Un thriller victorien sombre et cruel qui met en scène l’affrontement psychologique pervers entre un maître assassin et une domestique manipulatrice, interprétés avec brio par le duo Stewart Granger/Jean Simmons.
L'intrigue du film, d'un point de vue policier comme moral, est intéressante. Sa densité, l'agencement habile, cohérent, des rebondissements et la valeur humaine des personnages concourent pour en faire un sujet aussi efficace que convaincant. Pour autant, certains choix du réalisateur Arthur Lubin ne témoignent sans doute pas d'une grande inspiration. En premier lieu dans l'utilisation de la musique, laquelle souligne avec une emphase agaçante et vaine les moments forts de l'histoire. Et puis, dans la construction qui, surtout quand se profile le dénouement à suspense, hache le récit comme pour une vulgaire série télévisée. Reste l'interprétation très réussie de Stewart Granger, en bourgeois élégant et fourbe, et de Jean Simmons, sa domestique jouant un temps l'équivoque avec ses airs à ne pas y toucher... Sur le mode de l'hypocrisie et de l'ambiguïté, la relation entre ces deux personnages entretient le caractère vénéneux et malsain du drame.
UN film presque gothique avec un couple d'acteurs dans le film et dans la vie, noir victorien presque fantastique. Un film d'acteurs. De très beaux décors, et une très belle photo. Un film américain filmé en Angleterre. Une histoire criminelle. Un film noir victorien avec des costumes e des des décors victoriens. Une grande réussite. Et pourtant Stewart Granger n'a aimé aucun de ces films dit Patrick Brion et a fuit les USA pour l'Angleterre car sa femme Jean Simmons l(a quitté pour Richard Brooks et il dit à François Guerif que s'il était resté aux USA aurait tué Richard Brooks, quand on voit ce film avec la trés belle Jean Simmons on le comprend mieux.
Je viens de découvrir ce film qui m'a plu pour sa mise en scène qui est incroyablement réussie . Les acteurs , notamment jean Simmons touchante et Stewart Granger sont bluffants . C'est un film que je reverrai avec plaisir et que je conseil pour ceux qui adhèrent au film de ces années où la réussite du film reposé sur les dialogues , les comédiens et les prises de vues , pour faire simple pas d' effet spéciaux surréaliste .
Film noir plutôt typique du genre, avec une mécanique scénaristique assez astucieuse et des interprètes solides, encore que la brièveté de l'ensemble empêche le développement des caractères. L'atmosphère victorienne est bien travaillée, le scénario se concentre sur ses anti-héros avec beaucoup de soin (délaissant un peu trop les seconds couteaux) et les renversements de l'intrigue sont plutôt habiles. Se suit avec plaisir.
Toujours un plaisir de regarder ces vieux films bien construits, bien joués et au scénario solide. Ici, c’est justement le scénario qui emporte l’adhésion : celui-ci est machiavélique à souhait, et Sir Alfred n’est pas loin. On se demande d’ailleurs pourquoi il n’y a pas eu de remake plus récent. En tout cas à voir.
Un très bon film d'époque à suspense réalisé en 1955 par Arthur Lubin que je ne connaissais pas jusqu'à présent !! J'ai visionné ce long métrage pour son duo vedettes principaux que j'aime beaucoup Stewart Granger et Jean Simmons qui choisissaient bien leurs projets à l'époque et ils ne m'ont pas déçus. On est plongé dans la fin du 19 ème Siècle dans une demeure entouré d'habitations riches, on voit un homme triste du décés de sa femme dont une domestique du domaine, s'apercevant d'un chantage de meurtre, va manipuler son supérieur sur diverses choses hiérarchiques au point de le rendre malade de la tuer en faisant, comme le titre l'indique, "Des pas dans le brouillard" en erreur fatale assassinant quelqu'un d'autre. J'ai beaucoup aimé ce film très machiavélique, très noir, très inspiré dans sa mise en scène comme on en faisait pas mal à l'époque. Il offre à Stewart Granger, comédien talentueux, un role sombre et Jean Simmons démoniaque à l'interprétation somptueuse . Les seconds roles sont très bien aussi. Je le conseille.
Un film à prendre dans tous les sens : les thèmes se ressemblent autour de la femme presque fatale, et du regard « dominant-dominé » qu’elle envoie à son maître devenu son obligé. Presque, jamais abouti, par la volonté d’un scénariste qui en rajoute dans le tortueux et le rebondissement jusqu’à la conclusion qui en vaut bien une autre. C’est bien mené, sans excès, le jeu des acteurs primants avant tout . On décèle la critique sociale sur cette époque victorienne dans laquelle une servante ne peut logiquement accéder à un statut plus enviable. Jean Simmons , angélique au possible, retors et maligne excelle dans sa composition sur laquelle Stewart Granger élabore une interprétation tout aussi séduisante. A l’époque mari et femme, le couple savait pertinemment jouer la comédie ! AVIS BONUS Les mousquetaires ne sont plus que trois à donner leur point de vue, mais ça fonctionne toujours, malgré quelques répétitions entre eux . Pour en savoir plus : lheuredelasortie.com
Assez peu connu, mis en scène par un réalisateur souvent à côté de la plaque, avec le couple à la ville Stewart Granger (alors au sommet de sa gloire à Hollywood) et Jean Simmons, ce film a le mérite de parfaitement reproduire la période victorienne avec ses rues brumeuses, ses intérieurs rutilants et ses costumes d’époque. Visuellement, le film est, à ce titre, une incontestable réussite, et la scène du meurtre dans le brouillard un must. Si l’intrigue n’a rien de nouveau à proposer (on pense à « Hantise » de George Cukor ou à Hitchcock), elle se suit avec un certain intérêt et le final est plutôt bien vu. On regrettera un rythme souvent hésitant et la difficulté à faire réellement décoller l’ensemble pour rendre compte d’une réelle tension alors que les deux personnages principaux rivalisent de perfidie. C’est propre, bien ficelé, bien interprété (même si on a vu Stewart Granger dans des rôles lui correspondant davantage), esthétique mais cela manque d’un brin de malice pour être totalement passionnant et abouti.
