Cette approche trahit l’essence de Cruising, film d’un plouc formulant le Monde selon les images très primaires de l’être social passablement inculte mais appliqué et sans doute, loyal aux poncifs érigés en vérités finales. Un plouc mental, plouc par rapport à sa compréhension de la Civilisation et des systèmes autour de lui. (...)
Un film policier vraiment prenant dans la première moitié, ensuite un peu moins mais c'est correct tout de même. Une réalisation grandiose de Friedkin, des plans ultra astucieux de ce côté là, c'est un chef- d'oeuvre. Un scénario épineux qui aurait pu être très mal traiter. Noir et glauque dans les sous-sols new yorkais et dans un milieu bizarre(le milieu gay sadomaso). Al Pacino nous offre une de ses meilleures prestations, il est bouffé par cet environnement et on le ressent très bien. Dommage que Karen Allen n'ait pas reçu un plus beau rôle (car j'adore cette actrice trop rare).
Film à voir pour une plongée dans le New York des années 80 et son atmosphère. Encore plus ambiancée dans le monde cuir-cuir-moustache. Sinon, pitch pourri, réa moyenne et rien de transcendant dans le film. Bon jeu d'Al Pacino (rien d'étonnant), mais pas son meilleur...
Pas mauvais dans l’ensemble, seulement je n'ai pas accroché ; toute cette débauche sexuelle, trop pour moi. Ce qui fait tenir le coup c'est la prestation d'Al Pacino (comme souvent), en pleine crise d'identité. Le film a pris des rides et ne lésine pas sur les clichés, on croirait voir une parodie des "Village People" avec tous ces moustachus les fesses à l’air et adepte du SM. Moyen moyen.
J'ai trouvé le film moyen, mais les "Secrets de tournage" donnent la clé : la version du réalisateur faisait plus de 2h, finalement amputés de certaines scènes qui doivent aider à la compréhension de l'ensemble, ou en tout cas à faire tourner le tout plus rond. L'ambiance est assez spéciale et un peu glauque, un peu dans le même genre que l'Exorciste. C'est diffus. L'histoire en elle-même n'est pas très exceptionnelle : un flic en sous-marin dans le NY homo côté cuir du début des années 80, à la recherche d'un tueur. Il se pose des questions, a des problèmes avec sa copine et se demande s'il est à la hauteur de la mission. L'interprétation est plutôt bonne pour l'ensemble des acteurs. La bande-son est très bien. Il serait intéressant que la version Director's Cut sorte un jour pour comparer.
Après visionnage de ce film, je peux tout à fait comprendre qu'il ait divisé l'opinion à sa sortie. Je dois avouer que je suis moi-même divisé, quelques jours après avoir vu Cruising. D'un côté, il y a une prestation impeccable d'Al Pacino, un scénario intéressant, une fin mémorable. De l'autre, on a un casting raté (mis à part Pacino donc), des dialogues faiblards, un problème de rythme et surtout une surenchère de sexe. Sur ce dernier point, il me semble évident que Friedkin l'avait prévu, mais cela contribue à créer un effet de répétition qui a failli me faire décrocher plusieurs fois. Quoi qu'il en soit, même si le résultat me rend perplexe, il faut saluer le courage de William Friedkin d'avoir porté ce projet jusqu'à son terme et le courage d'Al Pacino d'avoir accepté un rôle aussi particulier.
Il entre merveilleusement dans la peau du personnage. Et quand il danse, il enflamme la piste!!!
Je conseille ce film a tout le monde (sauf les gosses qui ne comprendraient pas toute la prestance et la magnificence ou encore la passion que nous offre AL PACINOOOOOO!!!!!)
Bien que le scénario soit assez classique (un serial killer qui sévit dans un environnement particulier, les policiers virulents ou incompétents, le jeune ambitieux acceptant une mission d'infiltration dangereuse), l'intrigue se distingue par l'univers interlope où elle se situe (bien loin d'une quelconque réprobation, sinon les autres thrillers stigmatisent les hétérosexuels...d'autant que le héros se lie avec un homosexuel aux problématiques ordinaires), par une réalisation instillant une nervosité latente et par l'aspect de suspense psychologique permis par l'évolution mentale ambiguë (jusqu'au plan final!) du protagoniste campé par un courageux Al Pacino. Audacieux.
