La réalisation du film a demandé à Wong Kar-Wai des années de travail en amont. Sans être un connaisseur du Wing Chun, il est aisé de comprendre pourquoi. Les références sont très nombreuses. Le déroulement de l'action couvre une longue période, allant "d'un éternel printemps" à des années beaucoup plus sombres, l'ensemble, est astucieusement monté et mis en images. Les costumes sont raffinés et somptueux. Les décors le sont tout autant. La photo de Philippe Le Sourd enchante tout au long du film. La "chorégraphie" des combats, savamment mise en scène par le maître du genre, est une réussite totale. La bande son est superbe. La mise en scène reste sobre et efficace. Parfaite. Tout est trop beau. Y compris pendant les périodes de misère ou la photographie, une fois encore, nous scotche devant l'image au détriment de scénario. La scène de l'enterrement, le raffinement dans le moindre détail, arrive à devenir étouffant à force d'un esthétisme forcé. Aucun trouble ne m'a soulevé. Avec l'impossible histoire d'amour, une habitude chez le réalisateur, il faut patienter jusqu'à la fin de film pour se laisser enfin envahir par une émotion trop attendue. Les dernières minutes offrent enfin de beaux et grands dialogues, qui sonnent le glas d'une transmission qui ne se fera pas, d'un côté, ou la nécessité de vivre dans la plus grande des solitudes, de l'autre. C'est beau, long, mais trop appuyé sur le visuel au détriment des sentiments.
Wong Kar Wai s’est imposé au regard du cinéma international avec « In the mood for love ». Bien avant, on pouvait au détour de plusieurs autres films (« Chunking Express », « Nos années sauvages ») déceler le talent du metteur en scène. Encore faut-il être à même d’apprécier un cinéma avant tout esthétique et qui prend son temps. Après les déconvenues public et critiques de « 2046 » et « My blueberry Nights », la gestation de The Grandmaster a pris 10 ans. Dix années où le film a pris forme mais a aussi été fait et défait. Si Wong Kar Wai semble renouer avec le cinéma qui l’a consacré, nous sommes loin du chef d’œuvre espéré (jamais annoncé cependant). On salivait à l’avance qu’un réalisateur à la mise en scène si précise prenne en main cette histoire (biopic revisité !?) de Ip Man, maître chinois de l'art martial, Wing Chun. Tableau d’une époque où les valeurs et la transmission du savoir avaient plus de sens que les actes. On s’attendait à un film dantesque. Hélas, dans un léger déséquilibre, The Grandmaster souffre d’une esthétique trop poussée, d’un maniérisme extrême, léché où rien n’est laissé au hasard. Ce surplus de propreté, si il sert plus souvent le film qu’il ne lui nuit cependant, rend une copie presque trop propre pour en savourer l’aspect général. Tout se reporte ainsi à la dramaturgie pure du film en laissant les scènes d’actions de côté. Non pas que l’effet soit déconvenue, mais à quoi bon filmer de manière si élégante des combats si ce n’est pour les inscrire uniquement de façon métronomique dans son film. C’est d’une virtuosité majestueuse et on a rarement vu des combats filmés de la sorte mais chaque nouvelle joute vient se poser entre deux séquences à l’intimité qui demandait presque à ne pas être brusquée. C’est cette forme qui peut perturber le récit. Comme à son habitude, Wong Kar Wai laisse une place importante aux dialogues, fins et subtils dans l’ensemble, mais ne peut s’empêcher de filmer constamment chacun des comédiens en plans serrés. Jamais vraiment inscrits dans un espace définit, ils semblent ne jamais profiter des sublimes décors qu’on découvre lors des combats par exemple. À trop vouloir être proche, Wong Kar Wai réussit à mettre en avant uniquement la mélancolie qu’il affecte tant mais créer également un sentiment étouffant. Totalement en opposition avec les scènes de combat, elles majestueuses donc, et filmées avec le respect que cet art demande. Graphique par sa photo sublime, élégant dans ses mouvements et ses cadres, on effleure le sublime dans ses instants d’opposition physique. The Gandmaster est une œuvre peut-être trop composite et condensée (on se pose vraiment la question d’une director’s cut) pour séduire pleinement et mettre le film au plus haut des succès de 2013. Si l’aspect biographique et le discours sur la transmission de son art est parfaitement réussi, les quelques écarts de mise en scène et une certaine confusion, dans ses raccourcis historiques notamment, ne font pas de The Grandmaster le chef d’œuvre escompté. Dommage, puisqu’il s’en approche dans une plastique irréprochable et par son lyrisme.
