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Un visiteur
3,5
Publiée le 18 janvier 2013
Intéressant. Voici les pensées qui me viennent sur ce film que je ne raconterai pas.
C'est un film qui interroge la connaissance qu'on transmet et l'éducation : ici, ce sont les parents, sorte de monstre bicéphale en parfaite connivence, qui veulent à tout prix maîtriser et contrôler l'environnement de leurs enfants afin de les modeler à leur manière. J'imagine que le père n'est sans doute pas satisfait d'être à la tête (ou presque - car il semble qu'il a un supérieur) d'une usine, il a besoin de tout contrôler. Sa famille est une extension de lui-même qu'il doit maintenir, contenir, délimiter. C'est une mission qu'il semble s'être donnée. Ses enfants ne sont pas sortis de lui pour vivre leur propre destin, ils sont encore "à l'intérieur de lui" pourrait-on dire, et il en est pleinement responsable, de A à Z, comme on peut l'être de ses stylos, de ses vêtements, de ses objets.(A qui on ne donne pas de nom, tout comme les personnages du film n'en ont pas. Il y a une tentative avec "Bruce" qui montre bien comment l'aînée tente de s'émanciper).
A quoi cela me fait-il penser ? A "Violence et passion" (Visconti) par son huit-clos qui part en vrille. Au mythe de la caverne (Platon) en ce qui concerne la construction de ses connaissances. Ici, les avions qui passent dans le ciel finissent parfois par tomber, et cela devient de petits avions de 10 cm de long, jouets que les enfants mériteront ou pas. Les bouteilles d'eau en plastique sont consciencieusement dépouillées de leur enveloppe publicitaire. Les canines tombent et repoussent quand on est assez grand pour quitter le nid familial (autant dire, jamais). Les paroles d'une musique jazz sont détournées de leur sens pour coller au discours familial par la voix soi-disante du grand-père (le musicien). En ce sens, le film est riche de ces inventivités, toutes là pour interroger le savoir transmis par les parents aux enfants.
Ce film raconte la trahison constante des parents envers leurs enfants, qui leur apprennent que la salière se dit "téléphone" ou qu'on ne peut pas poser le pied dehors et qu'une voiture est nécessaire. Tout parent pourra s'y reconnaître, quand il ne dit pas tout à l'enfant (dans le but de le manipuler et l'amener là où il le souhaite, par exemple). Je ne parle pas là des tabous familiaux. Mais de ces petits arrangements avec la vérité, comme "il n'y a plus de nutella" alors qu'il y en a mais que c'est plus simple de dire ça que de dire qu'on ne veut pas lui en donner. Tout enfant s'y reconnaîtra donc aussi, qui a été à un moment ou à un autre bafoué dans son désir de connaître, par tous les mensonges ou inexactitudes qu'on lui a renvoyés, "parce que le monde est trop complexe" ou "pour le protéger d'une réalité trop cruelle". Ca me rappelle la publicité "C'est quoi cette bouteille de lait, papa ?". Le papa continue à lire son journal, mais quand la question devient plus épineuse "comment on fait les bébés", le père réagit (et explique le fonctionnement de la bouteille de lait pour faire oublier l'autre question). Ca me rappelle aussi Alice Miller qui dénonce le "C'est pour ton bien" censé légitimer des attitudes violentes (au sens moral ou figuré) des parents pour le bien-être (futur) de leurs enfants.
La conclusion ? Le film reste ouvert. spoiler: On ne saura pas si l'aînée retournera d'où elle vient à la fin de journée, si elle va oser relever le capot et poser un pied par terre en dehors de la voiture (son père peut, mais elle ?). Moi, j'ai cru que le père passait en coup de vent à l'usine et qu'il n'avait pas coupé le moteur. J'ai pensé que l'aînée mourrait asphyxiée par les gaz d'échappement, le pot étant juste à l'arrière au niveau du coffre. En tout cas, le film démontre assez bien qu'en voulant trop protéger ses enfants on arrive au contraire.
