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Alolfer
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4,0
Publiée le 27 février 2026
Le Bonheur de Agnès Varda cache l'euphémisme de sa réalisation. En 1h20, Agnès Varda dit beaucoup de choses d'une manière gentillet : joie et bonheur. Le spectateur est surpris et rentre dans cette boucle ; on est pris au piège. Puis, le film bascule totalement. Symbolique sur la fidélité et que le bonheur des hommes empietent sur les femmes qui n'ont rien demandé. De plus, le personnage du menuisier est absolument parfait sur la forme : Que peut on lui reprocher ? être heureux ?
Magnifique et comme toujours, Agnès Varda a tellement d'avance sur son temps
Sa mise en scène est stupéfiante : Le montage, les cadres, la photographie sublime (jumelant entre les couleurs du Printemps, l'été et l'automne) ; la subtilité de certains plans avec des mots libre d'interprétation (assurance, confiance...) C'est exceptionnelle de sens
quelle belle réal on dirait un poème mis en images j'ai hâte de voir d'autres Varda
j'ai cru un instant qu'elle défendait les gaslighters professionnels mais les 20 dernières minutes m'ont bien montré qu'Agnès n'était pas de ce camp-là
« je comprends le français et le François » (rires)
Le Bonheur raconte l’histoire de François, un homme marié et père de famille, qui tombe amoureux d’une autre femme, Émilie. Il essaie de vivre ces deux amours en même temps, pensant que tout le monde peut être heureux si chacun suit ses désirs. Mais le film montre que le bonheur n’est jamais simple ni durable.
Agnès Varda utilise des images très colorées, lumineuses et presque parfaites pour montrer une vie heureuse en apparence. Les enfants, la maison et les paysages sont présentés comme un monde idyllique. Mais derrière cette beauté, il y a les émotions compliquées, les conflits et la fragilité des relations humaines.
Le film pose une question importante : peut-on être vraiment heureux en suivant seulement ses désirs, sans penser aux autres ? François croit que oui, mais le film montre les conséquences de ses choix sur sa famille et sur ceux qu’il aime.
Pour moi, Le Bonheur montre que le bonheur est fragile et qu’il dépend de beaucoup de choses : l’amour, la loyauté, les choix et parfois le hasard. Ce film nous fait réfléchir sur ce que veut dire être heureux et sur le prix de ce bonheur dans la vie réelle.
Qui est le film ? Sorti en 1965, Le Bonheur arrive après Cléo de 5 à 7, où la cinéaste interrogeait déjà le temps, le corps féminin et la représentation sociale, mais avant Les Créatures ou Sans toit ni loi, qui pousseront plus loin l’expérimentation narrative et la critique sociale. Tourné en pleine période de prospérité des Trente Glorieuses, le film s’inscrit dans un contexte d’optimisme bourgeois, saturé de publicités colorées, de loisirs familiaux et d’idéaux conjugaux standardisés. En surface, le récit est simple : un menuisier marié et père de famille tombe amoureux d’une autre femme, puis poursuit sa vie après la mort accidentelle de son épouse.
Que cherche-t-il à dire ? Le Bonheur n’est pas une célébration naïve de l’idylle domestique mais une mise à nu de ses fondations. Varda interroge la manière dont le bonheur est normé, absorbé par des structures sociales qui font de la famille une machine à produire de la continuité.
Par quels moyens ? Varda ouvre le film par une explosion de couleurs franches : jaunes solaires, verts saturés, bleus presque artificiels. Cette palette, inspirée de Bonnard, agit comme un masque. Elle enveloppe le spectateur d’une clarté rassurante avant de se retourner en piège moral. Ce choix produit un effet de sidération : on contemple, on s’émerveille, et c’est précisément dans cet état de confiance que l’on se fait surprendre par la brutalité du récit.
Le récit lui-même épouse la banalité. François, son épouse, leurs enfants, leurs pique-niques. Rien d’extraordinaire, si ce n’est que la répétition des gestes et des rituels installe une logique mécanique du bonheur.
Cette linéarité, où l’adultère surgit presque comme une variation naturelle, traduit l’idée que la transgression n’est pas vécue comme un déraillement mais comme un prolongement. L’éclat du drame (la mort de l’épouse) ne vient pas rompre ce rythme mais s’y fondre.
