Secrets et mensonges
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Pascal l.
Pascal l.

45 abonnés 80 critiques Suivre son activité

4,5
Publiée le 14 juin 2026
Remarquable en plusieurs points :la musique, les acteurs, le scénario, le jeu.
Pas facile à regarder, même une deuxième fois voire encore une autre.
Ti Nou

624 abonnés 3 851 critiques Suivre son activité

3,0
Publiée le 23 avril 2026
À la mort de sa mère adoptive, une femme noire va partir à la recherche et entrer en contact avec sa mère biologique, bousculant la vie d’une famille pleine de sous-entendus, de non-dits et de secrets. Un film verbeux et austère dans sa mise en scène (moins dans sa direction d’acteur).
Cadreum
Cadreum

59 abonnés 778 critiques Suivre son activité

3,0
Publiée le 12 juin 2025
Qui est le film ?
Sorti en 1996, Secrets et mensonges s’inscrit dans la veine la plus emblématique du cinéma de Mike Leigh, le théâtre social britannique nourri par l’improvisation, la classe ouvrière, et une attention presque documentaire aux douleurs ordinaires. Récompensé à Cannes et souvent cité comme son chef-d’œuvre, le film raconte la rencontre tardive entre Hortense, jeune opticienne noire, et Cynthia, sa mère biologique blanche, ouvrière marquée par l’amertume et la solitude.

Le pitch pourrait laisser croire à un drame familial classique, mais Leigh promet autre chose : une vérité humaine arrachée, une lucidité sociale filtrée par les affects. Ce n’est pas un mélodrame, mais un dispositif du moins, c’est ce que le film laisse entendre.

Que cherche-t-il à dire ?
Le projet semble clair : faire affleurer ce que la société britannique tait (la complexité raciale, les fractures de classe, les non-dits familiaux) à travers une forme intime, presque douce. Leigh ne cherche pas à démontrer mais à révéler, par capillarité. Le cœur du film bat dans cette tension : comment dire ce qui, dans l’intime, dépasse les individus parce qu’il est déjà structuré socialement ?

Mais une fois posée cette ambition, le film patine. Ce qui devait être un dévoilement progressif se fige dans une mécanique de confrontation. Le regard que Leigh pose sur ses personnages semble vouloir les aimer malgré eux, mais la mise en scène, elle, les enferme dans une typologie parfois stérile : la mère prolétaire impulsive, le frère photographe crispé, la jeune femme noire éduquée et posée. On sent l’intention, on voit les coutures.

Par quels moyens ?
La première rencontre entre Hortense et Cynthia, dans un café calme, cristallise le dispositif du film : plan fixe, légère contre-plongée, espace neutre. L’échange est tendu, hésitant. Là où le réel devrait suinter, on perçoit la méthode : le dosage, le rythme, le « naturel » mis en scène avec une telle volonté de justesse qu’il finit par étouffer l’imprévu. L’improvisation tourne au formalisme.

Un gros plan persistant sur Cynthia, seule sur son canapé, juste après la révélation. La lumière grise, les ombres dans la pièce, tout suggère l’effondrement. Et pourtant, rien ne déborde. Brenda Blethyn hurle intérieurement, mais la caméra l’observe avec une distance prudente. Cette réserve fonctionne parfois, mais ici, elle semble désincarner la douleur, comme si Leigh ne voulait surtout pas qu’on ressente « trop ».

Le repas final, scène cathartique censée tout faire basculer, repose sur un crescendo de tensions, de silences, de prises de parole soudaines. Mais l’ensemble manque d’équilibre : les dialogues sont sur-signifiants, les postures surécrites. Chaque personnage devient la voix d’un malaise social plus que son incarnation. Le réel est là, mais comme reconstitué, trop pensé pour être vécu.

