Troisième film déjà pour Guillaume Canet et, une fois de plus, un style s'en dégage : celui d'une gentille immaturité et d'une maladresse presque touchantes. Parce que oui, je suis persuadé que, quand Guillaume Canet fait les "Petits Mouchoirs", il le fait sincèrement, avec ses tripes. Je pense vraiment qu'au fond de lui il est convaincu qu'il livre avec ce film quelque-chose de personnel, profond et,pur. Et en ce sens, je comprends les gens pour qui ce film marche. Après tout, Canet y met vraiment tout ce qu'il peut : un gros casting de potes, plein de moments comiques, des moments tire-larmes, des beaux décors et des belles musiques... Le problème, pour moi, c'est que je trouve qu'à côtés de tous les autres auteurs qui remplissent actuellement nos salles de longs-métrages, tout ce que peut Canet c'est finalement bien peu, mais vraiment très peu... Déjà il y a ce pitch de départ. Un pote est entre la vie et la mort mais non, pour les protagonistes de ce film, hors de question d'abandonner leurs vacances. Moi déjà rien que là, je suis en dehors du film. Plus stabiloté que ça comme propos, tu meurs. Et, à dire vrai, en termes de subtilité, tout le reste du film est comme ça. Les acteurs sont en surjeu permanent ; les situations sont elles aussi totalement surfaites ; les moments dégoulinants sont légions, tous à base des musiques de lovers que le gentil Guillaume a tiré de son iPod... Tout n'est qu'artifices grossiers. Alors - encore une fois - ce film est fait avec tellement de conviction qu'on peut être tenté de se laisser prendre. Même moi, au sortir de la salle, je me souviens avoir mis - malgré tout - 3 gentilles étoiles. Mais bon, avec le recul, à chaque fois que je repensais à ce film, c'était pour me remémorer un de ses moments grotesques, un de ses jeux d'acteurs totalement creux... Donc non, l'honnêteté, pour moi c'est celle qui consiste à vous mettre en garde. Si vous avez une certaine exigence en termes de cinéma et de narration, ces "Petits mouchoirs" risquent de vous faire tristement pleurer...