Le traitement de la mort est d’ailleurs central : filmée sans pathos, à peine esquissée par une coupe sèche, elle est absorbée par le récit comme une péripétie parmi d’autres. Ce geste formel refuse la tragédie cathartique pour mettre en évidence le cynisme du système social : la mort ne produit pas de rupture, elle est gommée par la continuité familiale.
Le rôle de la musique participe du même mécanisme. Les morceaux de Mozart accompagnent indifféremment les scènes d’amour conjugal, d’adultère ou de deuil. L’absence de contraste émotionnel rend la musique suspecte : elle fonctionne comme un vernis qui homogénéise toutes les situations.
Varda introduit aussi des indices sociologiques précis : les terrasses de café, les publicités, les affiches de mode, les conversations anodines. Ces éléments rappellent que le « bonheur » n’est pas une émotion individuelle mais un régime culturel. Les personnages s’y conforment sans résistance, et cette conformité rend la tragédie possible. L’idéologie du bien-être collectif absorbe l’événement le plus violent sans fissure apparente.
Où me situer ? Je trouve dans Le Bonheur une expérience à la fois fascinante et terrifiante. J’admire la radicalité de Varda, qui ose faire de la beauté une arme critique. Mais je ressens aussi une distance devant l'approche intellectuelle. Cette ambiguïté est sans doute le cœur du film : il me force à réfléchir non seulement sur ce qu’il montre mais sur ma propre tolérance face aux images.
Quelle lecture en tirer ? En montrant comment la société absorbe la tragédie, Varda interroge le spectateur sur son propre rapport à la beauté, à la norme et à la mémoire. Le film invite à penser la violence du bonheur institutionnalisé : ce qui est montré, c’est moins la cruauté d’un mari que l’efficacité d’un système culturel qui rend le drame soluble.
Je ne connais pas Agnès Varda mais ce type de cinéma français, très en vogue à cette époque, ne me parle pas du tout. J'y trouve un profond ennui qui, heureusement dans Le Bonheur, est compensée par certaines idées de mise en scène non négligeables. La photo du film très colorée, tout comme son titre, tranche avec le propos bien loin d'être l'image du bonheur et de son personnage principal antipathique...
Film qui tient de la parabole philosophique. Réflexion sur l'égoïsme du bonheur, le film choque par l'amoralité total du dernier quart d'heure. Il interrogé aussi sur l'interchangibilité des êtres. Comme il a ete ecrit sur le site, bonheur semble rimer avec horreur. Le couple est filmé dans ce qui ressemble à un jardin d'éden mais la condition humaine ne l'entend pas de cette oreille. C'est un discours intéressant et bien que maitrisé, par moments besogneux, Varda tout a sa démonstration, edulcore la vie de couple, on s'ennuie un peu devant ces moments un peu irreels, Les mœurs et les comportements ayant évolué jusqu'à cette fin qui choque
Quel était le but de Varda dans ce film ? Dénoncer l'égocentrisme masculin, ou au contraire célébrer le polyamour sans même s'apercevoir qu'elle ne donnait cette liberté qu'à son héros, donc aux hommes exclusivement ? Et si une épouse se remplace aussi aisément, il aurait fallu montrer François, à la fin, croiser une nouvelle femme désirable... qui à son tour aurait fini par prendre la place d'Emilie ! Et si, en fin de compte, son voeu secret n'avait-il pas été de voir sa première femme mourir pour être débarrassé d'elle et vivre pleinement son nouvel amour ? Etait-ce là le but inconscient de sa confession à Thérèse, à qui il n'était pas tenu de tout dire ?... Tant de "si", mais que l'inquiétante musique de fin, tout comme les couleurs jaune et rouge fortement symboliques qui l'illustrent, tendent à valider. Auquel cas le héros ne serait innocent qu'en apparence, ruinant l'image idéale qu'il conçoit de lui-même.
Le bonheur, selon Agnès varda, c'est l'état amoureux sous toutes ses formes. L'originalité du film repose sur une vision édulcorée et irréaliste de l'existence du personnage de Jean-Claude Drouot. François vit un amour conjugal sans scènes de ménage et un amour adultérin sans cas de conscience. Il ne partage pas son amour entre deux femme; il additionne deux amours pour un bonheur doublé, avec une sincérité désarmante. Varda filme un bonheur sans impureté qui ressemble au bonheur originel, celui d'Adam et Eve, auxquels les promenades bucoliques de François et Thérèse semblent faire référence. Même l'évènement dramatique du film ne remet pas en cause la simplicité naturelle avec laquelle François aborde l'existence.
