est vivant, sur la capacité à éprouver un vide, et ce qui manque au cœur de l’abondance.

L’animation de Nozomi (Bae Doona), en retenue, accompagne ce passage de l’inerte au sensible. À ce titre, l'éveil se fait simplement en silence sur fond musical (World's End Girlfriend) - enveloppant ensuite le film d’une mélancolie lyrique, souvent appuyée - après qu'une porte se soit refermée et recouverte par les draps, presque comme si la conscience avait honte d’apparaître. Creuse, littéralement traversée par un souffle précaire, Nozomi existe à la merci d’une fuite.

Autour d’elle, les humains ne paraissent guère plus ancrés. Le propriétaire qui s’adresse à elle comme à une compagne docile, les employés du vidéo club, les silhouettes solitaires croisées dans les rues vivent dans un système d’échanges sans profondeur. Même l’amour qui affleure ne prend pas la forme d’un élan. Même constat pour l'espace : appartements exigus, néons fatigués, colorimétrie délavée. La mise en scène (fonctionnelle) glisse dans ces espaces sans nécessité dramatique. Dans ces lieux, le regard de la poupée requalifie le réel. Ce dispositif produit un effet de ré-enchantement : le monde, pourtant saturé de solitude, retrouve son intensité élémentaire.

Le film interroge également le corps comme surface d’usage. Les scènes sexuelles, en prenant le temps de montrer les gestes de l'après (remettre en état), pointent la violence du fantasme d’un partenaire sans altérité, disponible, silencieux, interchangeable. Ainsi lorsque à l'orée de la conclusion du film, le propriétaire demande à Nozomi de redevenir poupée, il exprime le désir d’une relation sans résistance. Le film critique, sans discours appuyé, une forme de consumérisme affectif.

Là est sans doute aussi son problème, Air Doll avance comme une bulle d’air dans une ville grise. On sait qu’elle peut éclater. Mais à ce risque, le film ne saisit aucune piste pour gratter la peau du vernis.
Les meilleurs films de tous les temps
  • Meilleurs films
  • Meilleurs films selon la presse