Primé à Cannes dans la catégorie Un Certain Regard, Canine de Yorgos Lanthimos interpelle le spectateur par son ambiance dépouillée et un propos ô combien original. On est dans du cinéma d'auteur ambivalent, dans une fable surréaliste pointant du doigt toutes les formes de privation. Un père et une mère de famille s'occupent à leur façon de leur fils et de leurs deux filles, en les éduquant loin du monde et en inventant des apprentissages singuliers. Le papa paie Christina qui s'occupe des besoins du garçon cependant qu'elle-même deviendra l'élément perturbateur de ce petit univers insolite... Dogtooth est de ces métrages à priori rédhibitoires : propos intelligent voire élitiste, traitement froid, situations incongrues etc. Pourtant force est de constater que sous ses faux aspects distingués, le film de Lanthimos possède une force sensible remarquable. On est face à une fable sur la connaissance brimée. Ce père, sorte de dieu tutélaire, est tel un gourou aux pouvoirs de décision irrécusable. Lui et son épouse inventent leur monde (leur langage est le même, leurs définitions différentes), ils tiennent leur progéniture hors d'une société trop pernicieuse. Mais sont-ils mieux que ce qu'ils rejettent ? La réalité est distordue. Mise en scène avec un soin méticuleux, avec des plans fixes qui épousent admirablement l'atmosphère étrange de cette oeuvre et en utilisant un humour pince sans rire audacieux, Lanthimos impose une oeuvre perturbée, perturbante que la beauté formelle parvient à rendre encore plus jouissive. Du cinéma difficile mais du cinéma courageux. 4/5
C' est un, pour ne pas dire le, des film les plus malsains que j' ai jamais vu. On est transporté tout le long dans une sorte d' univers tellement niais que ça en devient même glauque. Expérience à vivre bien que qu' assez dérangeante et indescriptible.
spoiler: Petit bémol, la fin n' a vraiment... mais alors vraiment aucun intérêt à mon gout.
J'ai beaucoup aimé ce film, cette plongée dans cet univers clos qui nous permet de suivre un court moment de l'évolution de trois jeunes gens grandissant dans un périmètre restreint, sans contact avec le monde extérieur. C'est assez glauque, malsain, ça frôle la folie mais c'est très juste.
Je ne suis qu'à moitié convaincu par ce film très particulier... Le réalisateur semble vouloir lorgner vers le surréalisme, ou la fable philosophique, mais on manque singulièrement de codes pour décrypter ses intentions... S'il s'agit simplement d'une allégorie censé dénoncer les travers de nos sociétés c'est plutôt maladroit.
Très bon film qui, contrairement a certaines mauvaises critiques non justifiées, laisse à réfléchir sur notre société actuelle. Je recommande vivement ce film qui, pour moi reste un très bon film tant au niveau émotionnel que cinématographique. Le montage ainsi que certains plans dégagent une grande sensibilité de la part du réalisateur et des acteurs.
Nous avons un cadre où évolue une famille pour le moins bizarre. Il n’y a aucune histoire racontée, on a l’impression de rushes collés ensemble, en attendant quelque chose qui donne du sens, ou justifie le non-sens. Cette suite de scènes anecdotiques finit vite par lasser, destinées à titiller spectateur, ou choquer les plus prudes. Le grotesque c’est bien quand on ne se prend pas au sérieux, sauf que là c’est du film d’auteur, lent et minimaliste. Le grotesque c’est bien quand il y a quelque chose derrière, là je n’ai pas eut envie de rire, encore moins de pleurer. Face à cet exercice de style sans chair, sans incarnation, avec des acteurs presque pantomimes dans la posture : je n’exprime rien d’autre que mon corps objet, dans un intérieur petit bourgeois. On est tenté de dire, bof. On en a tellement vu dans le genre borderline, que là c’est très gentillet.
Le meilleur des mondes produit de drôles de choses. Le film est extrêmement troublant, on est immergé dans une intemporalité et dans un espace irréel et vide.
Un bon film plutot originale qui nous laisse nous poser des questions sur notre société et sur notre vie en général comme quoi il faut avoir un but dans la vie. Très beau film mais parfois quelques longueurs et scènes "choc". A voir, ce film est toute fois très particulier.
Voila un film très original. Composé de longs plans, il décrit une atmosphère close, malsaine et dérangeante. Dans la volonté de bien élever ses enfants, le père a une logique poussée à l'absurbe et que l'on sait non viable. La fin est décevante car inachevée.
ce film me rappelle un peu " Bad boy Bubby " ( de Rolf de Heer ) si l'on arrive à dépasser le côté glauque et pesant du film ( et ça ne sera pas toujours facile avouons le tant certaines scènes sont difficile ... ) on y trouvera un appel à la liberté de penser et d'être ,une fuite de toutes les dictatures ,une réflexion sur le contrôle des individus . à voir ,mais l'esprit grand ouvert !
Un film vraiment étrange, sur des parents tellement protecteurs qu'ils en deviennent irrationnels, en séquestrant leurs enfants de telle manière? Un film à la fois beau et malsain, mais un film à voir!