Bon début de film, mais de grosses longueurs tout le reste : des plans et scènes pas forcément nécessaires. Je mets quand même 3 étoiles (= bien), des gens se cassent le cul à nous divertir, il faut rester juste.
À défaut d'un scénario convaincant ou du moins d'une narration plus accessible, The Grandmaster nous rappelle à quel point Wong Kar Wai est l'un des plus grand maître du cinéma. Mise en scène et photographie à couper le souffle. L'un des films le plus impressionnant formellement de ces 10 dernières années.
Artistiquement, ce film est une pure réussite, un chef d'oeuvre visuel, cependant, on s'ennuie quelque peu par moment due à un certains manque de dosage dans la narration; trop de dialogues et peu de scènes de combat. Autrement, on en apprends beaucoup plus sur le maître de Bruce lee, Yip Man, et l'origine de la création de son art, le Win Chung.
Très décevant, voire raté. Une atmosphère peut être , mais le cinéma, c'est raconter une histoire, et là, c'est vraiment à ne pas suivre une histoire qui n'existe pas. Les personnages sont flous, on ne comprend pas leur rôle dans l'histoire. Quel est l'intérêt de ´Fine Lame ´ par exemple? A force de chercher, on s'ennuie. Surtout qu'en ne parlant pas chinois, il faut en plus se concentrer sur les sous-titres. Ennuyeux et fatiguant. Raté donc, c'est dommage pour cette histoire véridique du Kung-fu et pour Tony Leung.
Très beau, magnifique photographie, bande son envoûtante... Mais scénario décousu, très (trop) contemplatif, avec de grosses ruptures dans le rythme. Pas un mauvais film, mais pas le chef d'oeuvre auquel on pouvait s'attendre au vu des qualités de mise en scène
D'un ennui total. Une belle photographie genre film américain. Une musique agréable. Quelques belles scènes. Une histoire d'amour entre deux maîtres du kungfu. Un scénario embrouillé ou un montage qui a fait disparaitre des parts importantes de l'histoire pour rester dans des canons occidentaux. Le tout enrobé de dialogue néo-confusiesque Bref je n'ai pu m'empêcher de penser en voyant ce film qu'effectivement le kungfu est un art disparu. La seule vrai leçon est celle du "lâcher prise". Pour ma part, je l'ai appliquée en quittant le film avant la fin.
Malgré quelques scènes de combat (10min du film) plutôt bien réussite, le film reste extrêmement ennuyeux. Une fin du film interminable, j'ai vraiment été déçu d'une part pour s'être fait avoir via la bande annonce mais aussi pour avoir gâcher 2 heures de mon temps...
J'avais adoré "In the Mood for Love" et là, quelle déception. J'ai eu l'impression d'un film plein de trou au montage artificiel. La photographie m'a rappelé l'esthétique des films américains. J'ai attendu la fin du film avec impatience. La seule chose qui m'a touché est cette mélancolie d'un art disparu qui transparait au travers de ces longs gros plans où les personnages ne vieillissent pas et sont presque devenus des icônes ancestrales. Et je ne sais pas si la traduction est fidèle (je l'ai vu en VF), mais les dialogues ressemblent à une accumulation de poncifs sur la philosophie des arts martiaux.
Il est très difficile de croire que "The Grandmaster" est signé du même réalisateur que "My Blueberry Nights", tant le film est différent par rapport à ce qu'on pouvait en attendre. "The Grandmaster" est un vrai film de kung-fu, très élégant, très beau, et dont les combats sont époustouflants (surtout celui sur le quai). Seulement voilà, on spoiler: suite sur Plog Magazine, les Critiques des Ours (lien ci-dessous)
C'est mauvais !!! résultat pas terrible,il ne s'agit vraiment pas de l'histoire d'Ip man,mais plutot d'école de kung fu en générale,le film traine en longueur,certaine action de combat,sont incompréhensible,a quoi bon faire ça,vue que le 1ER biopic etait largement meilleur,beaucoup vont etre déçu.
amateurs de baston passez votre chemin ! allez donc revoir les 3 autres volets sur ip man si vous recherchez la technicité et les chorégraphies toujours plus chatiées . ici c un film d'esthete sur la sagesse des vieux maitres de kung fu, sur la transmission et l'heritage des vieux secrets ancestraux. un film profondement humain sur fond de guerre mondiale. des situations corneliennes sur le respect des anciens et le desir de vengeance... les quelques rares combats d'une beauté inouïe temoignent de la maitrise technique et de la creativité artistique. mais le plus beau combat ( je vous laisse deviner lequel) depasse le combat proprement dit et devoile en fait la sagesse du vainqueur et eleve celui qui reconnait sa defaite.