Il est dit que Fellini n'aimait pas le personnage. il aurait dû y penser avant de faire son film car celui-ci en souffre. On s'incline devant la direction artistique raffiné du film tourné entièrement en studio, ou de la musique de Nino Rota, mais le manque d'empathie envers le personnage finit par susciter l'ennui. L'ensemble devient répétitif, le défaut recurrrent de. certains films du maestro. Casanova est réduit à un simple pantin vaniteux, alors qu'il avait des qualités intellectuelles au delà de l'aspect sulfureux du chair est triste et mélancolique. Même si on retrouve par endroit la bonhomie du réalisateur, c'est un film très amer sur les mœurs étranges, la vieillesse, la vanité.
Film déchirant. Tout y est factice: Casanova et le monde autour de lui. C'est aussi, me semble-t-il, le MEME FILM que le génial DOLCE VITA. Un film sur le néant, décliné à une autre époque et d'une autre manière. Avec deux choses identiques: --- la rencontre inutile avec le père (dans La Dolce Vita) et la mère (dans Casanova). Ils ne se connaissent pas, font une petite tentative pour se rattraper, et la tentative échoue. Incommunicabilité. --- au milieu de tout ce vide, de cette comédie, on ne peut se raccrocher qu'à une chose: une jeune fille sincère dans la Dolce Vita (mais Mastroianni ne la reconnait pas et ne l'entend pas, alors il s'éloigne de la "vraie vie" pour rejoindre le décor), et, dans Casanova, ... une marionnette, seule femme avec qui Casanova se sera senti compris. Deux films désespérants et déchirants, mais très beaux. Deux variantes sur un même thème, aussi belles l'une que l'autre.
En vertu des voyages nombreux de Casanova et de ses rencontres galantes, c'est un film d'aventures au propre comme au figuré, constitué de tableaux, d'épisodes, par lesquels Fellini dévoile invariablement son mépris à l'égard du légendaire Casanova. Excellement interprété par Donald Sutherland, le célèbre personnage n'est plus ici qu'un séducteur et un amant grotesques, démontrant ses talents dans des situations qui ne sont pas moins ridicules à des femmes vulgaires et laides. Son arrogance et sa vanité, sa cuistrerie, font de lui un courtisan et un paon dont les pseudo succès ne dépendent que de sociétés lubriques et grossières, décadentes, dont il est le produit. Avec l'âge, Casanova n'est plus confronté qu'aux désillusions et aux humiliations, par lesquelles éclatent la vacuité de son existence et, au-delà, la vacuité des cours européennes. Ce propos arbitraire et réducteur de la part de Fellini, perdus dans des délires visuels dont on peine à découvrir le sens, n'a pas grand'chose de biographique. Poursuivant Casanova de son aversion, à travers des fantasmagories baroques dont on ne partage pas forcément la poésie et l'esthétisme, le cinéaste se livre à un exercice de style complexe, profus et finalement harassant tant il s'éloigne de la rigueur et de la simplicité.
Dérive sans but à travers une Europe du 18e siècle de carton-pâte, ton et rythme pensifs, oniriques, brumeux, musique magnifique de Nino Rota, fesses de femmes… “Venise ! Retournerai-je à Venise?”. Difficile à regarder de par sa nature de long voyage dans le vide, mais film fascinant.
Adaptation très libre de l'« Histoire de ma vie » écrite par Giacomo Casanova, aventurier séducteur transformé ici en fornicateur compulsif, excellemment interprété par Donald Sutherland. C'est donc typiquement un film d'auteur, - trop long comme beaucoup de films d'auteur - non dénué de qualités de mise en scène, mais avec d'épaisses lourdeurs et de bonnes scènes comme celles duspoiler: libertinage d'ouverture et de la déchéance au Wurtemberg .