Où me situer?
Je ne peux ignorer ce que Leigh tente, ni l’exigence de son approche, ni la sincérité de sa volonté d’écouter les vies invisibles. Il y a une justesse dans certaines scènes, une pudeur dans l’exposition des douleurs, un refus de tout pathos vulgaire. Et pourtant, je reste à distance.
Le cinéma de Leigh m’a souvent peu touché, comme si la méthode avait pris le pas sur la nécessité. Ce n’est pas l’émotion qui me manque, mais sa construction : j’ai l’impression d’être conduit, pas de découvrir. Les gestes sont pesés, trop sûrs de leur propre humanité.

Le regard que je porte sur le film s’inscrit dans une attente de trouble : je ne veux pas que le réel soit reconstitué avec empathie, je veux qu’il me dérange, m’interroge, me déborde. Ici, il est trop souvent maîtrisé.

Quelle lecture en tirer ?
Secrets et mensonges n’est pas un mauvais film, il est, sans doute, profondément estimable. Mais il est aussi enfermé dans ses propres bonnes intentions. Ce qui aurait pu être une autopsie sociale pleine de fractures devient un théâtre contrôlé du dévoilement, où tout semble à sa place, trop à sa place.

Je ressors avec un respect intellectuel, mais une frustration sensorielle. Ce n’est pas la vérité qui manque, c’est l’inconnu.
Lamia Iddouche
Lamia Iddouche

7 abonnés 211 critiques Suivre son activité

3,5
Publiée le 18 mai 2025
Secrets et Mensonges de Mike Leigh est un film bouleversant qui dissèque, avec une précision presque documentaire, les failles intimes que chacun porte en soi. C’est un récit sur la filiation, l’identité et le choc des vérités longtemps étouffées, raconté sans fard, avec une humanité désarmante.
Le cœur du film repose sur une révélation : Hortense, une jeune femme noire, découvre que sa mère biologique est une femme blanche, Cynthia, issue d’un milieu ouvrier. Cette découverte vient ébranler les certitudes de l’une et réveiller les blessures de l’autre. Ce choc des origines illustre une tension plus large : celle entre l’apparence sociale et la vérité intérieure.
Chaque personnage semble enfermé dans son propre isolement émotionnel. Cynthia, usée par la solitude et la culpabilité, survit dans un quotidien gris. Roxanne, sa fille, est en colère, distante, comme si elle portait la mémoire d’un abandon silencieux. Maurice, le frère, coincé dans une vie trop bien rangée, devient le médiateur involontaire d’un drame familial qu’il ne comprend pas complètement. Et au milieu de ce chaos, Hortense, lucide et posée, agit comme un catalyseur de vérité.
Mike Leigh ne cherche jamais le spectaculaire. Il préfère capter le vrai : les maladresses, les silences gênés, les larmes qu’on retient. Grâce à son travail unique d’improvisation avec les acteurs, il construit des dialogues qui sonnent juste, et des scènes qui semblent prises sur le vif. La fameuse scène du repas de famille, lente montée en tension, est un modèle d’écriture et de mise en scène : tout y explose sans éclats, dans l’émotion brute.
À travers Hortense, le film interroge ce que signifie "être la fille de". Est-ce une question de sang, de couleur, d’histoire partagée ? Ou bien une quête personnelle, une manière de se relier à soi-même ? Leigh ne donne pas de réponse tranchée, mais il montre que l’identité est un fil tendu entre le passé et le présent, entre ce qu’on est et ce qu’on veut devenir.
Secrets et Mensonges montre que la vérité, même douloureuse, a le pouvoir de délier les nœuds du passé. En mettant au jour ce qui était caché, le film propose une forme de réconciliation. Pas une fin heureuse, mais un début possible. Un espoir, fragile mais réel, que parler peut réparer.
Charlotte28
Charlotte28