Un meurtrier qu'on n'en soupçonnerait pas pris au piège d'une femme qui veut profiter de lui. Un imbroglio de meurtres et d'affaire criminelle tout à fait tendu et excellent pour le suspense. Très bon film noir et psychologique.
Une excellente surprise. Arthur Lubin n'a pas eu de chances, on ne lui a confié que la réalisation de scénarios de troisième zone. Pourtant quand le sujet l'intéressait, il savait s'appliquer comme dans son remarquable "fantôme de l'Opéra". Ici il nous livre une merveilleuse histoire policière dans un cadre victorien magnifiquement reconstitué et doté d'un magnifique technicolor, il faut voir le détail avec lesquels ont été décoré les pièces, la réalisation est parfaite avec des séquences étonnantes, (le retour du cimetière en un long plan séquence, ou encore la scène du brouillard) et que dire de l'interprétation, Granger en contre-emploi s'en sort magnifiquement, mais c'est bien Jean Simmons qui crève l'écran de sa beauté et de son talent. Le scénario est, génial du début jusqu'à la fin. On est passé non loin du chef d'œuvre, mais il y a quelques faiblesses (le procès, et surtout le rôle du beau frère un peu trop vite expédié). Ça vole quand même très haut !
Véritable homme à tout faire des studios, Arthur Lubin mort à 96 ans aura réalisé près de 70 longs métrages de 1934 à 1971, tout en travaillant de concert pour la télévision après avoir tenté dans les années 1920 de percer comme acteur. Au sein de sa filmographie largement dispensable ne surnage que le curieux "Black Friday" (1940) réunissant Boris Karloff et Bela Lugosi, sa version sonore et colorisée du "Fantôme de l'opéra" (1943) avec Claude Rains, un film noir tout à fait intéressant avec Brian Donlevy ("Impact" en 1949) mais aussi "Des pas dans le brouillard", excellent film noir gothique datant de 1955. A partir d'une histoire assez basique de chantage orchestré par une domestique témoin du meurtre de sa maîtresse par son époux, Arthur Lubin toujours modeste dans son approche, tisse certes patiemment sa toile mais avec un brio qui laisse entrevoir une sensibilité voire une certaine virtuosité peut-être brimée par un goût pour la facilité et l'accommodement qui s'il lui a donné une certaine sécurité a pu nuire à son art. Le scénario écrit par Dorothy Davenport ancienne actrice du muet reconvertie et Lenore Coffee scénariste confirmée réserve quelques bons retournements de situation bien orchestrés par Lubin et interprétés avec talent par Jean Simmons et Stewart Granger même s'ils sont un peu prévisibles. Tourné en Angleterre, le film photographié par le grand chef opérateur Christopher Challis est visuellement somptueux. S'y ajoute une Jean Simmons de 26 ans au sommet de son art et de sa beauté qui ayant bien retenu de son expérience avec Otto Preminger sur "Un si doux visage" (1952) déploie une candeur tout à la fois touchante, sensuelle et calculée. Une véritable performance !
Film noir anglais qui se déroule fin 19ème siècle. Le scénario est original et les dialogues sont de qualité. Avec de bons acteurs (Jean Simmons, Stewart Granger) et une réalisation très honnête, nous avons là un bon film de genre, mais sans excès d'esthétisme.
Réalisateur de films (très) mineurs à Hollywood, « Des pas dans le brouillard » est, avec « Le Fantôme de l'Opéra », l'une de ses rares réussites. Empruntant à l'ambiance victorienne si chère au cinéma anglais tout en attachant beaucoup de soin aux couleurs, aux décors et aux costumes, celui-ci signe un drame subtil et relativement retors, sans génie mais avec beaucoup de professionnalisme, la qualité du scénario offrant quelques moments forts tout en évitant avec habileté la facilité. Manque peut-être cette passion, cette intensité qui aurait fait basculer l'œuvre dans la catégories des titres majeures, à l'image d'un Stewart Granger un peu raide ou encore de seconds rôles légèrement fades. En revanche, dans un des rôles les plus complexes de sa carrière, Jean Simmons est impériale, démontrant qu'elle avait bien sa place aux côtés des plus grands. Noir, ambitieux, surprenant... A (re)découvrir.