A New York, un tueur exécute sauvagement des homosexuels. Un policier, méconnaissant totalement cette communauté, est pourtant envoyé en infiltration dans le milieu libertin gay SM, pour y débusquer l'assassin ! Avec sa peinture sordide et caustique de cet univers underground, mélangeant corps suants, cuirs en tous genres, et sexe très explicite, on comprend pourquoi "Cruising" a pu s'attirer les foudres de la communauté gay à sa sortie. Pourtant, le film est loin d'être homophobe, en témoignent certaines scènes sensibles ou d'autres montrant le rejet de la communauté gay par la société. Il vise plutôt à s'intéresser à un microcosme infernal où tout semble possible. Par ailleurs, l'enquête policière n'intéresse pas vraiment Friedkin, qui la met au second plan. Le film se centre surtout sur le protagoniste, incarné par Al Pacino qui livre une prestation audacieuse en hétéro lambda plongé dans un univers qui le dépasse complètement, et dans lequel il n'a a priori rien à faire. On suivra sa descente aux enfers, ses tourments, et son évolution, jusqu'à un final pour le moins ambigu. Le tout est filmé par un Friedkin qui semble s'amuser à plonger son protagoniste dans la crasse, avec des scènes nocturnes poisseuses à souhait. On remarquera également une BO teintée de punk rock assez sympathique. Un peu oublié aujourd'hui, "Cruising" est donc un polar intéressant, faisant preuve d'une certaine audace.
William Friedkin, celui que l'on ne présente plus depuis ses réalisations cultes (French Connection - 1972 & L'Exorciste - 1974), adapte ici le roman éponyme de Gerald Walker (publié en 1970) et transpose l'histoire dans le milieu gay & underground de New York, avec les trottoirs malfamés et les bars louches de Greenwich Village, Central Park ou encore Manhattan. L'intrigue nous entraîne à travers une enquête de police, sur une sombre histoire de meurtres d'homosexuels. Ces derniers appartenant à la catégorie "cuir / S.M", obligent le jeune inspecteur à s'immiscer dans cet étrange univers (et coutumes). Le plus marquant ici aura été de voir Al Pacino métamorphosé en débardeur noir, ceinture cloutée, pantalon, blouson et casquette en cuir. L'univers retranscrit ici est très malsain (on comprend mieux pourquoi la communauté gay fut très mécontente), ils sont dépeint de la façon la plus hard possible. A côté de cela, l'excellente interprétation de Al Pacino se fond dans le paysage singulier du film, l'enquête et les nombreux rebondissements nous retiennent en haleine et ce, jusqu'au dénouement final. La Chasse - Cruising (1980) est un film à ne pas laisser entre toutes la mains, violent, hyper réaliste, images crues, il y a de quoi déranger les plus coincés d'entre nous. Mais à coté de ça, le film reste bel et bien une œuvre marquante et très réussie de la filmographie éclectique du cinéaste (et de l'acteur).
1er point William Friedkin a des corones, après "L'exorciste" il prouve que le puritanisme ne lui fait pas peur en plaçant son thriller dans le milieu gay SM il y a 30 ans !... Mais c'est aussi le problème du film car il entasse les clichés et poncifs les plus caricaturaux de ce milieu en filmant de nombreuses scènes "descriptives" qui remplissent le film sans être véritablement utile à l'intrigue et au fond de l'histoire. La fin est bâclée, où le dénouement nous est servi en 30sec top chrono ; et le pourquoi du comment passé aux oubliettes. Mais la mise en scène et le style de Friedkin est là, Al Pacino est tout aussi présent... Indulgence obligatoire également car le montage très découpé est aussi du à la censure américaine. En tous cas à voir !
En anglais, le terme "cruising" possède deux sens : la navigation; la drague. De même que le film joue habilement de l'idée du double, il prend également en compte les deux acceptions du mot. "Cruising" s'ouvre et se termine sur l'image d'un bateau en mer, lequel servirait à repêcher les cadavres comme il pourrait tout aussi bien symboliser la possibilité d'un ailleurs; mais entre ces deux images, il aura en effet proposé de nombreuses scènes de drague. Entre gays, entre flics et tueurs, entre tueurs, les identités des dragueurs peuvent être aussi bien nettes qu'obscures, même si Friedkin oriente de plus en plus l'ensemble vers l'indétermination et l’ambiguïté. Pour parvenir à une fin aussi ouverte et interprétative que l'on ne révélera pas, ce sont des codes rythmiques et narratifs du thriller qui sont remis en cause. Le genre induit une marche homogène, tendue et électrisante; or, si "Cruising" peut se laisser gagner par une pure atmosphère eighties, notamment lors des scènes de nightclub, il se plaît surtout à casser son rythme dès que ce dernier commence à se mettre en place, à changer de tempo en alternant scènes extérieures et intérieures, couleurs chaudes diurnes et couleurs froides nocturnes, en opérant de surprenants contrastes vocaux entre les dragueurs et le tueur. Les voix brutes des futures victimes s'harmonisent avec l'aspect glauque des lieux tandis que celle du tueur est chaude, hyper sensuelle. Dès que le tueur prend la parole, le film adopte alors son rythme, se calque sur la lenteur de sa démarche et semble carrément s'immobiliser quand il chante la berceuse annonçant le crime à venir. En revanche, il gagne en tension quand Burns (Al Pacino réinventé) est à l'écran, s'accélère dans les rares moments où l'enquête avance. Car c'est bien là que le film surprend, dans sa manière de ne pas faire progresser l'enquête mais de proposer une immersion dans une quête intérieure aboutissant à l'hypothèse suivante : à force d'être obsédé par sa mission, Burns s'imprègne du milieu dans lequel il évolue jusqu'à, peut-être, devenir le tueur qu'il poursuit. Difficile de trouver idée plus vertigineuse qu'un policier sur le point de s'arrêter sans être conscient de sa schizophrénie, mais cette possibilité repose sur des indices concrets (le costume en cuir porté par Burns, l'arrestation dans le parc où, tels des doubles, le flic et l'assassin répètent les mêmes gestes, adoptent les mêmes postures). Thriller déroutant de bout en bout qui refuse toute forme d'explication, porté par une mise en scène hypnotique et par un acteur en état de grâce, "Cruising" est certes un film peu aimable mais demeure passionnant par ses réflexions sur l'obsession et sur l'identité.