Les personnages ne sont pas forcément crédibles ou réalistes mais ils relèvent, telles des abstractions, d'une idée philosophique ou poétique. Le film fut intedit à l'époque au moins de seize ans, moins sans doute à cause de quelques scènes amoureuses très prudes qu'à cause de l'absence de jugement moral sur l'adultère de François, sur la liberté qu'il s'octroie de poursuivre sa vie avec sa maitresse de la façon la plus intuitive qui soit. Le film n'est en rien cynique; au contraire, il exalte avec une feinte candeur la sincérité amoureuse de François, son aptitude à s'adapter à la vie, le secret du bonheur probablement.
Ce n'est pas un hasard si, dans une des premières scènes du "Bonheur", la télé du petit appartement du couple Drouot diffuse "Le déjeuner sur l'herbe". Il règne, en effet, une sérénité, une paix dans la vie du menuisier qui renvoient à l’œuvre de Renoir, un certain éloge de l'hédonisme que spoiler: même la tragédie finale ne saurait remettre en cause. C'est à la fois troublant et magnifique, car, en fin de compte, les relations humaines relèvent ici d'une évidence absolue, ne laissant place ni au doute, ni à la défiance. On est sûrement plus proche de Pialat que de Demy, le naturalisme ambiant rappelant beaucoup l'univers de l'auteur de "Loulou".
Un intérêt historique pour ce film en couleurs (et en jouant particulièrement) de la nouvelle vague. Pour l'histoire du cinéma et pour l'histoire des mœurs. Pas évident de savoir ce que pense Varda sur ces mœurs. Une lecture 2023 en ferait une dénonciation de la masculinité égocentrique toxique. Pas sûr que ce soit ça. Peut-être plutôt le bonheur malgré tout et une dénonciation de la monogamie imposée, je ne sais pas. Le phrasé n'est pas d'un naturel absolu, ce qui peut s'avérer gênant. A noter que c'est la famille Drouot au complet qui est devant la caméra (Thierry la fronde, mais aussi sa femme et leurs deux enfants), ce qui rajoute au trouble de cette histoire, au-delà de la troublante Boyer.
Quand on a la jeunesse, la beauté, la santé, un métier, une femme et des enfants qu'on aime, n'est-ce pas le bonheur ? Seulement la vie vous fait rencontrer d'autres personnes séduisantes et c'est ce qui arrive à François, alias J -C Drouot, bien connu pour son personnage de Thierry La Fronde. L'histoire n'a rien d'extraordinaire mais comme dans tous les films d'Agnès Varda, les dialogues sonnent justes, l'histoire paraît tout à fait plausible. C'est pourquoi j'aime ce que fait cette réalisatrice. Un homme qui tombe amoureux d'une autre femme, cela ne veut pas dire, pour autant, qu'il oublie celle qu'il a épousée car comme il dit : « le bonheur, ça s'additionne ! » et c'est bien cela le centre de ce film. Est-ce possible d'aimer deux femmes, de ne vouloir renoncer à aucun de ses amours alors que la société occidentale considère que cela ne se doit pas ? Qu'en pense son épouse ? Il faut regarder le film pour le savoir, un beau film, très humain et très vrai, à l'exception de la fin qui me semble mal préparée. Un autre bémol, le jeu de Claire. Drouot bien loin de celui de son mari (dans la vie), en particulier quand François lui révèle sa liaison.
A sa sortie en 1965, le troisième long-métrage d’Agnès Varda a secoué les consciences de l’époque (film interdit au moins de 18 ans notamment). En effet, dans cette histoire ingénue, un homme marié et comblé dans son couple ajoute du bonheur à sa vie en s’entichant d’une autre femme. Le récit de cet adultère se parcourt comme une douce promenade bucolique mais manque de points saillants. La théâtralité des sentiments, l’égocentrisme du personnage principal et l’absence de jugement de la part de la réalisatrice donnent à cette œuvre un caractère surréaliste. Bref, une comédie de mœurs agréable sans être transcendante.
C'est un film d'une beauté incomparable que j'ai vraiment beaucoup aimé malgré le fait que je l'ai trouvé un peu lent au début. Les images et le script sont absolument magnifiques.