L'histoire de cette femme aurait de quoi bouleverser. Dès les premières images il est aisé de ressentir la banalité d'une vie sans relief. Une vie d'une grande morosité dans laquelle l'amour n'a plus de place. Cette mère, confrontée au plus horrible des deuils, celui d'un enfant mort dans un accident en Chine, va entreprendre avec l'administration française, quantités de démarches afin de pouvoir récupérer son corps et le rapatrier dans son pays.
Le chemin sera long, difficile, douloureux. Quasi impossible. C'est donc en Chine qu'elle se rendra, un pays dont elle ignore tout, de la géographie, aux us et coutumes, en passant par le taoïsme et bien entendu le langage.
"Cet entremêlement des religions va de soi, il nous suggère une autre façon de voir le monde et d’appréhender la mort." déclare le réalisateur. Effectivement c'est là qu'elle trouvera une aide salutaire et indispensable, une écoute attentive, une compréhension totale.
Le scénario manque de consistance et l'ensemble m'a davantage fait penser à un beau documentaire, qu'à un film qui aurait pu laisser l'émotion déborder. Il n'en est rien.
La photographie est magnifique de bout en bout. Les visages tout d'abord, l'ensemble des paysages de cette région de la Chine tout autant.
Pour son premier long-métrage, Zoltán Mayer favorise une mise en scène qui ne manque pas d'élégance, d'un esthétisme certain, au détriment d'une histoire qui reste trop satinée, sans toutefois tomber dans une banalité excessive.
Il y a quête, et initiation. Mais l’un comme l’autre ne sont pas dans les attendus d’un drame qui frappe une mère : la mort de son enfant à 8.000 km de là. Zoltan Mayer qui signe là son premier film a aussi écrit le récit de manière peu conventionnelle qui voit la beauté, la douceur, la sérénité prendre le pas sur les événements. Liliane qui découvre un pays, à travers la quête des souvenirs de son fils, va se découvrir elle-même. Qui donc en France pouvait incarner ce personnage ballotté zen au milieu du malheur, sinon Yolande Moreau. Elle va vivre au cœur d’une autre réalité qui tient cette fois plus à la vie qu’aux souvenirs. Un dilemme joliment raconté par un cinéaste qui à priori ne manque pas de ressources aussi bien dans l’écriture que la mise en scène. C'est un très beau premier film. Pour en savoir plus
Même si le sujet semblait déprimant ce film s'est avéré bienveillant, émouvant presque apaisant. Yolande Moreau est magnifique tout comme la mise en scène. Bravo !
Pas un grand film mais un beau et tendre film avec une Yolande Moreau magnifique comme souvent, je pense à Sépharine, une posture empruntée dans son grand corps fatigué, portant un regard étonné et parfois déboussolé sur ce monde inconnu, un pays dont elle ne parle pas la langue, à la fois hostile et accueillant. Entre paysages verdoyants, villages traditionnels et bus aux couleurs chatoyantes, on découvre un univers loin des encombrements des grandes villes. Photographe reconnu, Zoltan Mayer, choisit de filmer des arrières plans floutés, des prises à travers des vitrages…avec une intention que je n’ai pas saisie peut être pour mieux cadrer les visages et notamment Yolande Moreau sur laquelle semble rivée sa caméra. On n’oubliera pas bien sûr la lumineuse beauté de Qu Jing Jing. L’image de fin m’a laissé sceptique, je la trouve peu plausible…
MAGNIFIQUE Comme à son habitude, Yolande Moreau est sublime, toujours aussi émouvante. Film très touchant, superbe BO, j'ai passé un très bon moment riche en émotion. BRAVO à toute l'équipe du film pour ce petit joyau.
Un film intimiste sur le deuil absolument remarquable et parfait. Même si le rythme est lent, on ne s'ennuie pas tellement c'est poignant et intéressant.
Liliane part en Chine chercher le corps de son fils qu'elle n'avait pas vu depuis longtemps, mort dans un accident de scooter. Un beau voyage initiatique dans le Sechuan, une région méconnue de Chine, Yolande Moreau incarne ce rôle toute en retenue et en douceur.
