"Le professeur Foldingue" commence à être bien daté. Sorti il y a 22 ans, ce film est totalement dans son époque (un peu trop même) : de l'humour avec un acteur principal qui multiplie les grimaces et les gestes agaçants, le mauvais goût, une considération pour les femmes particulière, etc ... Autre temps, autres moeurs donc je ne lui ferai pas ce procès d'intention.
Ce que je peux critiquer, par contre, c'est le côté énervant de l'oeuvre. Eddie Murphy est touchant lorsqu'il incarne le professeur Foldingue. Il parvient à se fondre (certes, derrière des tonnes de maquillage) dans son personnage et à lui donner une certaine envergure (pas de mauvais jeu de mot). En revanche, lorsqu'il devient Buddy Love, il se fait des bisous biscottos, #C'estmoilemeilleur, #C'estmoileplusbeau #C'estmoileplusfort. Rien de plus énervant que de voir ce narcissisme si fièrement assumé sur un écran de télévision.
D'autant plus que son débit mitraillette et sa voix criarde ainsi que ses expressions qui tordent son visage sont difficilement supportables. Reste naturel Eddie, comme lorsque tu es dans la peau du Professeur, tu y es bien meilleur.
Quant à l'histoire, elle n'est pas dingue. Certes, elle est originale (enfin autant que peut l'être un remake, car oui il s'agit du remake de "Docteur Jerry et Mister Love" de Jerry Lewis) mais elle n'est pas vraiment bien exploitée.
D'ailleurs la morale du film semble assez bancale : "assume toi" est une bonne morale, "reste obèse au point de mettre ta vie et ta santé en danger", beaucoup moins. Car on ne parle pas de quelques rondeurs là mais d'un véritable obèse, avec toutes les complications que cela peut entraîner. Or, un film a une certaine responsabilité dans les messages qu'il fait passer et les scénaristes du Professeur Foldingue ne semblent pas en avoir pris conscience. Dommage.