Je ne suis pas du tout fan du cinéma de Fellini sauf quelques opus. On ne peut pas dire que celui-ci m'ait déplu. J'ai aimé ce côté amoureux plutôt poète et inventif contrairement à l'idée qu'on peut penser d'un homme orgueil et détestable. Mais comme toujours avec Fellini, il y a cette foire à l'outrance qui est assez pathétique le plus souvent, quelque soit le sens qu'on lui attribue. Je parle visuellement, c'est toujours bouffi. Comme si on arrêtait jamais d'en rajouter. Donc la moyenne pour moi
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4,5
Publiée le 9 octobre 2021
Quiconque entreprend de voir "Il Casanova di Federico Fellini" pour la première fois recevra un choc cinèmatographique sans prècèdent! il ne faut pas chercher dans cette version dètonante l'illustration des mèmoires du cèlèbre Don Juan! Le cinèphile doit se prèparer à connaître aux moins trois divinitès : la saignèe, les formes fèminines gigantesques...et le parmigiano reggiano! Un univers fascinant recrèè par un cinèaste au sommet de son art, portè ici à la perfection, qui rèinvente le Carnaval de Venise, la cour de Saxe ou la ville de Dresde! Voyageant à travers le corps des femmes, Donald Sutherland prouve une fois de plus la gamme de son immense talent! il faut le voir pèrir dans les eaux froides d'un fleuve, en pleine joute sexuelle ou en malheureux vieillard en train de rèciter un sonnet du Tasse! Quelle performance extraordinaire! Mourir d'amour sans images! Mais le jeu en vaut la chandelle car c'est la dècouverte d'un Casanova insolite, ètourdissant et passionnant que Fellini nous sert sur un plateau...dans les studios mythiques de Cinecittà! Merveilleuse folie...
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4,5
Publiée le 28 avril 2021
Fellini n'a pas besoin de recommandations. Le Casanova de Fellini est quelque chose de plus. Comme Fellini éprouve de l'admiration (peur et adoration en même temps) pour les femmes il dégrade les hommes. Du Satiricon à la Cité des femmes les hommes semblent se rendre abandonner leur rôle et la force qu'ils exerçaient autrefois sur l'autre sexe. En traitant l'histoire de son compatriote Giacomo Casanova l'emblématique coureur de jupons il laisse émerger une figure tragique. Un homme prisonnier de sa réputation douteuse une créature solitaire qui rampe sur les patios et les salons de l'Europe prérévolutionnaire parmi les monarques et les nobles dégénérés qui ne comprennent pas ce qui va arriver et s'amusent jusqu'à l'ennui. Le héros misérable de Fellini tente de survivre tantôt comme étalon tantôt comme gourou métaphysique. En essayant de s'élever socialement il ne cesse de tomber finissant ses jours dans la cuisine d'un seigneur allemand en train de dîner avec les domestiques qui le raillent. Lui le plus grand amoureux finit par faire l'amour avec une poupée russe. Fellini reste fidèle au texte loin de l'embellissement de ceux qui se sont attaqués à cette histoire et Sutherland interprète l'un des héros les plus tragiques du cinéma du XXe siècle...
Un film portant le titre de Casanova pourrait laisser supposer un enchaînement de scènes à fortes teneurs érotiques. Le spectateur s’attendant à cela sera fortement déçu par Le Casanova de Fellini. En effet, ce dernier présente de nombreuses scènes d’amour physique mais celles-ci ne sont pas du tout excitantes mais plutôt humoristiques et grotesques. Cet aspect est d’ailleurs renforcé par la musique de Nino Rota d’inspiration circassienne et foraine et par certains choix visuels soulignant l’artificialité de sa production (la mer est tout sauf réaliste et crédible). Federico Fellini n’aimait pas Casanova et le présente donc comme un personnage ridicule évoluant dans des situations qui le sont tout autant. Toutefois, malgré de beaux décors, de magnifiques costumes et d’excellentes séquences (celles avec l’automate sont superbes et assez poétiques), on peut facilement trouver l’ensemble un peu long si on n’est pas vraiment adepte du cinéaste. Si Fellini estimait que c’était son film le plus achevé (bien qu’il reconnaisse ne pas être le meilleur juge vu qu’il ne revoyait jamais ses œuvres), on peut malgré tout lui préférer certains de ses autres longs métrages comme La Dolce Vita.
Quelques lenteurs et lourdeurs ici et là... Mais peut on s'attacher à ces détails lorsqu'une oeuvre est aussi maîtrisée. Ce regard sarcastique et attendri de Fellini pour son personnage de Casanova dans une atmosphère alliant baroque, merveilleux, absurde, surréalisme et Commedia Del Arte, constitue l'analyse la plus subtile et la plus complexe jamais réalisée au cinéma et en littérature sur Casanova, l’homme de lettres raté, et sa légende, née de ses écrits de rêveur frustré. Carrément génial!
J'ai regardé Satyricon il y a quelques jours, j'ai adoré. Mais ce Casanova est une farce. Musique sans âme, jeu des acteurs insupportable, beaucoup de costumes affreux et de décors moches, scènes d'amour outrancières, vulgarité, réalisation à l'avenant. Réveillez-moi, c'était un cauchemar ?