Très beau film. On se laisse peu à peu envelopper par la brume des paysages et par la présence du défunt.....et on a envie d'y rester. C'est plein de sensibilité, de délicatesse et le film nous montre une Chine qu'on ne voit pas assez....tout est suggéré un peu comme les vides et les pleins d'une peinture chinoise Yolande Moreau est bien sûr superbe mais les acteurs chinois et en particulier Qujingjing sont eux aussi très justes . Un de ces films que je reverrai bien...
Zoltan Mayer ne s’appelle pas Zoltan. C’est Brice Cauvin qui vend la mêche, dans une scène plutôt drôle de "L’Art de la fugue" où se règlent quelques anciens comptes dont on ne veut rien savoir. Mais qu’importe, le prénom qu’il s’est choisi va très bien au réalisateur de "Voyage en Chine". Hommage à ses origines hongroises et surtout manifeste : Zoltan est un citoyen du monde. Ses expériences passées (comédien, musicien, coach d’acteurs, monteur et photographe, sutout photographe) l’auront finalement conduit à ce premier long-métrage, d’une maitrise assez bluffante. Les films où s’affirme un vrai parti-pris sont tellement rares qu’on salue volontiers celui-ci, son découpage parcimonieux, ses cadres soigneusement composés, fixes pour la plupart, et ce refus absolu de faire varier la mise au point à l’intérieur du plan. Grammaire en apparence très simple qui joue sur le net et le flou, le in et le off. Un vrai cinéma de gamberge, du tourné/monté comme on n’en avait plus vu depuis des lustres. 2 bémols pourtant à mon enthousiasme : Le scénario lui-même que j’ai trouvé un poil paresseux - rien ne vient jamais nous surprendre au delà du pitch initial (le voyage initiatique d’une femme brisée par le chagrin), et le récit se déroule pépère (mémère je dirais même, si je n’aimais pas autant Yolande Moreau). Le formalisme enfin dans lequel tombe souvent le film (c’est malheureusement la rançon des choix esthétiques forts quand ils se contentent d’être esthétiques) : Cette façon d’affirmer ça c’est mon cadre, et de dire aux comédiens débrouillez vous avec (j’ai eu un peu de peine au début pour Yolande Moreau et André Wilms contraints à mimer la leur – leur peine – et leur couple en déroute avec des poses inconfortables qui tenaient moins du jeu que l’expression corporelle). Bref, cette préférence accordée à la belle image (bien dense, idéalement composée) aux dépens souvent de ce qui se joue à l’intérieur. "Voyage en Chine" vaut néanmoins le déplacement. C'est un joli film qui a juste les défauts de ses qualités.
Une photo splendide, une Yolande Moreau touchante. Mais où sont les personnages. Où est l'histoire, où sont les rencontres. Bilan mitigé donc. mais c'est un premier film. Et quelles images !
Magnifique film. Beaucoup d'émotions, la fragilité des personnages est superbement interprété. Yolande Moreau grandiose. Un autre regard sur la Chine et le rapport à l'humain. Bravo !
Le thème est, c'est sûr peu versé dans l'euphorie: une femme apprend que son fils est mort accidentellement en Chine, il va falloir aller sur place pour rapatrier le corps...donc si c'est pour se détendre, évitez...on va vous parler de la beauté des paysages chinois...oui, bon, ça, ça ne justifie pas un film...maintenant, moi, j'ai trouvé le film intéressant (hormis le côté documentaire) de par le cheminement de Yolande Moreau (formidable actrice, mais c'est pas nouveau), pour laquelle ça va être finalement l'occasion assez paradoxale de découvrir enfin son fils, et, peut-être, une famille, une vraie. Je ne regrette donc pas ce voyage...pas un grand film, mais un bon film.
J'adore Yolande Moreau, donc lorsque je vais voir l'un de ses films, c'est avec un à priori favorable. C'est quand même incroyable le contraste entre la physionomie massive de cette actrice et la finesse de son jeu, du personnage qu'elle incarne ici. Cette femme désespérée d'apprendre la mort de son fils, qui sanglote avec son mari. Elle partira seule en Chine procéder aux funérailles. Ce voyage est l'occasion de rencontres émouvantes, d'un accueil simple offert par des gens bienveillants. Ce film est un beau voyage, peu de dialogues, beaucoup de regards, des paysages magnifiques. Evidement, c'est un contraste saisissant avec "A la folie", ce documentaire tourné également en Chine, mais dans un hôpital psychiatrique...