203 abonnés 2 829 critiques Suivre son activité

3,0
Publiée le 6 avril 2025
Par l'apparente inutilité de certaines sous-intrigues (notamment l'ancien propriétaire du magasin photo), le récit souligne sa volonté de dépeindre des destins marqués par une certaine insatisfaction, au-delà de l'audacieuse illustration qu'être adopté peut ouvrir à une vie plus réussie que de rester avec une génitrice toxique, inconséquente, geignarde et qui aurait dû (comme tant d'autres) s'abstenir - que Brenda Blethyn rend parfaitement insupportable. Peignant des relations humaines teintes de jalousies, d'a priori, de blessures et des liens familiaux distendus voire conflictuels, la narration assez discrète pour mettre en avant les émotions des protagonistes se pare pourtant d'une douce lumière, semblant symboliser l'irruption du personnage d'une sensible Marianne Jean-Baptiste - aussi impeccable que le touchant Timothy Spall ou la dédaigneuse Phyllis Logan. Un appel à la vérité - mais qui se pare de stéréotypes moralistes très discutables...
GéDéon
GéDéon

133 abonnés 711 critiques Suivre son activité

3,0
Publiée le 12 mai 2024
Avec ce mélodrame, le réalisateur britannique Mike Leigh remporte la Palme d'or du festival de Cannes en 1996. Cela repose sur la profondeur des thèmes abordés (la quête d’identité et la filiation) plutôt que sur une mise en scène flamboyante. L’histoire de cette jeune femme adoptée retrouvant sa mère biologique permet de brosser le portrait d’une famille anglaise en proie aux galères existentielles (couple abimé, petits boulots, déchirures enfouies, etc.). Tout en exploitant ce misérabilisme social avec une petite pointe d’excès, le cinéaste offre un message de bonté tendre et émouvant. Bref, la vérité vaut mieux que le mensonge.
berdj aghassian
berdj aghassian

80 critiques Suivre son activité

5,0
Publiée le 22 décembre 2023
Mike Leigh organise la rencontre de deux mondes différents de tout point de vue. Et avec maestria, comme d'habitude (bémol perso pour Mr Turner). Ça donne un très beau film. On reste scotché et on voudrait que cela ne se termine pas. Brenda Blethyn est époustouflante par son jeu et par sa beauté. Idem Marianne Jean-Baptiste.
cbeaumont
cbeaumont

10 abonnés 215 critiques Suivre son activité

5,0
Publiée le 20 juillet 2023
Je tiens ce film pour un chef d'œuvre absolu. Tout y est : des acteurs éblouissants (dans des rôles difficiles), une histoire, beaucoup de finesse, et une incroyable justesse dans chaque scène. Beaucoup d'émotion souvent à la frontière du rire. J'ajoute que la VF est très fidèle à l'esprit du jeu en VO (notamment pour le rôle de la mère, dont le phrasé en anglais est si particulier). Film bouleversant.
Goupil150
Goupil150

2 critiques Suivre son activité

5,0
Publiée le 13 juin 2023
Sans être mon cinéma de prédilection, ceci est un véritable chef d’œuvre du genre !
Des personnages attachants, superbement joués et d’une authenticité remarquable.
Si le début du film peu sembler un peu lent, le réalisateur nous entraine progressivement vers un "suspense émotionnel" dont il devient difficile de se soustraire.
Aussi, comme moi, il vous sera surement impossible de dissimuler quelques larmes sur une fin aussi belle que prometteuse.
CH1218
CH1218

280 abonnés 3 232 critiques Suivre son activité

4,0
Publiée le 10 juin 2023
Le cinéma de Mike Leigh met en lumière, avec humour et gravité, le quotidien et l’intimité souvent dramatiques des "petites gens". Doublement récompensé à Cannes en 1996 - Palme d’or et prix d’interprétation féminine pour Brenda Blentlyn - « Secrets et Mensonges » peut être considéré comme le point d’orgue de sa filmographie. Une réussite pleine de sensibilité et touchante dont il faut privilégier la VO plutôt que l’insupportable VF.
Didier C.
Didier C.