Un thriller (malsain et ambigu) et beaucoup plus... Un regret cependant : une certaine complaisance et trop d'importance (en temps) donnée à la description du milieu homo "cuir" - heureusement, une grande théâtralité gomme un peu les excès du sordide. La trame narrative, faussement simple, est toute entière sur les non-dits, et plusieurs lectures sont possibles, jusqu'au (vrai/faux ?) dénouement. Outre la maestria de Friedkin, à qui on pardonne volontiers quelques incohérences de montage, c'est la performance de Pacino qui force l'admiration, dans un rôle écrasant - comment un modeste officier de police de base, "straight", s'immerge jusqu'à la nausée dans le milieu "gay", jusqu'à y perdre (ou y trouver ?) son identité.
Un film très solide que La Chasse de Friedkin. Un peu caricatural certes, peut-être un peu lancinant dans sa partie centrale, mais qui ne manque pas d’atouts pour être un divertissement violent sur un sujet rare au cinéma. Niveau casting il faut être franc l’essentiel du film repose sur les épaules d’Al Pacino. Ce dernier est pratiquement omniprésent à l’écran. Il est très efficace, même si ce n’est pas sa meilleure prestation, et il se glisse tout de même avec une conviction totale dans la peau de son personnage, pas forcément des plus faciles à endosser. A l’aise, il est entouré de seconds rôles de qualité, mais qui n’ont pas beaucoup à faire. Karen Allen par exemple se contentent d’apparitions, Paul Sorvino est bon mais lui aussi peu présent. Le casting pour les personnages homosexuels étant honorables mais davantage fadasse malgré tout avec des rôles plus convenus. Le scénario est globalement très solide. Pour ma part un certain regret sur une partie centrale qui tend à perdre en puissance par rapport à l’excellent début et au final très réussi, et quelques éléments pas expliqués sur les motivations du tueur (notamment sur la phrase qu’il dit à ses victimes). Pour le reste l’histoire se déroule néanmoins dans un milieu original, la violence, le poisseux du film lui confère une personnalité attrayante pour qui aime ce genre, l’enquête a de l’intérêt et le film se conclue de façon tout à fait mémorable. En tout cas j’ai accroché sans difficulté particulière. Visuellement Friedkin sort l’artillerie lourde. La mise en scène est impeccable, avec beaucoup de recherches audacieuses en termes de plans, de cadrages, et une solidité à toute épreuve qui m’a ravi. Le premier meurtre est mémorable par exemple. L’ambiance est très travaillée, avec une photographie et des décors qui pourront rappeler certains films de Ferrara. Glauque, interlope, et en même temps dopé aux néons et aux couleurs criardes, le film distille une esthétique fort plaisante, tout comme la bande son, très en adéquation avec le film. Un métrage qui, je le précise quand même au cas où, est violent, graphique, et il vaudra donc mieux être informé à ce sujet avant de se lancer dans le visionnage. Néanmoins La Chasse est un métrage intéressant que j’ai bien aimé. Reste que le film souffre d’une baisse de rythme dans sa partie centrale, qu’il y a quelques zones d’ombres inexpliquées, un casting un poil sous-exploité, et peut-être une image un peu caricatural du milieu gay. Après on était dans les années 80, donc bon, c’était une autre époque aussi. 4, en particulier pour l’excellence visuelle.