Sur de très belles images de Venise, de fabuleux décors et de merveilleux costumes, Federico Fellini nous offre des saynètes grandioses aux détails fantastiques, des scènes d'un érotisme torride frôlant les limites de l'impudeur. Le réalisateur néoréaliste Italien trouble délibérément le spectateur avec bon nombre de scènes aussi fantastiques que délirantes. Lors des voyages du grand séducteur Vénitien à Paris, Rome ou Berne, le scénario nous prodigue des rituels à l'Amour, des séquences "dantesques" (le salon à Paris) aux personnages étonnants, (coiffures et chapeaux inclus), des êtres aux faciès improbables comme le docteur, ou le bossu Dubois joué par Daniel Emilfork ... Donald Sutherland se révèle fabuleux dans le rôle de Giacomo, l'homme qui aimait et comprenait les femmes, l'écrivain diplomate et espion, condamné par l'inquisition Vénitienne du XVIIIème siècle.
Je révisionnise si je dis qu’il était inévitable que Fellini touchât un jour à Casanova ? La folie des hommes, la débauche d’un monde, l’hypersexualité mondaine : après avoir déterminé avec Roma où se situait son opinion définitive de la Ville & dans Amarcord celle de la Famille, il n’était qu’une question de temps avant qu’il ne fît de même avec l’Homme à travers celui-ci qui l’est trop, dans une forme de triptyque à moitié “travail-famille-patrie” ultramature.
Qu’on soit bien d’accord, j’ai presque autant abhorré son Casanova que son Satyricon. Les âmes maladives, figures quasi-mythologiques viciées qui se tortillent dans leurs tourments littéralement dantesques, ça n’a jamais été pour moi & ce n’est pas l’habitude fellinienne de concocter les doublages les plus abominables qui me réconciliera avec le concept (en plus, c’est difficile d’apprécier Sutherland sous ce maquillage sonore minable).
Mais il y a du grotesque, aussi, & une certaine dissolution de son arrogance dans le peu de sérieux que le réalisateur accorde à sa propre œuvre : la mer ne cherche pas le moins du monde à cacher qu’elle est faite de sacs en plastique, & le médecin surgit à la demande, comme au théâtre où la bouffonnerie remplace la transition procédurale.
Fellini devient Casanova peut-être plus que Sutherland lui-même, car les deux hommes ont en commun un caractère obsessionnel & de vouloir trouver le juste milieu entre poésie & vulgarité, à désirer devenir des êtres d’air, d’eau, de terre & de feu à la fois (quoique surtout de feu, hein), qui fassent naître l’inattendu du compromis.
Mais Fellini me perd quand il cesse d’être élémentaire pour se faire élémental : des ellipses énormes, quoiqu’elles achèvent de rendre futiles toutes les femmes que le grand séducteur connaîtra (puisque c’est le but), hachent menu le personnage, lui faisant porter le fardeau d’une vie vide, entrecoupée de scènes supposément significatives en roue libre comme par des rêves érotiques qui ne collent pas ensemble.
Heureusement, on est amené à réfléchir un peu sur la place du Casanova fellinien fornicateur & détaché, androgyne gentilhomme & amant méchant, emporté par la déliquescence de ses passions, laissé avec quelques souvenirs creux & le réflexe mécanique d’un onanisme désolant. C’est vraiment le moins que Fellini pouvait faire.
Le Casanova de Fellini. Si le nom du réalisateur est repris dans le titre (original, français ou international) du film, c’est pour Federico Fellini un moyen de marquer la vision personnelle du personnage-titre qu’il soumet dans son film. A l’écran, le rôle-titre, un temps promis à Robert Redford et Marcello Mastroianni, est endossé par Donald Sutherland. Le cinéaste s’approprie le personnage de Casanova de façon même très personnelle puisque toutes les scènes du film sont issues de l’imagination du cinéaste. Aucune n’est tirée des écrits dudit Casanova. Il parait plus judicieux de parler de variation que d’adaptation cinématographique. Critique complète sur incineveritasblog.wordpress.com/festivals/lumiere/lumiere2019/
J'ai du mal à penser que c'est un chef-d'œuvre, mais j'ai également du mal à penser que c'est un mauvais film. Il est assez ennuyant, mais on trouve une esthétique globale très onirique et assez unique. J'ai juste trouvé ça beaucoup trop long...