28 abonnés 106 critiques Suivre son activité

5,0
Publiée le 1 juin 2023
Rarement un mélodrame ne parvient à un tel degré d'émotion, de vraisemblance, d'importance. Le réalisateur joue les funambules : j'ai retenu mon souffle en observant cet équilibre précaire, entre rires et larmes. Mais jamais le film ne bascule, il avance avec grâce sur ce fil tendu, aidé par une interprétation exceptionnelle et bouleversante. Une très grande Palme d'Or !
Fabien Sorrant
Fabien Sorrant

82 abonnés 2 041 critiques Suivre son activité

4,0
Publiée le 31 mai 2023
Un très bon drame britannique de Mike Leigh avec Timothy Spall , Brenda Blethyn et Marianne Jean-Baptiste. Ce brillant film a eu la palme d'or en 1996 au festival de Cannes.
QuelquesFilms.fr

353 abonnés 1 758 critiques Suivre son activité

4,0
Publiée le 29 mai 2023
La réussite du film (sa justesse dans la définition des personnages, son intensité dramatique) doit beaucoup à sa méthode de création. Bien en amont du tournage, Mike Leigh a travaillé séparément avec chaque acteur sur son personnage. L’évolution de ce travail préparatoire a nourri des portraits ainsi qu’un scénario dont les acteurs n’ont pas eu connaissance dans sa globalité. Les deux actrices principales ne se sont par ailleurs rencontrées que lors de leur première scène commune. Ce mélange de préparation en profondeur et de recherche de spontanéité lors du tournage donne un résultat formidable de naturel, d’autant qu’il est porté par de très bons acteurs. Le tissage narratif, la mise en scène et le montage, habilement orchestrés et rythmés, sont au diapason.
Le regard social, fondement du cinéma de Mike Leigh (et du cinéma britannique en général), est bien présent ici et d’une qualité alliant intelligence et sensibilité, empathie et distance, pour évoquer les différences de classes. Mais c’est la dimension de drame familial qui l’emporte largement en termes d’enjeux narratifs : relations entre mères et filles, entre frères et sœurs, entre maris et femmes. Et là encore le cinéaste trouve un juste équilibre entre expressions douloureuses et petites touches humoristiques, entre le dit et le non-dit… C’est fort sans être mélo.
Festival de Cannes 1996 : Palme d’or et Prix d’interprétation féminine pour Brenda Blethyn, excellente dans le rôle d’une femme de milieu populaire, marquée par la vie, toujours à fleur de nerfs, maladroite, agaçante et touchante. Sa prestation, lors de la fameuse rencontre entre mère et fille dans un café londonien, est incroyable.
fabrice d.
fabrice d.

44 abonnés 1 881 critiques Suivre son activité

3,5
Publiée le 29 mai 2023
Lorsque j'ai vu ce film, je me suis dit que c'était complémentaire du travail des frères Dardenne, car on plonge ici dans une description romancée bien sur, de la vie sociale ouvrière de la banlieue de Londres. L'histoire familiale fait remonter des secrets bien enfouis et chaque personnage va en être éclabousser. Mais c'est aussi une description forte des difficultés et de la vie quotidienne des ouvriers britanniques. Le focus reste néanmoins sur la famille, les petits secrets tus, mais qui gâchent la vie. Surtout joué par des femmes, ce film a un grand rôle masculin en la présence de T. Spall. Palme d'or Cannes 1996, ce film est une ode à la famille...recomposée. Déjà.
Kat's eyes
Kat's eyes

67 abonnés 542 critiques Suivre son activité

4,0
Publiée le 28 mai 2023
Un film minimaliste qui décortique les relations familiales et sociales dans la classe moyenne anglaise de la fin des années 80. Porté par une distribution parfaite, des dialogues précis et des situations marquantes, ce film brillant est un bijou de cinéma avec beaucoup de cœur.
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